LA CONFESSION GÉNÉRALE
>ans5 que la maladie tous saisisse encore, le prMre vient vous dire : Mettez ' '• à rot rf maison.... Nous sommes tous rondamnés i\ uiorf. et jamais > phis[iropi<o <iiie le moment pn'^sent pour nous v disposer. Mais tout est .11 mdre dans vos luaisnns cl j)isipio dans vds rtables et dans vos ciiamps, etr. En est-il ainsi de vf)s Amos ? Itispone domui, vous dirons-nwis, et vous tournant vers le Seigneiw vous répondrez comme le saint roi Kzédiias : Je repasserai fieva/tf rous dans l'amertume de mon dme toutes les années de ma rie. Ne vous contentant pas de le dire, vous le ferez, et vous étudierez atlonlivement si vous n'auriez pas besoin de réparer les fléiauts de vos confessions précédentes par une revue ou par une confession jïénérale. Mais afin de vous aider dans cette recherche, après vous avoir fait comprendre ce qu'on entend par revues et par t^tnfessions générales, nous vous dirons dans quels cas elles sont: I. funestes, M. nécessaires, III. utiles, et IV. nous ferons voir qu'elles sont toujours faciles.
Faire une renie, c'est répéter toutes les confessions <pie l'on a faites depuis
Plusieurs mois ou depuis plusieurs années, c'est redire tous les péchés gue on a commis pendant ce temps-là. Faire une confession générale, c'est refaire toutes les autres confessions que l'on a faites durant sa vie, c'est accuser tous les péchés que l'on a commis depuis que l'on est au monde.
i07i. I. Il est des cas où les confessions générales ou les revues sont funestes. Elles nuisent à certaines Ames .plus qu'elles ne leur profilent. Toutes les fois que les confessions précédentes ont été bien faites, et (pi'en les répétant on a lieu de craindre un trouble excessif ou tout autre ^inconvénient sérieux pour l'Ame, il n'est pas bon de faire une confession générale. ni une revue. Les personnes scrupuleuses qui déjà ont dit leurs péchés, qui les ont m^me redits plusieurs fois avec bonne volonté, s'iniaginenl souvent qu'une confession générale les délivrerait de leurs craintes exagérées. C'est une illusion. Plus on se frotte les veux quand on a certaines fluxions et plus on souffre. Ainsi en est-il des craintes de quelques consciences : plus on s'en occupe, plus on V revient, et plus elles auguientcnt (l). Les Ames scrupuleuses
' ' -' -ima, car elle est beaucoup plus cruelle que celle des tyrans.
las, on n'osail pas prier, ni faire des exercices de dévolion
i,.. ^. its caves, les grottes et les maisons particulières, mais au
moins, dans ces lieux-la, on priait Dieu librement, on recevait les sacrements sans contradiction. La perséculioD des mon lains est caijse que plusieurs n'osent prier Dieu soir et malin dans les maisons particulières, pour n'êire pas appelés bigots; ils n'osenl pas fréquenter les sacrements, être assidus au service divin, parce qu'on les appelle
liypocrilcs; ils "' ->■ - ■^"■•' ■• - - i -ietix ni retenus dans leurs paroles, parce
qu'on le* appe! estable de persécuter le christianisme dans
le christianisme it de fidélité à Jésus au sacrement île baptême.
e( de se moquer de ceu.» qui lui sent lidèles. de ne pas se contenter de ne pas servir Dieu, mais de «e moquer de ceux qui le servent. Celle persécution est si dangereuse aux Ames ri " :t institué tout exprès un sacrement dans son Eglise pour
nous arni'
La conii pour nous armer contre les persécutions des tyrans,
mais aus^ fortilier contre les persécutions des mauvais chrétiens, qui sont
souvent (1 uses que celles des païens.
Que diles-vuas Ai ces anciens ' dans Plutarque, el à juste rai-
Dion. Anlipaler. elc . qui. état . où ils savaient très assun
q„',,r. !.. .. .tf, ,, ., ,^ Cl d'y aller, par honte i"' i-
Icui iit-ils pas privés de jugement? et vouv
enc": . lurra par un péché mortel, en cette cin
médisance, ddii» ce fù.-.liii par iviugnfrie. en ce jeu par des jurements, en ces
Îar pen<iées impures ; vous voudriez bien vous en exempt>>r. mais vous n'osex i CCI." ^ ■
y oti
disa L . ' ., . , - ^
auHi condamné malgré vous.
(J, (•-■..•• 1. .,..- !.. * ,..,,. ,nnl ,.-.rlnr «nSB premil^r*" • "•■ "' •>" «:li'r.,l"l,> uni" I>CtlU>
piei I et qui n"ii
on I > '|iii n<iii5 III '
dent dan» le cbeiuin d« U vtitu. ^uauJ ob joli« une pierre uu milieu d'uu Mvicr bicu
n'ont qu'un seul rpmède qui puisse les guérir, c'est l'ohôissance aveugle à leur ronfoKseiir. L'olK-issiince est le clicniin le plus silr <lu l'aradls. On ne eut se diimneren (jlu-issanl, quan<i inr-inc par ob/'issancc on garderait sur e cirur un doute, ou iniMne un péché grave (pi'on serait tout disposé à confesser, uinis qu'un confesseur prudent défendrait de redire.
t07!t. (ieci ne s'applique qu'aux vrais scrupuleux : mais nullement à certaines con.sciences fausses, (jui s'inquiètent pour des bagatelles et qui avalent linirpiité comme de l'eau, qui expliipient en confession des imperfections insignifiantes et qui cachent de graves désordres contre la pureté ou autres, seud)lai>!es, A ces pharisiens dont Notre-Soigueur a dit (\n ils écartent arec soin un moucheron et aritlent un chameau. Ces sortes d'Ames vont quelquefois consulter, ftour savoir si elles ont besoin d'une confession générale,un prMre qu'elle ont indignement trompé, en lui iléguisant leurs fautes; et si ce prêtre trompé leur dit qu'elles n'en ont pas besoin, elles sont assez aveugles pour le croire. Personne n'a un j)lus graml besoin d'une confession générale que ces faux scrupuleux. C'est donc pour les Ames, qui ont au fonil une vraie crainte de Dieu, mais qui se troublent trop facilement, (jue nous avonsdit que la confession générale était funeste.
(Juant à ceux qui ont déjà fait une confession générale, après laquelle ils ont eu la paix et se sont corrigés de leiu's mauvaises habitudes, ils ne doivent pas refaire cette même confession générale, s'ils n'ont pas de raisons particulières de la croire mal faite ; mais ils peuvent avec fruit, s'ils ne sont pas trop scrupuleux, faire une revue depuis la dernière confession générale.
1074. — 11. Nécessaires. Toutes les fois que les confessions précédentes ont été mal faites volontairement, il faut les refaire pour échappera l'enfer; et par conséquent une confession générale ou une revue sont nécessaires. Or quels sont les cas où les confessions précédentes ont été mal faites ?Les voici, voir n» -Wl (1).
calme, quelque petite qu'elle soit, elle émeut tout le vivier et fait une infinité de rides à la face de celte belle eau ; et voici comment cela se fait : la pierre fait un petit cercle autour d'elle; ce petit cercle en produit un autre plus grand; cet autre, encore un ui peu plus grand et ainsi jusqu'au rivage. Vous savez, par expéiience, que quand votre âme est en bon état, c'est comme la face cristalline d'une eau calme et reposée, Dieu se mire là-dedans en votre méditation : il y imprime sa ressemblance et sa lumière comme le soleil imprime ses rayons dans la g'ace d'un miroir de Venise; mais si une fois une petite pierre, un petit scrupule se jette là-dedans, il en engendrera un autre, et ce second un troisième, et ce troisième un quatrième, et, enfin, tout votre cœur sera troublé, votre &me sera toute pleine de rides, et vous serez rempli d'amertumes, qui vous dégoûteront de la dévotion et du service de Dieu.
(i) (a) On place ici les n"" 4, ?>, 6, 7, du commencement de la glose, n» 481. On met en scène ttnlôl une jeune personne qui est légère et ne s"e.\amine pas, tantôt une femme indifférente qui n'a pas la contrition, ou un jeune homme qui n'a pas le ferme propos. Ces cas de con.science, où l'on fait voir les personnages dont on veut condamner la conduite, sont suivis avec intérêt.
(6) On vint, un jour, prier saint Vincent de Paul de se rendre à Cannes, situé à sept ou huit kilomètres de Folleville, dhns le déparlement de l'Oise, qui était alors le lieu ordinaire de sa résidence, Vincent partit sans délai, quand il sut qu'il s'agissait de préparer à la mort un bi-ave paysan dangereusement malade. Soit négligence, soit ignorance, ce pauvre homme avait la conscience chargée de plusieurs péchés mortels, qu'une mauvaise lionle l'avait toujours empêché de découvrir au conft'8.seur ; et pourtant il se nattait d'être sauvé néanmoins. Le saint, ayant commencé à l'entendre, eut la pensée de le porter à faire une confession générale. Le malade, encouragé par la douceur avec laquelle son nouveau directeur le traitait, lit un effort, se prépara avec soin et linit par déclarer ses misères secrètes, qu'il n'avait jamais eu la force de découvrir à personne. Celte droiture, si nécessaire en ce dernier moment, fut suivit d'une inelVahle consolation. Le pénitent se trouva déchargé d'un poids énorme qui l'accablait depuis bien des années.
Ce qu'il y eut de parliéulier, c'est qu'il passa d'une extrémité à l'autre, et que pendant les trois derniers jouis qu'il vécu encore, il répéta à plusieurs une espèce de confession publique de ses désordres qu'il avait toujours eu honte d'avouer ou saint tribunal. La comtesse de Gondy dont il était le fermier, étant allée le voir selon sa coutume: « Ah I Madame, s'écria-t-il dès qu'il l'aperçut, j'étais damné si l'on ne m'avait pas fait faire une confession générale, à cause de plusieurs gros péchés dont je n'avais jamais osé me confesser, j'en suis bien reconnaissant à M. Vinceat, que voas avez eu la bonté de m'eavoyer pour me préparer. >
LA CONFESSION GBNKBALE 411
1075. — III. f'tihs. Il est à propos de faire une confession ou une revue, ni^me quand ce n'est pas ahsoluinenl nécessaire, toutes les fois que, n'ayant aiHNin ini'onvénit^nl à crain'lre d'un retour sur le passé, on en espère au contraire ilt- précieux avantages. Kl, en efTet, souvent une revue ou une confession générales en procurent d'excellents, pendant la vie ou la mort. {o />.,.,./,,.,/ /,. ..... I , i.ii.^o ...,,, ,,cnt ce qui aurait pu être défectueux à notre
ins iites.
, . liait mieux elle-même, comprend n»ieux la
i:: le Pieu à son égard et sa grande misère. Elle conçoit par consé-
iju. i. , l'ilement une plus grande contrition. La vue de quelques enne-
mis épars dans une plaine n'etTi-aie pas une armée ; mais celle de bataillons qui s'avancent nombreux la saisit. Quelques péchés commis depuis la dernière confession ne font qu'une légère impression sur nous; mais l'ensemble de nos iniquités de toute la vie nous épouvante, et nous crions vers Dieu, miséricorde.
3) Klles nous font mieux connaître à notre confesseur. Le médecin, qui nous a suivis toute notre vie, est mieux à même que tout autre de nous donner des remèdes salutaires. C'est pourquoi on conseille ordinairement de faire une confession générale aux jeunes gens, qui sont h la veille de choisir un état de vie.
4) Cette grande contrition qu'elles procurent et les conseils du confesseur, qui nous connaît ensuite à fond, nous préservent de la rechute, (lelui qui a revêtu un bel habit neuf prend toutes les précautions pour ne pas le tacher ni le décliirer. (iombien d'Ames, après une bonne confession générale, />nt mené une vie sainte!...
•'>) Klles nous «lonnent une grande paix. Marguerite de (iortone, après de grands crimes a fait une admirable pénitence. Notre-Seigneur s'entretient avec elle et ne l'appelle (pie sa pauvre enfant. Marguerite désirait ardemment qu'il lui donnAt le nom de fille. Notre-Seigneur lui dit qu'il lui acconlerait cette faveur lorsqu'elle aura fait une confession générale de toute sa vie. La sainte la fait avec beaucoup de larmes ; et après, le Sauveur lui dit : « Marguerite, ma tille, tous vos péchés vous sont remis. » Oh ! quelle parole ! Notre-Seigneur ne le dit pas à tous; mais il le fait sentir après une bonne confession de toute la vie.
107H. 2«> A la mort. Vn secrétaire de François l*»', roi de France, gémissait aviint de mourir et «lisait : <■ Malheureux que je suis, j'ai employé cent rames df j»a[)ier pour les écritures de mon maître, et je n en ai pas employé une seule feuille pour écrire ma confession générale ! » Au contraire, quelle ci'ns.»lation à la dernière heure, quand on a fait dans sa vie des confessions ^.ii.rales, ou des revues cpii ont dissipé tous les doutes ! Aussi les saints, pour se procurer ces grands avantages, ont-ils aimé et recommandé cette pratique. Saint Charles lUirronice faisait tous les ans sa confession générale. Il n est pas nécessaire de la faire si souvent, mais au moins on ne peut nier qu'elle ne ' ■' ' lit utile, 1) i\ ceux qui n'en n'ont jamais fait, ou qui l'ont faite trop II' ' vingt ans par exemple, à l'Age par conséquent où l'on est encore
lrj.ri . . III' .iiislant. Ils lieront donc bien ceux-lA d'en faire une, en temps de mission, ou de lubilè. i) \ ceux qui chenlienl à tonnaitre leur vocation. Le prefuicr i<uiscil que \\>i\ a roiitiime de <lonner A i-cux qui veulent changer de vie, dit saint Léonard, r'est de faire une bonne conlession générale. 'A) \ ceux qui Mtit \ii 11 au milieu du tracas des .ilTiiics sH. iiumuI peu <Io leur salut, et ({II! iiit ont plus de tranquill: ' se privent donc |)as
ilf lalinu <•! de ic moyen cil , 'T A la mort. 4) Quan<i
(Ml le devant l*ieu, rien de mieux (jue de laire une con-
fes^ ils eux-mt'unes. qir(m va exécuter, en comprennent
quelqucloi-, i i ce moiTU'nt siq>rême. Mais si (b'jA vous avez lait
une tionne r. i .ile, il sera ordinairement utile, d.ins toM" les f-n<»
précédents, de laire une revue depuis répofjue de cette coiii'
Knnn. ipii que vous soyez, ce soir avant de vous endormir vous êtes A votre dernière heure ; étendez vos bras. v.. étaient raidis parle froid de la nu>rt ; fermez vos ye\i\ mierdu dernier sommeil, et demandez-vous si vous n"aiiri</ pas ^c^<•lll n ni..-
confession pônoralc on «riinp revue ; et si vous constatez qu'elles sont nécessaires ou utiles, enlro|UTiiez-les sans crainte, car
11)77. \\. Uien t/e jtlus facile. C^eal ii-i, il est vrai, que le démon vous atlenrl ; il vous fera voir, le rusé qui veut votre perte, des montagnes de difflcullés, \h ou il nv a (jue des graviers. Comment connaître tous les péchés, comment en dire Je nombre ? voilà les pensées qu'il vous suggérera. Nç lécoulez- pas. D'ahonI, si une confession générale n'est pasnécessaire. on n'est pas obligé lie mettre autant de soin, dans l'examen ni dans l'accusation, puisqu'il n'.v a pas d'obligation de répéter les fautes déjà accusées dans des confessions bien faites. Cependant on goûtera une grande pafx en redisant bien tout.
.Mais supposons que la confession générale soit nécessaire. Dans ce cas, il est vrai, il faut la faire avec autant de soin que si on ne s'était jamais confessé de sa vie. et il est nécessaire de déclarer tous les pi'cliés qu'on a cominis. Mais en faut-il conclure qu'elle soit difficile ? l'oint du t(»uf. Ali! si vous étiez seul abandonné à vous-même, vous auriez peut-être peine à vous en tirer; mais vous avez la ressource de confesseurs cliarilables ; remettez-vous entre leurs mains après vous être assez examiné pour leur répondre aussi ejiactement que possible. Ils vous interrogeront et vous répondrez. Il ne vous en coûtera rien.
Du reste une confession générale est aussi vile faite et ne pèse pas plus qu'une confession ordinaire ; après tout, nous ne pouvons pécher que contre les dix c(»inmandemenls de Dieu et les six de l'Eglise. Encore nest-il pas nécessaire de dire les péchés véniels dans une confession. Pas nécessaire non plus de faire d'abonl votre confession depuis la dernière, et ensuite votre confession générale, ou une revue. 11 faut faire tout à la fois en disant : Mon Père, je vais vous dire tous les péchés de ma vie jusipi'à aujourd'hui. Il est clair, eneffet, (juesivous vous confessez de toute votre vie jusqu'à aujourd'hui, les péchés commis depuis un mois ou un an sont compris dans celle accusation. Il ne s'agit que de d'u-e combien de fois par an, par semaine ou par jour, vous avez péché gravement contre le premier commandement, le deuxième et ainsi de s))ile.
J'entends quehpi'un qui me «lit : C'est précisément là la difficulté. — Vous crovez ? point <lu tout. Si vous savez le nombre exact de certains péchés, vous devez le dire ; mais si vous ne le savez pas. après vous être examiné en vous servant d'un livre d'examen, dites: J'ai commis cette faute environ tant, de fois par an ou jtar mois, les uns dans les autres, tantôt plus lanlùt moins; et j'ai gardé celle habitude pendant au moins dix ans. ou pendant vingt ans. (ieia sidïlt. Voici donc celte montagne de dillicultés aplanie.
Oh ! (jue Dieu est bon ! .Vprès que nous lavons tant ollensé, et «pie nous avons apporté si peu de soin à nos confessions, il nous fournit l'occasion d'en faire une, qui répare toutes les autres, (jui lave nos âmes, qui leur ferme l'enfer, qui leur ouvre le ciel. Quelle folie sérail la notre, si nous ne profitions pas de ce bienfait, si nous nous laissions arrêter par une crainte vaine! () mon .Sauveur, il n'en sera pas ainsi. Je me repens du passé ; je veux mettre pour le présent ma conscience en règle, et pour l'avenir, vous aimer de tout mon cœur. Vierge Marie, vous m'aiderez, etc.