PRÉFACE. IX
l'Ëlat quand on veut le faire tenir sur les pauvres raisons de rinlérêt personnel. J'ai mis en scène Ganeo, « le vil coquin », trouvant un disciple digne de lui dans Leporinus, et lui enseignant la dernière conséquence de Tégoïsme, la lâcheté. C'est la doctrine de Ganeo qu'on a présentée comme la mienne.
J'aurais prêché justement ce dont j'ai voulu inspirer le mépris ! C'est comme si l'on soutenait que les Spartiates montraient des esclaves ivres à leurs enfants, non pour les leur faire prendre en horreur, mais pour les engager à les imiter.
Je ne crains pas du lecteur qui me lira avec suite des appréciations aussi erronées. Si j'ai présenté de manière à donner le frisson, comme en un conte d'Edgar Poe, le cauche- /mar d'une nation sans idéal; si j'ai fait vigoureusement sentir l'impossibilité absolue de déterminer l'homme à se dévouer, par des motifs tirés des calculs inférieurs de l'égoïsme et de la vanité, je ne regrette pas