COMMUNIQUE SON SACERDOCE
i Entre le prêtre et un honnête homme quelconque, il doit y avoir autant de différence qu'entre le ciel et la terre. »
(Pie X : Exhor. Hœrent animo, alinéa 14.)
Au prêtre, son ami très particulier, Jésus communique son Sacerdoce,
Ainsi, parmi tous les biens divins, que nous u sacerdoce
v 1,1 . de Jésus,
esquissions tout a 1 heure, et dont 1 horizon est si centre
*■ •' des biens
prodigieusement riche, il en est un plus précieux divinset plus riche qui les implique tous, c'est comme le cœur du monde surnaturel. Et tout, en fait, regarde ce centre de la vraie vie : le Sacerdoce de Notre Seigneur.
En vous-même, ô Jésus, ne puis-ie pas dire Que En Jésus,
' o i tout, en fait,
tout est orienté vers votre Sacerdoce et votre est pour
son >acer-
Sacrifïce ? Ainsi Ta voulu votre amour et docel'amour de votre Père.
Et n'est-ce pas là aussi le but suprême de tout M TODl
* * dan-- le monde
dans le monde et en nous ? Dans le monde, Dieu et e"s"ous n'a-t-il pas visé toujours son Fils, Jésus prêtre, po^ Jésus dans l'acte suprême des communications divines : Jésus rachetant le monde par le Sacrifice ? Et en nous, prêtres, comment le Sacerdoce ne serait-il pas le but de tous les dons divins ? D'où vient que tous les biens surnaturels, médités tout à l'heure, prennent dans votre pensée, ô Jésus, vis-à-vis de votre prêtre, un car tère à part ? c'est que vous deviez lui communiquer votre Sacerdoce, c'est qu'en le créant, tous le voyiez comme votre futur prêtre, c'est que, en
vous incarnant et en mourant pour tous, vous vouliez faire de lui l'associé le plus zélé et le plus puissant de votre œuvre rédemptrice, c'est qu'en le sanctifiant vous voyiez en lui le sanctificateur des âmes.
Par la communication que vous lui faites de votre Sacerdoce, vous le placez entre le ciel et la terre, entre Dieu et l'homme, au point de jonction des dogmes et de la vie, des relations humaines et des relations célestes, aux sources de la grâce et de la gloire. C'est là que je dois le voir toujours : que ce prêtre, ce soit moi-même ou que ce soit un autre. Est-il vue qui puisse mieux nous encourager à mener une vie plus sainte et plus généreuse, plus zélée, à remercier, à prier..., à se dévouer ?
• Cf. I.E CARACTERE SACERDOTAL .
L'Homme
Intime, t. III, pp. 348 et s.
fit™- Être prêtre, nous dit saint Thomas, est la
de par Dieu * . .,
intermédiaire même chose que d être divinement place entre
entre le ciel A . . . ,
etvoiîre' Dieu et *es hommes Pour la réconciliation du ie prêtre. cjej et ^e ja terre, pour la restauration de l'alliance, de l'amitié entre les pécheurs que nous sommes et l'infinie Majesté, l'infinie Sainteté qu'est Dieu. « A proprement parler, l'office du
Sacerdoce c'est d'être l'intermédiaire entre Dieu et le peuple, en tant que le prêtre donne au peuple les biens divins*. » >suà.
Un intermédiaire entre Dieu et moi ! Voilà q 3, 11 \\
bien une des idées auxquelles l'orgueil est le plus hostile : « Si je prie et adore, j'entends que ma prière et mon adoration aillent droit à Dieu sans passer par personne ; je ne veux pas charger un tiers de mes hommages ou de mes requêtes. »
Tout de même, croyez-y, n'y croyez pas : les choses sont et demeureront telles que Dieu, dans sa sagesse et sa toute-puissance, les a voulues ! Et il a voulu des intermédiaires entre lui et nous, non pas pour faire écran aux relations, mais, au contraire, pour ouvrir plus faciles et plus grandes les voies entre le ciel et la terre.
Et c'est vous, ô Jésus, que j'adore comme le , fegrami
7 * J Intermédiaire
grand Intermédiaire. Qui ne veut point passer par" vous n'arrivera pas à votre Père ni au ciel. Et pour que vous soyez constitué l'indispensable Intermédiaire entre Dieu et fes hommes, il n'est point besoin en vous de ca tère sacerdotal. Fils de Dieu, votre carai sacerdotal c'est votre Incarnation. Vous sacré, pour l'éternité, prêtre par ce o Aussitôt fait homme, vous êtes de droit ef de fait Médiateur d'adoration, d'action de de prière, au nom du monde pour lequel
OU Piètre.
vous êtes incarné, au nom du Père avec qui vous êtes consubstantiel. Et vous avez voulu être, en même temps, Médiateur d'expiation pour nos péchés. Mais expiation dit souffrance, vous voulez donc être médiateur, prêtre par le Sacrifice. intermédiaire Que dis-je ? Ce caractère de sacrifice est telle-
ou Prêtre ^- J
. p" ment le caractère dominant de votre médiation
le Sacrifice.
et de votre amour que même votre médiation d'adoration, d'action de grâces, de prière, c'est par le Sacrifice que vous voulez l'exercer. Et vous avez si bien uni la médiation et le sacrifice que nous entendons d'abord par le prêtre l'homme du Sacrifice. Un prêtre c'est celui qui adore, remercie, prie, implore propitiation, par le Sacrifice, dont toute la vie est orientée vers le Sacrifice.
Ainsi en fut -il en vous, Prêtre adorable. Le Sacrifice s'est emparé de tout dans votre vie : dans votre vie de Bethléem, de Nazareth, de la Galilée, de la Judée, comme dans votre vie de l'Autel et du Tabernacle.
Jésus Aucun homme ne saurait par lui-même entrer
des hommes dans ce rôle d'intermédiaire, de prêtre, par le
particulière-
JTdPini divin Sacrifice. Et si ceux qui repoussent des intermédiaires entre Dieu et nous voulaient dire seulement que personne ne peut prétendre, sans une mission divine, à ce rôle, ils n'auraient pas tort. Leur tort et leur erreur est d'oublier que Jésus, Médiateur de droit et par nature, peut
aimés de lui à ce rùle d'Intermédiaire
ou de Prêtre
lion,
c'est l'amitié
qu'il
veut avoir
avec le piètre.
JÉSUS NOUS COMMUNIQUE SON SACERDOCE. 3j
faire participer et veut faire participer par grâce des hommes à sa Médiation, à son Sacerdoce.
Pourquoi, ô Médiateur, Prêtre adoré, nous communiquez-vous votre rôle de Médiateur ?
Assurément, c'est pour que le culte de votre l'°e ««» Père puisse s'exercer toujours et par toute la ^^"j6 terre, autour de mille et mille autels ; c'est pour que les âmes puissent trouver partout des apôtres qui en son nom les éclairent, les sanctifient. Mais je ne veux pas oublier une autre raison infiniment touchante.
Cette communication de votre Sacerdoce, c'est par amitié à mon égard, ô Jésus, que vous l'avez voulue pour moi. Parmi les hommes, souvent on choisit des instruments — pour la politique, pour la guerre, pour la diplomatie... — sans les aimer, ni tenir à leur amour. Pour vous, ô Jésus, il n'en est jamais ainsi. Jamais vous ne traiterez un homme, — à moins qu'il ne vous y contraigne, — comme un instrument seulement matériel. Vous l'aimez et vous voulez être aimé de lui dans la mesure où vous l'honorez et lui confiez vos pouvoirs et les âmes. Ces deux choses vont ensemble, pour vous : un rôle sublime qui dép tout ce "que les anges pourraient désirer — une amitié à part, à laquelle ne pourraienl mal ur< ment prétendre les plus élevés des ang
Par là même que je suis prêtre, je suis donc aimé de vous, ô Jésus, de la manière la plus
Il ne nous communique
pas
ses pouvoirs
seulement
par
nne parole,
mais
particulière. Et s'il se pouvait, je devrais vous aimer comme vous m'aimez. Cela dépasse infiniment mes forces, mais je veux élever de mieux en mieux vers vous mon amour et mon cœur. Et je le puis, car par le Sacerdoce, tous les jours, il faut monter vers le ciel.
Dans la célèbre vision de Jacob à Béthel, estce que l'Échelle mystérieuse n'est pas votre Humanité, votre Sacerdoce ? Et que sont les anges qui montent et descendent, sinon les prêtres, portant, grâce à votre Sacerdoce, les prières, les adorations, et les âmes elles-mêmes, à Dieu, et rapportant à la terre les bénédictions divines ?
0 prêtres, si notre amour se traîne terre à terre, comme celui de bien des âmes que nous avons à élever sur cette Échelle mystérieuse, nous ne sommes pas dignes de l'amitié de Jésus. Il nous veut vivant avec lui, en lui, entre ciel et terre, et jusque dans le ciel par la pensée et l'amour. Il nous veut, toujours, par nos dispositions circulant sur ces échelons divins et atteignant leur sommet. Il nous veut, toujours, en relations ou en contact avec le ciel, en attendant que son amitié nous y introduise définitivement.
Et il ne nous fait pas seulement participer à son Sacerdoce par un de ces mots qui ne passeront jamais, tandis que le ciel et la terre doivent passer. Ce serait déjà un immense honneur.
JÉSUS NOUS COMMUNIQUE SON SACERDOCE. 3g
Non, mais il nous marque d'un signe divin. Le Par ^J**08
caractère sacerdotal n'est pas une couronne, ou . im',1,;im,: .
l ' dans 1 ame :
un pectoral d'or portant sur douze pierres pré- ^Solai6
cieuses le nom des tribus d'Israël *, mais une mar- ■ i