LE PRÊTRE EST LE GARDIEN DE CETTE VIE DIVINE
ce Nous avons salué le prêtre comme le gardien
iXs rendre de la vie de Jésus dans l'Eucharistie. 0 prêtre,
ment si vous gardez la vie eucharistique de Jésus
chère cette
e*rde dans le monde, vous gardez aussi sa vie dans les
de °
la yie divine Amoc de Jésus. cilllf h.
vivant dans les âmes
nous gardons Et ce n'est pas seulement sa vie, mais lui-
Jésus m t ■L
en personne même, qu'ainsi vous gardez.
Il est de foi que le Corps, le Sang, l'Ame, la Personne de Jésus, sont, et sont seuls sous la substance du pain, véritablement, réellement, substantiellement présents dans une hostie consacrée : c'est donc lui-même que nous gardons. Mais il est de foi aussi que Jésus, Fils éternel de Dieu, Verbe, habite dans l'âme en état de grâce. Nous insistons sur cette vérité très belle, très touchante, assez peu remarquée.
Nous aimerons toujours, avec la Tradition des premiers siècles, d'attribuer l'habitation en nous
Avec
la Tradition des premiers
Siècles.
des Personnes divines à l'Esprit-Saint, nous vénérerons, nous adorerons, nous implorerons, nous chérirons l'Esprit-Saint, Hôte de notre âme.
Mais n'oublions pas que le Père habite en nous aussi véritablement que l'Esprit-Saint ; et le u est Fils éternel aussi bien que l'Esprit-Saint et le Père : Christian habitare per fidem in cordibus v est ri s*.
En croyant ainsi que « Jésus-Christ le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles* », le Verbe, habite dans les âmes, est-ce que nous divisons ce qui est un ? Pas plus qu'en attribuant au Saint-Esprit la Sanctification, ou l'Incarnation: c'est le fait des trois Personnes divines ensemble, mais qui appartient, ainsi que la Xature divine, à chacune comme aux trois *.
Et de l'attribuer à Jésus, puisque réellement elle lui appartient, ainsi qu'au Père, dans l'unité avec le Saint-Esprit, n'est-ce pas dans les données de l'amitié entre Jésus et nous ?
Oui, je veux beaucoup songer à cette vérité de foi : ô Verbe, ô Jésus, vous habitez en moi par la charité.
Comme c'est bien au nom de notre amitié pour vous qu'il faut sanctifier les âmes ! C'est vous qui êtes là, c'est vous que j'introduis dans l'âme par le baptême. C'est vous que j'y ramène en absolvant un pécheur. Et par la Communion,
l34 LE PRÊTRE INTIME.
en vous donnant tout entier à l'âme, je rends en elle plus large et plus féconde votre habitation.
Jésus vivant Je reviens en finissant cette Élévation au fait
en .Marie .. .,,. .,,..
Jésus vivant si aimable et si sublime crue 1 admirais en la com-
dans # T- J
lésâmes, mençant : Jésus vivant en Marie. N'est-ce pas le gage, la prophétie, la source d'un autre fait . qui s'accomplit chaque jour dans une multitude d'âmes ? Jésus vivant en nous par la grâce ? La vie de Jésus en moi... : voilà bien la réalité qui doit me toucher souverainement, moi, prêtre, F ami particulièrement intime de Jésus. Et je dois songer que Jésus veut vivre dans une multitude d'âmes et même en toutes les âmes humaines. Jamais je n'aurais eu le droit de dire comme ^Gtn., iv, ». Caïn : « Suis-je le gardien de mon frère* ? » Mais, maintenant que je sais que mon frère, ce n'est pas seulement mon frère, mais Jésus qui vit en lui, ou qui veut, par mon ministère, vivre en lui, comment faudrait-il qualifier l'indifférence, la négligence à l'endroit du plus petit d'entre mes frères, puisque ce serait l'indifférence, la négligence à l'égard de Jésus luimême ? comment faudrait-il qualifier la dureté, l'injustice, la méchanceté envers les hommes, puisque ce serait la dureté, l'injustice, la méchanceté envers mon Sauveur ? Par tout égard, par tout service rendu au prochain, par toute blessure que je puis lui faire, c'est la Personne même de Jésus que j'atteins.