LE PÉCHÉ
guil sans cesse, dans lu maison, pendant la nuit, dans les lieux de débaudies. 11 dit à Dieu : « Kst-ce maintenant qu'il faut frapper ce pécheur ? Kst-ce pendant qu'il mange, pendant qu'il dort, pendant qu il se livre à ce coupable plaisir ? Seigneur, c'en est temps, il a méprisé voire nom, il a usé pour vous offenser, des biens (pii viennent de vous (1). »
1010. ;{" Comment y échapper f Où fuira ce pauvre pécheur? Dans quelle caverne se mcltra-t-il à l'abri des poursuites île Dieu ? S'ensevelira-t-il dans la profondeur des mers ? Dieu ordonnera aux monstres qiù les peuplent de le dévorer, «irimpera-t-il sur les plus hautes cimes :* Si quasi at/uila e.v.altaveris nidum fuum, iiide iletraliam te. Quis vofns demonstravit fuijere a Ventura iraf Vous en avez trouvé pour vous apprendre à fuir Dieu, à l'offenser, à attirer sur vous sa colère. Qui vous a appris à vous v soustraire : Quis vobis demonstrarit fuqere ? Comment auraient-ils pu vous donner une telle recette ? S'ils l'avaient eue, ils s'en serait bien servis eux-mêmes. 11 y en a eu d'autres qui ont été blas|)hémateurs, parjures, profanateurs du dimanche, impudiques, vindicatifs depuis le commencement du monde. Trouvez m'en un seul qui ait pu se soustraire à Dieu? La mort les a tous frappés ; ils ont été renversés p.ir le souille divin ; ils sont tombés dans les mains du Dieu vivant, ce qui est chose épouvantable au témoignage de saint l'aul : Ilorrendum est incidere in manus Dei viventis ! El quand le pécheur attaque Dieu, Dieu le regarde et semble lui dire : « Je t'attends, lu ne passeras que par mes mains. »
1011. io II y a donc lieu de trembler : 1) pour soi. CoMiprenez-vou?, après cela que le pécheur puisse vivre en paix ? Non, il n'v' a point de paix pour l'impie : Quis restitit ei et pacem liabuit ? Si quelqu'un avait une vipère vivante dans le sein, il ne pourrait ni manger, ni se divertir, ni dormir, de la peui qu'il aurait d'en être piqué, et d'en mourir. Comment donc pouvoir garder sur la conscience un péché mortel qui [»eut à tout instant nous pré«'i-
Iiiler en enfer. Ktre l'ennemi de Dieu et vivre en paix! Sainte Madeleine <le *azzi, sur le point de mourir, prononça ces paroles remarquables? « Je sors de ce monde, sans avoir pu jamais comprendre comment un chrétien peut pécher et vivre en paix.» Sainte Thérèse ne le compi-enait {tas davantage, elle qui à cette seule pensée : « Je vis encore cl je peux offenser mon Dieu gravement, » gémissait, tremblait, pAlissail et sentait .ses cheveux se dresser d'elTrni sur sa tèle. l'A si ce pauvre pécheur ne tremble nas. n'est-ce pas ime preuve que Dieu commence à l'abandonner, |)uis(pi'il le laisse dans l'aveuglement de l'esprit et l'endurcissement du cœur?
(1) Oenys, roi de Syracuse, s'était rendu odieax à son peuple par ses lyrannif». et, menacé cha(|up jnur du poien^rd des conjurés, il menait une vie inquièle au milieu des plaisir». Un de ses courtisans, Damociès, l'appelait le plus fortuné (tes mortels. Denys lui ofTril de prendre sa place pour un jour, et ordonna à loule sa cour de lui rendre tous les honreirs royaux, ei de lui préparerun grand feslio. Damociès, assis sur le siège royal pâlit tout à coup ; il avait va une bâche suspendue sur sa télé par un fil. Denys essaie de le rassurer; mais en vain : il tremble, l'auvre pécheur, quelle paix peut il avoir lar)i ""» !'■ "laive de la justice est .suspendu sur sa téie I
La pin vengeance que vous puissiez exercer sur un homme faible qui vous
attaque m i. ces' de lui ôler son épée et de le dt'pouillrr de ses armes. Une
donation queluuc bien conçue et bien faite qu'elle soit, peut être révoqui'e et mise au néant par le bienfaiteur, si le donataire commet contre lui une ingratitude énorme.
Quand vous consentez au péclié morlel. vou- f^' '■-. -irrre à votre Dieu, vous
vous serV'-z pour le combattre de votre vie, df \ autres biens qu'il voua a donni**. vous commettez contre lui une ingr.ti <-. une otroce rébellion, vous opprimez injuslenent ses créatures qui vous s«jrveni, en les faisant révolter contre lui ; vous vous fervezdu pain, du vin, de l'or, de l'argent, cl de la lumière pour l'oiïcnser. D%)nc s'il vous en prive pour les délivrer de cette op -'il vous conllsquc
vos biens, s'il réro'nie la donation qu'il vous en avait fai" ^ dépouille de ses
armes, il ne vous fuit point de tort, il use du droit d'une ju . .>o.
Si un pauvre av^usle. au milieu d'une foréi peuplée de bétes sauvages el environnée de précipices, oPTensail son conducteur en le frappant ou en lui disant des injures. I« conducteur, pour bien le punir, n'aurait pas besoin de prendre un couteau el de le lui plonger dans le sein, il n'aurail qu'à se retirer, lo laisser ;« la merci des bêles farouches el au danger évident de tomber dans les précipices. a i Aà
Dieu pour châtier le pécheur n'a pu besoin de le frapper, il n'a betoio que de le de* kïMer.
378 si:nMoxs L'K missions
U\ïi.i\ Pour les gietis. l'oiirlaiil, s'il esl iisso/ iivi'iiglc |K»iir ne pHs Iroinbler pour liii-in^ino, <|iiil Iromhlo au moins pour les siens, l'ère, si pour vous vous Mes insensibles, avez au moins pitié île eos jtauvrcs enlanis ipie vous avez uns au mon<le ; rraignez «l'allirer sureesèlres si cliers la malédii-lion «ic hieu ilonl v(»us Mes l'ennemi! MV're roupalilo. Iremblez pour voire fille! Ilelas! que j'ai peur qu'elle ne soil maudite de l>ieu à cause (le vos exemples! (I jeuiie>-se éfrarée. par |iitié pour ee vieillard qui est votre père et dont vous (Irslinimiez les cheveux hianrs, par pitié pour cette femme que vous appelez votre mère, cpumd même vous méconnaissez ses conseils et les larme »pic vous lui faites verser, cessez d'attirer par vos désonircs les malédiclions de Dieu. *
l((l;{. — \. Jmpénitence. Pour vous, continuez de man-lier par celte voie delà séparation de Dieu, de l'ahaiulon de Dieu, de la haine de Dieu ; coiu-ez vers le nuil, ce cbeudn vous mènera A la ruine: //{pc ria durit ad intcrilum. Vous moissonnerez ce cpie vous aurez semé, au jour, où la mort vous moissonnera vous-même: et cette mort, la haine de Dieu hAte son arrivée: Stimulus mortis peccatumest. (1. Cor. xv, r><;.) I.a voici comme un cavalier qui s'avance au jîalon. Elle est telle cpic l'a préparée une telle vie. Vivez en indilTérent, en impie, en libertin, vous mourrez de même. VoilA la règle générale.
Dieu peut faire des miracles, mais on ne Je voit pas souvent ressusciter les morts. J.'arhre tombe du coté où il penche. Avez-vous vu ces chênes inclinés au pencliant d'une forêt, sur le boni d'un torrent ? Attachez cle solides cordes à leur sommet, coupez les racines et puis aiq)elez à votre aide vos parents et vos amis pour les faire tomber du coté delà mruitajrne ; peine inutile, Ictir poids les entraine toujours ilans lelililu torrent! Ainsi en est-il du [técheur séparé de Dieu. Par le poids de ses crimes, il penche vers l'abime éternel, il y tombe. La mort frappera son dernier coup, quand il s\v attendra le moins. Parents et amis seront là pour lui dire : « (lonvertis-toi. malheureux !» Il a si souvent résisté à leiu- conseils qu'il les méprisera encore.
lOi-i.— VI. — Damnation. Il tombera dans l'abime et il sera enseveli dans l'enfer (I). El ce n'est pas Dieu tpii Je danmera, c'est lui qui s'est danméloul vivant ; il s'est séparé de Dieu par une l'aule grave : jiprès la mort plus «l'espoir de le rejoindre. Il a abandonné Dieu, et Dieu la abandonné ; il a haï Dieu, il va d()iic de lui-même au lieu où avec les démons il pourra le haïr éternellement : l'erdifio tua. Jam sccuris ad radirem arhorum pnsifa est : hpjà la hache est à la racine de l'arbre. N'cnlendez-vous pas les premiers coups ilont elle Je frapjte 1 Vieillards, les cheveux qui tombe de vos têtes comme les feuilles d'un arbre qu'on abat, ce front qui se courbe vers la terre, ce sont les premiers coups de la liAclie de la mort! Jeune homme, ces donleure de tête, cette raideur que vous sentez dans vos membres, cet épuisement de vos forces, fruit peut-être du vice, ce .sont les [u-emiers coups de Ja mort! Et si vous n'éprouvez rien de tout cela, ne vous croyez pas en siîreté. car nul n'est si robuste (pi'elle ne puisse d'im seul coup trancher le til de su vie (i).
(0 Le P. Josepli Anquiéla. célèbre missionnaire du Brésil au xvi* siècle, vit un jour sonir de la ville un homme couvert d'un manteau et marchant à pas précipités. Il allait luer son ennemi. «Où allez vous malheureux? lui dit-il. — Mon l'ère répondit-il, je vais me promener. — Non, mon ami. vous allez vous jeter en enfer, comme le témoigne le poignard que vous cachez. » Ah I à combien de gens pourrail-on dire : Vous allez en enfer, si on savau les désirs qui les poussent !
(2) Saint Jean Damascène se sert d'une belle parabole pour faire voir au pécheur son égarement ; un arbre, dilil était planté entre deux lieux bien différents ; à droite était un jardin de délices, une maison de plaisance ; à gauche un abtme profond, un effroyable précipice. Un jeune homme qui était perché sur cet arbre, s'attachait aux brandies du calé gauche, qui penchaient sur le précipice, attiré par un peu de miel que les abeilles sauvages y avaient fait. Il ne considérait pas que deux souris, l'une blanche et l'autre noire, rongeaient petit à petit la racine de cet arbre et le disposaient à tomber bientôt. Son père était dans le jardin, il lui criait en se lamentant : Mon fils, vous allez vous perdre, cet arbre va liientôt eue renvcr.<é du côté que vous le faites pencher, et vous tomberez dans les précipices ; venez aux branches qui sont à
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Facile "'■■■" ''"/nos fructus pœnitentiip. Pour i|iicIqiios-iins. la mission sera le c l'e. elle est pour leur vie ou leur mort éternelle. Malheur
.1 iini <!■ -paré fie Dieu, ne rherohera pas A s'unira lui en confessant
r à qui étant mort ne cherchera pas à revivre, en détnii- >• re[ientir! Malheur i\ qui, man-lianl à l'abandon et à la haine lie hieu par «les habit uiies coupables, ne s'arrêtera pas avec effroi sur cette voie <pii le mène à l'abime, ne reviendra pas en arrière pour retrouver Dieu qu il fuvait. et ne lui promettra pas d'être Udèle désormais à sa loi ! Malheur, trois fois malheur à lui ! Peul-èlre qu'il mourra dans son péché, in peccato vestro moriemini .
() péché, arbre empoisonné, que tes fruits sont amers! Tu ravis Dieu à une Ame : tu la livres à Satan, tu la dépouilles de tous ses mérites, tu lui «Mes même la possibilité d'en acquérir de nouveaux pour le ciel ; tu es pour elb- ce fpi'est la ^rèle pour la vendanf:e et la moisson ; la pelée pour un arbre i-hart'é de (leurs ; un incendie pour une mai.son remplie de richesses ; lu mènes à labandiin et A la haine «le l»ieu. lu attires la colère «céleste sur ceux qui te coiiiinettent et même sur les familles et les sociétés ; lu les conduis à I ctcrnell«> mort, à la réprobation ! Ah ! péché, qui ne le «léplorerait et ne te d.'tpsifinil!
Kil.'). Ou'il avait raison saint Benoit-Joseph Labre, cet illustre pèlerin que ITglise honore aujourd'hui ! Kn traversant une ville, sa besace sur le dos, c«>uvert de haillons, il rencontre deux hommes qui paraissaient des heureux du sicrlo. Ceux-ci le regardant, moitié par compassion, moitié par dé<lain~ peut-être, b i dirent; v Pauvre malheureux! » Menoit Labre se retourne : « Mes amis, leur dit-il, avec un visage tout céleste, vous vous trompez: il n'y a de vialheuretix que ceiuv qui offensent Dieu. » l'n pavsan du village d'kngelmod«le, près de Munster, visitait son champ qu'avait dévasté la grêle. « Je prends bien part A ce malheur, lui dit un de ses voisins. — Oh ! répondit le pavsan. en agitant sa l+'le couverte «le cheveux blancs, ce n'est pas un malheur, le péché seul est un malheur ! » Quelle parole !
Parents, répétez-la tous les jours A vos enfants ; maîtres, à vos serviteurs : Cfive ne aliquando j^cculo consentias. Kt si pour le moment, vous êtes en pfihé mortel, «di ! c'est pour vous «lu'est faite la mission ! Plus votre aveuglement a été grand jus«pri<ti. plus il faut faire efTf>rt pour en sortir (I). Dieu ne veut [»as la mort du pécheur, mais «pi'il se c«)nverlisse et «lu'il vive. Il vous aidera, nous vous aiderons avec lui de bon co'ur. mais «lu courage. de la runliance, «le la bonne volonté. Une sainte c«infession v(»us réconciliera avec Dieu. Tombons à genoux et faisons un acte de contrition (2).
droite : si vous tombez, je vous recevrai, el vous enlrerei en ce jardin oi» vous aurez beaucoup plus de cnirl. il s«ra pins doux, plus savoureux, plus salubre mille fuis, que celui qui vous arrête là. Cet arbre, c'est votre vie, le jour c'est la souris blanche, la nuit cVm la "lonris noire, qui la minent et i» diminuent in«en«ibli»roenl ; à droite, c'est
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luche, c'est l'abîme de
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