‹ Le prêtre et le medecin devant la sociétéChapitre 4 sur 37 · AUX PRETRES ET AUX MÉDECIXS · texte numérisé non relu

AUX PRETRES ET AUX MÉDECIXS

Le double sacerdoce de la reliiiion et de la médecine, représenté par le prêtre et le médecin catholiques, est le principal fondement sur lequel repose tout l'édifice de la société humaine.

Mais qu'est-ce qui constitue essentiellement le sacerdoce religieux et le sacerdoce médical? l'esprit d'abnégation, de sacrifice et de dévouement : sentiments purs, généreux et sublimes, qui ne sont inspirés que par un principe surnaturel, le principe religieux, c'est-à-dire par la charité chrétienne , bien difî'érente de la fastueuse et froide philanthropie, ou la charité légale et administrative de nos utopistes et économistes modernes.

La charité véritable, c'est l'amour de l'homme dans la vue de Dieu, tandis que la philanthropie philosophique n'est que l'amour de l'homme dans la vue de l'homme. Ainsi, l'abnégation, le sacrifice, le dévouement, inspirés par le principe catholique et résumés dans ce mot sublime charité voilà la seule base solide de toutes les sociétés bien constituées. La vertu, dit Bossuet, est le fondement de toute société. Or, la charité, c'est la vertu par excellence. « La religion, dit M. de Chateaubriand, voulant reformer le cœur hu-

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inain , et tourner au profit des vertus nos affections et nos tendresses, a inventé une nouvelle passion : elle ne s'est servie pour l'exprimer ni du mot amour, qui n'est point assez chaste, ni de celui d'amitié , qui se perd au tombeau, ni de celui de pitié, trop voisin de l'orgueil, elle a trouvé l'expression charltas , qui tient en même temps à quelque chose de céleste. Par là, elle nous enseigne cette vertu merveilleuse, que les hommes doivent s'aimer, pour ainsi dire, à travers Dieu qui spiritualise leur amour, et n'en laisse que l'immortelle essence en lui servant de passage. «

La charité est donc la force vitale et l'àme de la société^ elle est le moyen d'union nécessaire dans l'ordre social, comme elle est le lien de la perfection dans l'ordre spirituel. Détruisez ce fondement, renversez cette base, et vous verrez bientck d'étranges désolations , d'horribles ruines; ou plutôt ne i'a-t-on pas déjà fait il y a plus d'un demi-siècle? On se souvient de ce règne de haine et de fureur insensée; on se rappelle celte époque lamentable et inouïe dans les fastes de l'histoire humaine : si Dieu n'avait abrégé ces jours affreux, rien ne serait demeuré debout, et la société française tout entière se serait engloutie dans l'abîme de l'athéisme, (i)

(i) Si le monde, ditVoUaiie, était gouverné par des

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