‹ Le prêtre et ses détracteurs [microforme]Chapitre 20 sur 51 · CAUSERIE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CAUSERIE HUITIÈME

LE PRÊTRE Ei LES SPÉCIALISTES

Near entend dire chaque jour: pourquoi le prêtre ne veut-il pas S fonder des écoles spéciales des arts et métiers, de métallurgie, de minéralogie, d'électricité, de génie civil, etc.

pourquoi ne se remue-t-il pas : Notre clergé n'est pas pratique, comme les Anglais. * Avant de répondre à la question, vous allez me permettre, mes bons amis, d'attirer votre attention sur un point

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où je trouve les Anglais bien pratiques.

Beau temps, mauvais temps, ils envoient leurs enfants à l'école, il n’y a jamais une journée de perdue; arrivé à la maison, l'enfant ne va pas jouer, il étudie ; il ne va pas veiller ; on lui dit qu'il n’appartient pas encore au ‘“ monde social,” plus tard il aura son tour.

Une visite arrive, un oncle qu’on n'a pas vu depuis quatre ans, l’enfant devra s'excuser en disant: ‘“ la cloche de l’école sonne il me faut partir ; je reviendrai ce soir.”

J'ai été témoin d'un fait semblable.

un homme de la Compagnie de la Baie d'Hudson arrivait avec moi chez un de ses frères qu'il n'avait pas vu depuis quatre ans. Le petit neveu voulait bien rester à la maison pour entendre parler des ours blancs ; impossible, le père fut inexorable. Je me souviendrai toujorrs des paroles que son oncle lui adressa ;

ET LES SPÉCIALISTES z05

Lis Mon neveu, ne perds pas tr école : tu pique auras le temps plus tard d’entendre ce Fortte que tu vas perdre aujourd’hui de ma conne. versation, mais si tu perds un jour d'école ps tu ne pourras jamais jamais le reprendre.

PERS Encore un autre point où les Anglais “pis sont très pratiques.

“ae Dans leur testament ils iaissent presde que toujours quelque chose pour des fins pos d'éducation. Les riches font des legs qui l'école varient depuis cent mille piastres à deux lrai ce cent cinquante mille piastres, ceux qui | ont une certaine aisance de cinq cents à #4 mille piastres. Voilà qui est pratique.

Sur ce point, dans notre patrie, il n’y a à peu près que le clergé qui soit pratique comme les Anglais. Depuis deux cents ans, les prêtres, en mourant, laissent ce qu'ils ont pour des fins d’éducation. Jai hâte de voir si mes mangeurs de prêtre vont äonner leur fortune pour instruire le peuple tenu dans l'ignorance,

disent-ils, par l’avarice de la prêtraille.

Quand on pense que c’est le clergé qu a donné ses sueurs, sa bourse, son sang pour faire l'éducation du peuple, et qu'on entend ensuite ces paroles : “ Ne bravez pas nos populations catholiques,” il fut être saint comme nos Evêques pour pouvoir se contenir.

On veut ‘“ des écoles qui nous fassent des hommes pratiques ; des architectes, des ingénieurs, des maîtres-instructeurs, des peintres, des minéralogistes, des métallurgistes, des électriciens, des chimistes, des astronomes, etc. etc.

Vous en voulez, messieurs ? c’est bien simple : édéissez-vous en, comme on dit en vrai canadien. Au lieu de piailler comme les moineaux dans le carré Viger, lancez dans le public une liste de souscription, mettez votre nom en tête avec trois où quatre mille piastres, en regard. Nos Seigneurs les Evêques vous ont-ils jamais

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