‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 359 sur 416 · III. — Aux agricalteurs · texte numérisé non relu

III. — Aux agricalteurs

ili:{. Xon oderis opéra laboriosaet rusticationem creatamàb Altissimo. If».)

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mais il en est un que Dieu lui iiil vous, l'agriculture. .Nous m; ». 11. st'.s prcri»Mi\ uvanlages, afin de la faire aimer encure da- ■tix '|tii V rnn«;.i'Tent leur vie, el alin d'exciter leurs enfants à pères.

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sève (\o vie rcnfcnnt''e flans son sein ; c'est à elle que l'iioinme floil rohur partis, olpiim lœtUiœ et celle liqueur donl il ne faul pas abuser sans «Imile; mais dont IKcritiire ne craint pas de dire qu'elle est l'aile pour réjouir le ca'ur de l'homme... »

(l'est à Dii'u d'abord que nous demandons le pain de chaque jour. Car Dieu est l'agricuUour suprcme : P,ifer meus (if/ricola est. C'est lui (jui a fait la terre, les arbres, les plantes, les aniuiaux. c'est lui qui fccon<ie tous les travaux de l'homme par son soleil et sa rosée ; mais après Dieu nous devons noire pain à l'aj^rii^ulleur. — Mais ce qui a pu inspirer aux peuples anciens l'estime de l'agriculture, ce n'est pas seulement la nécessité de cette carrière : 2" c'est encore le souvenir des antiques traditions du ^'enre humain. A quoi Dieu appliqua-t-il le premier homme qu'il venait de tirer du néant? posait /inminem in parudiso ut opemretur... eutn. Ainsi donc le premier travail marqué à l'homme par Dieu, c'est l'atîricullure. Aussi voyons-nous les enfants d'Abraham, les patriarches, vivre au milieu de leurs troupeaux et de leurs champs; les plus grands hommes du peuple que Dieu s'est choisi, ont été agriculteurs ou bergers. <( Moise. le législateur d Israël, conduit pendant (piarante années les brebis de .lélhro aux pierls du mont lloreb ; (îédéon battait son blé, quand l'ange le vint appeler pour délivrer son peuple ; liooz était aux champs avec ses moissonneurs, (|uand il lit la rencontre de Kuth ; Saiil cherchait les ànesses de son père et David gardait les troupeaux, quand on vint les l'aire rois ; Klisée mon lit une «les douze charrues de sa maison, quand rKspril des [)ro[»hètes se reposa sur lui. » C'est l'origine divine de l'agriciilluro (jiii l'a lait esliuier de tout temps, aussi bien que sa nécessité.

iiir'». 11. .Mais ses avantaf/es la rendent non moins précieuses. 0 fortunafi nimium sua si bona norinf, aijricolœ, a dit im poète. O'icls sont ces biens? 4" Les charmes de la campagne, de la verdure, des Heurs au printemps, des moissons en été, des fruits en automne, de la neige en hiver, l'air libre, le chant des oiseaux, le ciel ouvert. C'est après cela que soupirait un autre poète. O rus, quando effo te aspiciam! C'est ce qui faisait goiîter les charmes de la solitude à .lérôme et <pii lui faisait écrire à lléliodorc : Jusques à quand reslerez-vous dans la prison enf\miée des villes ? Que chacun pense ce qu'il voudra, écrivait-il encore ; mais pour moi le monde m'est une prison, et la solitude un paradis, "i^ L'aisance act^uise par le travail. On peut rencontrer ailleurs cet avantage; mais est-il aussi solide, quand il n'est pas attaché au. sol qui est inébranlable ? L'humble maison, les champs du laboureur sont à l'abri des faillites ijiii ruinent en un join- les économies de longues années, et des variations du commerce et de l'industrie qui laissent par- Inis l'ouvrier sans travail, .\ussi qui pourra dire le nombre des pauvres dans nos villes et les niisèrcs profondes qu'ils y endurent? l>îi. en elTet, on ne se connaît pas. et à peine peul-on trouver une main amie qui tende un morceau de pain ou l'aumône nécessaire pour im loyer. Il" La vie ru<le du laboureur fortitie ses membres, et lui assure le plus souvent une santé robuste et une longue vie. (Jui fournit à nos armées les hommes les plus robustes, les membres les plus vigoureux ? l'agriculture. C'est un fait qu'on ne peut nier. V .\vec la sauté lleurit souvent ta vertu au sein de la vie champêtre. Les travaux pénibles de l'agriculture, en fatiguant le corps, en répriment les révoltes ; la nourriture douce et frugale du laboureur laisse endormi le feu des passions, nue des exemples pervers ne viennent point réveiller. C'est aussi parmi les laboureurs iju'on trouve vivante encore cette foi de nos pères, qui semble aujourd'hui s'éteindre. « S'il est un fait incontesté, écrit Monseigneur Plantier, c'est que les populations agricoles sont partout les plus religieuses. »

Dans d'autres états, l'homme n'étant témoin que des œuvres de l'homme, oublie facilement son Créateur dont il ne voit pas l'action: et se sentant l'auteiir de tout ce qui l'entoure, il compte sur lui-même et croit pouvoir se

f)asser de Dieu. Mais le laboureur est toujours en face des œuvres merveileuses du Créateur. Chaque jour à ses yeux, le Seigneur étale les trésors de sa puissance et de sa miséricorde, et souvent aussi il fait éclater sa colère; les fleurs, les fruits, les frimas de l'hiver comme les chaleurs de l'été, une rosée bienfaisante comme une grêle dévastatrice, le soleil qui féconde comme

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