‹ Le prêtre intimeChapitre 54 sur 191 · LE PRETRE DOIT CONNAITRE ET DESIRER LA VIE DIVINE VENANT DE JESUS · texte numérisé non relu

LE PRETRE DOIT CONNAITRE ET DESIRER LA VIE DIVINE VENANT DE JESUS

Qu'est-elle en soi cette vie divine ? Ce n'est ce

qu'est en

pas seulement l'angélification, mais la divinisa-

tion des âmes, de leurs facultés, de leurs vies.

Les plus hautes perfections humaines, les perfections bien plus étonnantes des anges, et celles des êtres toujours plus sublimes que Dieu pourrait créer au-dessus des anges existants ne serait jamais que du pur créé, tandis que la vie surnaturelle est du divin.

Ne dites pas que ce sont là choses raffinées, inaccessibles. C'est le fond même du travail de Jésus et du travail du prêtre dans les âmes, le grand objectif de notre zèle.

Déplorable erreur, de croire qu'il est si difficile d'y réfléchir et d'en parler ! Jésus en cinq mots a dit là-dessus des merveilles de simplicité et de profondeur : « Je suis la Vigne, vous êtes les branches*. » Un même soleil éclaire, une même atmosphère enveloppe, une même sève, une même vie animent la vigne et les rameaux ; les fleurs et les fruits seront donc les mèm<

Est-ce que saint Paul croyait dire des choses

vie divine.

Cor..

Gai., ii, 20.

JûA.N. III. 15.

raffinées quand il écrivait : « Vous êtes les temples du Dieu vivant*. » N'y a-t-il pas là tout un monde de grandeur, de sainteté, accessible aux fidèles ?

Croyait-il raffiner encore lorsqu'il s'écriait : « Je vis, mais non, c'est Jésus qui vit en moi*. »

Saint Jean croyait-il raffiner quand il écrivait aux fidèles : « Dieu a tant aimé le monde qu'il lui a donné son Fils unique*. » — « Voyez de quelle charité le Père nous a favorisés : nous nous appelons les enfants de Dieu et nous le

•j.an. m, î- sommes-

La vie

surnaturelle

ou chrétienne nous intéresse bien plus si nous la voyons venir de Jésus, — de Jésus vivant en nous.

Les apôtres jugeaient les âmes de leur époque aptes à saisir ces doctrines, pourquoi les âmes de nos temps ne le seraient -elles pas ? Quel tort est le nôtre de ne pas leur prêcher cette vie divine qui palpite en Notre Seigneur, et veut de son Cœur se répandre en nous toujours plus abondamment !

Il nous serait bien plus facile et bien plus doux de réfléchir à la vie surnaturelle et d'en parler, si nous avions l'habitude de la voir venir de Jésus.

1°. — D'abord elle en vient dans ce sens qu'elle a été méritée, implorée pour nous par lui, qu'elle a été vécue selon sa plénitude et sa perfection en sa très sainte Ame, et que son adorable Humanité est le grand Sacrement, adorable, qui la fait rayonner par les sept Sacrements, ou directement, dans les âmes.

La vie chrétienne est autrement concrète, intéressante, aimable, quand je la vois venir ainsi de vous, ô Cœur de Jésus, comme d'une Source intarissable, souverainement aimante et libérale.

2°. — Je m'intéresse à cette vie, je l'aime plus encore, si je songe que la source en jaillit en moi. Vous n'êtes pas seulement au Calvaire ou au Tabernacle répandant la vie. vous êtes dans notre âme. Avec le Père et FEsprit-Saint vous venez en nous, vous habitez en nous, vous vivez en nous, vous nous faites vivre. Avec eux vous voulez être Source très proche très intime de cette vie que nous devons aimer pour elle, et plus encore à cause de vous. Mais je veux tout à l'heure revenir et appuyer sur cette vérité si délicieuse.

Eh bien, cette vie surnaturelle, venant de Jésus, on la connaît peu. Peut-être nous ne l'étudions guère. Le surnaturel est ignoré. Et cependant nous ne faisons de la besogne catholique que par le surnaturel. Qu'est-ce que la vie catholique, la vie chrétienne au sens propre du mot ? il n'y a pas à sortir de ceci : c'est la vie qui dérive de Jésus, comme, dans la vigne, la vie des rameaux, des fleurs et des fruits, dérive du cep.

Partout où elles se rencontrent, cette irréflexion, cette étude superficielle, cette langueur

On connaît

peu

cette vie

dérivant

de J

et qui pour

cela

s'appelle

:hrvtienne. —

Et c'est notre faute.

l32 LE PRÊTRE INTIME.

à évangéhser le surnaturel, rayonnement vital du Cœur de Jésus, sont indignes de ses vrais et particuliers amis. Et ce n'est pas exagérer que d'y dénoncer une trahison de l'amitié divine : car le prêtre est constitué le gardien de la vie divine.

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