ET AUX MEDECINS. XXVIJ
nage fît naître, il répondait qu'il était le ministre du maître du ciel, de l'Être souverain, qu'il était venu de fort loin, qu'il voyageait beaucoup dans ie hut d'être utile à ses semblables et de leur laire tout le bien possible, et qu'à cette fin il désirait se fixer parmi eux. Sa mission , appuyée de l'éclat de ses miracles, a produit le plus heureux résultat, (i)
(i) Régulièrement et partout où il se trouve des me'deciiis, les prêtres'ne doivent pas se mêler de faire la médecine , à moins que ce ne soit une médecine très-simple et purement hygiénique. Dans les pays sauvages ou non civilisés , où il n'existe point de médecins, il est très-utile, nécessaire même que les missionnaires, qui y portent la parole évangélique et civilisatrice, se munissent de quelques médicaments simples et efficaces, comme par exemple le sulfate de quinine, pour guérir les fièvres intermittentes qui régnent^ presque toujours dans les pays mal ou point cultivés, et pai- là même presque toujours plus ou moins marécageux et par conséquent aussi plus ou moins pjrélogènes. On n'oubliera pas non plus de se munir de bon vaccin fraîchement lecueilli et bien conservé. C'est pour un missionnaire un point de la plus haute importance, comme on]va le voir dans la lettre suivante.
Extrait d'une lettre de Ms'- Retord, vicaire-apostolique du Tong-King occidental, de Janvier 1846.
« C'est dqns la chrétienté de Nang-Nghuyen que nous commençâmes à user du vaccin que M. Castex nous avait apporté de France. L'opération eut un plein succès, et
XXviij AUX PRETRES
On verra enfin le prêtre elle médecin s'élancer au milieu des batailles, paraître sans peur et sans faste sur le champ de l'honneur, sur le théâtre de la gloire, non pour y cueillir laborieusement des lauriers qui se flétrissent et se dessèchent ou des rubans qui se fanent et se décolorent, mais
maintenant la vaccine est propagée dans presque toute ma mission et même dans celle du Tong-King oriental. Je ne saurais vous dire à combien de milliers d'enfants nous l'avons déjà inoculée; chaque jour il nous en vient de grosses troupes : l'empressement que mettent les parents à nous apporter ces petites créatures pour les faire vacciner, et la confiance qu'ils ont en celle opération faite par nous, sont quelque cliose d'étonnant. Nous avons exercé beaucoup de médecins qui vaccinent aussi, de même que nos catéchistes et prêtres indigènes. J'espère que l'inlroduction de la vaccine dans celle mission augmentera, de plus de mille par an, le nombre de nos chrétiens j car les ravages que l'ait ici la petite vérole sont effrayants : il est des époques où presque la moitié des enfants en meurent. C'est à la vue de tant de victimes que je priai M. Langlois de faire instruire, à Paris, quelques-uns de nos confrères dans l'art de vacciner, pour nous les envoyer avec tous les instruments nécessaires , et exercer ensuite à cette opération les missionnaires, les prêtres et les gens du pays. » {Annales de la prop. de la foi, Juillet 1847-)
En 1844, M. Suchet, grand-vicaire et curé de Constantine (Algérie), disait à un religieux trappiste, médecin de Staouëli : Je vous sais un gré infini de la boîte de médicaments que vous me laissâtes à votre voyage de Boue, il y a deux ans, avec une note pour me diriger dans leur