CERTAINS ACTES DE L'AMITIE DIVINE. [\2~J
nent à notre infirmité : notre Ami divin n'avait pas, en. effet, besoin de lire, il n'avait point à examiner sa conscience : deux choses bien nécessaires pour nous. Mais comme il se livrait à ce que nous appelons Foraison ! Et nous voulons Fimiter dans cette intimité divine.
La sainte Messe et l'Office divin restent à objectivement nos
leur place d'excellence incomparable. La sainte "jJ£c28Jîa Messe est l'œuvre et la prière de Jésus plus ÏJÏÎÏÏSJ encore que la nôtre. lie Bréviaire est la prière roï^diiii, de l'Eglise plus que la nôtre. Tout cela demeure piu^dé'^"»-
taïK'lli.
vrai. Mais les exercices particuliers ont plus de spontanéité, et la spontanéité en amitié est précieuse, et comment douter que Jésus n'y attache un grand prix ?
Aussi bien, ces exercices divins, Messe et combien iis
' ' sont necessai-
Bréviaire, deux soleils de la vie sacerdotale, ""W-
■ menu- de la
seront-ils vite dans la brume ou dans la nuit, si $££%& des efforts personnels ne viennent réveiller tous les jours les spontanéités de l'âme fervente.
J'en appelle à S. S. Pie X : relisez son Exhortation an clergé, vous verrez avec quelle insistance il parle de l'oraison, des lectures de piété, de l'examen du soir. 11 ne fait que mentionner la sainte Messe et l'Office divin qu'on ne songe guère à omettre, et il constate que la cause des négligences, des tiédeurs à leur endroit, c'est l'infidélité à la méditation et, à ce qui la nourrit.
Que des exercices par eux-mêmes moindres
en excellence soient ainsi cependant nécessaires à d'autres actes infiniment précieux, une comparaison du plus simple bon sens peut aider à le comprendre : on vous a confié des fonctions extrêmement graves, — telle une campagne militaire à commander ; — pour les remplir, il faudra vous soutenir par une nourriture substantielle. A qui viendra-t-il à Fesprit de comparer pour l'importance vos repas à vos fonctions ?
Telle est la pensée de V Exhortation au clergé quand elle insiste très fortement sur trois repas essentiels de l'âme : l'oraison, la lecture de piété, l'examen du soir, sans lesquels les fonctions sublimes de la Messe et du Bréviaire se feront médiocrement ou mal.
« Jadis imprégnés de l'onction sacerdotale toute récente, des prêtres se préparaient avec soin à l'Office, pour ne pas ressembler à des hommes qui tentent Dieu ; ils choisissaient les temps les plus propices et les endroits les plus silencieux ; ils s'appliquaient à scruter les divines révélations ; ils louaient, ils gémissaient, ils tressaillaient, ils se répandaient en prières avec le Psalmiste. Et maintenant comme ils sont changés !
« De même ils ne gardent presque plus rien de cette piété vive qu'ils éprouvaient pour les mystères divins. Qu'ils étaient aimés alors, les
CERTAINS ACTES DE L? AMITIÉ DIVINE. l\2q
tabernacles ! Leur cœur palpitait de se trouver
à la table du Seigneur et d'y attirer un nombre
croissant d'âmes pieuses. Par quelle pureté,
par quelles prières, leur âme remplie de désirs
se préparait à la Messe ! Avec quel respect ils
la célébraient en observant dans leur intégrité
majestueuse ces augustes cérémonies ! Quelles
expansions affectueuses dans Faction de grâces
et quelle heureuse effusion du parfum du Christ
sur le peuple î... Rappelez-vous, Nous vous en
supplions, bien-aimés Fils, rappelez-vous... ces
jours d'autrefois * : votre âme brûlait alors, '//,/„■., x,i.\
nourrie des ardeurs de la sainte méditation * . » 's.s.piex:
Exhort. J/n-
S'il n'y a pas dans une vie sacerdotale le re^^0, cœur à cœur spontané de l'oraison avec l'Ami divin, comment l'espérer dans le saint Sacrifice et dans l'Office divin ? « Ce qui surtout établit et maintient le prêtre... dans cette union pour ainsi dire naturelle avec Dieu, c'est la pratique tutélaire de la méditation quotidienne *. » aiSîtt.