‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 378 sur 416 · XXII. — Contre les mauvaises lectures · texte numérisé non relu

XXII. — Contre les mauvaises lectures

•'»M. Attendue a falsis prophetis '/ui veniunt ad vos sub vestimentis ovium, intrinsecus autem sunt lupi rapaces. {>Lvt., vu. lo).

' ' -' ' lumandalion de Noire-Seigneur. .lamais elle ne fut plus pra-

dluii. Ceux que nous estimons des prophètes, que nous res-

■ ,.L t ire comme des savants^ parce qu'ils savent tenir une plume,

nt à nous sous la peau de la brebis, nous faisant de doucereuses

,h. lit, .11.'. ,if. 1,1 ii>:ir, les écrivains pervers, qui nous offrent mau-

ns, mauvais journaux, gravures dangereuses,

isseurs. Démasquons-les et disons les ravages

(• de loup.

\v ces hommes qui attaquent la pudeur ou la religion ?

l'our ie iu«>ins. ils ont perdu l'une ou l'autre. 1° La pudeur, l'innocence des

iiMi iiis .lut'l trésor! C'est Ja source de toutes les vraies consolations du

tous les nobles clans, de toutes les joies de la famille ; la perdre,

iiMir ! quels remords, quelle honte ! Il en est qui après avoir subi ce

.itsa-sire, carlient du moins leur honte en dévorant leurs larmes ; il faut les

plaindre ; mais que méritent-ils ceux qui, après le naufrage de leur vertu,

veulent entraîner i**s autres dans leur ruine? A ipii les comparer, sinon à

,p(ip irilAiPi<> l.al.tvcuse des fanges dune grande ville qui, vovanl passer

- Iiien mises, lance avec rage contre elles la boue »le son

il pas être sale seule, et la propreté des autres aigrit sa

de ces romanciers qui ne goûtent que d'-" -

nt, sous le nom d'amour, à les l'aire na II.- jruiif iiiif jusque-là modeste, d'un jeune homme auj.... ■..—

.i,n> il en est (pii iv> - '"• •■ '-^ .i ....t.- ../or lu chasl.'.' I-' l'-sper»

dos parents et «les lois. • qui fail i' do

I i... 1 .h, I..V ,., , . isi !(> x,]< iH'iii

simples, il ny n ipi «ne vi*rilc qui est contre Itieu. est contre la ir de la raison est 1 auljMir iiième de In religion. Le Itieu do la ■ la science ; et il ne peut <lon'- v avoir de l'opposilinn ontro la 1 la foi. Dieu ne pouvant être en >!

'Icux yeux pour nous ronduire auNâi deux veux à nos ' foi e' In rHis»»n ; celui <\

ot "^ u perdant un ail, il seul hv '■ i inuc ; n ni;n> m»

don ('.est un aveugle. Justine là c i que le plaindre cl

1210 ALLOCUTIONS i>i \ i:HSi;s i;i ??i umu-n^ l'i; ( ikuunstanli-:

prier pour lui ; niaisipiand il entreprend de senjcr ses mensonges, d'éloulTer dans les flines des autres la vérité: C'est un aveugle qui conduit un autre areuffle. fous deux tombent dans ta fosse. (Test plus, c'est un scélérat qui ravit h ses semblables le plus grand de tous les biens. Il ôte aux aflligés la dernière consolation de leur misère ; aux riches et aux puissants, le seul frein de leurs passions, il arrache du fond du cœur le remords du crime, l'espoir de la vertu ; peu content de taire perdre à l'homme I)ieu, son ciel, sa grAce. il lui ôte même le mo.vcn de les recouvrer, en lui enlevant la religion. Intrinsecus sunt lupi rapaces. Kst-il im loup tlont la dent meurtrière soit plus redoutable ? Ksl-il [tour l'homme de plus lei-ribles ennemis que les écrivains pervers et imjiies i II fut un temps où les lois les condamnaient à mort. Kiles n'étaient que jiistes.lout aussi bien que celles ipii condamnaient à l'échafaud les empoisonneurs publics, les incendiaires. Pendant longtemps, en France, on fit briiler de la main du bouiTeau les écrits licencieux, et c'est le moins qu'on puisse faire dans une société chrétienne, |)uis(|ue les (irecs, païens eux-mêmes, en firent autant pour les écrits dangereux d'Kpicure, et (ju'Auguste, païen lui aussi, exila le poète Ovide à cause de ses vers licencieux. Kl nous, trompés par l'apparence d'un style qui nous charme, d'une science borgne qui s'étale à nos .yeux, nous irions pa;y'er de l'argent, dont ont si grand besoin nos familles et les bonnes (Ruvres, le poison que l'on nous vend; et nous aiderions à ces scélérats à faire, à nos dépens, aux dépens de nos Ames, leur scandaleuse fortune ! Chose ignoble, à part quelques écrivains au service de Satan, et ipiil faut abhorrer comme l'ennemi du genre humain dont ils sont les suppôts, et dont il faut fuir les écrits de plus loin (jue les loups enragés, la plupart des auteurs des mauvais livres n'ont en vue que de spéculer sur les passions humaines qu'ils flattent, pour se créer des rentes. Il est de ces auteurs qui se sont réalisé jusqu'à lOO.fMXJ, jusqu'à 200.000 francs de rentes. Tuer ses semblables, tuer les âmes, tuer la foi, insulter Dieu pour faire fortune, est-il un métier plus odieux, plus méprisable? Donc attendite a falsis prophetis.

2453. II. Ravages qu'ils opèrent. Intrinsecus sunt lupi rapaces. Si leur ignoble conduite ne vous faisait pas horreur, et ne vous inspirait pas de la haine pour leurs écrits, du moins ayez pitié de vous-mêmes et de la société dont vous êtes les membres ; car les fruits de tels arbres ne peuvent être que des fruits de mort, a fructibus eorum cognoscetis eo.<. 1» Pour vous, i) Pour votre vertu. Corrumpunt tnares bonos colloquia mala... Or, verba volant, scripta manent. On y revient à des heures de loisir, on repasse ce qn'i a (ait naître de dangereuses émotions, on se complaît da'ns les tableaux perfides de scandaleuses scènes. On les médite à loisir; et quand ce poison, d'autant plus dangereux qu'il est plus enimiellé, agit tous les jours, ne serait-ce qu'à petites doses, il s'inocule dans l'àme et la corrompt ; il épuise en elle la piété, la crainte de Dieu, toutes les vertus ; il développe les germes de toutes les passions, il donne le goiil des amours profanes (jui sont la source de tous les troubles, de toutes les jalousies, de tous les crimes. Les cœurs les plus généreux jusque-là, pour tenir tête aux séductions, finissent par s'amollir, et Satan fait, par les journaux, les romans et les feuilletons, ce qu'il n'avait pu faire par ses suggestions. Saint Jean Chrysostome avait donc raison de dire : arma hœmunxim mali libri. Uni ne déplorerait de nos jours les victoires sinistres remportées à l'aide de ces perfides et trop cruelles armes, dans l'enfance, dans la jeunesse, dans les hommes d'un Age mûr et jusque dans les vieillards? Kou.sseau a dit : fumais fille chaste n'a lu de romans, et on peut ajouter, si elle en lit elle cessera d'être chaste... (Bonard, note du n. 778.)

2) Mais si au moins la foi survivait à toutes ces ruines, il resterait un moyen de les réparer, mais la bonne conscience une fois étouffée par les mauvaises lectures, la foi ne tarde pas à sombrer; du reste, comment pourrait-elle se défendre, quand tous les jours les mauvais livres sèment de fausses doctrines et battent en brèche toutes nos croyances ? Qni, surtout s'il a une instruction religieuse médiocre, pourrait résister à tant de sophismes ? Je lis le pour et le contre, dites-vous. Vous prenez une bonne nourrituie et eç même temps du poison. Vous en mourrez. Je n'y vois point

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