‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 355 sur 416 · XX. — Suinte Thérèse · texte numérisé non relu

XX. — Suinte Thérèse

2:W8. Gratin Dei sum id guod sum et (/ratia ejus in me vacua non fuit.

Dieu est admirable dans ses saints, admirable dans les dons cju'il leur accorde et dans les récompenses dont il les couronne ; et les saints sont admirables dans la manière dont ils correspondent aux grilces de Dieu, et dans ce (piils entreprennent et souffrent à sa gloire. Devant faire l'éloge de sainte Thérèse, nous mettrons sous vos yeux le spetdacle de cette double merveille, d'une part la libéralité de Dieu envers cette sainte, et de l'autre la reconnaissance, l'amour, la générosité de Thérèse à l'égard de son Dieu.

2:5!)'.» I. Gratia Dei sum id quod sum. Admirabile nomen tuum in universa terra. Cœli enarrant (floriam Hei. .Mais ce n'est que l'image de ce qu'il fail dans les Ames ipii sont le palais où il se plaità habiter, et en particulier, dans celle de Thérèse. Pour elle Dieu a été prodigue de ses grûces lorsqu'elle était dans l'Age le plus tendre, prodigue en la retenant avec amour (juand le monde l'attirait, prodigue de dons merveilleux lorsque Thérèse vaincue s'est livrée à lui tout entière.

\o Dieu qui la prépare à de grandes œuvres, lui donne: 1) tous les dons delà nature: noblesse, fortune, intelligence, beauté même; rien ne lia est épargné. L'n esprit droit, un bon sens rare s'unit en Thérèse à on cœur grand et généreux; mais ce ne sont là encore que les parvis du temple que

SAINTE ÏHKHli.SK 116*

iM' \ir. vMii 1 autel de ce cœur, il allmm- ir un m- s'm .uiinur; e'

a|'i i-inôiiic. l'aïuour <le Dieu est le plus grand de tous les bions. Lps

luiiii' M - . in irrAce illiiuiinent le sanctuaire intérieur «jue Dieu s'est i-hoisi.

rhi'its ivi;ii! .1 peine les veux aux richessesef aux honneurs do ce inonde

iju -'' ■ " lupril la vanité, et que iléjà enlisant la vie des inarlvrs, elle iiiii la gloire de mourir (lour Jésus-<;hrisl. Elle a à peine se|)t ans,

qii it iiMrl à son frère Kodrigue de son désir; et ces admirables

en; irlivement la maison paternelle pour aller chez les Maures,

ver- 'our la cause de Jésus-ChrisU Leur oncle les rencontre, et

les raiii s parents. Alors Thérèse se venge de ne pouvoir être mar-

tyre en il À vivre en solitaire. Elle se construit un ermitage dans

le i;iiilin de son père. et elle y passe de longues heures dans lajirière. L'aigle, <lii-oti. voulant reconnaître ses aiglons les élève dans ses serres et les présente au soleil, pour voir si leurs yeux pourront en afl'rontor l'éclat ; ainsi Dieu essayait de bonne heure l'Ame de Thérèse à contempler <-es lumières surnttiirellos dont il devait plus lard l'inonder ;et déjà cette enlant les voyait sans oil'rni. Dipii nous a prévenus aussi dès l'enlance: quel cas avons-nmis fait «le >> ions ?

i* Tli iidit, et admirons ici la faiblesse humaine dans les plus

. •■! la miséricorile de Dieu qui les en guérit Thérèse ne laisse <>n elle la llamme de la charité; car jamais elle n'a fait de fautes -I • ' f.int la vanité un instant la captive. Elle lit quel-

que ;ile de sa mère ; elle fréquente une jeune parente

lin j ■ . III'. 11 1. 1111.- . .1 i.iii.i qu'elle contmence a s'occuper lie la blancheur de s-'s tiiiiiis; la crainte de Dieu s'affaiblit en elle et il semble i|u"elle n'est plus rctt-nu.' que par la crainte de perdre l'honneur humain. Dieu la pi'end "iimiiii- par la main pour la retirer de ces périls, et la conduit dans un irinii . . I.. .Il,' ii'i^.iii ilni-s que quatorze ans. Il lui inspire de se consacrer a ^ 1' ; fi la lin elle fait part de son désir à son père

qui re do l'Incarnation, et là elle est comblée de con-

mt\. ituelies. et ef/o lactaho eam et rtucain eam in solitudinem et

tbi ^ ■'( cor ejus. Thérèse malgré ces grâces, tout en gardant avec

soin i amilic de I)ieu, n'y regarde pas de si près, quand il s'agit de péché véniol • Dieu pour lui ouvrir les yeux, lui envoie une grande mala<lie. f'frn.'< ji! • ■ m et fentatio hoinineinjustum. .Malgré cela Thérèse abau'!

I "i le les conversations avoc les gens du monde, trouve trop ^•

un •, sa parente, qui l'avertit. Elle n'a pas la paix ; car Dieu [laio

les par do nouvollos fav'»urs; et un cu'ur comme le sien sent 1 lil \ I 1 -l's infidélités. 0 Dieu que vous êtes

il (lue r leui

Imli ' l.l.'l 111 ! .i' ' IV

toli enlin de Thérèse, V.W-

l'ii istin. Le triomphe de 1 1

iiiiiij • ' - iiMt' itiMi' la II 1 o est ordinaire dans us anus

iiniiic- ii- -lin- .Vous l'avons inomos. Nous avons senti les

rc\ ' ' ii^ iiiiir ' " Ml hii-mome qui non"-- ■":•

\|| et clés cm pour nous attirer ■<

l'i' ... ..< ,... s pur de II V bienfaits, n'y soyons !•.>>

Tli.r.s.. >"i\ toute à lui. Dieu sera tout A elle H t d'amour. Elie le patriarche du <

!«• fou lil' l'ainoiir ili\ in l'iiinni

i II I il lui tnil VI

niii irliiitv. Il In .

I'" I il ...ulr.». W

un ,1 onivréo dos .

fJUHtit iniKjiin niul! t!ui!<> : luivnun

Maintenant elle i-sl libro. i' Vi'ç d I an

luoin.s captive. Nous n'avons de rep";; qu' ;:>ci^iioiir, que de dons vous avez faits à

lll>8 rÊTES DKS SAINtS

bien «lire avec l'Apôtre; Gratta Dei sum id quodlsum, et comme lui elle

peut ajouter :

-'KM». II. Et gradu ejus in fue vucua non fuit. Dans sa reconnaissance, Tlit'ioso (lut (iiro : t/uiil retribuam Domino pro omnibus,

\o l/arnoiir divin ne so paie que par raiiiour; les iMenlaits de Dieu sont l'otnme «les charbons embrasés par Icsiiucls il veut altiser en nos cu'iirs la llaninic de sa charité. Thén-se avait aimé aux jours de son enfance et même à coux de ses inlidélités ; mais [ilus tard ellf aima sans réserve. Me sa poitrine parlent des soupirs, (lombion de lois, dit-elle, je uw suis souvenu de ces paroles de David : Sicut desiderat cervus ad fontes ut/iiarum, etc. Klle pi'ut dire à son Hien-.\imé, comme l'épouse des saints Cantiques : Viilnerasti cor meiim. Vu jour, en elTet, un ange lui aftparut. tenant en ses mains un dard enllammé, et lui en pen;a le co'ur à diverses reprises: et Thérèse succomba pres(pie à cette blessure, tout en trouvant à ce martyre une joie inelTable. Klle disait à son confesseur qu'elle ne pouvait imaginer pers<tnne qui aimât Nutre-Seigncur autant quelle. Ayant entendu chanter ce cantique: Que mes i/eu.v vous voient, 6 Jésus ! ellelomba évanouie et on l'emporta romme une morte dans sa cellule; le lendemain elle était encore hors d'ellemême. Sa mort a été toute d'amour. Quand on lui ap{)orla le saint viatique, elle, <lon! la faiblesse était si extrême qu'elle ne lui permettait pas de se remuer, elle sélança hors de sa couche et ce cygne d'une si grande blancheur entonna son dernier chant : 0 mon Epoux, dit-elle, l'heure si désirée est venue de vous contempler enOn.

to L'amour nesl point oisif; ou il n'existe pas. ou il opère, et Thérèse a fait jtour Dieu de grandes choses. Ses écrits dont l'Kglise appelle la doctrine céleste, ont éclairé, consolé et édifié un grand nombre d'Auies. Elle a fondé de son vivant 30 monastères de la réforme. Chose admirable, les anciens solitaires peuplaient les <léserls. Thérèse a fait fleurir la solitude au sein des villes elles-mêmes. Les missionnaires donnent à Dieu des Ames ; mais Thérèse lui donne des saints (pii pratiquent la perfection évangélique, et qui ne sait que les saints rendent à Dieu plus de gloire que des tnilliers dames imparfaites? El comme si ce n'était pas assez de tout entreprendre par amour pour Jésus, le cœur de Thérèse embrasse le monde, il se consume en prières i)0ur toutes les âmes ; et on a dit que par là elle gagna à Dieu autant d'Ames que saint François Xavier lui-même.

:V> Tliéi-èse a soulTerf pour celui f^ui dilejcit me et tnididit seipsum pro me. La gramie manpie d'amour, e est le martyre. Si Thérèse n'a pas subi le martyre du sang ; il en est un autre qui plait aussi à Dieu, c'est celui de la contrition. On parle de la douleur <le Aladeleine oui passe trente ans à pleurer ses égarements; mais qui n'admire davantage le regret qu'a Thérèse de fautes qui n'ont été que légères ? Ooel martyre pour son cœur si aimant devoir les progrès de l'hérésie, elles profanations dont l'auguste Sacrement de l'autel était l'objet, ipiel martyre de ne pouvoir jouir encore de la vue de Celui après lequel elle soupirait si ardemment ! Je me meurs de douleur de ne jtouvoir mourir, chantait-elle. Kien ne la consolait en ce monde que de pouvoir soulTrir potn* témoigner à Dieu de la sincérité de son amour : Aut pati,aut mori, telle était sa devise, .\ussi, que de voyages entrepris, que de maladies supportées, que d'obstacles renconlrés,«pie de j»ersécut ions subies! Uiielle pauvreté endurée dans ses fon<lations! Certains prédicatein-s déclament contre elle du haut de la chaire, on la dénonce à linquisilion, les magistrats lancent contre elle des arrêts. El elle, comme saint l'aid, i\[[ : Patior sed non confundor. Srio ctiicredidi. 0 femme admirable, qui

dans un corjts faible, portez une Ame de héros, que vos exemples sont nécessaires à im siècle dégoisme, de sensualité, d'apathie! (Jù sont ceux qui ayant re<.u des grAces de Dieu, les |»aient autrement «pie par des paroles? (Iratia Deisum id tpiod siim ; où sont ceux «pii enlrejtrennenl de grandes choses pour sa gloire? «pii ne sont consolés d'être séparés de lui que par le bonheur de soulTrir pour lui ? On ne les trouve guère que parmi les enfants de cette incomparable mère. 0 Carmélites, soyez ûères de celle qui vous a enfantées à l'amour de Jésus: comme elle, vous pouvez dii-e : Gratia Dei ium. (Juello irrAce ipie votre vocation ! Mais, cniiiin.- <'ll.', ;iiniiie/ • «/ i/r/itia

SAINTKS rELigi'KJÎ I |C9

ejuiintne vacua non fuit. Aimez, priez, souffrez comme elle, aOn de partaiîer im jour s.*i jîloiiv.

\.\I. — Siilnteti relique».

2iOI. yimis honorati sunt amici tui Deus. Quel honneur Dieu rend à ses

s.iiiu ' I» 111^ !.^ r M.l, il a revêtu leur Ame de sa propre gloire, cl il veut ipie de

rions el invoquions i-es Ames bienheureuses, aOn de nous

, lion el d'obtenir par leur entremise la gnloe de leur res-

seiiilih'r Mus 1 Ame des saints n'est ipiune partie d'eux-miMues que Dieu a

orise av." ' li. rutiis laissant sur la terre leurs corps, leurs vêlements, les

lieux <pi liés. Ce sont ces restes vénérés, I, (pic Dieu honore. 11, il

v«'ul ijiir - . les honore. III, il aime à ce que cha-juc lidéle les vénère.

iiOi. I. Diett /fj- honore. l'> Déjà il a honoré les corps des saints de leur

x'ivanf : far il en avait fait, 1) les membres de Jésus-Christ. Ces corps ont

été • s tabernacles de .Notrc-Seigneur. Plus riclies que l'ancien rpii

ne , que les tables de la Loi et im vase de manne, ils ont porté

litul. .1 lo ia Loi. le pain vivant descendu du ciel, Jésus dans rKiu-liarislie,

qui iis ;i sancliliés, purifiés, et a déposé en eux les germes de l'immortalité

. i) Ils ont été les temples du Suint- A'sprit, corjiora vestni

'. consa>iés par le baptême el par la conlirmalion. Ces temples,

!■ - siiii S ,. S ont cunscrvés dignes «lu Dieu qui les habitait; el de l'autel de

leur id'iir, «pie de sa< ritices «l'actions de grAces, de louange, de morlifica-

\'i(>v • ■■' -s pas olleil à Dieu, qui en retour (1), 2^ honore ces corps même

a/)/ '. 11 veut ipie leurs sépulcres soient glorieux, et que même dis-

' -^ de ces temples saints publient la puissance de celui qui

umilité par la gloire des miracles. Au coutacl de ces cen-

ont recoiivi-." l.i \'i.- ' I i", iiime sainte elle-même ne nous

l'un mor' il des ossements du prophète

:lmc>l 1 iiil Paul guérissaient les mala-

'' de saint Pierre? Que <le malades doivent leur

-< ! que de ftécheurs leur doivent le repentir ! que

e! que de possédés leur délivrance ! que «lAmes

le vaincre le démon cl de surmonter les peines

lie l.i .ici que lie >iUs. que de provini'cs, la préservation <le la guerre, de la

pt'sic, et d'aulr«'s ral.iruités ! L histoire est pleine de prodiges que Dieu a

(pj.. i . s |i.tr ).■ iii. \ •■Il 1.- >- linles reliques.

'.'• ■ l'i'-'i '-i (:■ l' i; ■ . > iijrer les corps des saints par les gloires de lu T'>:~ lJ.j:ulfiifju/it ossa humiliata. Ileformabit corpus humilitatis

nu.' niratum corftori cluri/atis suw. La béatitude «le I Ame. sa

linles de l'Ame.

'■*•. Fulijebunt

• • iii-' |iii II .1 iii-'iiii III iiii Miirii. III '\r II Kine, parce que

illumine. Simis honorati sunt amici tui l>eus. Ce n'est

\ co un li«u C'ait «le ta ptrt ce

^ comme les pierr«s <iu leotiile dunl le

«von du r.. ..na lo pmi

V \fi lerri* . pnrce ijn ■

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11 10 l'ÊTRS DES SAlNtS

2403. II. Dieu veut que son Eglise honore les reli(/ues. Aussi de loul. temps a-l-on vu les lidèles recueillir avec res[tect le sang des niarl)Ts, s'exposer t\ la mort pour ensevelir leurs corps vénérés, l'aire célébrer le saml sacrifice sur leurs ossements, élever sur leiu*s tombeaux des oraloires,*«ies hasiliqucs, enfermer leurs restes mortels dans l'or, dans la soie, dans des cbAsscs de firand prix, accourir en i)èlt'rinaf;e dans les lieux sanctifiés par leurs reliques, V |)rier et .y pleurer. Quand les hérétiques osèrent attaquer ces manifestalions de respect et d'amour pour les saintes reli«pies, les docteurs de l'Kglise, comme saint Jérôme, élevèrent leurs grandes voix pour les flétrir. Ce saint Mocteur fait voir que l'impie Vigilance outrage tous lesévèques de l'univers, qui visitent les basiliques élevées sur les tombeaux des saints ; il aj(»ule (pie les démons eux mêmes devant les reliques manifestent par leurs rugissements qu'ils sentent la présence des élus de Dieu ; et dans le conçue de Trente, l'Kglise déclare qu'ils méritent la condamnation, qui a été prononcée contre eux et qu'elle prononce de nouveau, ceux qui soutiennent (ju'on ne doit point honorer les relitpies des saints et que le respect que leur rendent les fidèles est inutile. Et celle Eglise honorera les corps saints de ses enfants sur la terre, jusipTau jour où Dieu les glorifiera au ciel.

240i. III. Dieu aime à ce f/ue chacun de nous honore les sainfes reliques. Pourquoi les honore-t-il lui-même et les fait-il honorer par l'Eglise, sinon pour mviter chacun de nous à leur rendre l'honneur qui leur est dû? Pour- «pioi accorde-t-il des miracles, des guérisons et desgrAces autour des saintes reliipies, sinon pour favoriser le culte que nous leur rendons, et nous en démontrer l'utilité et l'ellicacité ? N'est-ce pas Dieu, du reste, qui amis dans le c(pur de l'homme un sentiment naturel, qui le porte à garder avec res-

f»ect le souvenir des grands hommes et de ceux qui lui ont été chers, et de es entourer d'une sorte de respect? Est-il une nation, même païenne, qui n'ait pas eu une espèce de culte pour ceux qui l'avaient fondée. Avec quel soin ne garde-l-on pas la plume d'tm grand écrivain, l'épée d'un grand capitaine, les restes d'un grand conquérant, ce qui a appartenu à un père, à une mère, à un ami, quebpies cheveux, un bijou qu'ils ont porté ? Or, toutes les œuvres des grands hommes ne s'élèvent pas au-dessus de la nature ; les saints seuls ont vécu d'une manière surnaturelle et divine. Q\i\ peut-on comparer aux martyrs, qui plantaverunf Ecclesiam sanijuine suo ? Quels plus grands écrivains que les Apôtres qui ont écrit et prêché une doctrine divme, el qui par elle ont fait la civilisation ; que les docteurs de l'Eglise, qui ont défendu la foi avec une éloquence admirable ! Quels plus g'-ands conquérants que les saints qui, en gagnant le ciel, ont remporté la victoire sur le démon, el ont été les plus grands bienfaiteurs de l'humanité, au lieu d'en être les bourreaux ! Et ne sont-ils pas nos pères et nos frères dans la foi, nos protecteurs, nos amis? Donc, honorons leurs restes[trécieux. Dieu le veut, l'Eglise nous V invite, notre nature, notre raison nous j portent. Donc ne craignons pas d entreprendre un voyage pour aller visiter les lieux sanctifiés par leur sainte vie. Ees mondains, qui se rient de nos pèlerinages, en font en souvenir d'un impie fameux. Ils ne rougissent pas de profaner des églises pour y donner la sépulture à ceux qui n'ont été célèbres <iue parce qu'ils étaient incrédules. Ne craignons pas d'accompagner en procession, avec des prières el des chants, les restes des saints, comme le faisaient avec tant de magnificence nos pères, comme saint Louis le fit avec toute sa cour, pour la couronne d'épines, comme l'empereur Héraclius le fit pour la croix du Sauveur, comme des milliers de pèlerins de l'univers entier le font chaque année à Lorette. Allons nous proterner devant les restes des saints aux jours de calamité, dans les épreuves qui nous atlligent, dans les tentations qui nous accablent.

en la chair da martyr les cicatrices qu'elle a reçues pour le nom de Jésus, j'honore la mémoire de celui qui montre qu'il est vivant par les miracles qu'il opère ; J'honore les cendres qui ont été consacrées par la profession de foi ; j'honore en ces cendres les semences de l'éieroité ; j'honore le corps qui m'apprend k aimer le Pils de Dieu et à ne point craindre la mort pour l'amour de lai ; pourquoi est ce que les fidèles ne rendraient pas honneur à ce corps que les démons révèrent et qu'ils honorent dans le sépulcre après l'avoir déshonoré par les supplices? J'honore le corps que Jésus a glorifié par le martyre, et qui régnera avec lui dans le ciel.

SERMONS DK CmfONStANCÉS lltl

Selon la ppnsoe de saint Chrysostome, les corps des saints prolègenl nos villes plus iMli-aceinenl (pie des remparts incxpu::iiables, non seulement contre les ennemis visibles, mais contre les ennemis invisibles, les démons, et mî^nie ronlre les coups de la fidcre divine. Portons sur nous (pieli|ues saintes reli'pios. baisons-les avec respect. Tous ces actes de [uété nous atl^ reronl ta prui.^. lion de ceux qui ont daulant plus de sollicitude pour notre salut qu'ils sunt dans une plus {grande sûreté pour eux-iiit"'mes, et rpii ont dautant plus de pouvoir pour nous obtenir des laveurs qu'ils sont plus près de Dieu ; et ils nous aideront à nous sanctilier. Il s'écliapfte en elTet des reliques dps saints une vertu sanotiliante et de gran<ls enseignements. Les corps (ir ^ apprennent aux femmes et aux jeunes |>ersonnes chrétiennes à

s !•; les corps des pénitents invitent les pécheurs à saisir la seule

p salut qui leur reste; les corps des martyrs nous prêchent l'éner-

f: i qui sait braver le respect humain, el même la persécution ; ceux

• MHS nous exi;ilent au zèle: (Juam puirhri pedes evangelizaiitium ' .' Si nous comprenons ce hinj.'a;:e des morts qui vivent dans le sein de iML.i. nous deviendrons nous-mêmes tles saints.

TROISIEME SECTION

VLLOCLTIONS DIVERSES ET SEBMONS DE CIRCO.NSTANCE

1. — A l'annivcmaire tlu Mai'ordoee ou à la |ii*(>inicre nieMMC ou aux funérailles d'un prêtre.

2405. Talis enim decebat ut nobis esset Pontifes. Il convenait (pie Mé-

'■ ' ■'■ pt les homm«>s, le Prêtre éternel. Jésus-Christ, fut saint,

ire, atin de pouvoir ellifaccmeiit apaiser la justice di- ^ .Ml,,,, les yeux. .lésustlhrist toutefois, étant le l'rêlrc du ciel et . ne devait pas rester toujours ici-bas; il avait à occuper une place

I , . ■ qin- \f '-'xo] m-'iri'- : m ils. en remontant dans sa gloire, il n'a p>as

voulu riitiis i:ii>^. 1 ! j,ii, !iii- • '^t pounpioi il a laissé ; I, sa dignité, II, ses

i.Mir,..;: - III ^ ; :i,:--: '1 . ■ r,i iliolique. (Ij

iliem dit rpie la dignité du prêtre est

■, immonse. en cpielque sorte infinie.

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