‹ Le prêtre intimeChapitre 116 sur 191 · LE PRÊTRE ET LES GRANDS ENFANTS · texte numérisé non relu

LE PRÊTRE ET LES GRANDS ENFANTS

constante.

filles in-

La vie intérieure n'est-elle pas manquée en Jeunes fin

x x dont la vie

bien des âmes de jeunes filles parce que on ne lé^nrleT leur parle pas de Notre Seigneur comme de leur ^œnoS" Ami par excellence ? Plus idéales clans leurs ^SïkïF pensées, plus faciles, d'ordinaire, à saisir par le «"ùen". cœur, il faudrait leur dire que, si Jésus peut répondre à tout ce qu'elles ont d'élevé dans l'esprit, il répond d'abord, et au-delà de tout ce qu'on peut imaginer, aux délicatesses, aux dévouements de leur cœur.

A ces délicatesses, à ces aspirations de dé-

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vouement, sans doute, on peut donner plus d'un aliment solide. Mais il n'en est point de comparable à Jésus lui-même ! voilà le Pain supersubstantiel, du cœur, de l'âme.

ii ftudrait sa- En restreignant un peu la plainte qu'on va

rjir leur ° f . * ^

dire .• Voilà hre, qui n en avouera le bien fondé ? « On con-

Jésus ! x

fond la plupart du temps la religion avec différentes pratiques recommandées par tel ou tel : on impose à tous mille recettes diverses, qui peuvent convenir à ceux qui les ont inventées, mais qui ne sauraient pour cela être du goût de tout le monde. On ne veut pas de chrétien qui ne soit tiré à quatre épingles : on le surcharge d'examens particuliers, de dévotions interminables, de véritables manies parfois, au lieu de lui dire simplement : Voilà le Christ, en lui vous trouverez tout ; étudiez-le, allez droit à lui ; il est la Vérité et la Vie, qui seules peuvent vous rendre heureux, il est la Voie qui vous y mènera. C'est pour cela principalement, parce qu'on ne ne sait plus tourner les hommes vers le Christ, L-idèai°*Mo- que les homrj^s ne savent plus ce que c'est de P. i-o. (( se réjouir en Dieu* ».

Jésus qui Voilà le Christ ! » Voilà Jésus ! le voilà

-veut lier avec

TOl,s. dans le culte de l'Eglise, partout vous pouvez

une divine amitié.

l'y voir.

Voilà Jésus dans le saint Tribunal, c'est luimême qui vous absout et vous console : oubliez l'homme, \uyez Dieu.

LE PRÊTRE AIME LES ENFANTS. 3yi

Voilà Jésus quand vous communiez. C'est lui dans son Cœur de chair si pur et si saint, dans son Ame, clans sa Divinité ; il vous nourrit, vous abreuve avec sa Personne tout entière, et vous donne toutes ses grâces.

Il veut être avec vous en toutes vos peines, et aussi dans toutes vos joies, dans tous vos travaux.

Vous ne pouvez rencontrer d'ami comme lui. 11 vous a aimé avant que vous l'aimiez, et si, à certaines heures, vous avez cessé de l'aimer, lui vous aimait encore.

Personne ne vous écoute comme lui, personne ne compatit comme lui à vos peines.

Jésus est le vrai, le fidèle Ami avec lequel on doit se lier pour jamais, avec qui l'on s'embarque pour toute cette vie et pour l'éternité.

Beaucoup de femmes n'ont pas su, jeunes filles, qu'elles pouvaient ainsi aimer Jésus comme l'incomparable Ami. Elles n'ont pas su lui parler, à lui. Elles ont communié, mais elles n'ont pas compris quelle communion d'âme, quelle communion de cœur, quelle communion de vie, la Communion sacramentelle devait produire entre elles et Jésus.

Le péché ne leur est pas apparu comme une offense de l'Ami divin qui commande. Ellesn'ont pas saisi dans son rapport avec Jésusr comme une négligence, une indélicatesse, comme

un commencement d'infidélité, la mondanité; des divertissements qui profanent ou menacent de corrompre le cœur, quand aucune vraie nécessité, aucune sérieuse convenance ne les imposent ; des intrigues, des méchancetés qui n'ont rien à voir avec la vérité, la charité, la justice chrétiennes.

A qui la faute si Jésus trouve si peu de place dans toutes ces vies ? En partie à nous : nous n'avons pas su évangéliser à ces âmes la vie chrétienne comme une amitié avec le divin Sauveur.

Est-ii un au- ]\ nous semble aussi que beaucoup de jeunes

tre moven x m *

pour les gens seraient capables d'être saisis par cette

jeunes gens o j. ■«■

catholiques15^ idée, et que si un bon nombre se lancent dans le monde avec une piété ou même une foi en détresse, c'est que, au saint Tribunal ou dans les instructions, nous n'avons pas su les mettre en relations directes et habituelles avec Notre Seigneur.

Jésus est pour eux, sans doute, une grande idée, un grand souvenir, il n'est pas un ami, le meilleur de tous, le plus présent, le plus attentif, le plus tendre et le plus aimant, qu'ils doivent chérir de toute leur âme, en même temps que l'adorer.

Frappez les jeunes gens de cette idée : ils seront plus fermes dans le devoir et la pureté, plus pénétrés de regret après une faute, ils se

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relèveront plus vite et mieux. Avec ce régime, si j'ose dire, de l'amitié intime avec Jésus, on fera surgir parmi eux quelques saints, et tout au moins des amis fidèles, capables pour lui de tous les dévouements. Pourquoi ? Parce que le dernier mot de la pureté, de la vertu, de la sainteté, est dans le Cœur, dans la Personne infiniment chère de Jésus !

Quel jeune homme droit et généreux pourrait entendre, sans que tout son être en vibre, ce cri de Lacordaire, qui soulevait l'auditoire de Notre-Dame ?

« Il y a un homme dont l'amour garde la tombe ; il y a un homme dont le sépulcre n'est pas seulement glorieux, comme l'a dit un prophète, mais dont le sépulcre est aimé. Il y a un homme... qui chaque jour renaît dans la pensée d'une multitude innombrable d'hommes ; qui est visité dans son berceau par les bergers, et par les rois lui apportant à l'envi, et l'or et l'encens, et la myrrhe. Il y a un homme dont une portion considérable de l'humanité reprend les pas sans se lasser jamais, et cjui, tout disparu qu'il est, se voit suivi par cette foule dans tous les lieux de son antique pèlerinage, sur les genoux de sa Mère, au bord des lacs, au haut des montagnes, dans les sentiers des vallées, sous l'ombre des oliviers, dans le secret des déserts. Il y a un homme mort et enseveli,

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dont on épie le sommeil et le réveil, dont chaque mot qu'il a dit vibre encore et produit plus que l'amour. Il y a un homme attaché depuis des siècles à un gibet, et cet homme, des millions d'adorateurs le détachent chaque jour de ce trône de son supplice, se mettant à genoux devant lui, se prosternant au plus bas qu'ils peuvent sans en rougir, et là, par terre, lui baisent avec une indicible ardeur les pieds sanglants. Il y a un homme flagellé, tué, crucifié, qu'une inénarrable passion ressuscite de la mort et de l'infamie, pour le placer dans la gloire d'un amour qui ne défaille jamais, qui trouve en lui la paix, l'honneur, la joie et jusqu'à l'extase. Il y a un homme poursuivi dans son supplice et sa tombe par une inextinguible haine et qui, demandant des apôtres et des martyrs à toute postérité qui se lève, trouve des apôtres et des martyrs au sein de toutes les générations. Il y a un homme enfin, et le seul, qui a fondé son amour sur la terre, et cet homme, c'est vous, ô Jésus ! Vous qui avez bien voulu me baptiser, me oindre, me sacrer dans votre amour, et dont le nom seul, en ce moment, ouvre mes entrailles et en arrache cet accent qui me trouble moi-même, et que je ne • i9« confe- me connaissais pas*. »

ire-Dame. Et cet homme est Dieu, et il est mon Ami !

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Tout le monde a besoin d'une religion, d'une Religion per-

c' sonnelle,

piété personnelle, pour être saisi jusqu'au fond p^uSSi <ie l'âme. \<B£

Tant que la religion n'est pour nous qu'une ,xJeunesaffaire d'observances, de commandements, de défenses, de sacrifices, elle n'a pas sur nous une prise complète.

Il nous faut quelqu'un, il nous faut Notre Seigneur. Et la preuve c'est que Dieu l'a mis là, au centre de tout, comme l'âme de la religion, de la piété. Mais si tout le monde a besoin d'une religion concrète, vivante et personnelle, les enfants, petits et grands, en ont plus besoin que les autres.

Aussi Dieu leur a-t-il donné Jésus enfant, Jésus jeune homme.

Mais si nous n'avertissons et n'éclairons lesenfants et les jeunes gens, ces mystères souvent ne seront pour eux qu'une apparition intermittente, quand Dieu veut qu'ils soient la réalité la plus vitale et la plus constamment présente.

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