LE PRÊTRE ET L INSTRUCTION PRATIQUE
NOUS voici arrivés à traiter, mes chers habitants, de ce que nos
LS réformateurs appellent l'inséruclion pratique. Quand on nous a jeté aux oreilles ce mot : pratique — et j'ai remarqué ce sont ceux qui ne pratiquent pas qui l'emploient le plus souvent - on a tout dit sur la question, on peut tirer le rideau, la pièce est terminée.
Ecoutez bien, mes chers amis, ce que jai entendu cent f:3, toujours par la même espèce d'hommes :
Mon père, nous voulons que nos enfants apprennent le catéchisme, c’est nécessaire, nous sommes catholiques et le cou sur le billot, nous sornmes prêts à confesser notre foi—soit dit en passant, au lieu de se mettre le cou sur le billot, s'ils se mettaient la tête dans le confessionnal, ça serait bien mieux, mais continuons.
— Cependant vous avouerez, mon père, que la connaissance seule du catéchisme ne suffit pas pour se tirer d'affaire dans le monde, il faut de plus une instruction pratique, oui pratique, entendez-moi bien, pratique.
— Oui, monsieur, je vous ai entendu ; je crois que vous avez dit : pratique.
— C'est justement cela, mon père :
pratique.
— Qu'entendez - vous, monsieur, par instruction pratique ?
— Mais, mon père, le mot le dit: une instruction pratique, c'est.... c'est une
qua ving fami mon maît les p main cul € assez drôle, Mais une é chism Ï
pat
ine ine
ET L’INSTRUOTION PRATIQUE 8x
mm
instruction Pratique comme celledes A mé.
ricains par exemple, des Anglais. Je vous
le dis : rien que le Catéchisme ne suffit plus de nos Jours.
nommer où l'on n'enseigne que le catéchisme. car, mon-
maîtresses d'école de montrer un peu plus les prières et le catéchisme aux enfants :
maintenant ce n’est plus rien que du
calcul et des leçons ; on ne
les force pas assez sur le Catéchisme. Comme c'est
drôle, n'est-ce Pas, l'opinion du monde !
Mais enfin, laissons ça là et nommez-moi une école où l’on n'enseigne que le catéchisme ?
Le monsieur, em barrassé. C'est vraf
qu'on n'enseigne pas seulement le caté- <hisme, mais on n’est pas pratique comme les Anglais.
— Vous me permettrez de vous dire, monsieur, que — sans mépriser les écoles anglaises — (je ne parle pas au point de + vue religieux qui est fautif chez eux) nos écoles sont supérieures aux leurs.
— Je parle, mon père, au point de vue pratique.
— Moi aussi, monsieur, je parle au point de vue pratique. Je vais vous prouver ce que javance. Un monsieur de Québec, que je nommerai à ceux qui me le demanderont, avait un fils, futur héri-
FE voit tier de sa fortune ; il adorait cet enfant et de voulut lui donner une instruction pra- de l tique: pas plus de catéchisme qu'il n’en ae fallait, mais le calcul, la tenue des livres, que « les opérations commerciales, etc., etc. ; il AE l'envoya ailleurs que chez les “ frères du ne ie
“Glacis ” (Frères des Ecoles Chrétiennes)
ET L'INSTRUOTIOE PRATIRUE l'enfant parlait l'anglais depuis son bas âge, il devait faire merveille à une école anglaise pratique, il y resta plusieurs années. Son père, voulant lui montrer un peu de français, envoya ce fils, chargé de lauriers pratiques à l'école du Glacis.
Grande fut sa surprise de voir que son enfant, dans le cours commercial qui se fait tout en anglais, était un des derniers ; il croit à une vengeance des frères, il interroge et fait interroger son fils, le compare aux enfants de ses voisins, gros marchands de Québec; le soir, il les réunit, et leur pose des problèmes; il voit que ceux qui avaient suivi le cours des frères se jouaient avec les opérations de banque et que la tenue des livres n'avait point de secret pour eux, tandis que son fils était arrêté à la moindre diffculté. Il m'a dit souvent à moi-même :
Je ne pensais pas que les Frères pussent donner une éducation aussi pratique :
84 LE PRÊTRE je regrette de ne pas avoir envoyé mon enfant chez eux quand il était jeune.
Ecoutez encore le fait suivant : Un jour, à Londres, il y eut une grande exposition scolaire. Quels sont ceux qui ont été comblés d'honneur et chargés des premiers prix par un jury protestant ?
les enfants des chers Frères des écoles chrétiennes. Quel était le premier professeur de ces écoles? Un frère qu'on était venu chercher à Québec.
Les grands journaux protestants de Londres, le 77»es surtout, avait deux colonnes d’éloges à l'adresse de ces chers Frères. Il faut venir en Canada pour entendre la classe ignorante s’écrier : nos écoles ne sont pas pratiques.
Ecoutez encore, monsieur, les faits suivants : À Chicago, un Américain pur sang, se fâcha tout rouge et demanda au surintendant du bureau d'éducation de.
lui dire pourquoi sur tous les aspirants et,