INITIATION PROGRESSIVE A L'AMITIE DE JESUS
Les clercs dans leur préparation fervente aux
Ordres feraient bien de relire le Pontifical, ou
l'admirable Traité des saints ordres, de M. Olier,
♦p.f„,NT,M, : ou une excellente Explication du Pontifical*,
Explication . ,,...,.. , T
dn pont, fi- a ce point de vue de l'amitié intime avec Notre
cal (Pan?. x
Amat). Seigneur. Nous ne doutons pas qu'ils ne fussent très édifiés et très touchés.
l,. tonsure, Évidemment dans la tonsure, préambule des
sauf le vœu . don exclusi de soi à Jésu
■ Ordres, fiançailles du sacerdoce, il s'agit au fond
d'amitié la plus particulière avec Jésus : Jésus
Vu'r^p.e est mon Partageî Je sms ^e sien*. Lui possédé
d^rExiïren1 Par m°i> mo* Possédé par lui, lui à moi tout
aïinéaTa. entier, moi tout entier à lui : voilà bien la clé-
ricature. Le culte de Jésus et ses intérêts sont
l'élément que j'ai choisi. Sa Personne sera, sans
partage, ma préoccupation première.
Un sacramental auguste consacre cette union et ce don mutuels du clerc à Jésus et de Jésus au clerc. Je ne trouve pas encore de vœu. Mais sauf le caractère définitif, c'est déjà l'amitié exclusive du sous-diaconat. L'horizon du sousdiacre et celui du clerc est le même. Tout pour Jésus, non pas à travers une créature, mais
LE PRÊTRE AIME LES AMES SACERDOTALES. 3ï
directement. C'est la forme la plus parfaite de l'amitié avec Jésus qui s'esquisse.
Dans la conception de saint Thomas* et de Les ordres,
1 t initiation pro-
beaucoup de théologiens, les Ordres Mineurs et «"■?.?.
■• ~ a îamitie de
le Sous-Diaconat sont des sacrements, nous J*susvoulons dire des démembrements du sacrement iog.,iu, Hre
surtout la q.
de l'Ordre. L'Eglise en a divisé les rayons, jjsans les créer, ni les changer, comme on divise /;^4'/ les sept rayons du spectre solaire. pp- 154et8-
Dans cette conception l'initiation progressive à l'amitié de Jésus apparaît d'une manière saisissante. C'est Notre Seigneur lui-même qui, par sept sacrements, ou mieux sept divisions du sacrement de l'Ordre, initie l'ordinand, toujours plus avant, à ses pouvoirs, à son sacerdoce, à son intimité.
Mais quand même on admet que les Ordres Mineurs et le Sous-Diaconat ne sont pas des sacrements, ils sont du moins au nombre des sacramentaux les plus augustes qu'il y ait.
Et, pour produire les merveilles d'initiation que le Pontifical annonce, ils agissent dans la vertu de l'Église, de, sa prière bien plus puissante que la nôtre : ex opère operaniis Ecelesiœ. L'initiation progressive à l'amitié de Jésus est donc aussi autorisée que possible, et appuyée aussi puissamment que nous pouvons le désirer, car l'Église connaît le Cœur de Jésus envers les Ordinands, elle a toute influence près <l»1 lui.
En toute conception les Ordres sont
d'abord orientés immédiatement vers L'Eucharistie, vers l'Ami divin.
* Pontifical :
Ordination des Acolytes.
" Ibid., ord.
des S. I).
'Ibid.,
ord. des I).
Or, remarquez-le bien, dans Tune et l'autre conception, quel est le premier caractère des Ordres Mineurs ? C'est de nous donner des pouvoirs toujours plus immédiats à l'égard de la sainte Eucharistie.
Le Portier en gardant l'Église, garde l'Eucharistie elle-même^ bien qu'il reste encore dans le vestibule. Le Lecteur prépare les âmes pour elle, bien qu'il reste dans la chaire ou à distance. L'Exorciste avance jusqu'à la sainte Table pour écarter les catéchumènes et les indignes : toujours l'Eucharistie est le principal objectif. L'Acolyte « doit présenter le vin et l'eau pour l'Eucharistie* ». Le Sous-Diacre doit « présenter au diacre l'eau* » pour le sacrifice. Le Diacre est le « comministre et le coopérât eur du Corps et du Sang du Seigneur * ». Le prêtre les consacre.
Aussi les rapports de l'Ordinand deviennentils toujours à l'égard de Jésus dans l'Eucharistie plus directs et plus intimes.
Et les cœurs doivent se rapprocher dans la même proportion, l'Ami . divin dans le saint Sacrifice et le saint Sacrement doit devenir toujours de plus près notre centre, nos délices, notre trésor, notre ambition, notre horizon...
Et les avis de l'Église se font, à chaque Ordre, plus graves et plus pressants, pour que l'Ordinand se montre digne d'un tel centre de la vie,
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digne de l'Ami divin qu'elle lui montre sans cesse quand même elle n'en parle pas. Tout, dans le Pontifical, par le fait, converge vers lui, depuis la tendre piété qui respire dans l'ordination de la tonsure jusqu'aux avis plus imposants donnés à l'Acolyte de l'honorer par une vie exemplaire, jusqu'aux adjurations adressées au Sous -Diacre de mener une vie absolument chaste, qui seule convient parfaitement au service immédiat de l'Eucharistie, et aux exhortations si solennelles et si saintes faites au Diacre qui est tout près du centre, et au prêtre qui touche ce centre et y vit.
Et tout le temps encore l'Église engage plus r es 0rd«-es.
-1 0 o o a même en re-
avant les Ordinands au service du Corps mys- ****** »«? tique de Jésus. Mais est-ce que nous ne devons ^'^énTîe' pas aimer les âmes en union avec Jésus ? Ces Co'jpJLi.sée1' deux amours n'en font qu'un. Et l'amitié de en pen Jésus est le plus grand motif de dévouement aux âmes, comme travailler au salut des âmes est un de nos plus sûrs moyens de savoir que nous aimons en prêtres Jésus.
Et voici enfin que, par l'ordination du Sacerdoce, ou de l'Épiscopat, l'initiation à l'amitié de Jésus la pjus particulière s'achève. Une grâce prodigieuse accompagne le caractère dont l'âme est marquée. Et si l'âme est fidèle à cette grâce, c'est la fusion de notre vie avec la vie de Jésus, de notre cœur avec son Cœur, c'est l'ami-
tié la plus vraie, la plus sûre, la plus saine qu'il y ait sur la terre.