‹ Le prêtre intimeChapitre 118 sur 191 · LE PRETRE ET LES PERSONNES MARIEES · texte numérisé non relu

LE PRETRE ET LES PERSONNES MARIEES

L'amitié de

est dans un ordre transcendant

Est-ce que l'état ..du mariage chrétien peut

empêcher, diminuer, gêner l'amitié d'une âme

rait avec Jésus ? Ce serait folie ou inintelligence de

contrarier un °

le penser. L'amitié de Jésus, plus vraie et plus

intime que toute autre amitié, est transcendante,

elle se meut dans un ordre supérieur et ne

vraie des saurait contrarier une amitié commandée par

amour commandé \>nv lui; mais au

contraire cette divine

amitié et l'amitié

époux sa.- .

dent Tune 1U1 l'autre.

Quand on cultive cette divine amitié, elle ne peut que rendre plus parfaite l'intimité avec l'époux ou l'épouse de la terre, inspirer plus de respect, de dévouement, de tendresse.

Mais à son tour, l'union entre l'époux et l'épouse peut être, aux yeux d'une âme de foi, le signe et l'auxiliaire qui excite et aide l'amitié avec Jésus.

Dieu, Jésus, n'est jamais un rival. Et loin d'en être jaloux, il faut toujours le bénir comme Celui dont l'amitié, si elle est fervente du. côté de l'âme, met dans le mariage, avec plus de grâces, plus de bonheur.

Mme de Sonis se plaignait quelquefois à son mari héroïque de ce qu'il restait trop longtemps à l'église devant Notre Seigneur. — « Il ne faut pas, lui répondait-il, être jaloux de Jésus. » Personne, en effet, n'apprend comme lui à aimer vraiment son épouse ou son époux. Personne ne console comme lui. Personne n'aide comme lui à la fidélité, au 'dévouement, à la constance.

Sans doute bien des âmes pourraient prendre cf"® jjfdede quelque chose de ces idées. Mais il en est qui J^V^uS peuvent en vivre pleinement, et c'est la sainteté : lilisTiu M voir Jésus toujours auprès, au-dessus de la personne qu'on doit aimer uniquement.

Qu'on ne parle pas ici de mysticisme, c'est du simple catholicisme. Jésus n'habite- t-il pas toujours au Tabernacle? Jésus n'habite-t-il pas, par la grâce et la charité, dans notre âme ? Et la grâce, la charité, même la plus élémentaire, ne se définit-elle pas une amitié avec lui ? Il n'est

mysticisme.

que de l'appliquer et de la développer selon son état.

Aussi bien, que d'âmes, dans le mariage, ô Jésus, par votre intimité, vous avez faites beaucoup plus tendres et dévouées, beaucoup plus patientes, beaucoup plus confiantes dans la Providence, délicates et fortes, ingénieuses, vigilantes, persévérantes dans la formation chrétienne de leurs enfants, sachant amener à vous tôt ou tard l'âme qui devait leur être la plus chère au monde !

LES PERSOX^ES NON MARIEES

Le célibat Mais il est des âmes qui, dans le cloître ou

voulu pour

Lieu plus ^r- dans le monde, vivent hors du mariage et veulent

fait que le ' c>

mariage. Jeur ^^ p0Ur DieU.

Nul doute que, choisi ou accepté pour Dieu, le célibat ne soit plus parfait que le mariage.

C'est qu'alors Fâme peut être toujours directement occupée de Dieu, vivre immédiatement pour lui.

plus Combien un tel état peut devenir plus par- •fedmuMr4 fait, plus consolé, plus facile, si l'amitié réflé-

que l'amitié . .

dessus, chie, intime, avec Jésus, 1 anime !

Jésus, voilà, se dit cette âme solitaire dans la

vie, Celui que je veux pour mon partage unique, définitif, éternel.

Je trouve en lui toute perfection divine, et toute perfection créée. Je trouve en lui beauté suprême, intelligence magnifique, cœur non moins magnifique, immortalité la plus, glorieuse, divine éternité.

A lui mon cœur, je suis sûr d'avoir le sien.

Que faisons-nous en pressant les âmes d'être attentives à cette idée, qu'appuyer sur l'idée de toute la Tradition ? « Le célibat pour Dieu » ? Méditez, appliquez cette idée : elle veut dire évidemment que Ton a choisi ou que Ton accepte le célibat pour les intérêts de Jésus, mais aussi, et en définitive, toujours, pour sa Personne, pour sa Personne aimée, adorée, servie comme F Ami par excellence.

Pour elle sommeil ou veille, travail ou prière,

relations ou solitude, souffrances, ou joies

pureté, charité...

Mais, dira-t-on, cela est vrai pour ceux qui choisissent librement le célibat pour Dieu. N'en est-il pas autrement de ceux qui le subissent ? Des disgrâces de plus d'une sorte peuvent empêcher le mariage, et le veuvage peut le briser. Le célibat forcé au premier coup, mais accepté avec amour pour Dieu, n'est nullement exclu des bénédictions spéciales de Dieu si on

Tanime par l'amitié de Jésus, si on en profite pour ce service immédiat de Dieu que loue le Concile de Trente ?

Sans méconnaître l'excellence objective des choses, ne puis-je pas dire que Jésus a des préférences, des complaisances particulières pour ceux que les disgrâces de la nature, ou de la fortune, ou de la mort, forcent au célibat ? Il se lie plus volontiers avec ce qui souffre, avec ce qui est infirme, pauvre, dédaigné../

Il n'y a qu'à faire de nécessité vertu. Dieu vous impose de le prendre pour unique partage, qu'il soit béni !

Voilà ce que nous devons aimer dans les âmes qui choisissent ou subissent saintement le célibat : le service immédiat de Dieu.

Et nous devons, nous prêtres, d'autant plus l'apprécier et l'aimer que c'est notre état : Deo, cui servire regnare est, famulari oportebit, nous dit le Pontifical : servir Dieu sans que la créature s'interpose, vous préoccupe, vous absorbe : voilà la forme la meilleure de la vie dans le cf. i cor., rovaume de Dieu : Cui servire regnare est*.

combien je- Ainsi Jésus illumine-t-il la vie, dans ses divers

sus par cette .

idée de son état s providentiels.

amitié illu- x

féSiteétoti* Qu'elle est différente selon qu'il est absent,

ou qu'il est là toujours présent comme ami !

Il fait bien mieux que d'y répandre la lu-

ferent* états de la vie.

celle i U'e.

mière, il y répand la consolation, le bonheur, tonte vertu.

Heureux les apôtres de cette idée ! Ne sont-ils Heureux i«

x t apôtres rte

pas les apôtres de son Cœur ? Ils lui font un suprême plaisir. Et ils peuvent mieux que d'autres toucher, gagner les âmes.

Objectera-t-on que les âmes capables de cette idée d'amitié, d'intimité avec Jésus, sont une élite ? Mais le prêtre doit précisément se préoccuper de former une élite. Il ne fera jamais un grand bien dans une paroisse sans cette préoccupation dominante.

Et vous n'avez pas de moyen plus sûr de former ou d'augmenter une élite que Jésus présent dans la vie comme Ami.

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