‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 376 sur 416 · ALLOCUTIONS DIVERSES KT SERMONS DE CIRCONSTANCE · texte numérisé non relu

ALLOCUTIONS DIVERSES KT SERMONS DE CIRCONSTANCE

Le marquis de Fénclon n'avait que seize ans. quand il alla demander du service dans Tarmée de Louis Mil. Vous Mes bien jeime, loi dit le roi. Sire, répondit le jeune homme, je n'en aurai ([ue plus de temps pour servir votre Mnjesté ! Dieu ne vous dit pas que vous Oies trop jeunes pour l'aimer. Il v a des saints de votre Age, et n'avons-nous pas plus de raison de passer de lonjucs années à son service quïi celui du plus grand des rois? (1)

\XI. — A Foiivertare d*aii jubilé.

i'l-)U.— I. Ce que c'est, hih'ûé veut dire joie, et lpjid)ilé, en effet, apporte la joie : l» au ciel, où elle esl plus grande pour un péciieur qui se convertit *pie pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui persévèrent ; 2» au purgatoire, car les indulgences du jubilé ont une cnicacilé merveilleuse pour délivrer les ftmes qui y gémissent, et qui tendent vers leurs parents des mains suppliantes; 3« à la terre, à la so<"iétc i|ui esl menacée quand ses membres

leurs. Un des points importants de celte règle était de communier tous les liuit jours. Il continua à exercer ain$i le zèle jusqu'à dix-tiuit ans. Pendant qu'il étudiait la ibéoiogie à Toulouse, il se levait la nuit et se rendait à l'église pour y prier; on en avertit le supérieur, qui répondit : « Ne troublez pas les entretiens de cet ange avec Dieu, ce jeune homme est un saint, et je serais bien trompé si on ne célébrait quelque jour sa fêle. »

((■) Saint Jérôme était déjà avancé en âge, quand il commença l'élude de l'hébreu pour vaincre les tentations qui l'assaillaient et se mettre mieux en éiat d'expliquer les livres saints. Il y éproiva des peines incroyables qu'il surmonta courageusement. Son amour pour l'étude allait si loin que, pour s'y livrer avec plus d'ardeur et de continuité, il oubliait le soin de son corps, a Pour me vaincre, dit-il, je me fis disciple d'un moine qui, de juif, s'était fait chrétien ; et moi, qui avais tant aimé les sages préceptes de Quinlilien, l'éloquence majestueuse de Cicéron, le style grave de Fronton et la douceur de Pline, je me mis à apprendre l'alphabet et à étudier une langue dont les mots sont si rudes et si difficiles à prononcer. Il n'y a que moi et ceux avec qui je vivais alurs qui sachions quelles peines, quelles difficultés j'eus à surmonter, combien de fois je me sentis rebuté, désesoérant d'en venir à bout, et combien de fuis, après avoir tout abandonné, je recommençai de nouveau, par l'ardeur que j'avais d'apprendre. Je rend.s grâces h Dieu de ce que je recueille maintenant de cette étude des fruits d'autant plus doux que la St-mence en a été plusamère. (Voir Panégyrique de saint Thomas, n^ 23i6.)

(d) Saint Anionin était lil? d'un notaire de Florence, il demanda, ('•tant bien jeune encore, à entrer dans l'Ordre de Saint- Dominique. Le l'ère auquel il s'adressa, le voyant de petite taille et de cliétive apparence, lui demanda quelles études il faisait, et sur sa réponse qu'il étudiait le droit canon, il lui dit: « Je vous recevrai dans notre Ordre quand vous saurez le droit par cœur. » Cette parole fut loin de déconcerter le postulant.... H étudia avec tant d'ardeur qu'en peu de temps, il apprit par cœur les règles et les textes du droit. Aussi le Père, reconnaissant la main de Dieu sur ce jeune homme, lui donna l'habit lorsqu'il n'avait que seize ans. Antonin devint archevêque de Florence.

(e) En étudiant les sciences, ne perdons pas Dieu de vue. Le célèbre Ampère, que sa grande science fit nommer inspecteur général de l'Université, écrivait à la (in de sa vie: « Mon Dieu, que sont toutes ces sciences, tuus ces raisonnements, toutes ces découvertes du génie, toutes ces conceptions que le monde admire et dont la curiosité se repatt avidement ! En vérité, rien que de pures vanités... Etudie les choses de ce monde, mais ne les regarde que d'un œil ; que ton autre œil soit constamment fixé sur la lumière éternelle. Ecoute les savants, mais ne les écoute que d'une oreille ; que l'autre soit toujours prête à recevoir les doux accents de la voix de ton ami céleste. N'écris que d'une main ; de l'autre, tiens au vêlement de Dieu, comme un enfant se tient au vêtement de son père. >

{[) Charlemagnc fonda à Paris une célèbre école ; il allait lui-même en présider les examens, et il faisait placer les bons élèves à sa droite et les pares.°eux à sa gauche. Il disait aux premiers : « Puisque que vous avez le zèle de la science, je vous donnerai les plus Inute.': fonctions de mon royaume. » Et aux autres, parmi lesquels se trouvaient souvent des (rifmts des grands et des nobles: « Si vous ne laites des efforts pour réparer voire négii^unce par votre travail, vous n'aurez jamais de moi aucune faveur. »

(1) On trouvera dans notre livre. Le Jeune homme comme il faut, la matière de nombiTUses instructions à donner aux jeunes gens. Si oh avait à parer à des soldats, on pourrait prendre pour sujCt la paroie du maréchal Duguesclin aux siens: a Mes amis, j'ai trois choses à vous recommander : la première, c'est la crainte de Dieu ; la seconde, c'esile soin de votre boDoeor; et la troisième, c'est le service du roi. s Voir: Soldad, n* 2465.)

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