ACTE TROISIÈME
GANEO.
Mais sais- tu, Leporinus, que tu es un profond observateur. « On est brave par. peur; on tue pour ne pas être tué. w Tu es très fort, vois-tu? Tout cela parce qu'il y a des aristocrates qui vous serrent et vous encadrent. Eh bien, Leporinus, dans ces sortes de situations, il n'y a qu'un parti à prendre, c'est de tâcher de faire battre son chef.
LEPORINUS.
Que me dis-tu là?
GANEO.
Quand on est bien décidé d'avance à se laisser battre, on ne court pas grand danger. Le vaincu, en général, n'est pas tué. Ce qui fait le danger, c^est l'obstination à vaincre. Tu n'es pas, je pense, du nombre des niais qui estiment heureux le vainqueur mort.
LEPORINUS.
Ma foi, non!
GANEO.
N*est-ce pas? Le vrai vainqueur, c'est celui qui se sauve. Vaincre, c'est ne pas se faire tuer.