AIMER LES AMES SACERDOTALES DANS LEUR PRÉPARATION
kimer rame J ésus appelle ces âmes par son Église, et les P„rce quelle réponses de Rome n ont iait que consacrer sur
est appelée
par l'Église, ce point la doctrine commune.
par Jésu>.
Même si Dieu appelait par une révélation ou par une invitation spéciale de TEsprit-Saint, l'Église aurait le contrôle de cette révélation ou de cette invitation mystique ; il ne veut pas que
rien se fasse sans son appel définitif. A plus forte raison, en est-il ainsi des aspirations et des attraits ordinaires et non mystiques.
Nous avons vu que l'Église a la plénitude du '«»■ appelle
. i oplmand
pouvoir de juridiction sur les movens de salut, p^iEg^e
1 J «- ' Cel appel de
et donc, en particulier, sur ce moyen par excel- 'JtXon1 lence du salut : l'Ordre, le Sacerdoce. Ne^souWr
L'Évêque qui va ordonner le prêtre use en %leeTiuT même temps de son pouvoir de juridiction pour l'appeler aux ordres K Et quand même le Pontifical ne le dirait pas explicitement, cela découle évidemment de l'idée de hiérarchie ecclésiastique. Cette vérité : que l'Église, c'està-dire l'Évêque, appelle définitivement les ordinands, n'a jamais, croyons-nous, souffert de difficulté -. Et si des auteurs s'en sont peu
1. Un étranger sera appelé par son Évêque et ordonné par un autre évêque. On ne peut aucunement confondre l'ordination et l'appel. L'ordination est un acte du pouvoir d'ordre ; l'appel, un acte du pouvoir de juridiction.
2. La vocation religieuse définitive, elle-même, se fait aussi par l'Église. C'est le Saint-Siège, en effet, qui approuve les Constitutions d'un assez bon nombre de Congrégations ou d'Ordres religieux ; et c'est donc au nom de l'Église que les supérieurs appellent un sujet à entrer dans cet Ordre ou cette Congrégation. Pour les Constitutions non approu-
du Saint-Siège, elles sont du moins approuvées par l'Évêque, et l'Ëvêque ou son délégué appelle les
Quant à la vocation religieuse préliminaire ou matérielle,
auteurs semblent ne pas l'admettre et [u'ici tout
est affaire de volonté de la part du sujet. Oi serait
souvent à de graves mécomptes si l'on ne prenait garde, non
oiJO
occupés, c'est qu'ils ne voyaient rien là d'embarrassant.
Mais n'oublions pas qu'au-dessus de l'Église Jésus est toujours là qui appelle par elle. Par l'Évêque qui ordonne, c'est Jésus qui ordonne. Par l'Évêque qui appelle, c'est Jésus qui appelle. Mais pour préparer Tàme à l'appel définitif de l'Église et à l'ordination, il ne faut pas méconrncoreqn'ii na^re des préliminaires providentiels, une sorte ^arlriSie" de vocation préparatoire, matérielle, ouvrant les prepan vojes à l'appel formel qui se fait par l'Église l.
Jésus prépare l'ordinand
par son Lg-lise, ne
seulement aux qualités de nature, de grâce, de vertus, mais aux inclinations, aux attraits bien éprouvés.
Du reste, pour le sacerdoce et la vocation religieuse, il ne faut pas moins, nous semble-t-il, respecter la pleine liberté que pour le mariage.
1. Une manière de parler qui nous semblerait juste serait — comme on distingue, aux traités des sacrements et ailleurs, la matière et la forme — de distinguer pour la vocation le formel et le matériel. Le formel est l'appel de l'Évêque. Le matériel, consiste dans l'intention droite (impliquant l'attrait ou inclination du moins ordinaire), dans ridonéité,les vertus, la science suffisante, dans tout un ensemble de signes... qui permettent d'augurer un avenir digne du sacerdoce et de présumer une volonté de la Providence sur l'ordinand. Cette volonté antécédente de la Providence est subordonnée à sa volonté conséquente. La volonté conséquente peut se manifester, en sens contraire, par une déviation morale d'un jeune homme qui semblait porter l'étoile au front, par le défaut de travail, l'insuffisance de science, l'infériorité de la vertu, une catastrophe de famille, le refus de l'Évêque. C'est sans cesse, en d'autres matières, qu'une volonté antécédente de Dieu cède à une volonté conséquente (comme parlent les théologiens), et, par exemple, dans la vocatioa au salut.
Parmi ceux dont la Providence se sert pour le matériel de la vocation, évidemment les prêtres tiennent le premier rang. C'est, d'ordinaire aux prêtres de choisir les âmes qui ont des chances de convenir pour le sacerdoce, d'éveiller en elles des générosités dans ce sens, d'examiner et de cultiver les aptitudes, sans mépriser les attraits ou inclinations que, bien souvent, la Providence — on ne parle pas d'attraits mystiques et extraordinaires — donne aux futurs apôtres de nos pays, un peu comme à ceux des missions '. A eux de préparer, de cultiver l'intention droite, l'idonéité, les qualités de vie et de science qui permettent d'espérer sérieusement ment qu'un ordinand sera digne de son état et de ses charges.
On suivra ces âmes avec sollicitude dans les maisons auxquelles elles sont confiées, on ne les délaissera pas pendant le temps des vacances, oh elles se trouvent plus abandonnées à elles-mêmes.
D'autres étudient toutes ces conditions au « *•«« »w
Jésus dans la vocation sa-
1. Sur cent missionnaires pour les Missions proprement "et'sa*'6 dites, quatre-vingt-dix, au moins; ne partiraient pas s'ils préparation, n'avaient l'attrait. Même dans les Ordres religieux, envoiet-on jamais aux missions d'office et sans tenir compte des goûts ? Cet attrait n'est pas le moins du monde la vocation définitive ; il n'est même pas — et personne que nous sachions m- L'a prétendu — la vocation préparatoire et matérielle. Mais il peut, avec d'autres éléments, permettre à l'Église de présager l'avenir et la volonté ou appel de Dieu.
Il est d'une
importance
capitale de
montrer peu
à peu au futur prêtre Jésus, — et comme son
Ami par excellence.
I Cor., m
point de vue canonique. Nous, nous voulons nous borner au point de vue ascétique. Nous affirmons, en particulier, qu'il faut voir Jésus appelant cette âme par son Église et la préparant aussi par elle à cet appel. 11 faut le voir se mêlant, et souvent de bonne heure, à la vie de l'âme appelée, lui donnant les qualités de grâce, après lui avoir donné celles de la nature^ l'encourageant et l'aidant par ses secours à l'acquisition des vertus solides et de la science suffisante.
Et surtout il faut peu à peu- montrer Jésus à ces âmes.
S'il est une œuvre où l'on doive placer Jésus comme fondement, c'est l'œuvre de la formation cléricale : Fundamentum aliud neino potest ponere prœter id quod positum est, quod est Christus Jésus* : Jésus, sa Divinité, ses amabilités infinies, son Cœur sans pareil.
Il est d'une importance capitale de faire comprendre aux petits et aux grands enfants, candidats à l'Ordre, que le sacerdoce doit être pour eux avant tout, par-dessus tout, une affaire d'amitié plus intime, plus vraie, plus décidée, plus profonde, plus dévouée, plus zélée, plus combative, plus animée de prosélytisme, entre eux et Jésus.
Tant qu'on ne saisira pas une âme de cette grande idée, on n'en fera jamais grand'chose.
Avec cette idée fortement ancrée, on peut tout espérer.
La règle n'est pas actuellement différente Jésoseti*
-i • • Apôtres.
pour former des prêtres de celle que suivit Notre Seigneur pour former ses Apôtres.
Il voulut par-dessus tout en faire ses amis intimes, et dévoués à sa Personne. Ses enseignements et ses exhortations, ses miracles, ses reproches, ses divines tendresses... tout allait là, toujours. Xe prétendons pas réussir par une autre voie que lui.
Sous tous les travaux, sous tous les sacrifices, sous toutes les observances, plus larges au Petit Séminaire, plus strictes au Grand, je dirai même sous toutes les joies, accoutumons les jeunes gens à voir constamment devant eux leur Seigneur et leur Dieu. Jésus, dont ils veulent être les amis à part : à part pour l'affection, à part pour le dévouement, à part pour la générosité dans le travail, et, s'il le faut, dans la souffrance, à part pour le prosélytisme : Jésus qui, par ses grandeurs, sa bonté, ses charmes divins, leur fait jeter souvent un cri, écho du cri de saint Paul : Que je sois anathème si je n'aime pas et toujours davantage et si je ne fais pas aimer le Seigneur Jésus, mon Dieu, mon Ami adoré { !
I. Lire à la lin de ce volume, notre 2e Appendice, publié dans le Recrutement Sacerdotal : "De la dévotion au Sacré Cœur
comme moyen de formation cléricale.