‹ Le prêtre et ses détracteurs [microforme]Chapitre 45 sur 51 · RL · texte numérisé non relu

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Edouard qui était alors sousle Scoff Acé, j'ai faïli être tué dans un wagon de chemin de fer et avec moi une dizaine de personnes. — Quelle horrible scène !! je n'oublierai jamais cette parole de feu monseigneur Mclntyre : dites à tous ceux qui s'intéressent à la cause de la tempérance queje croyais faire le meilleur coup du monde en mettant l'Ile sous la loi Scott, et je. vois chaque jour que je me suis trompé; le peuple boit plus que jamais, paie le double du prix d'autrefois et use d’une boisson frelatée qui le rend furieux.

Ne parlons donc pas d'exclusion totale de liqueurs pour loule une province.

Si tout le monde observait les lois de l'Eglise, la question serait vite réglée, mais on veut se révolter contre Dieu, en vendant de la boisson aux ivrognes, aux enfants : on vend sans licence et on vend le dimanche. L'Etat défend qu'on vende

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de la boisson le jor : du Seigneur, l'Eglise est trop heureuse de donner la sanction de son autorité à cette loi qui concerne la morale et qu'en conscience, on doit observer. Combien y a-t-i' d'aubergistes qui ne débitent pas de boisson le dimanche? bien peu; il m'est pénible de le dire, mais c'est vrai: le dimanche, on se promène beaucoup et on vient faire boire son cheval--non, je me trompe, on vient boire son cheval à l'auberge. L'aubergiste voit 50 à 60 piastres en perspective; résistera-t-1l? sur cent, il y en aura-t-il ## qui sera ‘erme ? je ne réponds pas à la question.

Les aubergistes qui vendent en con-

travention avec la loi, paient-ils l'amende ?

ne fois sur dix-mille.— Pourquoi? parce que personne ne veut les dénoncer : Mon père, il va se venger en me causant du dommage, voilà ce que m'ont répété bien souvent, de braves gens.

Se

Quel triste état de choses! Voilà un ivrogne qui vient acheter une bouteille, on la lui vend ; on sait qu'il va battre sa femme, rover de coups ses enfants, et venir lui-même aux portes du tombeau, —ça ne fait rien, il a payé l'aubcroiste, c'est tout ce que celui-ci voulait.

L'auberoiste aura-t-1l son permis (licence) pour l’an prochain ?

Qui: il l'aura.

—Qui va le lui donner ?

—Les conseillers.

—Mais ces conseillers ne sont donc pas catholiques ?

—Oui, ils sont catholiques.

—Mais, peuvent-ils aller au ciel en donnant une licence à des personnes indignes ?

— Non, s'ils ne reviennent à de meilleurs sentiments.

Mais vous vous écriez : comment des catholiques peuvent-ils s'oublier ainsi ?

Voilà un Jouteille, battre sa fants, et ombeau, bergiste,

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— Voici: le prêtre a vu quil y avait du désordre dans cette auberge et ii a tonné du haut de la chaire; l'aubergiste s’est fâché ; quelques-uns des conseillers sont ses parents—il a dépensé deux tonneaux de whiskey pour les faire élire, —ceux-ci, avec tous les ivrognes de la paroisse, — prennent fait et cause pour l’hôtelier, tous jurent de le venger--c'est le petit nombre, mais ce sont ceu:: qui font le plus de tapage.

Vous avez, mes chers habitants, dans votre champ une image frappante de ces bavards de paroisse ; il y a un bœuf qui vous ahurit de ses mugissements toute la journée, tandis que vous remarquez à peine la présence des cent brebis qui sont à côté de lui. Dans nos paroisses, il y en a toujours quelques-uns qui Éexglent du matin au soir et ils finissent par croire qu'ils sont tout le troupeau. Ces tapa-

geurs obtiennent la licence de nouveau à * 8

hôtelier et les ivrognes continuent à boire et les jeunes gens à se corrompre.

Mais, me direz-vous, vous voulez donc supprimer les auberges ?

— Non, pas toutes les aulerges, mais tous les mauvais aubergistes. — J'ai dit :

pas toutes les auberges, je m'explique ; il ya un grand nombre de paroisses qui n’en ont pas besoin; le prêtre, aidé des bons citoyens, s'oppose à la vente de la boisson : il fait bien et ceux qui l'aident font ce qu'ils doivent faire; qu'ils continuent la lutte et une belle place les attend au ciel; mais il faut l'avouer, c’est Ià l'idéal; ceci ne peut se faire que dans les bonnes paroisses et heureux sont ceux qui les habitent! Ils sont l'honneur de notre peuple.

Mais il y a des localités où les passions sont tellement déchaïînées qu'une telle mesure causerait plus de mal quede bien. Dans les paroisses où il va beaucoup de

nueñt à -ompre.

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voyageurs, sil n'y a pas d’auberges, il y en aura plus de dix qui vendront de la boisson en cachette au grand détriment des âmes; cependant dans ces endroits;

on met généralement deux ou trois hô-

tels où un seul serait suffisant.

Les conseillers municipaux qui font cela, péchent.

Maintenant mettons-nous bien dans l'esprit qu’un hôtel n’est pas pour les gens de la paroisse où il se trouve. Le meilleur hôtel que-vous puissiez avoir, mes chers amis, est votre propre maison; vous ne serez jamais aussi bien servis ailleurs :

un hôtel est pour les étrangers. Doncil ne faut donner de licence qu'à ceux qui

peuvent recevoir les étrangers; donc il.

faut abolir toutes les buvettes du pays, en commençant par celle quise trouve au Parlement sous la chambre des députés.

A Montréal, il y a 1400 débits de

liqueurs, tandis que 150 suffiraient. Mes.

chers compatriotes, devant le bon sens, à quoi servent, dites-le moi, toutes ces buvettes ? à coup sûr, ce n'est pas pour recevoir les étrangers ;-—il n'y a ni écurie pour le cheval, ni lit pour le voyageur, on ne peut y trouver que des carafes et des verres: une buvette n'est rien autre chose qu'un. aliment à la passion populaire, c'est une séductrice qui se tient au coin des rues invitant à la misère, à la dégradation, au déshonneur, à la mort prématurée tous ceux qui se laisseront prendre à ses appas ; c'est là que l’artisan va boire le travail de la journée, c’est là que bien des jeunes gens s'assemblent jusqu’à 114 heures de la nuit et que, stimulés par le feu qui les brûle, ils laissent échapper de leur cœur gâté et de leur bouche sordide, les propos les plus licencieux, c'est de là qu'ils partent. ... mais je m'arrête, non sans vous demander, mes chers amis, de bien prier pour que nos

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n sens, tes ces is pour i écurie reur, ON s et des n autre | poputient au re, à la la mort isseront 1e l'artiée, c'est emblent que, stilaissent de leur is licen- .. mais er, mes

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conseillers fassent pénitence de tous les péchés qu'ils font commettre, afin qu'ils puissent éviter les tourments éternels da l’enfer.

Maintenant, puisque les débits de liqueurs sont trop nombreux, comment en diminuer le nombre ?

Grave question, difficile à résoudre, étant données l’activité des tapageurs et l'inertie des gens paisibles. Oh! si tous ceux qu'on est convenu d'appeler bons, voulaient se remuer, la question se réglerait en huit jours pour tout le Canada.

Sachez, mes chers amis, que celui qui peut sans inconvénient empêcher la vente illicite des boissons, péche en ne le faisant pas ; s'il y a un précepte nous ordonnant de fuir le mal, il y en a un autre, nous obligeant à faire le bien : declina à malo et fac bonum, évitez le mal et faites le bien généralement on se contente de ne pas aire le mal, eton s'en tient là en disant :

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