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LE RESPECT HUMAIN

sont principalement les Ames peu élevées, les serviteurs, les servantes, les fermiers, les personnes de modeste (condition, (|ui se laissent vaincre par retle tentation, ("est mon maître <pii m'a lait faire cette fausseté et re |)arjure. (l'est Madame qui m'a commandé d'aller en tel lien. Voilà ime belle excuse, l'ensez-vous quelle vous justifie ? .Si vous avez fait de la fausse monnaie, ou cumuus (luelfjue crime de lèse-majesté, les juges vous excuseraientils, quand vous diriez que vous l'avez fait pour obéir à votre maître ? Les crimes de lèse-majesté divine sont-ils moinilrcs et plus excusables que ceux cpii oiTeusent lesi)rini-cs île la terre?

Faisons donc le l)ien cl lais>ons dire. Nous avons deux oreilles et les pervers n'ont qu'une langue, nous pouvons en entendre deux fois plus qu'ils n'en diront. Ce ne serait pas à notre éloge, de ne pas savoir en supporter plus qu'ils n'en peuvent dire. Celui qui sait tenir tète au res[)ect humam est estime de ceux même qui le criti(pient. Celui cpu mouche, une cliandelle avec les doigts se noir<il les doigts ; mais la chandelle qui semble d'abord s'éteindre en devient plus lumineuse.

10<>8. 2" Le respect humain penf l'homme : [) en ce monde. Il éloigne l'homme de la parole de IMeu, des sarrements. de la prière et tarit amsi pour lui les sources de la grAce. Si Dieu poursuit la conscience de l'esclave du respect humain, la crainte des hommes étouffe tous ses remords,- de là l'endurcissement et linipénitence. Combien <]ui. à la mort même, ont cédé à la lAcheté honteuse qui les avait tyrannisés toide la vie ? 2) Dans l'autre monde le Fils de Dieu rougira devant son Père de ceux qui ont rougi de lui devant les hommes. Je ne vous connais pas leur dira-t-il.

10<»9. III. Le respect humain n'est pas moins funeste à la société et à la famille, i^ (Jue dans les familles intluonles régne ce cruel tyran, l'indifférence religieuse se répand chez tous. C'en est fait des pratiques chrétiennes, des mœurs chrétiennes par conséquent. Le vice lève la tète et la vertu est bafouée. 2« (juun père de famille se fasse l'esclave du respect hunjain, c'est en vain rpi'on donne aux enfants une éducation chrétienne; l'exejnple du père sans prati(iues religieuses détruira tout (1).

1070. Donc, si l'injure que le respect humain fait à Dieu dont il méprise l'autorité et les bienfaits, si le tort qu'il fait à l'homme qu'il avilit et perd, ne vous touchaient pas, ah ! chrétiens, par pitié pour ces enfants et ces jeunes gens ipii vous sont si chers, pour le salut du pays «juc vons habitez, jiu'ez naine à mort à ce lArhe et ignoble est-Iavage du respect humain. .\ime Dieu et fais ton devoir, voilà la clovise d'un nrdde cœur, (l'était celle île saint l'aid qui ne rougissait jias de l'Kvangile et qui disait ; Le dernier de mes soucis est le jugement des hommes. (Jue tels soient aussi vos sentiments I (2). (Voir liailleries et Craintes de Iheu).

(i) Un célèbre missionnaire, le P^ Guyon, rapporte qu'un magistrat d'une de nos grandes villes, d'ailleurs d'une vie irréproctiable, mais esclave du respect tiumain, avait un fils auquel il lit donner une éducation trrs chrétienne. Jusqu'à quatorze ans, cet enfant fit la joie de sa pieuse mère ; mais, à cet Âf^e, il commença'à perdre sa faveur, et bientôt il ne voulut plus s'approcher des sacremenis. vSa mère l'appelle auprès d'elle et le conjure de lui dire pourquoi il abandonne ainsi les pratiques qui ' ■ - ' -

enfance. L'enfant, vaincu par ses instances, lui avoue que, ne vo\ que tous estiment, fréquenter les sacrements, il a compris qu'une pas nécessaire pour réussir dans le monde. La mère, dé^olée, va aussitôt auprès de son mari, lui raconte avec larmes ce qui vient de lui être révélé. Le père ouvre les yeux, son devoir; il demanile pardon à son (ils ! lè dont il lui a donné

• l se fait conduire par lui à un confesseur. Il c père et l'enfanl ont

I..., ,v ...M. heur de la vertueuse mère. L'enfant serait ... .v n libertin el peut être

un impie, si le père ne se fût arfranchi de ses honteuses chaînes.

^2) Jean d'Kpire était un humble ouvrier qui çragnait sa vie à (■.'n'^i»ni.n..r>t.. ,i„ travail de ses mains. Ses compa^nins d'.iKlier dont la conduite é( ir sa vertu et sa fidélité à rnnp ir sans respect humain tous ses Av\ <te le perdre. Le Jeudi saint, Jean avait communié ; le lendemain, il alla à l'aiclicr, et un des ouvrier l'interpella en disant : ■ ^'e8t•ce pas celui-là qui a renié le Christ pour piisser à Mahor ■ "tiiii, fait mine d'être fr^ r- • '■ •■ «Jean promena un regai : • K.stce de moique 1 i autre? » Ton» alors répoii lui Jcnn prolesle (i niiie. On l'entoure en

\I1I. — R(*mô<le AUX péchés ptkm»ém t IjH ronfvMBion «générale. (Voir n" 224 J

iOll. lîecooitabo (ibi umnes annos meos in amaritudine anima' meœ. — j€grotavtt Erechias, etc. (Is. xxxviu, i, 2, 15.) Sans Hre prophète et

vociférant et on le traloe ao tribuns! des musulmans, qvi le Jettent en prison et ensuite le font brûler vif.

On raille de tout : on raille des personnes de piété, et cela détourne les pfaiblcB de la voie de Dieu ; on raille des pasteurs des Âmes et des vicaires de ' Christ, et cela empêche de glorifier Dieu dans leur ministère; on raille des prédic.i .■ met de» prédicateurs, et cela fait que la divine parole est ahandunnée et qu'elle n'op^^re rien ; on raille des dévotions de l'Eglise, sous ombre de crédulité, de 8implicit(^, d'imagination et de vision dans les peuples qui les pratiquent, et cela tourne au mépris de l'Eglise même qi^i les autorise ; on raille de certaines sociétés, de certaines indulgences, BOUS prétexte des abus qu'on y découvre, ou qu'on croit y découvrir ; au lieu d'imiter saint Augustin, qui tout évêque qu'il était, n'osait souvent s'élever contre un abus, de peur que la substance même de la chose n'en fût altérée; car s'est ainsi qu'il s'en déclare dans une de ses lettres. On raille de la fréquentation des sacrements, et de là vient que ces sources de grâce et ces remèdes salutaires sont négligés.

Entendez certains hommes parler de l'Eglise, il n'y a rien qu'ils ne défigurent S'y consacrer pour vaquer à Dieu, c'est paresse, s'y élablir c'est ambition et intérêt. Qu'un ecclésiastique ou un religieux s'oublie en que'que rencontre, vous diriez qu'ils en triomphent. Qu'il y ait eu quelque chose à censurer dans un homme constitué en dignité, dans un Souverain Pontife, c'est sur quoi ils sont savants et éloquents. Toujours disposés à raisonner sur ce que l'Eglise ordonne, et jamais à le favoriser, n'ayant d'esprit que contre rEg!i>e et jamais pour rEgli.«e, n'étant attentifs qu'à borner son autorité sans être dociles à s'y soumettre. (BooRDitocE). (Voir les notes du sermon sur la Dévotion).

En pariant du respect humain, il est bon de dire quelques mots à l'adresse de ceux qui dé'ournent les autres du bien.

Railleries, moqueries. — De toutes les souffrances que Notre-Seigneur a essuyées dans sa passion, celle dont il se plaint le plus dans les psaumes, comme étant plus injurieuse à sa grandeur, ce sont les moqueries. Et les chrétiens qui se muquent de lui maintenant qu'il est dans sa gloire, sont-ils plus innocents que les Juifs? Mais, dit saint Augustin, y en a-t-il encore qui se moquent du Christ? Et il répond : Plt^t à Dieu qu'il n'y en eût qu'un ou deux, qu'ils ne fussent pas innombrables, tout ce qu'on fait à ses serviteurs il le regarde comme fait à lui-même: Qui vos tangit, tangit pupillam oculi mei. On le blesse à l'endroit le plus sensible, en se moquant de ceux qui lui sont fidèles. Si un homme, malade à l'extrémité, se mettait à rire et se moquait de ceux qui sont en parfaite santé, ne diriez-vous pas qu'il est plus malade en l'esprit qu'au corps *? Si un forçat de galère se moquait de ceux qui sont en liberté, ne dirait-on pas qu'il a l'esprit égaré? Si un fou qui court les rues se moquait de ceux qui sont en leur bon sens, on dirait qu'il est dans la dernière folie. Qui est plus malade que celui qui est à deux doigts de la mort, et de la mort éternelle? Qui est plus à la chaîne que celui qui est esclave de S^tan, chargé des chaînes de ses passions ? Qui est plus fou que celui qui vend un royaume de plaisirs et de délices éternels pour une pièce d'argent? vous vous moquez des gens de bien qui sont en santé spirituelle, en pleine liberté, doués d'une parfaite sagesse, n'est-ce p^s être fou achevé et au-delà? \umqni<t stultis Devis daturus est régna cœlorumt dit saint Augustin, et cela d'autant plus que le moqueur devient incorrigible. Il se rit des prédicateurs, de ses parents, de ses amis. Il se moque des bons exemples, il prend pour niais ceux qui vivent chrétiennement; il étouffe les bonnes inspirations de la grâce, car il n'a plus le courage de faire ce qu'il a tourné en ridicule. Le duc de Gueidre envoya un de ses gens à Paris, porter quelques lettres, et quand il fut de retour, il lui demanda s'il avait vu le roi de France. Ce bouffon, pour se moquer de saint Louis, tourna la têie sur l'épaule, disant : Oui, j'ai vu ce bigot, qui porte son chaperon sur l'épaule; à l'instant il se sentit le cou de travers et demeura toute sa vie en cet état, en punition de sa moquerie.

Galéas, duc de Milan, beau-frère du bienheureux Amédée duc de Savoie, voyant que le peuple chrétien portait en foule au sépulcre du Saint, grande quantité de cierges et d'images de cire, dit à sa femme, en se moquant, que son frère était bien déchu de sa grandeur, car pendant sa vie, dit-il, il était prince et souverain, et, après sa mort, il est devenu marchand de chandelles et de cire. Il n'eut pas plutôt dit cette parole, qu'il fut frappé de paralysie, perclus de tous ses membres. Sa femme, nommée Bonne, lui dit : Vous êtes châtié, selon vos mérites; allez maintenant vous moquer des Saints, et particulièrement du saint duc mon frère I

La religion chrétienne, qui est affranchie de la persécution des païens, est, à présent, tyrannisée par les railleries des âmes mondaines. El c'est proprement, dit saint Bernard, que l'Eglise peut dire avec vérité ; In pace

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