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ces paroles : Hoc est corpus meum. Ceci esl mon corps.
« En résumant ce que nous avons dit sur la communion, nous voyons d'abord qu'elle présente une pompe charmaniej qu'elle enseigne la morale, parce qu'il faut être pur pour en approcher; qu'elle est l'offrande des dons de la terre au Créateur, et qu'elle rappelle la sublime et touchante histoire du fils de l'homme. Unie au souvenir de la Pâque et de la première alliance, la communion va se perdre dans la nuit des temps; elle tient aux idées premières sur la nature de l'homme religieux et politique, et exprime l'antique égalité du genre humain; enfin , elle perpétue la mémoire de notre chute primitive, de notre rétablissement et de notre réunion avec Dieu. » ( Génie du christianisme, t. I.)
Si ce langage pouvait paraître tant soit peu suspect, ce que nous ne pensons pas , nous pourrions citer un passage d'un auteur que personne, assurément, ne sera tenté de taxer de mysticisme ou d'ascétisme outré : cet écrivain, nous le répétons, ce n'est point un théologien mystique, un austère religieux, un prédicateur sévère, c'est le patriarche de la philosophie impie du dix-huitième siècle, le père de l'incrédulité moderne, c'est Voltaire enfin, puisqu'il faut l'appeler par son nom. Voici donc ce que dit le dévot philo -
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sophe : K Voilà des hommes qui reçoivent Dieu dans eux, au milieu d'une cérémonie auguste, à la lueur de cent cierges, après une musique qui a enchanté leurs sens, au pied d'un autel brillant d'or. L'imagination est subjuguée, l'àme saisie et attendriez on respire à peine; on est détaché de tout bien terrestre; on est uni avec Dieu; il est dans notre chair et dans notre sang. Qui osera , qui pourra commettre après cela une seule faute , en concevoir seulement la pensée? Il était impossible, sans doute, d'imaginer un mystère qui retînt plus fortement les hommes dans la vertu. « (^Questions sur V Encyclopédie , t. 4» édit. de Genève.) Un mystère qui retient si fortement les hommes dans la vertu ne peut être imaginé par les hommes.
Une première communion bien faite porte tôt ou tard ses fruits, ou du moins laisse dans l'esprit des souvenirs religieux ineffaçables, qui ramènent aux devoirs de la religion les âmes honnêtes emportées par le mouvement orageux des passions, ou desséchées par le tourment de l'ambition ou de l'orgueil. Nous emprunterons ici à un journal catholique de province, l'Etoile du peuple y l'anecdote suivante au sujet du général Drouot. On sait que Drouot, au milieu de ses compagnons d'armes, avait conservé, presque seul, les pratiques de notre sainte religion, et vivait avec la régularité d'un chrétien de la pri-
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miiive Eglise. 11 aimait à raconter de son empereur le fait suivant :
« Napoléon était un jour dans sa tente, sur le champ de bataille, et recevait les compliments d'une victoire décisive; quelqu'un lui dit : Sire, c'est le jour le plus heureux de votre vie. — Napoléon répliqua vivement : Non, monsieur. . . — Il se fît un long silence, et chacun ensuite nomma le jour qui lui sembla mériter le mieux cette qualification : Montenotte, le dix-huit brumaire, Marengo, le couronnement, Austerlitz , la naissance de son fils. — Non, messieurs, dit encore Napoléon. — Il y eut un nouveau silence et de l'étonnement; et Napoléon, grave, recueilli et très-ému, nomma le jour de sa première communion. Comme il promenait son regard dans l'assemblée oii il ne voyait que de la surprise, il aperçut une larme dans l'œil de l'un des assistants; il s'approcha de lui , et , lui serrant la main : V^ous me comprenez j vous, lui dit-il. »
Ces quatre mots sont un éloge de la piété de Drouot; on ne pourra suspecter de sincérité la bouche qui les lui a adressés.
Une autre grave et importante époque succédera à celle de la première communion : c'est le moment décisif du choix d'un état ou du moins de l'ouverture d'une carrière quelconque. C'est ici que les conseils d'un sage directeur, d'un habile confesseur, c'est-à-dire l'action du prêtre ou du
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ministère sacré, sont d'une indispensable nécessité et d'une conséquence décisive pour l'inexpérience d'un jeune homme encore pur de la corruption et de la perversité du siècle.
Mais, ne pouvant entrer ici dans des détails qui nous entraîneraient trop loin et hors de notre sujet, nous laisserons le jeune homme entrer dans la société, s'y unir, s'y incorporer comme membre de la grande famille humaine; il y prendra désormais la place que lui assigne son rang ou les nécessités de sa position. Nous allons donc maintenant dire quelques mots sur la double influence qu'exercent le prêtre elle médecin, non sur une certaine classe isolée de citoyens, mais sur l'universalité de la société chrétienne.
Or, cette société renferme dans son sein deux hommes qui ont reçu de la divine Providence la haute mission de diriger le couis des destinées humaines : ces deux hommes providentiels, ces missionnaires de la vraie civilisation, ce sont le prêtre et le médecin catholiques. Ce sont eux qui pénètrent tous les jours dans le sanctuaire des familles, en deviennent les conseils, les amis et les dépositaires des secrets les plus intimes... Ils tiennent dans leurs mains l'union, la paix, les destinées et le bonheur des familles... Le prêtre et le médecin catholiques, toujours occupés à l)ien faire, à soulager, à consoler tous les êtres qui souffrent , sont comme la personnilîcacion de