‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 364 sur 416 · VI. — A la liénédiotion d'un ciniotiôre · texte numérisé non relu

VI. — A la liénédiotion d'un ciniotiôre

2418. Le cinK'lièrc nous proche ; I, la grandeur de Dieu; II, le mépris des choses de ce monde ; III, le respect de nous-jnùmes.

\. La i/randeur de Dieu. Les deux racontent la f/loire de Dieu, dit I)avi<l ; mais le cimetière ne le l'ail pas moins ; car les perfections de Die» éclatent dans l'étal où se trouvent réduits les corps des hommes après la mort. (.M'i ne voit là : 1» le souverain donjaine et l'indépendance de Dieu, qui dispose, comme bon lui semble, de la vie des créatures et même des plus parfaites, de la vie des hommes qui commandent aux animaux, de la vie des rois qui commandent aux hommes. A quoi connait-on que vous êtes maitrc de votre troupeau? Kn ce que vous >• faites prendre tantôt des agneaux, tantôt des brebis pour les abattre. Dieu, parmi les hommes, i)rend tantôt un enfant, tantôt un vieillard, tantôt un riche ou tm noble, tantôt un pauvre. Vous disposez de votre troupeau selon vos besoins ; Dieu a si peu besoin des hon)mes (piil les laisse pourrir en terre. (Juand nous avons un bon serviteur nous voudrions le conserver longtemps, jmrce que nous en avons besoin. Dieu n'a besoin de personne. Il envoie souvent la mort k ses serviteurs fidèles, quand ils sont h la (leur de leur Age, afin qu'ils sachent bien que serri inutiles sumus. Parmi eux, il y en a qui sont éminents en science, (pii pourraient faire un grand bien sur" la terre, et Dieu les moissonne; et leur corps s'en va nourrir les vers. Dieu n'y [icrd rien. Si vous saviez par cœur tout ce qu'il y a dans vos livres, vous n'auriez pas à regretter de les voir consumer par le i'eu. vous n'y perdriez rien; Dieu y perd eneru-e moins, quand les hommes meurent. Ce savant, (pii connaissait tout ce (\\v\ est contenu dans ses livres, les voit consumer dans un incendie, les regrette pourtant, car ces livres pourraient servir à d'autres, et il aurait bien de la peine à s'en procurer d'autres; mais à la mort du plus saint du monde, Dieu n'en ressent point de perte; il peut, quand il veut, en faire d'autres, qui feront plus et mieux, et, d'un souffie de sa bouche, il peut rendre la vie à leur corps;

2" Le cimetière manifeste la justice de Dieu. Pourquoi ces corps de tous ces hommes, depuis 6.000 ans, sont-ils réduits en cendres, ces corps élevés avec tant de soin, les corps des saints qui n'ont jamais fait de péchés, des martyrs qui ont souffert pour Dieu? en punition du péché d'Adam, ô terreur (\ç la justice de Dieu. C'est ce «pii frappe les homuies, n'eussent-ils qu'une étincelle de foi ou de raison. Aussi est-ce au ciuielière que Dieu est le mieux respecté. Après l'autel, où Jésus-Christ s'immole, il n'est point de lieu si vénérable à nos yeux que le cimetière, il n'en est point où Dieu soit moins offensé. Dieu est offensé dans les maisons, les palais, les églises même, et rarement on ose pécher au cimetière, tant y éclate sa gloire.

IL Le mépris du monde. (^»u'est-ce qu'un cimetière ? 1 ' C'est la demeure des défunts. Où sont vos pères? Au cimetière. Venez donc souvent prier sur leur tombe. Ne leur devez-vous pas cette marque d'affection ? 2" C'est aussi votre demeure. Ils ont tout quitté, vous quitterez tout. Vous avez des cham[»s plus vastes que le champ de la mort. Vos greniers sont pleins. Ce n'est même pas assez pour votre ambition. L'univers ne suUit pas A Alexandre, et, mort jeune, il dut se contenter d'un tombeau. Il en sera <li même pour vous.

C'est bien là votre maison. L'autre, vous la quitterez; celle-là, vous la carderez toujours. Ailleui-s, vous vous croyez maîtres, vous n'êtes que des Fermiers à terme plus ou moins court. Ici voiis demeurerez jusrpi à la fin des siècles. Oui, c'est bien votre maison ; riches, ne vous attachez [las trop à l'autre ; pauvres, consolez-vous de ce qui vous man<pie. C'est votre maison, vous qui êtes épris du monde et de ses faux biens. Le cimetière nous apprend donc le détachement de la terre.

(1) Le» païens eux-mêmes ont respecié la demeure des morts. Quand Cyrus poursuivait les Scylhes, ils fuyaient devant lui, lui abandonnant tout. Cyrus. étonné, en demanie la raison. • Ce peuple nomale, lui dii-on, n'a ni foyer, ni champs, m biens à défendre, si vous veniez qu'il lutte cjqtre vous, attaquez les tombeaux de ses ancêtres , c'est li ce qu'il respecte le plus. «

\ LA nRNÉDicnoN d'vsk ctocrt^. 1181

^ll't III M.iis iiiissi /»> rt'sii^f/ i/f> nniL-i-mémes. Siriioinrae est iinabiiiie do

C'est pour notis le rappeler ipie , -jcr nos ceniires. Ottc bénéiliclion est la preuve <lu respcfi quelle a elle-même pour nos corps : l'> Farce qu'ils sont les temples ilu Suint-Hsprit, les membres vivants de Jésus-Christ, lavés par le l);i[»(('me, consacrés par la conlirmalion, sanctifiés par la présence <lc .Notro Soigneur dans la communion. Mais si l'Kgilse les traite ainsi, quand ils sont i.|;i voués à la corruption du tombeau, comment devons-nous les it^sj'O.-ttM- lUMis-mémes, maintenant qu'ils sont unis à notro ilme immort'I!' tt les membres du Christ, d'il sainl Van), les ferai-je servir

a i! nfaisirsf

t" \A . '-cte nos corps, parce qu'ils doivent ressusciter un jour.

Quand !■ r jette le grain dans son champ, il sait que ce grain doit

poiii 11 sait aussi qu'il doit produire tme lige vivante et féconde,

et ■ ela qu'il prépare le chamo où il le dépose, .\insi l'ait l'Eglise,

elle > 11' rps de l'homme qu'elle confie à la (erre doit s'y décom-

poser. III lu'il doit revivre, et c'est pour cela qu'elle prépare et con-

^■'■■'■' •■ ■ f le champ de la mort, t^ue ceux qui ne sont plus les

et qui n'ont point d'espérance consentent, s'ils le veulent,

. .ne bélc dans une terre profane. l*our nous, enfants de

l>ieu et lie son Kglise, nous qui savons que l'homme, supérieur à l'animal par sa raisun, l'est aussi par sa destinée, (jue Jésus-Christ est ressuscité comme prémices et présage de la résurrection de ses membres, que la »^ort n'est qu'un sommeil , nous comprenons (jue noire corps mérite le . >pecl.

iirnnde vérité que nous nous rappellerons chaipie fois que nous passerons

• cette demeure qui sera bientôt la notre. Kn donnant à nos morls

iiir et une prière, nous nous souviendrons qu'il faut nous détacher

t nous respecter. Ces enseignements bien compris nous mériteront

sainte; et au jour de la résurrection glorieuse, la pierre sépulcrale

, -1 I nos restes, sera comme l'escabeau d'où nous nous élant.-erons

pour ;is les airs au-devant du Christ, et, ainsi, nous serons toujours

avec le .'^eiytteur.

Vil. - i% la bénédiction d'uno cloche.

.-.. "" .--lie ..ce et on bénit la cloche parce quelle doit devenir pour

nous ; I, ! Dieu, et il, la voix de l'F^lise.

l l"' ''Il Mieu nous parle dans son lemple par la voix du

-• par la cloche. Cette voi.v domine celle des eau.v,

; jue et puissante, qui retentit comme la foudre du

te; elleehranlele désert, {l*». xxviii. :J.) Kllenous rappelle les

.jii,- Di.^ii nous impose ; V> envers lui-même. 1) Le matin, le

et de calamité, elle nous invite à la prière, â) Le

iff» nu prpns ot pHp sornblc nous diro : Je vous ai

"■>'■ me.

-' .cul que nous

^ ni;s IicTca. 1.1 •: uu cji d iUaiiuc, ol nous courons

"ux dont la demeui la proie des flniiimes ou des eaux

ii.iM.r.i.'OS.

:t" h'iirers noui-mémet. Elle nous mar<|tio les lieiires du travail. De qucU

■- uni iicii. iilSdiis

m annonce, nous

- nous, h l'appel de

••omiiie fait li lui-

U MOUS de remplir ce

grari , , ; l'oisivelé enlanlc.

Malheur a ceux qui entendent en vam cette voix de iàcu ! Le .Seigneur leur

Ai.i.uv L 1 i<'.N.> ui\r,UNK> i: 1 m.Hmons ni'; riitcoNSTWf J,

parle cnoorc, mais par la voix de la conscience, par les remords, en attendant t|ii'il Irur parle à son tribunal par sa voix loiidroyanU' qui leur dira : Jiefires-vous fie moi, maudits, je vous ai appelés et vous avez refuse de m'en fendre.

2i21. II. I.a cloche est la voijr de l'Enlisé, notre mère ; c'est pourquoi elle est tantôt joyeuse et tantôt plaintive ; car une mère partage les joies et les douleurs do ses enfants, lo ToiJ- yoz/ejA^f» (|ui nous annonce l'exaltation d'un ponlife aimé, un jubilé publié dans l'univers catholique, un triomphe de la patrie victorieuse, une fête chrétienne, ime fête de paroisse, ou le bonheur d'une famille. .\u jour d'une première communion, la cloche nous invite à partager le bonheur des jeunes Ames à qui Noire-Seigneur se donne. Un nouveau-né vient-il de devenir l'enfant de Dieu, la cloche porte k tous cette heureuse nouvelle qui fait oublier ù la mère ses douleurs. La cloche retentit encore, quand deux époux unissent leur vie et leur cœur sous la bénédiction delKglise (t).

â<> Voix plaintive. 1) Quand on porte à un moribond le viatique et l'huiîe sainte, elle invite les lidèles à accompagner Notre-Seigneur et à prier pour cette i\me qui va entrer dans son éternité, i) Le glas funèbre annonce le trépas, les olTices pour les morts, la mémoire «les fidèles trépassés, au deux novembre ; l'Kglise s'associe ainsi aux tristesses et aux consolations de ses enfants cl nous invite à y prendre part à noire tour. Saint Paul ne dil-il pas que nous devons pleurer avec ceux f/ui pleurent, et nous réjouir avec ceux qui sont dans la joie ? Ne sommes-nous pas les enfants du même Père qui est dans le ciel ?

Entrons donc dans les sentiments que la cloche nous inspire, ou plutôt que l'Kglise nous suggère par elle ; prions pour nos frères quand il sont en fête, alin que leur bonheur din-e ; [irions pour eux avec plus de ferveur encore quand la maladie ou la mort répandent la douleur à leur foyer ; cl surtout n'oublions pas les défunts dont IKglise nous rappelle les souffrances. <irand

frédioaleur que la cloche, le héraut, la voix majestueuse de Dieu et de Eglise (2) ! Une jamais elle ne retentisse ù notre oreille sans que nous nous rendions attentifs au devoir qu'elle nous presse d'accomplir, aux sentiments qu'elle veut faire naître dans nos cœurs. Enfants de Dieu et de l'Eglise, écoulons leurs voix toujours graves et imposantes ?

Heureux le peuple fidèle où la cloche catholique fait battre à l'unisson tous les cœurs! Personne n'y est abandonné, personne n'y pleure seul. Chacun a des amis pour partager ses joies ; le temple saint se remplit aux iours des solennités joyeuses ou funèbres, les morts n'ont pas à déplorer l'ingratitude des vivants. La loi de Dieu est observée et ouvre à tous le ciel où les introduira la douce voix de Noire-Seigneur : Venez les bénis de mon Père, posséder le royaume qui vous a été préparé.

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