‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 86 sur 416 · I .0 nest pas votre patrie : partez. Ame chrétienne; si vous · texte numérisé non relu

I .0 nest pas votre patrie : partez. Ame chrétienne; si vous

1. iinement, partez avec confiance ! (Voir la note du n'i915.) I lis qui avez méprisé iUeu et sa loi; sortez de ce monde que

.... ..,..-... .ilé de vos crimes; parlez, il j a si longtemps que vous auriez dû

If fiiire pour la tranquililé de ceux dont vous faisiez le tourment, el le salut ,!,• , , riv Hiie perilaienl vos scandales : partez au nom du l'ère qui vous a créé,

- demander compte de ses dons; «lu Fils qui vous a racheté, il va I sur l'abus que vous avez l'ait des sacrem<'nts et de ses grAces ; au

- linl-Kspril qui a été répandu en vous et dont vous avez profané le ,1 .Ah! pécheur, en ce moment du moins, faites avec confiance un

{\)!n nnmin^ a»>jelornm et arch'tng'torum n^lusf qne df fi>i» cette âme arésisi^à

. fait en lem ' 'l'^ant unhoroine.

/ ; elle ne < vie, el enctue

' ■!• - <•' 1 ... .i; , ,.. A fâifs palruoalet

n(a Jlarid-.WayUf<<f/ta. Heiasi elle a entraîné «a mal

LiUra I Ht liberasti Elinm a morte. 1

le z<>l« tl i l'u. il l'a fuil ixiUauer par sts

Mil Dieu (ian„ 6icut liberaali

s, tlie n'a (ail (laris :<e» peinr» que itiurtnutei' ri t I, de fausses acctiAatioos. Suzanne était ti cliu lu'.Oi <iue décéder aux •ollicilatiuoi de deux infâme* vieillari devant du oéril Dar MI vanités, ion déair de oarallrt. •<

préférait la mon plu'.Oi <4ue décéder aux •olIicilatiuoi de deux infàmea vieillarus. < ruo femme allait au devant du péril par •«• vanités, ion désir de parallrt, ses vistua Ûméraircs.

4l8 Si:i!M()NS Ith .M1>MU>.>

actp <lo conlrilii»!! >-\ n iuuoiir de IMeii ; car un instant après, la mort l'rappé son dernier coup et ce coup s<^pare l'Ame d«i corps.

UHM). 11) La mort. On pousse autour dp vous ce cri : Il est iuort. Quelle nouvelle! Il csl mort! Mon enfant, votre père est mort: mère, pauvre veuve, votre fils n'est plus, versez des larmes ! Il est mort ! Qui ? Cet impie qui bravait hieu, cehlaspliéuialeur, ce profanateur du dimanche ; il est mort ce lilterlin! Quoi! elle est morte cette femme légère, cette jeune personne vaniteuse, son lAme est devant Dieu d'où elle était descendue, son corps est sur la terre, ce n'est plus cpi'un cadavre. Adieu, parents, amis, plaisirs, liaisons coupables, divertissements! Adieu, fortune, maison, champs, or! adieu, réputation, honneur de ce monde! adieu à tout, même à ce corps qu'on a tant llatté (i).

Ah ! Dieu, ses ministres, notre conscience, nous demandent (luelquefois des sacrilices, des séparations qui nous coiitent et que nous néglijj;eons d'accomplir. .\ttendez, la mort viendra, et de son bras de fer nous séparera de tout ; elle séparera l'avare de son or mal acquis, le libertin de ses complices, etc. Malheur i\ nous, si nous attendons cette séparation qui peut être sans profit pour nous : oui, malheur! Que faut-il faire pour nous l'épargner? Faites, maintenant, ce que vous voudriez avoir fait à la mort. On entend dire aux mourants : « Ah! si c'était A refaire! » Mais, maintenant, c'est le moment de bien faire : I)um fe/n/ms hahemus opere/nur hoimm (â).

lOiM. — II. 1" Le cadavre. Ce corps que l'Ame a quitté prend un aspect si repoussant, qu'A peine ose-t-on lui fermer la bouche et les veux; sa tête est penchée sur la poitrine, les cheveux sont humides des sueurs de l'agonie, les yeux creux, la face couleur de plomb, les lèvres décolorées: plus de paroles, pas le moindre souflle. Que sont devenus ce teint vermeil, cette beauté, ces airs de grandeur (|ui charmaient ? Pour ne pas eftrayer les enfants ni les serviteurs, on couvre d'un voile ce visage.

t()9i. 2" Ce qui se fait autour de lui. On place, à côté, une lampe allumée et de l'eau bénite ; quelques parents ou amis viennent prendre le rameau de buis et faire le signe île la croix sur la couche funèbre. Les gens de la maison préparent les funérailles; ils recherchent tout ce que vous avez laissé, et calculent ce qui doit revenir A chacun. L'oflicier de la commune insci'it sur ses registres : un tel est mort, le tant de tel mois, de telle année, l.e glas funèbre retentit dans tout le village. Qui est-ce qui est mort? (Héflejuions qu'on fait dans le public sur un impie, un indifférent, un libertin, une femme ou une fille légère.) Deux ouvriers travaillent pour vous, l'un vous prépare une bière, l'autre vous creuse une fosse.

1093. 3» Le cercueil. I.e premier apporte le cercueil dans votre maison. Ceux qui le voient venir s'en vont en pleiu-ant, vous ne fu;yez point. Après vous avoir enveloppé d'un linceul, on vous saisit, on vous descend dans la bière ; on la recouvre et on vous cloue dans cette prison. Quoi! vous traitez ainsi ce jeune homme, si lier naguère de sa force! Ah ! si vous aviez voulu renchainer huit j(»urs auparavant, comme il se fût défendu ! Comment, vous renfermez cette jeune fille, cette femme qui aimaient tant A paraître ? On les trouvait toujours sur le seuil et à la fenêtre de leurs maisons ; et elles ne

(1) Sainte Matliilde, femme de l'empereur d'Allemagne, Henri l'Oiseleur, et mère d'Othon le Grand au moment où elle apprit la mort prématurée de son mari, se jeta aux pieds du crucifix et accepta avec résignation ce sacrifice ; puis elle alla avec ses trois enfants se mettre à genoux auprès du cadavre de son mari. Là elle donna à ses enfants une grande leçon sur la vanité du monde : «Souvenez-vous, leur dit-elle, que si vous avez quelque droit de monter sur le irône de votre père, vous devez aussi descendre dans son tombeau.» fuis e. le s'informa en toute hâte s'il n'y avait pi us de p'-étre à jeun pour C'iébrer la messe pour le défunt. Un prélre nommé Odaldec se présenta, et l'impéralrice fut si heureuse que. détachant ses bracelets d'or, elle les lut remit «n le priant de dire aussitôt la messe pour l'âme de l'empereur. El tant qu'elle vécut, ellt fil célébrer chaque ann<e pour lui un grand nombre de messes.

(2> On pourrait, au besoin, finir là celle instruction parcelle péroraison : « A la mort, vous voudriez avoir évité, etc. ; vous voudriez avoir fait une confession générale, fréquenté les. sacrements, prié, etc. Faites-le maintenant Quelle vocation voudriei-vous avoir suivie, jeunesse? Kaiies-le maintenant. » On lerminerait par un d«8 trait» çi« dessous, n. 1099, et ce qui suit servirait de méditation pour le lendemain.

lAliLÉ.vU DR LA NioftT 419

v.> 1,1 .!./Tir>nt pas, elles qui s'irrilaicnt au moindre aTronl ! 0 mort, comme tu

m à sa place !

, Lfs funéniilles. Bientôt, an son des cloches, le prêtre quitte

1 l'iilise, vêtu d'ornemenis de deuil et précédé du crucifix. 11 arrive dans votre

maison et bénit votre cercueil ; et puis on vous emporte. Pourquoi sortir

( et homme de chez lui, sa maison no lui appartenait-elle pas r II l'avait

lif'ritée «le son père; il l'avait achetée ou même bAtie? Et c'est vous, ses

;ts. vous, sa femme. <iui avez demandé à ce qu'on l'en chasse, et il ne

iidra plus ! Ah ! quan<t cet homme était absent et qu'il ne rentrait pas

!r .soir, quelles transes, quelle désolation 1 La nuit passera, et puis une autre

luiit, il ne reviendra pas.

Un chante : Miserere met Deus;... Requiem œternam. Vous passerez devant ce champ où vous avez travaillé le dimanche, devant ce café, cette salle ' ; -al, etc., et on arrivera à l'ëf/lise. Vous passez : I) devant les fonts .s du baptême, ou plutôt co n'est que votre corps qui y passe, votre Ame li'vant Dieu et y rend com[)te de ce qu'elle a fait, de l'innocence, dont i ut revêtue à votre entrée flans la vie ; 2) devant les confessionnaux et ' n vous interroge ; Navez-vous pas déserté le saint tribunal ; quelle quelle contrition y avez-vous apportées ? 3) Devant la chaire : is pas fui la parole tie Die«i ? Ou 'ivez-vous fait des remords, des 1 s quelle inspirait? 4) On vous place devant la table de communion :

1 ,.. ^.rlion de cette table sacrée vous demande raison de votre éloignement de riùicliaristic, des dispositions que vous y apportiez ? 5) En face de l'autel. CdUMMont avez-vous assisté au saint sacrifice? etc. Pendant que quelques parents pleurent, on chante sur un ton lugubre ; Libéra me, Domine, a morte (Tterna. in die illa tremenda, «/uando creli movendi siinfet ferra. Et on vous emporte encore. Le dimanche suivant, on vous cherchera à cette place que vous occupiez, où vous étaliez peut-être votre vanité. Vous n'y serez plus. Votre chaise, votre banc seront là encore ; votre nom y sera peut-être gravé ; mais vous n'y paraîtrez plus. Où serez-vous? Dans le cimetière ; car c'est là ipi'on vous conduit.

1095. — ni. 1" Lu fosse. On vous déposera à côté de la fosse. Avant d'y

descendre, étudiez-la bien ; certes, quand vous deviez vous établir dans une

maison, avant de la huier ou de l'acheter, vous la parcouriez de fond en

' ' avec soin si elle était bien exposée, bien éclairée,

lit pas malsaine, si les voisins étaient convenables.

1111,. i> .i.viez-vous y passer? Vingt ans, quarante ans, mettons

us. Dans cçtle fosse, vous resterez jusqu à la résurrection géné-

' ' ' !■ ■ •. Elle est profonde, étroite et humide; autour de la

nus, des ossements, des restes de planches usées

.; lorcueils : ce sont là vos compagnons et vos voisins.

10;m;. i" /trs'ff/tfe «(uns la fosse. On vous lie avec des cordes et on vous (i.v, I II I .i m- Il 'iSM- Mil i.ion on vous y fait glisser sur une planche: et,

is vous quitteront. Le fossoyeur vous recouvrira ^ celte terre pèsera moins lounlement sur votre corps «pie i oul>li des vivants ne pèsera sur voire mémoire.

tO'.>7. '.V> Oubli, (iomme les vieillards sont délaissés! On fait presque tout s.ins eux. iU sont relégués dans un coin; à peine leur permet-on de se mêler aux aiïaires. S'il en est ainsi de» vivants, qu'en sera-l-il des morts ? Qui pense ù ceux qin ne sont plus dejHiis vin^t ans ? Hélas ! ipielques jours après notre mort, qui parlera de nous, qui pensera à nous? Periit memoria eorum cum sonittt : Avec le son des cloches, tout finit à peu près pour nous. Si nous laissons (]uelques biens A nos héritiers, ils seront vite rcrnsolés. On apportera |)<. ml. lui ciiore sur notre tombe un moni. ' 'pierre ou de bois, sur li><|iii'l wii !ii I : Ci-gil un tel.... une telle. < lui qui est là

élendu, lui »p.i semblait v< ' ■ ■■ ■•■ ftjeu ; im ' non

entt. etc. (Ps. xwvi. 'Mi): i n ujême ^ r le

toiiiy* ' ■■- ■ ^-•' '•■■• . ,. -, ..M,.çes, aux au;... ., .■ "'■«

i\u\ -es; les maisons, habitées ; n

vous .: .....,..k... ..V. ..i i.v;... .... ;.iunde : personne ne pensera a . :

me trompe, la mort ne tous oubliera pas ; elle s'nchnrncra & tolrc ruine,

420 SEUMONS DR MISSIONS

après mùinc (juclle aura fait de vous sa proie. Ah ! si nous pouvions rouvrir celle fosse six mois, un un après qu'on vous y a déposé, que verrions-nous?

\{)\)H. ■i''> Lu décomposition, (iombien en peu de temps ces chairs ont chanjîé d'aspect, elles deviennent livides, puis noires; elles s'ouvrent en divers endroits et il en sort un pus fétide. Quelle quantité <ie vers et d'autres hideux re|itiles s'engendrent dans ces entrailles! Ils se noiurissent de cette chair ipii lésa {)roiluits. liutendez leur sourd travail: les uns sortant des narines, se ré[iandent siu' le visage et s'enfoncent dans ces yeux caves ; d'autres vont et viennent dans la bouche et pénètrent dans la poitrine ; les cheveux tombent du crAne décharné; le nez, les lèvres se détachent pièce par pièce; leschaii-s s'en vont en lambeaux, les cotes se dépouillent, les ossements apparaissent. Veni et vide. .Sur les tombeaux îles grands du monfle, se trouve des éloges, des titres pompeux ;mais au dedans, Veni et vide.

Ilegarde ce las de pourriture, homme, et connais qui lu es ! Vois ce que les vers rongent, c'est ton cerveau, instrument <les pensées coupables; ce sont tes yeux dont tu t'es servi pour de mauvais reganis; ce sont tes narines que lu llatlais par des parfmns, ton cœur qui n'aimait que les créatures ; ces ossements qui se disjoignent, ce sont tes délicates mains: les vers rongent tout ; et à la lin ils se «lévorenl eux-mêmes les uns les autres pour ne laisser qu'un squelclle. Pour le corps de cet heureux du siècle, il a fallu pourtant tant de serviteurs, de médecins, de cuisiniers; encore n'étail-il jamais satisfait. Oh! ne dérobons pas à la mort ses horribles mystères! l-'ermons celle fosse, nous l'ouvrirons dans vingt ans.

Fouillez après vingt ans. Je fouille et je ne retrouve rien, pas même des ossements: rien que (piel<pies cendres. Ecce vie totam Hercules implevit urnam, disait un sage paien en voyant les restes d'Hercule, de ce liéros pour qui la terre n'était pas assez vaste. Ilœccine est illa Jezubel ? demandaient les juifs, en voyant les os sanglants de cette reine orgueilleuse que les chiens avaient dévorée; voilà donc ce qu'il en reste? Oui, voilà ce qui reste. Est-ce là ce jeune homme... cette femme mondaine, cet homme mûr, mais toujours esclave du plaisir, vivant dans la bonne chère ? Oui, c'est lui ! Ramasse, pécheur, «ians la main ce qui reste de poussière dans la tombe; ta main peut tout contenir : Quid superhis, terra et cinis ! Méprise Dieu maintenant, blasphème, foule aux pieds sa loi sainte, caresse ton corps?

101)9. Almachiiis, préfet de Home, vantail sa puissance à la vierge Cécile qu'il allait condamner au martyre. « La pidssance de l'homme, répon<lit la jeune vierge, est semblable à une outre ou à une vessie remplie de vent. l*ercée, ne serait-ce qu'avec une épingle, elle s'aplatit (1). » 0 folie, que d'être fier de sa force, de sa santé, île ses dignités ! François de Borgia, duc de Candie, fut chargé d'accompagner de Tolède à Grenade le ccu'ps de l'impératrice Isabelle, femme de Charles V. .\ son arrivée, on ouvrit le cercueil afin de constater l'identité du corps, avant de le descendre dans le caveau de ses ancêtres. Celle princesse, qui avait lait par sa beauté l'admiration de la cour etpresipie de TKurope, était dans un état affreux. A ce spectacle, François se dit à lui-même: « Voilà donc la fin des créatures, voilà à quoi aboulis.senl les honnem-s, les richesses, la beauté ; va, monde, qui nas pas de biens plus solides, je ne veux plus de toi! » et il se fit religieux et devint un saint.

(Jue ceux qui nesont pas fixés sur l'état qu ils doivent embrasser consultent la mort : (-ar, o mors, amara est memoria tua, sed rectum judicium. Pour vous, qui êtes fixés dans le monde, faites aussi ce que vous voudriez avoir fait à l'heure de la morl. Malheur à vous, si vous ne réformiez pas une vie coupable! Votre mort serait semblable à votre vie. Faites maintenant ce que vous voudriez avoir fait à la morl. Rien alors ne vous paraîtra de trop : ni sermon, ni confession ^'énérale, ni mortification, ni pénitence, ni fréquentation des sacrements, ni bonnes œuvres. Et si vous vivez saintement, la mort vous sera douce; car 'ii' ^iiinl Eucher, non multum refert, quando

(1) Alexandre le Grand, ayant rencontré un jour Diogène allant et venant au milieu des tombeaux, lui demande ce qu'il faisait là. « Je cherche le cr&ne de ton père et ja ne puis le dislinguer de ceux du vulgaire. Si lu le peux, monire-le moi. »

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