Des auteurs préfèrent ici le mot : înspiratioi
d'union
à Dieu et L'Etat mystique,
par
le ch. S
DRIAO
. \mati.
sens mystique perçoit immédiatement, avec les choses divines, Dieu lui-même : comme nous touchons une orange avec la main, comme nous en voyons la couleur par les yeux, comme par le goût nous en percevons la saveur... Il y a, disent-ils, entre les états mystiques et Fétat ascétique la même différence qu'entre Fétat de celui qui goûte un fruit et Fétat de celui qui ne le connaît que par l'abstraction ou le témoignage. Cette comparaison, assez usitée parmi les mystiques, exprime d'une manière saisissante la supériorité des effets que produit une action spéciale de Dieu ; mais ce serait en abuser que de conclure à une perception immédiate de Dieu en cette vie. L'enseignement commun est, il nous semble, très prononcé contre cette perception immédiate de Dieu, sauf peut-être à Fégard de Moïse, de saint Paul dans leur vision, et surtout de la Très Sainte Vierge à certains moments plus graves1. A priori, Fétat mystique, dira-t-on, pourrait-il consister dans une intuition divine ? Sans doute. Mais en fait, d'après la doctrine traditionnelle, il n'en est pas ainsi. On dit : la per-
1. Un point communément admis du dogme sur la sainte Humanité implique — il nous semble — cette doctrine d'une manière décisive. Qu'est-ce qui, dans l'Ame de Notre Seigneur répond à la mystique des saints ? Evidemment ce n'est pas la science béatifique, mais la science infuse. Or vous ne trouverez pas un seul théologien marquant admettant que la science infuse de Notre Seigneur perçoive Dieu.
DOCTRINE ASCETIQUE ET MYSTIQUE. IOI
ception de Dieu se produit en mystique par une espèce { , au ciel sans espèce. Cette idée ne fait que redoubler la difficulté, car le commun des théologiens admet que Dieu ne peut être perçu par une espèce et que c'est l'essence divine infiniment actuelle qui en tient lieu au ciel.
Il surgit aussi des questions pratiques difficiles. 1°. — Peut-on parvenir à la grande sainteté sans passer par la mystique, y a-t-il des saints canonisés- qui n'aient pas été mystiques ? L'état mystique continue-t-il si normalement l'état ascétique que l'on ne puisse arriver à la perfection sans passer par l'état mystique ?
2°. — Par exemple encore : la mystique au degré élémentaire est-elle chose rare ou commumane ?
Une raison, en particulier, nous frappe bien fort en faveur de la mystique unitive plus commune :
Puisque les Dons du Saint-Esprit, surtout les Dons de Sagesse et d'Intelligence, visent particulièrement la contemplation de la vérité divine et que toute âme chrétienne possède en elle ces Dons, pourquoi n'entreraient-ils en exercice que rarement et en un petit nombre d'âmes ?
1. C'est encore le propre des sens de percevoir par une espèce, le sens mystique percevra donc aussi par une espèce !
2. Du moins, beaucoup de martyrs ne semblent pas avoir été des mystiques.
Pourquoi Dieu restreindrait-il des effusions qui répondent si bien à sa bonté et à sa richesse ?
Et il faut préparer les âmes de ce côté, écarter les obstacles qui peuvent les empêcher de recevoir, alors que Dieu les veut peut-être pour elles , ces communications spéciales, mais non extraordinaires1.
Avec ce puissant secours de la mystique, les âmes peuvent avancer bien plus vite et bien plus facilement dans la connaissance de Notre Seigneur et dans la pratique de ses vertus.
Bien que la mystique plus élevée soit relativement assez rare, le prêtre doit la connaître, parce qu'il ne veut pas rester étranger aux intérêts les plus délicats de son Ami. Aussi bien, saint Jean de la Croix n'a pas d'expression assez vive pour nous dire le malheur qu'est une direction défectueuse de l'âme en ces états.
Au-dessus de toutes les controverses, que j'aime de placer ce mot très encourageant de M£r Gay : « Vous me demandez ce que c'est que la mystique? La mystique c'est Jésus vivant dans l'âme et l'âme vivant en Jésus. Pas autre chose !»
Que cela se fasse d'une manière ou d'une autre, c'est là la grande affaire : que vous soyez en moi chez vous, et que vous y accomplissiez à votre
1. lia mystique extraordinaire qui ne va pas immédiatement à unir l'âme à Dieu, par exemple celle qui suppose des idées nouvelles infuses, est rare, de l'avis de tous.
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aise, ô Jésus, votre grande œuvre de purification, d'illumination, de sanctification, d'onction, de zèle... et que je vive en vous, en vous, toujours, ô Verbe ; en vous, Sainte Humanité, quand je communie ; en vous, même quand la Communion s'éloigne; en vous, c'est-à-dire sous votre influence qui me poursuit comme le soleil m'investit de ses rayons.
Enfin est-il rien de plus sûr que d'exposer aux âmes la doctrine intégrale, surtout la doctrine sur Jésus ' ? Les âmes ascétiques y trouveront évidemment un grand profit. Il en sera de même des âmes mystiques : parfaitement éclairées, elles présenteront bien plus de prise à Dieu.
Voyez encore de ce chef quelle différence en- i
de toute
tf* le prêtre et le reste des nommes ! Jésus ,<*«
n'a pas d'intérel plus grave, plus nécessaire que
de la vérité dont il veut faire vivre le monde. El il nous choisit pour gardiens de cette vérité divine.
Les plus illustres professeurs, les plus grands génies, laissés à eux-mêmes, n'ont gardé ou cultivé qu'un petit coin de la vérit<- naturelle ; le
1. Au milieu des questions qui demeurent toujours plus ou moins conti il nous a paru d'autant meilleur <H
d'autant plus opportun d'exposer dans nos livi commune de 1'] doctrine co
tique ft morale), k-s âmi mt jamai
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yérité
naturelle connue d"ail-
leuis, mais révélée par Jésus, — vérité purement surnaturelle.
prêtre est le gardien de toute la vérité surnaturelle.
Par le seul fait que la vérité, connue d'ailleurs, est révélée par vous, grand Dieu, qu'elle sort de votre bouche, de votre Cœur, combien elle est précieuse ! La seule Raison aurait dû me dire le précepte de vous aimer, ô Jésus, et d'aimer mon prochain comme moi-même, mais qu'il me touche bien plus proclamé par vous !
Et il est tant de vérités que la Raison ne pouvait connaître : surtout les mystères de la Vie éternelle, infinie, une en trois Personnes ; — de votre vie, ô Jésus, — de la vie surnaturelle de l'âme ! Et vous nous révélez ces mystères, vous nous les confiez. Que nous devons estimer ces vérités et toute parole de vous, Ami infiniment aimable !