‹ Le prêtre de NémiChapitre 15 sur 104 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

est bien; mais souvent aussi Ton meurt d'attendre. Les bandits ont un parti dans le sein de notre ville. Entre ces remparts et la colline là-bas, il s'échangg des signaux. Ces prétendus oracles de la Sibylle, annonçant que les destins du Latium s'accompliront par Rome, sont de journalières trahisons. Et comprenez-vous le rôle d'Antistius? C'est la base même de nos murs qu'il sape par ses innovations inopportunes.

VOLTINIUS.

Quand les prêtres se mettent à innover, gare! Ils vont jusqu'au bout. Mais, entre nous, il est permis de dire ce que nous pensons. On attribue trop d'importance à la religion ; le peuple n'y croit pas tant qu'on se l'imagine. Cethegus et les siens sont bien plus dangereux. La guerre des classes est la fin de la patrie. Le peuple croit qu'une ville est un composé de maisons; il ne comprend pas qu'une ville est surtout faite par ses remparts. Les remparts d'une cité sont ses défenseurs,

ses institutions* Une démocratie sans famille et sans institutions est une ville ouverte. Ceux qui défendent et qui gardeni une société ont droit à un privilège, car rien n'existerait sans eux.

TITIUS

Au moins tandis que ladite société a des ennemis.

VOLTINIUS.

On a toujours des ennemis, hors de ces lies Atlantides, que je soupçonne de n'exister nulle part. La vie est une lutte contre des causes de destruction. Qui ne se défend pas bien est perdu.

Les groupes se forment sur le terre-plein ; les conversations se croisent.

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