PRÉFACE. T
dont il ne m'a jamais dit le sujet, qui comraençail, avant le commencement du monde, par un entretien entre le Père et le Fils dans le sein de la Trinité. A défaut de ce dialogue-là, qui serait sûrement le plus beau à entendre (le monde étant le résultat d'un dialogue éternel entre le Père et le Fils), j'ai cherché, pour servir de trame à certaines idées qui me sont venues sur les affaires humaines, quelqu'une de ces vieilles fables où l'antiquité a mis plus de sens profond qu'il n'y en a dans tous nos traités de politique. J'ai pris pour sujet les récits relatifs à ce temple de Diane, sur les bords du lac Nemi, dont le prêtre devait, pour être légitime, avoir tué de sa main son prédécesseur. « Cela l'obligeait, dit Strabon, à avoir touiours l'épée à la main et à être sans cesse sur ses gardes, prêt à repousser les attaques qu'on lui préparait. » Caligula, qui avait de l'esprit, fut le premier à s'amuser de cette position singulière. Le rex nemorensis de son temps