‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 90 sur 416 · CERTITUDES ET INCERTITUDES DE LA MORT · texte numérisé non relu

CERTITUDES ET INCERTITUDES DE LA MORT

permanente. La terre est son domaine. Partout elle dresse son tribunal et rend ses sentences. Partout vous pouvez devenir sa proie, sur terre, sur mer, dans votre patrie, à létran^'cr, à la ville, à la campagne, en chemin de fer ou en voiture, sur une place ou dans la rue, dans Téglise ou à la maison, dans une salle d'amusemenl ou dans voU-e chambre, dans votre lit comme un grand nombre, ou sur une chaise comme le grand-prètre Héli.

Vous pouvez mourir là môme où vous ofTensez Dieu : à l'endroit même où lui i! ■ ' 1 femme de Loth, elle fut changée en une statue de sel. L'im-

pie i vit une main mvstérieuse tracer son arrêt de mort dans la

sjillc. nu 11 ^ enivrait avec ses convives. Aurt'lien, consul de Rome, mourut dans la salle où il dansait. La mort frappa (Casimir H, roi de Pologne, dans un festin, au moment où il vidait son prender verre. Charles VHI, roi de France, mourut sur les lieux mûmes, où il jouait à la paume. Vous ne savez dans rpiel lieu la mort vous attend, attendez-la donc partout.

1108. 30 fjuand mourrons-nous ? Le criminel condamné à mort est dans des transes perpétuelles: dès que sa porte s'ouvre, le jour, la nuit, il tremble pensant qu'on vient le conduire au supplice. Nous sonimes cundaumés: Statutum est ; nescitis diem, neque horatn. 1) A quel âge mourres-vous ? Le moissonneur coupe et les grands épis et les plantes qui poussent à peine. Prenez votre fauji et moissonnée, (Apoc. xiv, 15), dira Dieu à la mort: et elle ne tiendra compte, ni de l'âge ni de la taille ; elle fauchera tout. 11 meurl plus de jeunes gens que de vieillards. Mourrez-vous dans dix ans ou dans dix mois, dans dix Jours ou dans dix heures ? Personne n'est sûr du lendemain. Le démon fait à votre égard pour vous perdre, ce que fait un pharmacien pour guérir son malade qui ne peut pas avaler une grosse pillule : il la partage et la fait avaler en plusieurs fois. Le démon ne pouvant nous persuader que nous ne mourrons pas, t;\che du moins de nous faire croii-e que nous ne mourrons pas sitôt, ne l'écoutons pas. Dieu nous donne la vie goutte à goutte, il la laissera tarir quand il voudra. 2) A quelle heure ? Vous pouvez être exterminé cette nuit comme les premiers-nés des Egyptiens, vous pouvez être foudrové en plein midi, en un jour d'orage. Voir la note 2'»« du n"5'.17(l).

i WJ. :{) Et dans quelle situation seres-vous, (a) au point de vue tempo-

(1) Il n'est point de moment qui ne puisse être pour vous le dernier, et qui ne l'ait été à vos yeux de quelques-uns de vos frères : point d'action d'éclat qui ne puisse éire teriTii-' '^ "' l'bres élernelles du tombeau : et Hérode est frappé au milieu des

•Pp -ensés de son peuple; pjintde Jour solennel qui ne puisse finir par

voUr- ^ ^ : et Jézabcl fut précipitée le jour même qu'elle avait choisi pour

*e montrer avec plus de fisie et d'ostentation aux fenêtres de son paiais ; point de festin délicieux qui ne puisse être p<>ur vous une nourriture de m<irl : et Ballhazar expire autour d'une table somptueuse; point de sommeil qui ne pu>sse vous conduire à un sommeil éternel, et ilolopherne au milieu de son armée, vainqueur des royaumes et des r,r,.v,r.,-..4 expirc SOUS le fflaive d'une simple femme d'israèl : point de crime qui ne r Vos crime» ; et Zambri trouve une mort inf&me dans les tenies des filles de point de maladie qui ne puisse être le terme fatal de vos jours, et vous voyez luus ieâ jours les infirmités les plus légères tromper les conjectures de l'art et l'attente de» malades, et tourner toat d'un coup à la mort ; en un mol. représentez-vous dans que'; " • de votre vie. oii vous puissiez jamais vous trouver, à peine pour-

rez- i\ qui y ont été surpris; et rien ne peut vous garantir que vous ne

le ."■ , •'•me.

Sur quoi appuyer votre dangereuse sécorilé? Sur la jeunesse qui semble vous promettre enrorf nr.e Innirne ^uilc d'rïnnéps? La jcunes'îP • Mais le fils de l.i vciivp de NaTm était ■ M i

ce 'i -;

paS.Si-...- • -. . ■ ;

guerre, les dt'sirs d. ».

jours que la plupart ; .:

Voluptueux : Absalon, s'il vùl été libiu d'aiiitiilion . lu Al« du toi de» Sicliein, s'il ntùi pas aim<^ Dina ; Jonalbas, si la gloire ne lui eût creusé un tombeau sur les m<>otaune$ d' G.lboé.

Sur quoi vous rassurez-vous donc encore? Sur la force du tempérament ? Mais qu'estce q<<e la santé la mieux établie 7 Une étincelle qu'un soufHe éteint; il ne ^aui nu'un jour d'infirmité pour détruire le corps le plus robuste du monde. (MASftiLi.o>

rel. Vos afTHircs ne s»ml pas lerminées, vous avez enoore des dettes, vous n'avez pas reslitné, vos enfants restent A élahlir ; vous pouvez mourir malgré cela. Vous roMinienrez à jouir des biens de ec monde, vous ôtes arrivé à l'emploi que vous désiriez, vos ^roniers sont remplis ; c'est le moment de se divertir cl de jouir, l/oiseau vole dans l'air, le poisson folAtre dans l'eau, et l'im est prit par le lilel, l'autre par l'Iiamevon. Qua hnru non imtafis Filius hominis veniet. Si donc vous vous crovez en sûreté, tremltlcz : c'est ime preuve (ju'elle n'est pas loin : Sicut fur in nocte ita veniet. (b) Au point de vue spirituel. Serez-vous assisté par un prêtre, serez-vous en ^'rAce avec Dieu ou dans l'état de péché? Nescifis. Vous dilTérez toujours de restituer, de fuir les occasions, de revenir à vos devoirs relij^ieux ; aurez-vous le temps de le faire alors? Nescitis;ce que je sais, c'est qu'ordinairement parlant; telle vie, telle mort (1).

1 i 10. 4) On meurt covnne on a vécu, c'est la règle f/ènérale. La mort est l'écho de la vie, dites-vous ; c'est vrai, (a) La parole de Dieu nous l'enseigne : (Juœ seminaverit homo, hœc et tnetet. (Gai. vi, 8.) Cueil!c-t-on «les raisins sur des épines et des figues sur des ronces ? Comment une vie criminelle produirait-elle une mort sainte? Virum injustuni mula capient in interitu. (Ps. cxwix, 12). Cor duruni habehit maie in novissimo. (Kccli. ni, 27.) In interitu vestro ridebo. (Prov. i, 26.) In peccato vestro moriemini. (Joan.' vm, 21).

1111. b) Les saints docteurs nous l'assurent. Saint Jérôme était à l'heure de la mort, et ses disciples l'entourant lui demandèrent de quelle vérité il était le plus fermement convaincu, ,1e me meurs, dit-il, et mon Ame est déjà sur le bord de hies lèvres ; mais pui.sque vous voulez (pie je vous dise ce qui me frappe davantage : I/oc teneo. hoc ynultipUci experientia didici : Sur cent mille dont la vie a toujours été mauvaise, il en esta peine quelques-uns

?ui méritent d'obtenir de Dieu miséricorde. (Hridaine. 1. p. VM.) Quidni simiiter exeat qui similiter vijcerit. fS. Bernard.) Si ce chrétien a toujours vécu comme un païen et une bête, pourquoi voulez-vous qu'il ne meure pas de même ?

1112. (c^ La raison nous le fait comprendre? a) Raison tirée du pécheur lui-même. Comment pratitpier alors des vertus qu'on n'a jamais connues, après s'être toujours plongé dans les vices contraires ? (Comment guérir en un moment un ulcère invétéré ? Comment contenir dans des digues le torrent des passions débordées, redresser des habitudes devenues fortes comme un chêne <|ui a vieilli, briser ces liens qu'on n'a pas eu le courage de nunpre loi-s<piils étaient à peine formés ? Saint .\uguslin, dans la vigueur de l'Age et de la santé, mil douze ans pour triompher de ses mauvaises passions ; et vous pensez le faire au (piart d'heure qui précédera votre mort, si tant est qu'il vous soit acconlé ! (2) Du reste le malade ne se doute pas de son état ; et les parents pour lui épargner une mauvaise nuit, le laissent tomber en enfer, sans qu'il s'en aper«;oive.

(b) Du côté de Dieu. Comment compter sur une grAce que les plus grands saints ne neuvent pas mériter. grAce la plus précieuse que Dieu puisse faire à ceux qui l'ont servi fidèlement . t.'omment y comptera-t-il celui qui par ses crimes se rend indigne des grAces les plus vulgaires ?ls"a-t-il pas déjà abusé de tout ? Dieu ne peut-il pas lui dire: Quid faciam tibi? Que voulez-vous (pi'il fasse qu'il n'ait déjà fait ? (Osée, vi, 3.) Loquar ad cor ejus. Cela convertit Pierre ; mais que de fois le Seigneur l'a fait inutilement pour le pé-

(1) Ce dernier point à lui seul pourrait en développant ce qoi suit, faire la matière d'une insrtuction.

(% Supposons qu'il y ail ici un clou qui m'incommode, et que je frappe à grands coups de marteau, si vous me demandiez: Que voulez-vous faire? Je prétends d'arracher ce clou, — vous diriez : Le père n'est pas en son bon sens ; ne voil-il pas qu'à chaque coup, il enfonce ce clou de plus en plus, et qu'il augmente la difficulté qu'il aura de l'arracher ? Vous avez en votre Ame un clou qui ble.ose votre conscience, la mauvaise habitude que vous avez de jurer, de maudire, de faire des choses deshonnétes; vous dites que vous l'arracherez plus tard, pauvre homme I ne voyez- vous pas que toutes les fois que vous jurez, toutes les fois que vous commettez le péché, vous enracinez de plus eu plus l'habitude. (Le jKD:tE.)

CERTITUDES ET INCERTiTUDES DE LA MORT 427

chcur ! Vous lui enverrez (les missionnaires. Cela suffit pour les Nini viles; mais pour tel et tel qui assiste h la mission, cela ne suffit pas... Ah ! la bonté de Dieu est vaincue par lu inalii-c «le l'obstiné. Que fcrez-vous, Seigneur ? Enverrez-vous (les fléaux? Vous le fîtes avec succès pour les juifs à cervelle dure; majs ceux «lont je parle ont senti votre verge qui les flagellait et ils ont murmuré ; et quand le cœur pareil à un rocher vous aura résisté toute la vie, comment s'amollira-t-il à la mort ?

1113. {à.) L'e-rpérietice le prouve. Le voleur ne rend pas A la mort. Le libertin veut avou* A côté de lui l'objet infAme de sa passion. Quelle peine à les s*''|iarer même A cette heure ! Kt s'il en était autrement, il faudrait accuser de fiilic tous les saints qui ont vécu dans la pénitence et qui sont morts dans la crainte. (Voir n'^ 2041.) (1) \\\ ! l'idée d'ime mort <le réprouvé fait peur aux

f)lus intrépides et aux plus impies. Il faut donc qu'une mauvaise vie leur asse horreur ; car mors pecratorum pessima. Si vous saviez qu'un ennemi acharné a jm-é de vous assassiner, qu'il épie toutes vos démarches et la nuit cl le jour, vous seriez sans cesse sur vos gardes. Si vous êtes en péché, Satan

(t) On a vo.direz-vous. Madeleine, le larron, devenir en peu de temps de grands saints C'esl comme si vous disiez ; au commencement du monde, la terre produisit des arbres et les arbres furent charc^és de fruits en un moment : donc tous les arbres du monde doivent iDvintenani faire de même. Le premier homme et la première femme eurent, dès le cmmencement, la taille que nous avons à trente ans, donc tou^ les hommes et toutes les femmes doivent croître dans un moment ou dans un jour, bi qui ne sait pas qu'en l'éiablissement du monde. Dieu voulut faire dps chefs-d'œuvre dans l'ordre de la nature, parce qu'il le jugea nécessaire; et qu'en l'établissement de l'Eglise, il voulut faire des chefs-d'œuvre, et des miracles dans l'itrdre de la grâce, parce qu'il le jugea expédient ; mais (]u'il ne le fait plus, ni en l'ordre de nature, ni en l'ordre de grâce, parce qu'il ne le juge pas à propos?

Qui ne voit par expérience que les arbres produisent petit à petit, que les enfants croissent peu à peu, guR les habitudes s'acquièrent par divers actes, que les çiens de bien s'acheminent à la perfeclî<>n de dt"gré en degré : ihu)it de virtule in virlutem, et que Dieu a voulu que la preuve, le mérite, la victoire des anges s'accomplit eu un momeot ; mais que l'épreuve, le mérite, la victoiie des hommes se fit avec succession de temps* Comment pourrez-vous donc faire, en ce peu de temps qui vous reste dans la vieil.» 1 iivent faire les autres dan? l'efpace de plusieurs années?

/;i rum nullum aliitm prwler hune laironem inventes sic

taira,..,,. .,,.,.„. i. .,J. Dans une chose si grave, ne regardez pas que d'un œil.

Aux pieds du cnicitix il y a deux larrons, vous ne regardez que le bon. Pourquoi ne regardez-vous pas le mauvais? Pourquoi Jésus-Christ ne sauve-t-il pas le mauvais larron? c'est parce qu'il ne crie pas merci sans doute; mais pourquoi ne crie-t-il pas merci, ayant un si bel pxemp'e et une si belle occasion ? Il n'a pas la grâce efllcace de le faire.

' ". -•■--- i^umas, dit saint Augustin. Où est donc fondée votre

le et voire refuge? quel est le sujet de cette assurance

- , , - ^istupide, danslaquelle vous vivez? que prétendez-vous

avoira la mort que ce misérable n'ait pas eu ? et il ne s'est pas converti. Vous e.spérez dans les mérites du précieux Sang de Jésus, c'est très bien, c'esl une très bonne confiance ; mais ce larron en est tout ario.sé, et il ne se convertit pat; vous espérez d'avoir un bon père spirituel, un excellent confesseur qui vous fasse souvenir de Dieu, et vous aide à bien mourir, ce larron a '■ ■■■ ' '** le plus excellent pontife, le plus divin père spirituel qui ait jamais éié et >: le, et il ne se conve.Iit pas. Vous espérez d'envoyer à tous If s cloîtres vou It^r aux rt-ligieux, et qu'ils vous assisteront de leurs prières; «uront-ils plus lie . .i ;■ vimt Dieu que les souffrances que Jésus-t ! ■ i endurait actuellement pour le» jx"!!.^ :. 1 1- malheurfux T PrDpiliuliunrvi pro pi ■ ' ' ' ■ ... ,j y^^„j espérez •,

lire plus auguste.

- , , - - ,.-. , ui' la croix? ce la.: .

assiste à ne se convenu pas. Quoi déplus? qu'erpérez-vous davantOkH- '

que Dieu i ' nii avez-votis vu qu'il en nii fait, ou qu'il ait pnmif» 'l'i'i

faire, pom

le jour, \

de voir le .^m. ,

trembler, la m -

ses yeux, car I t

que ce larron eût expiré, et il ae i^e couveriil pas. Qui vou» a dit que vuu» f< rt;

aucun miracle, ce qu'il n'a pas fait avec tant de miracles? Qui vous a dit que ^

comme le mauvais larron, votre mort sera semblable àcelle du bon? Montres-moi qu m ^

ce bon larron, Dieu a fait la même grâce à un autre, à 1 heure de la mort; vous ne > ^-

428 M'Jit.Mi'.NS Ul: Sussions

a fuit lin pacte, avec la mort, cl a jiin^ de vous ponlre, et vous dormez tranquille et vous ne renoncez pas au péché qui vous livre à cet cnneuii niortcl ac votre Ame ?

M 14. e1 K^'ponne anx oUJeotlonn. (a) On en voit qui font une belle mort! (»iii, m.iis font-ils une sainte mort? Quelle (|nc soit la mort, subite ou lente, si on est en état de grAcc, elle est l>onne ; maisipiehpie sacrement que reçoive l'Ame qui ne se réconcilie pas sincèrement avec Dieu, c'est une mort de réprouvé. Aniiochus donna des marques de repentir: /{of/abuf Dominum, il envoya des présents au temple de Jérusalem. 11 n'oltlint pas miséricorde. La peur do la mort le faisait agir ainsi, mais non pas une conversion sinrère. Le {(érlieur à la mort, dur comme un rocher, répèle ce uu'on lui dit comme un rocher. (Jriez en face d'une montaj^ne : Aux armes, elle répondra : Aux armes : faites entendre un .son plaintif, le rocher le répétera. Le moribond dilre qu'on lui fait dire, mais souvent sans y penser.

\ 1 15. {/>) Dieu est bon ! Oui. et c'est pour cela qu'il ne veut pas qu'im impie, faisant une sainte mort, fournisse l'occasion à tme foule d'autres de vivre mal, en comptant bien mourir. Je sais bien (jue Dieu peut faire des miracles de grAce, il le lit pour le bon larron ; «'est poiu'quoi gardez-vous de désespérer, comme Judas à la dernière heure, ce serait assurer votre réprobation ; repenlez-vous alors et jetez-vous dans les bras de Dieu ; nuiis de grAce, n'attendez pas ce moment où le temps du repentir ne vous sera peut-être point accordé. Où est-il ce pauvre pécheur qui dit : Je me convertirai A la mort ; venez, mon frère, que je vous serre contre mon cœur, «pie je détrem[(e le vôtre dans mes larmes, que je vous conjure d'entendre la voix dé Dieu «pii vous api)elle : .Mi ! ne tardes converti ad Dominum. subitoenim veniet ira il lins. Siuri maie times et maie vivere non times. Desine maie vivere, ne timens maie mori.(S. .\ugustin.) (1).

11 IG. In gentilhomme anglais, pleinement convaincu de la vérité de la religion catholicpie, lui était atladié du fond du cœur ; mais n'osait pas encore la professer, craignant qu'en abjurant le protestantisme, la cruelle reine Klisabeth ne lui ravit ses biens. 11 prit donc le parti d'attendre à la mort ; et, afin qu'il ne fût pas surpris par un accident, il avait soin de fréquenter soit à la ville, soit à la campagne où il avait une maison, des prêtres catholicpics, afin qu'a la première nouvelle de sa maladie, ils vinssent le réconcilier avei; Dieu. On cnerchail en vain à lui faire comprendre combien il exposait son salut. In jour qu'il se rendait d'une de ses maisons dans une autre, il est frappé en route d'apoplexie. .Ses domestiques courent chez le

firélre le plus voisin; mais la mort avait si bien ajusté son coup que, quand e prêtre ari'»' '" rirho anglais était iimit sans donner siune do pénitence (2).

riez le montrer en l'Ecriiure, et je vous en pourrai montrer un grand nombre auxquels il n'a pas fait celle grâce, comme à E»au, Saûl. Aniiochus et une infinité d'autres. Il est vrai toutefois que même A la dernière heure, il ne faut pas désespérer. Lorsque Alexandre le Grand assiégeait une ville, il faisait allumer une torche et publiait que la ville pouvait obtenir grÀce. tant que la torche ne serait pas éteinte ; mais si elle ne profitait pas de ce délai, elle ne pouvait plus espérer de parden. Le pécheur, tant que sa vie n'est pas éteinte, peut obtenir miséricorde.

(l) Mémento Creatoris lui (Eccl. xii., lo). il a droit à voire vie. Si Salomon eût vécu jprès Niitre-.S»'ieneur, il efti dit: Redemploris tui. Vous lui avez coulé bien cher, ne )i^/<(S /Mrt", il a droit aux prémices de voire vie, an/c-

Çi< . vieillesse n'est déjà que trop surchargée de peines,

n'a . ^ , , -..^.c travail le plus nécessaire et le plus diflicile de tous,

celui de la conversion et de la pénitence, anteqtiam veniant dies de quibus dicas ; non fnihi plnrpnl romment pourra plaire à Dieu l'oflrande que vous lui ferez d'un temps qui yoii- ne^ Faui-il traiter Dieu comme un arbre donton n'use qu'en un

joi. ■ à l'abri ? quoniam ibit homo in domum e œlernitatis suœ ;

d'hé.i. .1. w.^c, .. j..- ' • c'est la vie qui est celui du mérite ; la vieillesse est sœur

de la mort après Ih ence l'éternité et pendant l'éiernilé on ne mériie plus Si

pendant voire vie v. -. i bien le temps au .«ervice de Dieu, il vous comblera de

félicités pendant l'éiernilé ; si vous employet la vie à jouir, l'éleroité qui devait faire votre béatitude, serait votre châtimeni.

(2^ Aux exhortations de Thoma.s Morus et d'autres chrétiens fervents qui le pressaient de revenir à Dieu, un pécheur répondait qu'il en avait le temps, qu'à la Pin, ces trois mots : « Seigneur^ pardonnez-moi, > suffiraient pour obtenir grâce. Hélas I il se

r.RRTiTUDES RT ISCRRTItUDKS Plî L\ MORT 429

H 17. Pondant (|iio saint François de Borgia prêchait dans une ville d'Ks-

l>a:.'m'. un :.. tii iih ■uni)'' s'y mourait : il refusait les sacrctucnls. Le saint y

alla o\ lo jH 1 1 '!'• l'iuiiter ilu peu de temps iiiii lui restait à passer sur la

Itiro. ['nions dautre «tliose. lit le moribond en détournant la t»He. Le saint

lui pn's.Mile le cruoilix : Haignez au moins honorer d'un regard le Sauveur,

• |ui est mort pour vous ! Alors limpie entre dans im aci'ès de rage, blas-

[ihoine et expire. Telle vie, telle mort ! Ah! craignons un tel lualheur; à

heure donc : Soyes prêts ! De morte inverti sumus, dit saint (îré-

. ut ad inortem semper paruti simus. Latet ultimus (lies ut omnes

■ntur dies. (k\i%.) Si tiines mortem, ama vitam, dit-il encore : vita

Deus est, , vita tua Christus.

Eh bien ! ètes-vous prêts à cette heure ? Vos confessions ont-elles été bien

lailps? N'avez-vous aucun péché sur la conscience ? (1) Uonc bonne confes-

) ' .raie, l'om* l'avenir, aimez Dieu, mais pas de bouche seu-

i loi, etc. Mettons-nous tous les soirs dans notre lit dans

Il I 11(1 . M.iiisre -.joignons nos [»ieds, nos mains ; fermons les yeux et

ludons-nous : Suis-je prêt:' Réparons le pas.sé par la contrition, sauve-

ns l'avenir par le ferme propos. Ames pieuses, vous tous qui voulez

sauver, faites votre préparation à la mort le dernier samedi du mois,

iiinpz Vos péchés, confessez-vous comme pour la dernière fois, et le len-

! iiiin faites la communion en viaticpie, vous déterminant à mener une vie

'11-' 'i). Xh\ si un pécheur ébranlé hésite à renoncer à ses habitudes

. prions, prions pour lui...

\ I ■ contrition. .Mon l»ieu, je suis un condamne à mort ; je me jette

à vos pieds pour vous demander grAce. Ah ! Je ne veux pas être plus scélérat

tjue ceux qu on mène à l'échafaud ! Fresque tous se convertissent. Mon Dieu,

)o veux me convertir, etc. Prière a Notre-Seigneur, à sa divine Mère (.i).

trompait. Un jour qu'en voiture il Iraversail un ponl, son ctieval s'emporta et se précipita a l'eau avec son mattre qui, en tombant, vomit une imprécation au lieu de dire : « Seigneur, pariionnez-moi. •

(1) Si vous aviez avalé un poison mortel, renvcrriez-vous à un temps éloigné le rc- ■ ul peut vous Conserver la vie? La mort que voua porteriez 1 i-elle des délais et des remises? Voilà votre étal. Si vous ,,.v..^.. ^ . ,,,^U(.t vos précautions: vous portez la mort dans votre âme, is y portez le péché : hâtez-vous d'y remédier ; tous les instants »<>nl préiie peut se répondre d'aucun : le breuvatje empoisonné qui infecte votre 0 adurail Vous mener loin : la bonté de Dieu vous offre encore le remède • hâtezeneore une fuis, d'en user tandis qu'il vous en laisst; le temps. Kaudrait-il des ■ — r vous y résoudre? Ne devrait-il pas suffire qu'on vous montrât le bienn ! Kaul-il exhorter un infortuné que les flots entraînent, à faire des ^iraiilir du naufrage? Devriez-vous avoir besoin là-dessus de notre miel voua louchez votre dernière heure : vous allez paraître en un clin d'œil dee tribunal de Dieu. Vous pouvez employer utilement le moment qui vous raste. I ïi tous ceux qui i; is les jours à vos yeux le laissent échapper, et meu-

-an;. en avoir fan f : vous imitez leur négligence : la même surpri>e vous

I > ■"- ••' ,, vuX avant que d'avoir commencé à mieux vivre. On le

.ous rannon(;ons : leur •malheur vous laisse insensible, el

> end ne touchera pas davaoïage ceux à qui nous l'annonce-

.il jour ; ceal aae auccession d'aveuglement qui passe des pères aux enfants el

, . t- perpétue sur la terre : nous voulons tous mieux vivre, el nous mourrons tous

uvaui d'avoir bieo vécu. (M.vskillo.'V.)

(i) Saint Henri, n'i^Unl encore que duc de Bavière, avait eu pour parraio saint

w ■' ' ■ ' '''■'- ^ '• ' ^' ■ ■ •■ - '•" - ■■ A -■■" 'iiiistre

aix.

il se

r aux bonnes œuvres. L«-s six jours n'eiaut écoules, il crut <^ue c«lu si-

et il çofUintin d«" w «anciiflpr p'-n'lanl c^* six mois, au bout desquels

X an» de vie, el con- , , , kur d'Allemagne. Vi-

lUiUi

{'.i) (a) Rien n'esl plus important dans les missions que de faire comprendre la nécessité d'assister les mourants, d'appeler à temps le prêtre ou des personnes pieuses qui leur fassent produire avec intelligence les scies du chrélieo, en leur en suggérant d «•

430 SËUNtONS Uk MissiôK^

!l^VI. — «luKeiut^nt particulier (i).

inS. Po$t hoc autetnjudivium. Aprèi la mort, le jugement. (Heb. li, 27.) — Voilà par où liiiil notre carrière : par la mort. Uh! que celte pensée est «léjà nriRTC [loiir celui ipii met son bonheur dans les biens d'ici-bas ! Mais ce qui est plus tcrriltle encore pour tous, c'est qu'après la mort vient le ju^'onu'ul cpii la suit immédiatement. Rien ne nous sépare du jugement que la mort. Celte mort qui vient à nous conune un courrier monté sur un cheval dont lo péché aiguillonne les tlancs, celle mort qui nous frappera demain, elle seule nous sépare ilu tribunal de Uieu. Prope est (lies Ùomini : Le jugement est aussi près de nous que la mort elle-même.

Noyez-lc ce pécheur qui a lait l'impie, quia vécu en libertin, qui, méprisant les exhortations du prêtre, les conseils de sa mère, de sa l'emme, de ses enfants, de ses meilleurs amis et les remords de sa conscience, a toujours dilTéré de se convertir, comptant sur une longue vie : le voilà élendu sur »m lit de douleur, l*eut-ètre s'aveugle-l-il encore Jui-même sur la gravité de son étal ! Uui sait même s'il n'a pas encore autour de lui (jueb^uc parent assez cruel pour la lui laisser ignorer? On n'appelle peut-être point le prêtre, ou bien on l'appelle, mais trop tard. Et le pécheur tombe en agonie et, dans Félreinte du mal, il ne fait pas un acte de contrition. On cric, on pleure autour de lui, on l'embrasse. C'est lini, son dernier souille s'échappe.

vance les motifs. Oo peut profiter des avis, ou d'un sermon sur la mort, pour insister U-des8U8. Léun de Villèle, commandeur des Ctievaliers de saint Jacques d'Aragon, voulut, en mourant, qu'on til imprimer, à ses frais, une méltiode d'assisttr les mouiants et qu'un la distribuât a tous et à cliacun des bubitants de la Biscaye, sa patrie. Lui-même se prépara à la mort par une cunfessiun générale qui lui laissa l'âme remplie de telles cunsulatiuns, qu'il répétait avec transport les paroles du Phalmiste : Seigneur, votre miséricorde vaut plus que la vie. — Nous avons publié nous-méme une méthode à celte lin. Voir Je catalogue après la table de ce livre.

ib) Chateaubriand a fait ce magnifique tableau du juste mourant : « Venez voir le plus beau spectacle que puisse présenter la terre. Venez voir mourir le fidèle. Cet homme n'est plus l'homme du monile, il n'appartient plus à son pays ; toutes ses relations avec la société ces:>eiit. — Un prëire assis à son chevet, le console. Ce ministre saint s'entretient avec l'agunisant de l'immorialité ; et cette scène sublime que l'antiquité entière n'a présenté qu'une fois dans le premier de ses philosophes mourant, se renouvelle chaque jour sur l'humble grabat du dernier chrétien qui expire. — Le moment suprême est arrive, un sacrement a ouvert à ce ju!>le les portes du monde, un sacrement Ta les clore. La religion le balança dans le berceau de la vie; ses beaux chants, sa main maternelle l'endurunront encore dans le Oerceau de la mort.... L'âme du fidèle à moitié échappée de son corps devient presque visible sur son visage, il est prêt à s'envoler vers ces régions où l'invite une espérance divine. Cependant l'aage de la paix, descendant vers ce juste, touche de son sceptre d'or ses yeux fatigués et les ferme délicieusement à la lumière. Il meurt et un n'a puinl entendu son dernier soupir ; et longtemps après qu'il n'est plus, se» amis font silence autour de sa couche, car ils croient qu'il sommeille encore, tant ce chréiit-'n a passe avec douceur. » (Voir la note du n" 915.)

(C) Un laboureur se réjouit quand le soleil se couche et que la nuit approche, c'est l'heure de recevoir son salaire et de se reposer. Un marin qui a subi de grandes tempêtes, tressaille d'allégresse quand il aperçoit de loin la terre et le port. Un soidut qui a vaillamment combattu voit venir avec bonheur le jour du triomphe. Comme l'abeille qui a butiné toute la juurnée sur les fleurs ne manque pas de miet en hiver, ainsi l'âme qui durant la vie a pratiqué toutes les vertus, trouve des sujets de consolation dans la mort même, tandis que l'ûme mondaine, qui n'a fait que folâtrer, se trouve les mains vides, pareille à la cigale en hiver, après qu'elle n'a fait que chanter durant la belle saison. La pensée du jugement de Dieu, n'épouvante pas le juste. Un général qui a bien défendu une place assiégée par l'ennemi et qui l'en a repoussé vicioiieusement, redouie-t-ilde paraître devant son roi ? Lp juste quitte aussi volontiers son corps, que nous

Îiuiitons un vêtement déchiré, quand nous savuiis qu'on doit le remettre à neuf. Elle ne ait pas divorce avec ce corps, elle viendra un jour le reprendre pour l'introduire avec elle dans ia gloire. Si vous faites une sainte mort, on dira de vuus, avec saint Bernard : Aon obiil, sed abii(, non dccessU, sed recessit ; mors abesse non deouit. sed obesse non potuil , mors vilam non abslulit, sed iranslulil in melius. Votre trépas ne sera pas une mort, mais un ciidiigemeiit de vie, un trajet et un passage beuieux'de cette vie cadavérique et périssable à la vie glorieuse et immortelle.

(l) On pourra donner ce sermon dans les retraites de communautés et devant un auditoire peu nombreux, à l'exercice du matin par conséquent dans les missions ; pour le grand sermon du soir, le jugement générai sera choisi de préférence, à moins que ift VVU du prédicateur oe »'y prête poioi.

JtcîEStEST PAhTKXLifitt 431

oh ! quel saut épouvanlable fait son âme dans l'intervalle d'un soupir ! I i & peine battu une seconde qu'elle est passée du temps à l'éternité,

i |)S au tribunal de Dieu, sans avoir rien lait pour apaiser sa justice ; ct'iix qui sont là disent : « Il est mort; » ils devraient dire : « Il est jugé. « Pendant qu'on pleure ce pauvre pécheur, pendant au'on ferme la boucue et lesyeu\ à son cadavre, avant même que Von ait allumé la lampe funèbre qui veillera à côté de son corps jusqu'à ce (ju'on l'ensevelisse, il comparait seul devant Dieu ; il est jugé ! Considérons les terreurs qui le saisissent, afin de nous les épargner à notis-ni(^mes. L'infortuné! soit qu'il regarde le passé, si'it qu il considère le présent, soit qu'il interroge l'avemr, il ne trouve rien que d'accablant.

1U9. l. Le passé ne lui offre que des sujets 1" de confusion et 2ode regrets à cause i) du nonibre et i) de la gravité de ses fautes. 1) Sombre (a) des fautes qu'il a commises lui-même. Durant la vie, point d'examen, pas nu^mc avant la confession. Sa conscience était im égout fangeux, où il redoutait de descendre ; ses péchés, un horrible tableau «pi'il n'osait regarder. Les péchés d'une année lui faisaient, du reste, oublier ceux de l'année précédente. D'une confession à l'autre, il ne savait plus le mal qu'il avait fait. .Maintenant tous ses crimes se précipitent sur lui à la fois, car, au témoignage de saint Basile, les péchés suivent les âmes au tribunal de Dieu, comme 1 ombre suit le corps : « Nous sommes tes œuvres, >> lui crient-ils. Dans la lumière dont Dieu 1 éclaire, il les voit tous comme dans un tableau, où rien n'est laissé dans l'ombre.

W'i'). (a) Péchés de tout âge : de la première enfance iénuméres), de la >^lc.,de l'Age mûr, de la vieillesse, peut-être encore coupable, {b) / tblirs: blasphèmes, profanation du dnnanche, etc., paroles, actions.

PécJics secrets. Parmi ces actions, il en est pour lesquelles le pécheur s'était caché avec ses complices dans les ténèbres les plus profondes, derrière les murailles les plus épaisses. Ocm/i Domini multo plus lucidiores super solem. (Eccli. xxni, 28.) Le soleil ne pénètre pas dans les cavernes, dans les caves, dans les sombres réduits, où le crime honteux cherche à se dérober aux regards. Les yeux du Seigneur vont jusque-là. Os actions infâmes ont été vues, ont été comptées.

Que dis-je les actions? les désirs, les pensées que le pécheur n'aurait pas

voulu faire voir, même à son ombre, sont maintenant présentés au réprouvé

dans toute leur laideur. Sermo Dei penetrnbilior om/ii //ladio ancipiti. l,'ne

.M..... tu. ni I...I-. (M- !.. |>é(-heur de part en part, pénétrer par conséipienl jusqu'à

I de Dieu est plus pointu encore, pertiiujens usque ad

' et spirifus. l'ensées, désirs, tout est à tlécouverl devant

omniu nuda et aperfa sunt. (c) Péchés graves qui ont ruiné

I !■• Dieu dans l'àme du uéchcnr; péchés légers. On doit rendre compte

d'une parole inutile. Omne veroum oliosum, quod locuti fuerint homines,

reddent, rationem de eo in die judicii.

i 12i .{hjNombre des péchés (ju'il a fait commettre,pav des commandements

coupables donnés à des enfants, à des serviteurs ; péchés qu'il a conseillés de

faire, péchés auxquels il a porté les autres par ses scandales. 11 a [tvHé de

mauvais livres, établi des réunions dangereuses, des fêtes mondaines, exposé

Mix imuiodestes. .\h ! c'est aloi-s qu'il comprendra la parole de>ioti*e-

.Malhciu' à l'homme par qui le scanclale arrive !

1 li'J (,C) Péchés des autres auxquels il a ftarticim. Ne donnait-il pas sans raison du vin à ceux ipii «levaient y trouver le tombeau de Iciu* raison ? (d)

/■ ,'"»'/ a laissé commettre et qu'il pouvait et devait empêcher. 11 avait

I .1' pul>ii(pie,il devait baimir les désordres : il ne l'a uas fait. Pour lui

r (SI un I lime. Il avait des serviteurs, des enfants, il devait les empêcher de courir à leur perte Sanguinem aufem ejus de manu tua requiram. Dieu lui demande compte de la perte de ceux qu'il devait et pouvait sauver.

1123. (e) Bonnes œuvres qu'il devait faire et qu'il n'a pas faites. « J'avais faim et vous ne uj'ave/ pas donné à manger, » dira Notre-Seigneur. Lorsqu'on refuse aux pauvres ce qu'on peut et ce qu'on doit leur donner, on le refuse à Dieu ; et refuser à Dieu ce qu'on lui doit, c'est uno

4ii2 SKRMONS DR MISSIONS

faute ; car il ost inallrc. Mais si on est coupable en rcfdsanl un morceau «lo pain sans raison, ni^ine à un (Hrangor, quels reprorlies ne inrrite pas celui (pli ne lionne pas à ses enCants, à ses doniesliques, l'inslruclion religieuse et le temps il.issislcr aux saints oflioes ? (1)

llii. [f) liiinncs œuvres impurfaites. Ego justifias judicabo. {Ps. hxxiv, 3.) L'air il une fj.'lise parait bien pur; cependant si un rayon de soleil le traversait, vous verriez <lans cet air une multitude innombrable de grains de poussière. Les œuvres qui paraissent les plus saintes, au soleil de la lumière de Uieu, paraîtront remplies dimperfertions. Les enfants admirent une peinture sans goût et sans art, pourvu que les couleurs en soient vives; un {ti'iulre nv trouve «jue «les défauts. O'i'en sera-t-il donc de nous, (piand nos bonnes œuvres seront examinées par Celui qui trouve des lacbes ilans les anges eux-mt'mes ? (Jui sait même s'il ne les trouvera pas viciées complètement ? Le ver luisant brille la nuit comme une lampe; le jour, c'est un vermisseau rebutant. Tel fruit parait vermeil etdélii-ieiix ; on l'ouvre, un ver l'a tout rongé, il n'en reste (pie l'écorce. Que de saintes œuvres ont été corrompues par l'amoiir-propre!

Que tJ'iniquilés fondent h la fois sur cette Ame réprouvée ! Que] horrible tableau dont elle ne peut détourner la vue ! .Malheur à celui (pii ajoute péchés sur péchés ; malheur à (pii refuse d'examiner sérieusement sa conscience sur ses fautes graves, avant la confession ; il subira la honte de voir des péchés nombreux peser sur ses épaules au tribunal de Dieu.

iliri. 'i) Sa confusion sera accrue encore par la claire vue de la r/ravité de ces fautes que la pénitence n'aura point expiées. L'homme ici-bas a les veux malades, il ne connaît clairement ni Dieu, ni la laideur du péché inii i'olTcnse. Ses passions et ses sens l'aveuglent et lui présentent le pécVié comme une satisfaction toute naturelle, qu'il n'y a pas grand mal de s'accorder. Les exemples et la manière de parler des autres hommes viennent encore augmenter cette illusion. Après tout, dit-on, le plaisir ne nuit à personne, pourquoi donc se le reluserr Au tribunal de Dieu, A la clarté divine, plus de ténèbres, plus d'illusions, plus de corps pour appesantir l'ûme, plus de préjugés.

La barque qui est sur un lac ne paraît pas lourde: avec une rame légère, on la fait avancer ou reculer à volonté ; mais qu'on l'amène au rivage, ipi'on la sorte hors de l'eau, elle est d'un poids écrasant : impossible de la soulever. Pendant que vous voguez sur l'océan du monde, pécheurs, vons portez gaiement le poids de vos crimes. Ils vous paraissent légère comme une plume. C'est au rivage de l'éternité que je vous attends ; là, vous serez écrasés du poids d'un seul péché mortel. Un homme qui a la face rongée par un chancre, qui lui dévore le nez, les lèvres, les paupières, va hardiment au milieu des -lutres hommes, tant qu'il n'a pas vu dans un miroir sa hideuse difformité; mais .s'il l'a vue attentivement une fois, il n'ose plus paraître ; ou, s'il se montre, c'est avec un bandeau, (pii cache cet affreux ulcère. Ah! pécheur, vous n'avez pas vu, dans le miroir d'une réflexion sérieuse, la laideur du péché! Dieu k son tribunal vous présentera un miroir fidèle.; vous y verrez qu'un seul péché est la révolte, etc., le mépris, etc., l'ingratitude, etc. O'ielle honte d en porter un seul ! mais d'en porter par milliers, quelle confusion accablante! Elle vous attend, vous qui avalez l'initiuité comme l'eau.

4126. 20 .\ cette confusion s'ajoutent A'amers regrets dans l'Ame du pécheur. .\h ! s'il pouvait se rendre le témoigflage que ce n'est pas par sa faute qu'il se trouve réduit k une telle extrémilé, ce serait un allégement à sa douleur ; mais il n'en est rien. S'il a tant et si gravement péché, c'est parce qu'il l'a voulu. Rien ne lui manquait. {) Grâces extérieures : bons exemples, bons conseils de la part de sa femme, de ses enfants, de ses amis vertueux ; ^eco'"-- r,'Ii,iu-ii.r >;.'iiM,.n« Mi'(i,n« piiMi'S, pastcurs vigilants, SE-

(1) Il a fait oe U'.niics u-iivrcs p.i'iriiiit, mai* pas assez, nppensus Cf in staterd et inventas es minus habens. 11 a prié, mais il ne s'est pa» approclié des Sacremenis, minus habens; il s'est approché des Sacrements, mais il n'a pas su être chaste, minut habens, etc.

JUOEMENt l'AUTlcULlKU 433

iTMnonls .j.. Il jM.uvail recevoir A toute heure. L'Eglise, oonimc une mère,

lit le riiiiiiuire [mr la main, du berceau à la tombe, écarter <lc bii les

. I.. .liti.iM' dans le droit sentier. Il a repoussé celte main. C/iàtimetits :

r'w les yeux. Dieu le frappait ipieliiuelois dans ses biens, dans

.. .s plus chères. Il n'a pas compris; il s'est raidi contre les coups

' justice miséricordieuse, il a blasphémé et murmuré au lieu de se con-

i) (irdres intérieures : bons désirs, remords, ennuis; que de fois il a compris qu'on était plus malheureux de vivre dans le péché tpie de s'appliquer à observer la loi de Dieu! Il n'en a pas fait mieux. 3) Le temps de profffi'r de tous ces secours ne lui a pas manqué non plus. Dieu l'a attendu, ■us redditor. Que de joiu-s, que de semaines, que d'années, il a perdus ! iiips. il l'employait à ses intérêts matériels, à ses plaisirs, à ses fêtes; il 11 en avait point [lour servir Dieu, point pour assister aux saints offices, l'oint pour se confesser saintement. VA désormais tempus non erit am- '' '>■; ah! ipiel regrets! S'il pouvait revenir siu- la terre, s'il avait devant temps d'une mission, une année à vivre dans sa famille, comme il ! lit ! H»jrrets inutiles pour lui. [tour nous, salutaires ! Nous avons le ijrAces intérieures et extérieures, [»roOtons-en. Si nous ne le fai- M II- j)iifs, il faudrait nous attendre à trouver au jugement de Dieu la conrii>iiiti et les re^rt'ls du pécheur (1).

Ili7. — 11. \a' présent n'offre pas à cet infortuné un spectacle moins terrible. Il n'a lievant lui que : 1" des accusateurs et i" im Juge redoutable, l» A'rusf/feurs. 1) Le démon rappelle les serments du baptèuje. Abrenuntias muiuhi, ciirni, Safanœ f Abrenuntio. \o\ez, dit-il, comme il a tenu parole. Je n ai pas pour lui sué le sang, je n'ai pas été flagellt?, couronné d'épines, suspendu à la croix , prononcez donc qu'il est à moi, puisqu'il ne vous a pas servi.

i) Les anrffs (a) L'ange gardien, ses inspirations méconnues, ses larmes

versées, ses regards souillés par tant de péchés, ses prières remiues inutiles.

{h} L'ange f/urdien de l'en/'anf, île lajeune personne scandalisés, sungui-

nrtn i-jii^ de miinu tua requiram. (Jue de crimes ont été la suite d'un nuiu-

■il. tl'un mauvais exemple ! (c) L'ange gardien du saint lieu : irré-

\ i la messe, négligence à assister aux offices ; (d) du saint tribunal:

Il sans contrilicin. sans ferme propos, sans franchise ; (e) de la

l'c : dé.sertion de la sainte conununion, le sacrilège, la tiédeur dans

la i:oiiiiminif)n.

'A) La conscience : (a), ses cris amortis autrefois par le pécheur se feront entendre. C'est vrai, du-a-t-elle à chacpie accusation, c'était à tel âge, avec tel ami. telle personne, dans telle uuiison.

HiS. {hj .\(irra si quid /la/tes ut justificeris : Point d'e.rcuse à alléguer: (a) l'igitiirance n «'sl pas admise. Pounpioi ne pas assister aux instructions ? elf. [h) la faiblesse f mais la prière et les sacrements 1 {c) les tentations ? pounpjoi ne pas les avoir combdtlues? d'autres en ont triomphé ; {d) les K, ,,,,,/,,/,.. ■* M. .iv los bons exenq)les ne msmquaient point: Dmnis iniquitas (l*s. i:vi, a.) Kncore moins pourra-l-on cacher ses lautes, L . i.iiil-."*lro au saint tribunal.

(C) l'oint ih irs à invoquer: Quid sum miser! quem patronutn

rogaturus. cm ^ tus sit securus f{a) Ses parents s'occupent denter-

\<-\ - Il 'M- t'i de se partager ses biens. (6) Se» amis vont A leurs alTaires, }i liuiv |.i.n-iis, et ne pensent plus à lui. Ils ne l'ont pas suivi du nst.- au tribunal de Dieu, (c) Les saints, \\ ne les a pas invoipiés, il n'a i lié à les imiter. Hien de commun entre lui et eux. Voudraient-ils - r de plaider une cause aussi injuste que celle du pécheur impénitent 1 O désespoir ! et pourtant ;

1129. 2" L*' 'It. Les enfants rie Jacob avaient u> ■ ■ lère

Joseph ; ils l'a. ,">uillé de ses vêlements, dcscemi;. uc ;

(1) Oo pourrait au l)«>o<a, en dévêloppaal Mlle coaolaaioa. fioir là caiM inatrucUoR «t renvoyer la auiie * la médiiaiioa du leadeouuo. Pour m déveioppemeai, voir l« p4fO« rai*oa de ce diecouri, a. Ilii3.

'l3'l SP.RMONS DK MISSIONS

ils avaient pensé nn^me à le faire mourir; enfin ils lavaient vendu coinniC esclave à tics niarcliands Ismaélites. Oijel»iiies années nliis tard, contraints par la lamine, ils allèrent conjurer linlendant du roi Pharaon de leur céder des vivres. Cet intendant, c'était Joseph, et ils ne le reconnaissaient pas. Mais quel ne lut pas leur effroi ipian.*, se vovant livrés ontre ses mains, ils l'enlendirent leur dire : « Je suis Joseph, votre frère ! » l'écheur infortuné ; il est entre les mains de son juge. (1)

W'M). Le voilà ce juge : i) c est ce Dieu saint qui trouve des taches dans les an-. s: 2) vlairvoijunf, au reçard «hupiel n'échappe pas une pensée ] li) jusfe (|iii s il doit récom|tenser le Itien, doit punir le mal, et qui ne se laisse tléchir ni par le crédit, ni par la fortune; du reste, le réprouvé n'a rien porté avec lui que ses œuvres (2) ; \) juge sans appel, pas moven de faire révoquer ses arrêts; 5) tout-puissant : fuam nianutn e//'u(/ere impossifnle est.(Sa\t., \vi, 15.) Le pécheur ne l'avait jamais connu «pi'à travers les obscurités de la foi. 111e connailmainlenantplus clairement. C'est pour la première fois, et c'est pour être jugé par lui ; à peine comparait-il devant lui, qu'il tremble, qu'il j)Alil, fpi'il sèche d'elVroi : //orrendurn est incidere in manus Dei viventis. Ouen est-il donc, quand il l'entend lui dire : « C'est moi <pii suis ton Dieu que tu as méprisé. Ion Sauveur qui ai versé pour toi mon sang. » Quelles transes! rpielle frayeur à cette parole! (V. la note du n'' 274.) Le pécheur voufirail se cacher ; où fuir? Effuffere impossibile est. Pas moyen de revenir sur la terre pour y faire pénitence. Les portes de la vie se sont fermées flerrière lui. Il cherche du moins à ilélourner ses yeux du présent si formidable, pour les plonger dans

i\'M. III. L'avenir; mais hélas! il est plus sombre encore. 1" // voit l'enfer. Le pécheur ne sait-il pas ce (pii l'attend ? Les prédicateurs, les confesseurs, sa cortscience, ne l'ont-ils pas averti ? Ignore-t-il que l'on moissonne ce (pje l'on sènje; qu'en semant le péché, on récolte l'enfer? Il cherchait bien ù cachera ses yeux cette vérité, afin d'être plus tranquille dans ses égarements ; mais néanmoins, au ftmil de son cœur, dans le silence de ses passions, une voix mysiérieuse lui disait : u Vn enfer éternel t'est réservé. » Ot enfer, du Tribunal de Dieu, il l'aperçoit dans le lointain. Son regard en sonde l'incrustable profondeur, en mesui-e l'immensité et l'interminable durée. Il voit la fumée de soufre et de feu qui s'en élève. Il entend les cris de rage qu'y poussent les réprouvés.

2» // attend la sentence. Quand soudain le juge se lève et lui dit dans sa juste colère : « Tu t'es trompé, en croyant que j'étais comme toi : E.vistiinasti inique quod ero tui similis, aimant le mal ou impuissant à le venger. Tu t'es trompé, quand tu as préféré un vil intérêt, un honteux plaisir à mon amitié et à nies récompenses, après tout ce que j'ai fait pour toi ; car quid ultra debui facere et non feci ? etc. Discedite a me, bl-ebis égarée, je ne suis plus ton pasteur; épouse infidèle, je ne suis plus ton époux : Nesfiovos, vierges folles...; enianl ingrat, je ne suis plus ton père : tu es maudit dans ton intelligence qui ne me verra plus ; dans ton cœur, qui ne pourra jamais m'aimer, in ignem œfernum, etc. » Kt, foudroyé, le pécheur tombe dans l'abime comme un carreau de foudre. Sort affreux!

Ah ! je comprends un saint Cyprien, martyr, qui tremble à la pensée du

(1) Quand Balthazar, roi de Babyione, vil une main mystérieuse qui écrivait sa condamnation, son visage se chancrea soudain, ses pensées se troublèrent, ses nerfs se détendirent, un frisson convulsif ébranla tous ses membres et ses genoux se choquèrent. A ses cris, on accourut pour le calmer; mais son armée et sa cour y furent impuissantes. Ce n'était pourtani que la main de l'ange de la vengeance. Qu'en sera-t-il quand le pécheur verra la face de son juge irrité?

(2) Les toiles d'araignées ne prennent que de petites mouches qui s'y embarrassent; les grosses muuches les traversent aisf^ment. Les gens qui ont commis de petits vols passent facilement leur vie dans les piisens; tandis que les grands malfaiteurs de l'bu- Il u'penl à la justice humaine: A'on ett acceplio personaram apud Deum. > mret igui. Devant les hommes, vi,lre condition, votre fortune, vos emplois, vo,.^ ....(utnce, vous servaient de bouclier pour vous défendre. Dieu jettera au feu : couronnes, tiares, mitres, épées, etc. Scuta comburet igni; et ce feu, comme la foudre, renverse les cèdres et épargne les bruyères.

Jugement général 435

jgriiifiit I • •• s;iini rvr.iiit\ sur |p point de courber la ti-te sous lo fer du ourreau ot do vorser sdu sang pnur la loi, s'écriait pourtant : « Malljeur à moi, quand je vais paraitr»' au lugeinent! » Oli ! que la sentence prononcée sur le pécheur est épouvantai)le!... Ciirétiens. quelle sera la notre ? quelle sern * ■" • ' La plume est entre vos mains. Klle sera celle que vous écrirez ▼«' - (-"est nous qui écrivons notre sentence de salut ou notre sentence

de ........... ..in. selon que durant la vie nous faisons le bien ou le mal. Absolument donc, il faut faire le bien et le faire maintenant (I).

I f:1i In ,I,H !.«iir delL'niversité de Paris, homme d'une vie extérieurement in nt à mourir avec tous les secoiu-s de la reliiçion ; on conduit

son , , >ç, et, au milieu delà cérémonie <les funérailles, son cadavre

se dresse dans la bière, et crie : « Je suis accusé. » Dans l'épouvante générale on renvoie les obsèques au lendemain. Le lendemain, il se redresse, et dit : « Je suis jugé. » Même épouvante, même délai. Le troisième jour, il se redresse encore : « Je suis condamné », crie-t-il à tous. Bruno, qui le connaissait était présent ; et ce lugubre spectacle le détermina à quitter le monde, à se retirer avec cinq *le ses amis sur une des montagnes du Dauphiné, où avec eui il fonda la (irande-lJiartreuse et devint un "saint.

Jeune homme, jeune lille. (pii comprenez que le salut vous est impossible dans le monde, ou qui vous sentez depuis longtemps appelés de Dieu à la vie reliirieuse. qu'atten<iez-vous, pourquoi ditTérer et [«rolonger vos luttes et peutêt: ' lies?... Kt vous qui ne pouvez, ni ne voulez quitter le monde, au

ïii ucez au péché, aux occasions du péché, etc. : Qui iituntur hoc

tniinni) Kimqufim non utanfur, prœterit enim fxffura /titjus mundi. Condamnez-vous vous-mêmes, ne craignez pas la pénitence ; quand vous ayez à souffrir quelque peine, bénissez bieu, au lieu de vous plaindre, et dites : » J'en ai mérité davantage. » Bonne confession, et désormais vie sainte, accomplissement de tous nos devoii-s, prières, sacrements. Crainte des jugements de Dieu et en même temps confiance, chrétiens; confiance, mon pauvre pécheur. « Celui qui viendra nous juger, dit saint Augustin, est Celui qui est venu pour être condamné pour vous, il est donc facile de l'apaiser (i).

\ genoux : acte île contrition, repentir, promesses. Recordare Jesu pie, quod sum causa tuœ viœ: ne me perdus il/a die: redemisti crucem passus. tant us fahor non sit rassus ! O Maria, tu. Mater Dei, tu Mater rei, ne sinas (iliuin reum damnari per Filium Deum ! Christe, cum sit inc e.rire. da pir tnatreni me vt-nire <id pnlmam virtori'œ ! ii:«. — Antre plan nur le uiéuie Nnjet. Ejrorde. Un docteur, a" 1132; ce .sort est celui de tout |»écheur qui meiu-l impénitent : 1" Il est accusé par qui, n'> 1127 h 1121». 20 II est jugé: 1) par qui. n" 1129 à M31. 2) Sur quoi. \\\\)h 1125.3'' Il est condanme, no 1131 à H32.

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