TABLKAU DE LA MORT
O Dieu, qui esl nuire Porc et qui veut nous sauver, nous dit : Souvenezvous rie vos lins <lornières et jamais vous ne pécherez. (1) L'Kfilise la mère île nos Ames, nous <li( à son tour ; Souviens-toi que tu es poussière. Kt nous, animés aussi «l'un grand désir de votre salut, nous vous disons : Pensez û la mort. Ah ! dil-on, si l'on y pensait toujoiu's, on ne pourrait plus vivre ni s'occuper d'alTaires. Krrciu' ! Les saints y ont pensé, et c'est pour cela qu'ils ont accompli des «ruvres qui nous étonnent ; c est pour cela (pi'ils n'ont point perdu de temps, (i) Kcoulez donc l'histoire lutîuhre <pie je vais vous faire. Cette histoire c'est la vôtre, (/uia morieris tu. L'n grand nombre d'autres avant vous ont pavé leur tribut h la njort. Où sont ces vieillards, «lue vous voyiez il y a quelques années dans votre église, ce grand-père, cette feiume âgée qui vous ont i-aressé dans votre enfance? ils ne paraissent pas ici. Pourtant plus religieux que nous, ils ne fuyaient point le saint lieu... Seraient-ils au foyer? Vous ne les y avez pas laissés. .\in"aient-ils quittéce pays? Non, ils sont allés dans la maison de leur éternité. Vous êtes nombreux ici. Tous les habitants de celte localité y sont-ils ? 11 y en a le plus grand nombre, dites-vous. Vous vous trompez, il n'y en a pas la millième partie. Il n'y a ici que les restes de la mort. La paroisse de N... est presfpie entière au cimetière; hier c'était à à eux. demain ce sera à vous. (3)
Oui, demain, car le temos vole plus rapide que l'oiseau ; la mort est à cheval, elle arrive au galop, elle vous frappera bientôt; du premier coup vous renversera-t-elle à ses pieds sans même que vous l'ayiez vue venir, comme il arrive souvent à ceux qui vivent mal, comme il arrive même dans la jeunesse ? Je n'en sais rien, et vous l'ignorez aussi ^i); mais j'espère que Dieu, exaui.ant les prières »pie récitent pour vous ses ministres : .1 subitanea et improvisa morte libéra nos. Domine, vous préservera d'une si terrible lin, et je suppose que vous mourrez après une maladie plus ou moins lente, dans votre maison, entouré de vos amis, et je vais tracera vos yeux le tableau de ce mii se passera pour vous : l» à la mort ; 2*> au jour de vos funérailles ; 3* dans votre tombe.
(1) Diogène le Cynique avait élevé sur le marché d'Athènes ua élégant magasin, au haut duquel on lisait celle inscription : Ici on vend la sagesse. Un homme riche de la ville lui envoya un de ses serviteurs lui demander coml-ieo il donnait de sagesse pour trois i"-"^ ■*" ... .r.n ... ii;..,„ „p pril l'argentet écrivit celte sentence : «En toutes choses ( xime parut si sage au riche Athénien, qu'il la fil graver en il' ^ans qu'il vous en coûte rien, que nous voudrions graver dari \uirt: cœur cetie i>4:(tience I Slemorare, etc.
(2) La pensée de la mort, dites-vous est trop effrayante ; et c'est pour cela que voas l'écartez. Par ce que vous craignri irop, vous ne penseriez à rien. Mais quel est l'homme que l'idée trop vive du danger calme et rassure? quoi f s'il fallait marcher par un sentier étroit et escarpé, entouré de précipices, ordonneriez- vous qu'on vous band&t les yeux pour ne pas voir le danger, et de peur que la profondeur de l'ablrae ne vous fll tourner la tête? Ahi mon cher Auditeur, vous voyez votre tombeau ouvert à vos pieds, cet objet affreux vou& alarme : et au lieu de prendre dans la sagesse de la Keligion, toutes les précautions Mi'cUe nous ofTre pour ne pas tomber inopinément dans ce gouffre, vous Vous band> pour ne pas le voir; vous vous faites des diversions réj'iuis^aii' e de votre esprit , et semblable à ces viciimes inforlur ■■■■'■- •■■;.,■.„.., ,.Mc. . Stlcber les y—^ i.-... ,.s. .i .i.. n......
inses et 0- ir ne pas ;
iii, et de pi- -i, c'est-à-dii'
l'i&btdui éire immolé. tM4ksiLi.u.M/.
(3) Les Ak'es se renouvellent : la figure du monde pasM sans cesse ; les morts et les vivants se : i-t »e succèdent continuellement ; rien ne demeure ; tout change, tout s'use. ; Dieu seul demeure inujourA le même ; le torrent iie< siècles qui enlralti. . et il voit i n, de faibles mor en passant l- ce
seul inslani .. ^. .,.. . li entr« les u.- . . .ue el
de sa vebgeance. (Massillo.i.)
(4) Ici, un exemple 'le morl subite surtout iitn» i.i n.nr ,i.> iA'.. vmrU im .tu >^>>rnioa sur le lalut, n !)il, et la On du .«ermon sur
Au mois de juin 1K.h>), une jeune lllle de M ^ère,
dit un soir à son pire • Je m'en vais voir un tel. » C'iilaii un jeu i elle fré-
queatatt. Le père lausa faire. La jeune flile oc revint pas; le l«o>K ae reviat
1079. I. Mn/uifie. — Avi7.-vous remarqué certains inalaisos c^iie vous éprouvez? (l'esl une duiileiir <lo tèle, c'est un cnibarnis dans la poitrine on dans J'esloMiac, une raideur dans les nieinl>res ; vous n'y prenez pas garde, vous nlloz<iuand même j\ vos alTaires el vous faites bien, l'ourloul, c'est neul-élre là le germe de la mort. (1) (;c germe se développera, il jioussera des racines profondes dans votre corps et en épuisera les forces. Vous vous lèverez encore, vous vous porterez jusqu'au seuil de votre porte, vous verrez les autres passer, coiu'ir à. leurs atîaires ou à leurs plaisirs ; vous les regarderez d'un d'il triste, mais vous ne pourrez pas les suivre. Un médecin viendra, il épuisera pour vous les ressources de son art ; vous compterez sur ses remèdes, et il semblera en effet d'à boni qu'ils vous soulageront; mais après quebpies jours d'espérance le mal augmentera.
108t). 2) Première visife du prêtre. Le prêtre viendra aussi, el même ce médecin des i\mes devrait toujours être appelé le premier. Qu'ils sont cruels les [larenls des malades qui n'ap|)cllent qu'il la dernière heure le ministre de Dieu! Le prêtre vous adressera (piclques paroles de consolation, il vous invitera à vous réconcilier avec le ciel. Uh ! de grAce, acceptez la jiremièrc proposition qu'il vous en fera ! Ne dites pas : je suis trop souffrant, attendez que je sois mieux ; Je ne suis pas assez malade, j'irai bientôt à l'église et i v ferai ma confession. Ce sont là des calculs, qui peuplent tous les joui-s l'enfer.
Aussitôt, faites votre confession, faites-la bien; c'est sans doute la dernière; qu'au moins cette fois vous (lisiez bien tout, que vous ayez l'àme bien pénétrée de contrition et de ferme propos, sans cela tout serait perdu pour vous. Ils ne savent pas à quoi ils s'exposent ceux qui cachent leurs péchés durant leur vie, ou qui les accusent sans repentir ; ils risquent de faire à la dernière heure une confession sacrilège. Votre confession entendue, le prêtre lèvera une dernière fois sa main sur vous pour vous absoudre, el puis il se retira, mais pour revenir. Lui, rpii vous a accueilli à votre entrée dans la vie, ne vous abandonnera pas à la mort ; el vous comprendrez alors qu'il est encore votre meilleur ami, celui dont les méchants disent tjinl de mal.
i081. 3> Viatique. Il ne reviendra pas seul. Ce Jésus que vous visitiez régulièrement au moins le dimanche, pendant les saints offices, ce Jésus «pii poursuit de son amour ceux qui le fuient, lorsque vous ne pourrez plus venir à lui, ira à vous. Le prêtre, le portant entre ses mains, entrera dans voire demeure en disant: Pdi.v à cette maison. C'est bien à tort qu'on redoute la visite du Dieu qui n'apporte que la paix. Il y amra là, à côté de votre lit de douleur, une table couverte d'un linge blanc; au milieu de la table, le crucifix ; à droite et à gauche, des cierges allumés. Sur cette table le prêtre déposera la sainte hostie, el il répandra de l'eau bénite sur les murs de votre maison, afin qu'elle soit moins indigne de servir de demeure au Roi du ciel, l'renant ensuite l'hostie entre ses doigts consacrés, il la déposera sur voire langue, en disant, non plus comme autrefois (juand il vous communiait : Corpus Domini. etc., mais: Recevez, mon frère, ma sœur, le viatique du corps de Nolre-Scigneur.
1082. t) Ertrême-Onction. Puis il trempera ses doigts dans l'huile sainte et les promènera en forme de croix, d'abord sur vos yeux en demandant à Dieu pardon de vos regards criminels, sur vos oreilles afin de les purifier des
pas non plus; on la cherche, on ne la trouve pas; à la fln, on découvre son cadavre dans une masore. On l'avait égorgée. Le père, un mois après, revenait de faire sa déposition au tribunal de Saint-Marcellin, lorsqu'un train de marchandises lancé avec vitesse choque le train dans lequel il voyageait, el il est broyé sur l'heure. Malheur à ceux qui ne veillent pas sur leurs enfants 1
(1) Nous portons tons en naissant la mort dans le sein, il semble que nous avons sucé dans les entrailles île nos mères, un poison lent, avec lequel nous venons au monde, qui nous fait languir ici-bas, les uns plus, les autres moins ; mais qui tlnil toujours parle trépas; nous mourons tous les jours ; chaque instant nous dérobe une portion de notre vie, et nous avance d'un pas vers le tombeau : le corps dépérit, la santé s'use, tout ce qui nous environne nous détruit, les aliments nous corrompent, les remèdes nous affaihli-'fu'ni ; ce f<^M npirituel qui nous anime au-dedans nous COUSUme, et lOUlO notftt Vie n'est qu'une longue el pénible agonie. (Massilloii/
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ions mauvaises que vous aurez entendues, sur vos lèvres, sur vos ;i- vos pieds pour expier vos actions el vos démarches coupables. Nous !^t'l•l•z là, tantôt Ircmldant, tantôt gémisKant el priant.
i()H'^. It) Terreum .du moribond. Il tremblera alors celui qui fait maintenant le brave el le fort contre l)ieu : car à l'heure de la mort de plus saints el de plus courageux ont tremblé. Saint llilarion. sentant que sa dernière heure était venue, avait besoin d'exciter son courage el de se dire à luimême : () mon »\n»e, que crains-tu? Anima mea. uuid times? Voilà soixantedix ans que tu sers ton Dieu, et mori times ? Hélas ! nous ne poiu-rons pas parler ainsi, nous serons obligés de dire : Voilà vingt ans, voilà trente ans que 1 ■■"''"^'- IHeu, comment ne Irendderais-je pas?
.\'i '' nous un Dieu prêt à nous juger: (Juid faciam cum stirreœe-
rit U' ., iiidum, et cum qucesierit i/uid respondebo? (Job. \x\i, 14.) .\u-
dessous lenler ouvert par <-ha(iue péché mortel de notre vie; à notre gauche, le dénjon qui tentera tout pour nous perdre. Saint Kl/éard à ses derniers moments commence à trembler et à se couvrir par tout le corps d'une sueur froide; puis lotit à coup il s'assied sur son lit et s'écrie : \h ! si les hommes savaient les combats terribles qui sont livrés à nos âmes par l'ennemi à ces derniers moments ! A notre droite, l'ange gardien qui cherchera à nous défendre ; autour de nous nos parents dans les larmes ; au dedans de nous la conscience, qui nous accusera el nous remettra devant les yeux le souvenir de tous nos crimes (1).
1()84. i/impie Antiochus mourant s'écriait : In t/uot fluctus tristitiœ deveni. Dans quels flots de tristesse suis-je submergé ! Xanc cero reminiscor malorum quœ feci ! (I. Mach. vi, 12.) Que de péchés dont vous ne vous ren- '■ nmpte se présenteront à vous et diront: Opéra tua sumus. tecum
! < ad judicium. Ah! qu'ils vous paraîtront amers les plaisirs aux-
■ jMii> >ums sacrifiez votre àme ! La conscience vous reprochera les grâces dont vous avez abusé, le temps cpie vous avez perdu dans les fêtes, dans des réunions mondaines, dans des jeux. .\h 1 si vous aviez consacré la moitié de ce temps à faire pénitence !
l'n s.., rétaire de François l'îr s'écriait à ses derniers moments: « J'ai em- - de cent rames de papier aux affaires de mon prince, si j'en avais > , 01 moins une feuille pour faire une bonne confession générale ! «
ht tem/ius non erit amplius! Dallhazar, roi de Habylone, au sein d'im festin, aperi.oil une main mystérieuse qui écrit sur la muraille ces trois mots : Les jours de ton rèçne sont comptés, lu as été pesé, ton royaume est divisé ! (Dan. V, 25.) Faciès ref/in rommutata est, et rogitationes conturbabant eum. et compayes renum solvebantur et genua ad se invicem collidebantur. O'iel sera votre effroi quand le spectre hideux de la mort, armé de sa faux redt)iilable, se dressera contre vous el vous dira ; « Vos jours sont comptés ; Finis venit, c'est la lin ! Vos crimes ont été pesés ; vos biens ont été divisés ! «
UW.'S. 6) Reqreti d'un mourant. Non seulement vous tremblerez; mais
<• ' ore des douleurs de la mort qui vous environneront,
tout ce que vous avez aimé. V(tus dormez, pécheurs,
un sciiimiiii u." I iiMiMircnce ; et dans 1-e sommeil, vous rêvez aux plaisirs,
aux richesses, aux dignilés de ce monde. La mort de son bras raide et glacé
(D Torrenlet iniquitatit eonturbaverunt me. Dn torrent est le ramassis de plosieort
ri-'r- 'r 1 ' 1. ....- !iis ruisseaux qui s' - ■' '-* '- ' rs parts ; quand
autre, elles ne i luand ces ruis-
' (. lit pas grand effet , , i miassé ensem-
ble, c'est un iuTviil qui vuus étourdit de Sun fracas, qui gAie, ruine. de> lout
i'« qu'il rencontre. Vous commett»» le péché l'nn «pr^s l'autre, hier on ' «u-
; -: médisanif
•IIS aver c
I' - eo
f. icur
horreur cl leur Uiiloiuiilc , > .,i in»U(jporl4ible el un eufer piUÀ cnMl
que t'eofer même, d'en avuir . ux.
410 SKBMONS DK MiSStONS
vous scooucra el vous jrveillora, rum dormierit apvriet oculos (Joh. wvil, U)), cl vous vorrcz qu'il laul ilire adiou à lout et «|ue tout s'évanouit pour vous, rorniiM» un rùvc au réveil :
{(i) l'his tie j/taisira, plus de danses, plus de joyeuses compagnies ; vos con)|>agnHiis de r»''le ne sont pas lA, ils s'auiusenl ensemble ; il n'y a autour de vtius que des gens cpii pleurent, ou des envieux qui caclionl mal la joie (pi'ils ont de vous voir mourir : (îu^tavi paululum mellis, et erce morior. (I. Heg. XIV, -43.) Quoi ! c'est don<' lA tout le bonheur (|ue je devais goûter en «e monde, c'était bien la peine de renoncer pour cela au ciel !
(b) Les biens que vous avez eu tant de peine à acquérir vous échapperont dos mains ; la mi>rt vous les arrachera pièce par pièce : Mors amara est memorid tua liomini pacem habeitti in sxibstantiis. (Kccli. \u, 1).
Mais si la [tcnsée <le la mort trouble l'avare, que fera donc la mort ellemême ? A qui va aller ma belle maison? direz-vous ; à qui mes meubles, à qui mon or, mes terres? Hélas! ceux j'i qui je les laisse m'oublieront peutêtre bientôt, et ils jouiront du fruit de mes sueurs, pentlant (pie je vais manger de la terre et servir de pâture aux vers: Siccine séparât amara mors. (I. Heg. w, 12.) Tout ce qu'on croyait tenir échappe alors, semblable à de l'eau gelée, dont le vil cristal se fond entre les mains qui le serrent et ne fait que les salir.
(r) Vos (lif/nités, vos charges vous paraîtront aussi une vaine fumée ; vous sentirez cpi'on n"emi)orte pas ses titres dans l'autre monde. Non descendet rum eo gloria ejus. Le Pape Léon .\l,à ses derniers moments disait : « Ah ! que j'aimerais mieux avoir été l'humble portier d'un couvent, que d'avoir eu en main les clefs de saint Pierre ! » Lesdislinctionsdont vous étiez fiers, vous attristeront d'autant plus que vous les aurez poursuivies avec plus d'ardeur. Avec plus de raison que Job, sentant que tout vous échappe, vous gémirez, disant: Solum tnihi superesf sepulcrum. (Joh. xvn, i.) (1). Oh î comme on voit bien la vanité des biens de ce monde à la lumière du cierge bénit, (pi'on allume devant un morib(jnd.
U)H(i. 7) A la crainte et aux gémissements, vous joiîidres la prière. Ah! c'est alors (pi'elle doit être fervente et plus confiante que jamais ! Retenez mes paroles juscpi'à v(»tre dernier souflle : Priez et confiez-vous en Kieu à votre agonie! C'est le plus grand de vos devoirs; mais c'est aussi le plus puissant moyen de salut, (juelle qu'ait été votre vie, chassez les pensées de découragement et de désespoir. Malheur ù vous si vous ne les repous.sez pas ! Dieu est votre père; si vous l'invoquez, si vous vous jetez dans ses bras avec amour et repentir, il ne vous laissera p;is loinber diiiis l'aliime éternel. (2).
(i) (a) Phillippe U, roi d'Espagne, sur un lit de douleur, fit appeler son fils Philippe III ; et, découvrant devant lui sa poitrine labourée par les cicatrices des blessures qu'il avait reçues sur le champ de bataille e'. par le fer des médecins, il lui dit: « Voilà, mon lils. ce qui re!>te des grandeurs du monde. »
ib) Lorhqu'on apporta le b&ton de maréchal de France à M. de Casteinau, six heures avant sa mort, il dit : « Cela est beau en ce monde, mais je vais dans un pays où cela ne me servira guère. »
(c) César Parrinf, littérateur, professeur à l'Université de Turin, était un franc-maçon d'un haut grade. S'étant battu honteusement en duel, il reçut seize blessures. Se sentant atteint mortellement, il demanda le préire avec insistance, et, ayant renoncé devant lémoins à sa secte, il reçut tous les sacrements. Ensuite, il ne faisait autre chose qu'embrasser son crucifix, qu'il tenait serré entre ses mains en priant avec ferveur. Un ami lui dit : « Comment se (ait-il que loi qui as été ce que nuus savons, tu pries avec tant de lepeniir ? — Cher ami, répondit-il, on voit les choses d'une façon quand on est en vie, et d'une autre façon en face de la mort, et celle-ci e^l la seule bonne. »
(â) Le chevalit-r Bayard, frappé d'une balle à la bataille de Hébec. s'écrie : « Jésus, mon Dieu, je suis mon ! » Puis il se fait asseoir contre un arbre, le visage tourné vers l'ennemi, tenant la garde de son épée, faite en forme de croix et priantDieu avecferveur: « Mon Dieu, disait-il, je conft'S>e vous avoir mortellenieni offensé, et mille ans de jeûne au pain et à l'eau ne pourraient acquitter mes fautes; mais vous savez, mon Dieu, que j'éiais résolu d'en faire pénitence. Mon Dieu, mon Père, oubliez mes fautes, que voire justice se laisse fléchir par les mérites de Jésas-Cbrist. » Et il ne cessa de prier que lorsqu'il cessa de vivre.