‹ Le prêtre et ses détracteurs [microforme]Chapitre 12 sur 51 · CAUSERIE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CAUSERIE CINQUIÈME

ÈS canadiens ne veulent pas de A ministre de l'instruction publi- = que.

"Potrauoi ?

D'abord parceque l'Etat n'a pas la mission d'enseigner, ce n'est pas là son rôle.

Ensuite parceque l'Etat n’est pas catholique, n'a aucune religion ou plutôt il professe toutes les religions ; catholique à Rome, musulman à La Mecque, protestant en Angleterre.

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De plus vous savez qu'on 6rasse souvent les ministères à Québec et croy m'en, mes chers amis, un bon mati:

sortirait de la érasserie un ministre de l'instruction publique protestant ; pourquoi pas ? Les protestants ne voudrontils pas avoir leur tour ?

Mais un ministre de l'instruction publique, soit catholique ou protestant, ne représentera toujours que l'état qui met toutes les religions sur le même pied.

Installé dans son département, ce ministre se dirait : on n'est pas à la tête pour être à la queue, il préparera alors un bill d'instruction pratiqué —songez qu'il a dit pratique | —pour répondre aux aspirations des nouvelles couches sociales. .., Mes chers habitants, vous ne savez pas ce que cela veut dire vous autres ? eh bien, ni moi non plus ; ce qui me met dans l'impossibilité de vous l'expliquer.

Nous allons laisser notre ministre pré-

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parer son bill et continuer à lui dire pourquoi nous ne voulons pas de lui.

Dieu vous a donné des enfants ; Dieu veut que vous les nourrissiez ; ils sont.

composés d’un corps et d’une âme ; de droit naturel, c'est à vous à nourrir les deux, le corps et l'âme.

Mais cet enfant a été baptisé ; par son baptême, il devient enfant de Dieu qui l’adopte pour son fils. Ilappartient donc par le fait même à l’église de Dieu, c’sst donc #n enfant de l'Eolise Catholique ; il est appelé au ciel par Dieu qui vient de le faire baptiser ; or l'Eglise seule connait le chemin qui conduit au ciel et donne les moyens d'y parvenir, ce n'est pas l'Etat. Celui-ci ne peut le conduire plus loin qu’à la richesse matérielle ou au terminus d’un chemin de fer.

Donc, parents chrétiens, vous devez élever et instruire vos enfants sous le contrôle de l'Eglise de Dieu à qui appar-

BR TPE RE

tient l'âme de ces enfants.— Toutes les fois que l'Etat dit à un père de famille : Je vais prendre ton enfant pour l'instruire mieux que toi et il ne t'en coûtera rien (les menteurs !) il viole un principe de

droit naturel ; il y a des conséquences

terribles à violer un tel principe.

Voici comment, dans un pays catholique, le démon fait procéder ses agents : le ministe de l'instruction publique ne heurte pas trop de prime abord les idées reçues.

On ne veut pas toucher à la religion

de nos pères, comme on disait en Belgi-

que en 183

On donne aux enfants de petits livres inoffensifs où l'on parle de sciences naturelles ; on leur fait lire ceci: c’est le soleil qui nous éclaire pendant le jour et c'est la lune qui nous éclaire pendant la nuit : [1 n'y a pas de mal à cela, me direzvous ? non, certainement ; le mal est que

J'on ne leur donne pas d’autres livres.

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Le Zestament et le Devoir du Chrélien—" excellents livres, d’ailleurs ” me disait-on, dernièrement, ‘“ mais ennuyeux à l'excès” — ont sauté depuis longtemps.

Tout à coup, il y a un nouveau brassement de ministère; un ministre surgit qui veut attacher son nom à une mesure:

Les enfants ont beaucoup de matières à apprendre, se dit-il; comme ce n’est pas notre mission d'enseigner la religion, et qu'on ne veut pas empréler sur les droits de l'Eglise, les enfants n’apprendront plus le catéchisme en classe; c’est aux parents et aux prêtres à leur montrer cela et je crois qu'ils seront fidèles à leur devoir, et nous applaudirons à leur succès, car nous l’aimons ‘“ la religion de nos mères,” qui a fait le Canada si beau, si grand, si prospère.

Alors, surviendra une complication :

les parents catholiques ne voudront pas

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envoyer leurs enfants à cette école ; ils se bâtiront des écoles dans quelques endroits et paieront ainsi deux fois. Cet état de choses durera quelques temps et beaucoup d'enfants ne pourront aller à l'école. Tout à coup, un autre ministre arrive; celui-ci sort tout frais, des nouvelles couches ; il s'écrie : il faut instruire le peuple—même malgré lui—plus tard, il nous bénira : donc, nouveau bill : instruction obligatoire dans les écoles de l'Etat. ‘“ Il faut former un peuple homo-

fants

gène, le façonner tout dans le même Co moule. ” sont « Alors, ce sera ‘“l’abomination de la la chc désolation.” raisOr Un grand journal des Etats-Unis a que | déjà lancé cette idée : “ Pour devenir un chez : vrai Américain — rue American — il Mo faut passer par les écoles publiques ; mon « tant que nous aurons des écoles catho- vous : et du

liques, dit-il, nous aurons toujours une

classe d'hommes dont es idées seront une menace constante pour nos institutions et nos lois.”

Vous savez que dans certains quartiers des Etats-Unis, on veut prendre nos catholiques par la famine : les enfants.

qui sortent des écoles catholiques ne sont pas admis dans les manufactures. Je livre ceci à la méditation de ceux qui:

veulent l'annexion.

Donc, pas d'Etat enseignant, vos enfants vous appartiennent, sardez-les.

Comme il y en a dans le monde qui sont durs d’entendement, nous allons tirer la chose au clair au moyen de comparaisons : Supposons, mes chers habitants, que le ministre de l'agriculture arrive chez vous et vous tienne ce langage :

Mon cher ami, je vous aime de tout mon cœur et je vais vous le prouver :

vous ne retirez du travail de vos enfants et du produit de votre terre que trois

cents piastres par année, tandis que vous pourriez en avoir six cents : Par pure bonté pour vous, je viens me substituer à votre place; sous mes ordres, vos enfants et vos serviteurs vont travailler à l’'amé.lioration de votre terre et je vous donnerai, /'en suis cerlain, à Vous, Un revenu de six cents belles piastres.

Vous vous récriez ! vous lui dites que c'est votre terre, que vous en ferez ce que bon vous semblera, car vous n'avez pas confiance en ses promesses.

Mais il est plus fort, s'empare de vos enfants et de vos serviteurs et vous flanque là.

Croyez-vous, mes chers amis, que le ministre de l’agriculture ait le droit de faire cela ?

Mille fois non, dites-vous.

Cependant il s’agit ici d'un bien matériel, de votre prospérité temporelle Que dire donc de la prétention d’un mi-

surv( pre ; partc

qui e

sil y

nistre de l'instruction publique protestant ou catholique qui voudrait améliorer l'âme de vos enfants dont l'Eglise a la garde ?

Mais, me direz-vous, l'Etat n’a donc pas le droit d'avoir des écoles ?

Oui, l'Etat a le droit d'avoir ses écoles spéciales. Expliquons -nous : L'Etat à besoin d'hommes pour se défendre : de braves soldats pour arrêter l'ennemi aux frontières, d'ingénieurs pour construire ses forteresses, etc. Quand l'enfant a grandi, que son corps et son intelligence se sont développés, ce jeune homme-—non plus cet enfant—de 15 à 17 ans, peut aller à une école gouvernementale apprendre le génie civil, et là l'Eglise n'aura qu’à le surveiller pour l'empêcher de se corrompre; car, vous le savez, le diable se glisse partout.

L'Etat peut aussi s'enquérir si l'enfant qui est à l'école a une classe bien aérée, sil y a des échelles de sauvetage en cas

d'incendie, etc., etc Ila le devoir de protéger ces nombreux eniänts contre les maladies épidémiques ou contagieuses, car il aura besoin d'eux fus {ard, quand ils seront hommes,

N’allez bas croire qu£ l'Église s'oppose jamais à ces exigences de l'Etat. En tout ce qui est du ressort de l'Etat, l'Eglise n'interviencra jamais ; elle a toujours donné lä sanction de son autorité aux lois justes du pouvoir civil, car elle veut que ces deux puissances, —l'Eglise. et l'Etat, s’harmonisent comme doivent s’harmoniser le corps et l’âme dans les desseins du Créateur.

HR

l’'em]

CAUSERIE SIXYIÈME

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