‹ Le prêtre intimeChapitre 10 sur 191 · LES PRETRES FRANÇAIS ET LA GUERRE. XXI · texte numérisé non relu

LES PRETRES FRANÇAIS ET LA GUERRE. XXI

mépris de la mort capable de tous les sacrifices et un invincible courage.

Mais qu'on nous permette de penser, de croire fermement que le principe le plus décisif de tant de vaillance, de tant de constance et de ténacité, c'est la présence du clergé, ce sont ces vingt mille prêtres, religieux ou séculiers, aumôniers ou soldats, qui ont installé, non pas officiellement comme cela devrait être, mais pourtant réellement, la prière dans les tranchées ou sur les champs de bataille, qui font monter du iront, de concert avec les enfants, les pères les sœurs, les mères, les épouses... lointaines, leurs supplications ardentes, et souvent celles de leurs compagnons d'armes, vers Dieu, vers Marie ; qui même se donnent et donnent à leurs camarades la joie, le réconfort puissant du divin Sacrifice de la Messe offert — et pour les consacrer — parmi tant d'immolations et de douleurs.

Ces vingt mille prêtres raniment autour d'eux la pensée, parfois endormie, du Dieu des armées et de la sublime Religion de notre enfance, instigatrice de tous les sacrifices, de tous les dévouements, de tous les héroïsmes. Ils enflamment. par là, même sans parler, leurs compagnons, de courage en face des plus grands périls. Ils r-( insolent les blessés et les mourants. Ils adoucissent, et, pour les yeux plus clairvoyants, ils enchantent les perspectives de la mort pour la

patrie, pour le droit, au fond pour Dieu. « Il faut reconnaître, écrivait un socialiste, qu'il y a quelque chose en eux qui n'est pas dans les autres. Ils savent nous parler... le moral de l'armée leur doit beaucoup. »

Et qui dira les transformations d'âmes devenues ardemment priantes et croyantes, surtout sur la ligne de feu ! Le Sacré Cœur épingle sur tant de poitrines, rentré en bien des âmes, y opère d'admirables changements. Personne ne collabore à ces transformations divines autant que nos vingt mille prêtres soldats.

Où donc ont-ils puisé ces vertus guerrières — qu'on dirait improvisées — : l'obéissance, la patience héroïques, le courage supérieur à tous les périls, à tous les sacrifices, avec un zèle inlassable ? Dans la connaissance et l'amitié de Jésus qui n'est pas seulement la charité et la paix, mais la vaillance, l'héroïsme en personne.

Il nous semble que ce sera pour ces prêtres une joie immense, après avoir fait si grandement leur devoir dans les batailles ou les ambulances, de se retrouver à loisir devant Celui dont la pensée les réconforta au milieu de suprêmes dangers.

Et ce nous est à nous-même une vive joie de publier pour ceux qui voudront s'en aider un livre qui ne leur parle que de cette amitié intime et très particulière de Jésus, âme de leur vie dans la paix comme dans la guerre.

Page 1