IX
que divine imprimée dans l'âme.
Et je songe que ce caractère me vient de l'amitié de Jésus.
Sans doute il est en lui-même une pure puis- Ce ™nf*°
11 et lamitie
sauce physique, qui demeure dans les damnés, de Jesusencore qu'elle ne doive s'exercer qu'ici-bas : puissance de consacrer la Chair et le Sang de Jésus, puissance de baptiser (accordée aux autres par bonté envers l'âme qui a besoin du baptême et non par amitié pour celui qui le donne, car ce peut être un pécheur, un infidèle), puissance d'absoudre...
Cette puissance est en même temps un signe qui distingue le prêtre des anges, et du reste des hommes. Puissance et signe divin : le caractère est conféré au prêtre dans l'intérêt des âmes; elles sauront quel est celui qui doit au nom de Dieu leur donner les trésors divins.
Mais j'oserais dire, ô Jésus, que c'est votre amitié plus encore que votre puissance qui l'imprime en nous. « Te voilà prêtre pour l'éternité, semblez-vous me dire, et je mets en toi le Bigne, le sceau de notre amitié. Un Fois imprimé en ton âme, ce caractère sublime ne sera jamais effi tant mon amitié entend être fidèle, tant j»' veux
faire à mon ami particulièrement aimé un don sans repentance.
combien On parle beaucoup d'égalité. A ce trop fameux
ie principe . . .
■régulé principe il est des exceptions essentielles. Par à cet endroit, exemple, dans Tordre naturel, le père et le fils en tant que tels, ne seront jamais égaux... et, dans l'ordre surnaturel, jamais le prêtre et le laïque en tant que tels ne seront égaux. Jamais celui qui n'a pas reçu le caractère sacerdotal ne pourra offrir le divin Sacrifice, ni absoudre, ni même faire une goutte d'eau bénite...
Puissions-nous, supérieurs que nous sommes par le caractère et la grâce du Sacerdoce, être
nous devons A , *• A f
ambitionner supérieurs par 1 amour! Que ce soit la, o Jésus, notre grande ambition, bien plus que de faire des miracles qui seraient, du reste, choses bien inférieures à nos actes sacerdotaux de tous les
Une
supériorité que
tout.
jours.
•Cf. LA GRACE SACERDOTALE*
L'Homme
Intime, loc. cit., pp. 359...
Pour ce rôle Pour vivre à la hauteur d'un pareil rôle, pour
sublime. .
gr.-.ce propor- exercer saintement ces pouvoirs sublimes, le
tionnée.
prêtre reçoit, en même temps que le caractère, la grâce sacerdotale. D'après saint Thomas et les plus grands théologiens, cette grâce ne con-
JÉSUS >'OUS COMMUNIQUE SON SACERDOCE. 4l
siste pas seulement dans un état de vie particulièrement sacré, où nous sommes constitués par Dieu et qui réclame des grâces actuelles spéciales. Dieu ne veut pas se borner à nous encadrer dans une situation réservée et à nous y aider par des secours purement transitoires. La grâce sacerdotale est quelque chose de fixe qui pénètre notre âme pour y demeurer et la transformer profondément.
Elle est une forme et une vigueur spéciales que prennent dans le prêtre, par l'ordination, la grâce sanctifiante, les vertus divines et les dons du Saint-Esprit. C'est donc, en somme, comme une divinisation à part du prêtre, appelant des secours actuels à part aussi. Et notons bien que cette forme et cette vigueur spéciales modifient en lui, autant que les autres vertus, la charité, c'est-à-dire l'amitié divine.
En profitant de cette grâce, non seulement je si je profite *- . '"cn
serai digne, — et c'est magnifique à penser, — ^ïXfF*0*
je serai digne de célébrer le saint Sacrifice, digne iesd7cles
de recevoir et de donner l'Eucharistie, digne de 'y
baptiser, digne d'absoudre..., digne de prêcher
Jésus ; mais ce qui peut me toucher plus encore : je serai digne même de l'amour de mon Ami adoré. Pendant que son amour me charge d'accomplir les actes les plus sublimes plus saints, mon amour peul répondre à son amour, aussi bien que son Cœur le d< -ces
J'en
suis digne
même
dans les actes
les plus
ordinaires.
actes, en vrai ami de Jésus, en ami digne de lui. Que cela est grand !
Mais si je le veux, cela est vrai même pour les actes les plus ordinaires. La charité que le Pontifical appelle caritas sacerdotalis : la charité théologale, l'amitié divine, grâce à cette vigueur spéciale que lui donne l'ordination, et qui va sans doute à augmenter et à perfectionner notre horizon, peut s'étendre à tout : à toutes les relations avec les âmes, à toutes les relations directes, ou, par les choses, avec Dieu.
Tout dans la principale de ces communications de Jésus vise l'amitié particulière
entre lui et le prêtre.
J'admire extrêmement, ô Jésus, de vous voir confier à vos prêtres de si étonnants pouvoirs. Mais ce que je n'admire pas moins, c'est que vous vouliez nous faire entrer, dans la même mesure, en votre intimité.
C'est que tout, dans vos vues, soit pour l'amitié particulière que vous daignez lier avec nous.
C'est que le caractère, cette marque indélébile, cette puissance sublime, imbibée, imprimée pour jamais dans mon âme, soit une invitation permanente à un amour qui doit durer toujours. Je veux, me dites-vous par là, que tu consacres mon Corps et mon Sang ; mais je veux en même temps que ce sublime ministère soit affaire d'amitié entre toi et moi...
Ce que j'admire encore, c'est que précisément, afin que je puisse vous aimer de l'amitié la plus
particulière, vous donniez par la grâce sacramentelle, à la grâce habituelle, à toutes les vertus, en particulier à la charité ou divine amitié une vigueur spéciale, et que vous me prodiguiez sans cesse des secours actuels pour en user parfaitement.
Si je laisse s'écouler des jours, ou des heures, sans pratiquer la divine amitié, je serai en défaut avec mon caractère sacerdotal toujours présent là, comme un signe qui m'avertit d'aimer Jésus souverain Prêtre et mon Ami; je serai en défaut, avec la grâce sacramentelle tout orientée vers la charité ou amitié avec Dieu; je serai en défaut, ô Jésus, avec vos vues les plus particulières, avec vos désirs les plus intimes et les plus ardents, avec votre amour le plus tendre et le plus dévoué.
Enfin, je ne veux pas oublier que, dans ces communications que vous me faites, ô Jésus, de votre Sacerdoce, du caractère sacerdotal, de la grâce sacerdotale, c'est toujours vous au fond qui vous communiquez. C'est votre Personne qui se donne, c'est mon Sauveur que je reçois, c'est l'Ami même, sous ses dons les plus précieux.