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II. Les Sacrements à administrer

On a défini le sublime : « Un mélange de simplicité et de grandeur fondues en un seul jet. » Par sa simplicité, le sublime atteint l'àme humaine, par sa grandeur il l'élève au-dessus d'elle-même, (^es deux caractères se retrouvent éminemment dans le baptême : le rite y est d'une simplicité admirable, les elfets en sont d'une grandeur toute divine, puisque c'est la vie même de Dieu qui nous y est doin

Ceux qui viennent à nous pour un baptême ont-ils conscience de cetle subli-

mité? Et nous-mêmes, nous préoccuponsnous toujours de leur en donner l'idée? Sans doute, nous sommes souvent édifiés de la foi sincère avec laquelle une famille vient solliciter le baptême, pour un petit enfant. D'autres fois, il y aura tant de légèreté dans l'allure des assistants que le mot de la chanson : « Un baptême est une fête pour les parents, pour les amis, » nous apparaîtra comme le mot de la situation; le sacrement n'y est qu'un accessoire. C'est à nous, par notre gravité, de tempérer l'effervescence des assistants et de les ramener au sérieux des choses; surtout ne permettons pas qu'ils se dissipent et se divertissent, tandis que nous accomplissons les rites sacrés.

Posons les questions, de manière qu'on les entende et qu'on les comprenne; faisons les cérémonies posément, sans nous donner l'apparence de vouloir en finir au plus vite. Ne supprimons rien de ces cérémonies, afin de donner à l'administration du sacrement tout son caractère : le cierge, le linge blanc, en souvenir de la robe blanche des temps primitifs, la station à

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l'entrée du baptistère, jusqu'au moment où le rituel nous indique qu'il y a à se rapprocher des fonts baptismaux. Quelle fâcheuse idée de couper, avec une fantaisie que rien ne justifie, des morceaux de cette cérémonie si courte! En faisant cela, nous lui retirons de son expression, nous la rabaissons à quelque chose qui est sans couleur et devient terre à terre. Rien de sublime ne se présente plus à l'esprit : nos paroles et nos gestes transforment ce baptême mutilé en une cérémonie insignifiante, qui a quelque ressouvenir des rites superstitieux du sorcier. Avons-nous le droit d'en agir ainsi ?

Quand nous donnons le baptême, nous avons à rédiger un acte. Appliquons-nous à le bien rédiger. Jules Lemaître nous assure, à propos de Jean-Jacques Rousseau et de ses innombrables copies si admirablement calligraphiées, que les poètes ont tous une belle écriture et qu'ils s'y complaisent. Je ne sais si la remarque est appuyée sur de bonnes statistiques. 11 semblerait du inoins que les poètes ne sont pas très nombreux, si l'on prend pour mesure

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l'écriture. Raison de plus pour faire de son mieux et se rendre au moins lisible. C'est de la justice et de la charité : ces actes doivent faire foi ; ils constituent le premier chapitre du statut religieux d'un chrétien; il ne faudrait pas que des prénoms omis ou des noms écorchés vinssent causer des incertitudes et même préjudicier aux intéressés, vingt ou trente ans après cet acte initial de leur vie chrétienne.

On a vu prendre la « rue du Roi-de- Sicile » pour le nom d'un parrain, devenu ce Leroy de Cécile »; et un autre : Flandre, demeurant rue des Mathurins, s'est transformé en M. Mathurin, demeurant rue de Flandre. Il y a pire encore, et j'en ai été témoin. Une mère de famille vient chercher l'acte de baptême de sa fille, pour la faire admettre au catéchisme; sur le registre, il y avait : « Fille de père non dénommé. » La mère proteste et dit que son mariage a été célébré, tel jour, dans la paroisse même où sa fille a été baptisée, on cherche et Ton voit aussitôt quelle énorme et déplorable erreur a été commise par celui qui a rédigé l'acte de baptême.

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