‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 73 sur 416 · VIII. — P^'rhé v«:'iiiel · texte numérisé non relu

VIII. — P^'rhé v«:'iiiel

iOiCi. Quasi a furie coluhri fmje peccata : Fuyez les prrhns comme un serpent. (Eocli. x\i. 2.) Le vova^oiir iiiii erre dans les iii(iritaf;nes el s'aitorvoit qu'il s'ap[iroclic d'un ftoulTre profond, recule avec clTroi et en évite luriiie le bord. 11 a^it sa^'enienf : nous rievnns faire connue lui ; car il n'y a pas de gouffre plus horrible (pie celui de lenfer. Non seulement il ne faut pas nous v jeter en commeltant un péché mortel ; mais il est nécessaire de ne pas nous en approcher, et nous nous en aftprochons par le pécli<'véniel.

Le péché véniel est une désobéissance à Dieu comme le péché morlcl , mais c'est «ine désobéissance légère, tandis que le |»éché mortel est une désobéissance grave, l'ne distraction volontaire dans la prière, une impatience, des paroles dures envers les personnes avec \pii on vil, des man quements j\ la charité qui ne nuisent pas gravement à la réputation d'autnii de légers mensonges, voilà des jiéchés véniels. Je ne parlerai pas tie ceux qui se conmiettent presque i\ notre insu, pav pure fragilité et sans presque les avoir voulus, mais de ceux qui se font avec réllexion el volontairement parce qu'on n'en comprend pas la portée. l'our nous déterminer à les éviter, réfléchissons :

1017. — I. .1 la ma/ice du péché véniel en lui-mt'me. l" Pour la corn prendre, il faudrait concevoir ce que Dieu mérite d'amour el de respe( i el nous en sommes incapables. Or celui (pii pèche vénielIement,olTense Dieu il lui désobéit, il contriste son cœur, non pas d'une manière sérieuse, inais d'une manière légère. Or l'ofTense de Dieu quelle qu'elle soit est un mal plus grand que fous les maux que peuvent subir les créatures (2). <'.e serait un moindre mal que toutes les fourmis périssent, que si elles molestaient un enfant dans son berceau, (jue tous les hommes périssent, c'est un mal moins grand que si Dieu est offensé légèrement par l'un «leux. Aussi le péché véniel n'est-il jamais permis, pas même pour empêcher les plus grands maux, pas môme pour procurer les plus grands biens. C'est renseignement calholiipie.

Aussi, lors même que l'on pom-rail, par un léger mensonge, faire cesser toutes les guerres, les pestes, les famines, les inondations, les maladies, les morts, éteindre tous les incendies, el même les feux de l'enfer el du Purgatoire, convertir tous les hérétiques, tous les sauvages, il est certain «pi'il ne serait pas permis de «lire ce léger mensonge. Le péché véniel est donc un mal plus grand que tous les maux du monde après le péché mortel. C'est l'offense de Dieu, c'est le mal de Dieu.

(1) Ce sujet convieni à une instracdon du malin dans les minsinns. On le traite aussi dans les retraiies de communauté et de cnngrégations pieuses.

(2) Dieu fit un jour la faveur à Calhrrine de Cènes de lui faire voir quelque chose de la malice du péché; ce ne fui qu'en passant el comme en un éclair; lnuiefois elle en conclut une si grande horreur, que lout son san? se glaça dans ses veines; elle en fut réduite aux ab.jis ; el elle dit, que si cel'e vue eût encore d'irée, lanl soil peu. elle en sérail tombée raide morte, lors même qu'elle aurait eu un corp» de diamani. Et elle ajoute : Quand je pense à la laideur de ('ombre même d'un péché, je crois que. si Dieu ne m'en préservait, j'en mourrais ; el si j'avais quelque chose à désirer dans ce monde, je ne souhaiterais rien si ardemment que de pouvoir exprimer ce que le connais et ce que je sens d'une chose si é'rangp ; et s» dans ce but. il fallj>il S'iuffrir, j'endurerais volontiers tous les supplices des martyrs et des malfai'eurs, afin de faire connaître aux hommes une vérité de celle importance. El depuis que Dieu ma communiqué ce rayon de lumière, je ne m'étonne plus que l'enfer soil si redoutable et que l'éternilé soil si longue. Au contraire, il me semble que les peines y sont irop douces, et qu'elles n'onl point de proportion avec la malice du péché, tant l'ombre seule d'un péché véniel me semble afTieuse el elVroyable ! En un autre endroit elle dit: 0 mon Dieu I toutes les autres choses se peuvent bien snppc.rier; mais de vous avoir offensé, ce m'est une si grande peme que la seule pensée m'en est horrible et insupportable ; el je vous prie qu'à l'heue de ma mort, vous me montriez plutôt tous les démons avec toutes leurs terreurs el leurs supplices que de me faire voir le moindre de mes péchés, parce que j'estime que tout le reste n'est rien en comparaison de l'ofTeTise qui vous est faile, quelque petite qu'elle soil.

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