LES PRÊTRES FRANÇAIS ET LA GUERRE. XXIII
Ils trouveront qu'il fait bon se retremper au contact plus profond et plus prolongé avec Notre Seigneur. Et cette épreuve inouïe leur fera mieux encore apprécier leur trésor.
Bien d'autres que les prêtres pourront saisir la vérité que ces pages exposent : de l'amitié très particulière de Jésus, et d'autant mieux que les événements auront mis dans les esprits et dans les cœurs le sérieux et la componction nécessaires pour goûter le grand bienfait d'une vérité souverainement réconfortante pour les fidèles comme pour les prêtres. Puissent-ils, ces fidèles, concevoir plus d'estime et d'admiration pour le sacerdoce, plus de charité et de dévouement pour les prêtres ! Puisse, après cette épouvantable guerre, se répandre dans les âmes, auprès, au loin, l'idée vraie de Jésus, de Jésus Dieu et Homme parfait, de Jésus Ami, de Jésus capable, en se révélant, de convertir tant d'âmes dissipées ou égarées, de les faire pleurer, de leur arracher ce cri de douleur : Je ne savais pas ! de Jésus capable d'arracher aux futilités, aux fascinations de la vie, des cœurs, bons d'ailleurs, qui s'y sont trop laissé prendre, de Jésus capable de transfigurer la vie, et de la ravir. « C'est si beau Jésus-Christ !» (P. Chevrier).
Prêtres, si vaillants à combattre l'ennemi trop souvent barbare, sacrilège, hypocrite, à secourir les blessés, à consoler les mourants, soyez vaillants à faire connaître Celui que, par
ces services, vous avez si héroïquement servi lui-même et glorifié. Soyez vaillants à lui conquérir des âmes qui l'aiment d'amitié et cherchent dans cette divine amitié le réconfort de leur vie, la consolation de leur mort, l'espoir éblouissant et souverainement béatifiant de leur éternité.
Comment dire, autrement que devant Dieu, combien est vive et profonde notre reconnaissance envers son Éminence le cardinal Luçon, Archevêque de Reims, pour avoir, non seulement agréé la dédicace de ce livre, mais daigné, au milieu de tant de travaux, d'angoisses, de dangers, de deuils effrayants, honorer notre « Prêtre Intime » de son suffrage, — aussi universellement vénéré que grave. — et relever, lui-même, si fortement l'idée de fond que développent ces Élévations !
Paray-le-Monial, le Cénacle,
Fête de l'Epiphanie de Notre Seigneur, 6 janvier 1915.