JÉSUS CONFIE AU PRÊTRE SA VIE THÉOLOGALE. I^O
rain Bien, notre Récompense infinie : cet amour ou ia charité. qui s'inspire d'un intérêt surnaturel joue en nous un rôle immense. Mais il est un autre amour qui n'agissait guère sur les cœurs humains, du moins ailleurs que chez la Nation choisie, avant Notre Seigneur, et qui agit depuis sur nous dans une mesure et avec une profondeur admirables : c'est l'amour désintéressé envers Dieu et envers les hommes.
A vrai dire, la vie de Notre Seigneur n'a été /««»•»««
~ de 1 amour
faite que de lumière et de charité absolument deesaInJteesr"'é désintéressée, animant toutes les autres vertus d'un Homme-Dieu. Sa charité aimait sans la
moindre réserve, sans l'ombre d'égoïsme : le Père infiniment aimable, les hommes souvent bien misérables, mais toujours si chéris de Dieu, et qu'il faut tant aimer en lui et pour lui.
Comme le prêtre, qui vit dans un contact si c"est Parde;-
1 7 -1 dessus tout
intime et si particulier avec le Cœur de Jésus, queJ^™0¥aerut doit concevoir et développer en son âme ce co"u" divin désintéressement dans l'amour ! Aussi bien, la vie de foi et la vie d'espérance ne sontelles pas pour cette vie d'amour désintéressé ? Et Jésus ne veut-il pas, par-dessus tout, être notre vie par cet amour : Mihi vivere Chrislus est ?
Avec quel zèle le prêtre tâchera d'en toucher, d'en animer les cœurs autour de lui ! l^tlgré le travail des saints et leurs exemples, c'est un fait
et, par lui aux âmes.
jours renaissant. A lui, aux âmes qu'il inspire, de maintenir, de développer la charité divine au milieu d'un monde qui sait si peu aimer.
l46 LE PRÊTRE INTIME.
que le monde manque de charité, et vit d'égoïsme,
de recherche de soi-même, de haine, d'envie,..
jés^ confie Rôle admirable du prêtre ! C'est à lui surtout
au prêtre le x
rôie ad.ni- de lutter contre cet égoïsme universel et tou-
rable de maintenir
et de développer l'amour désintéressé au
milieu d'un monde
si ég< Même vis-a-vis de Dieu, et je devrais dire,
surtout de ce côté, que le rôle du prêtre est beau : Faire aimer Jésus pour lui-même, parce que c'est lui, parce qu'il est l'infinie Beauté, l'infinie Bonté, l'infini Amour ! Pourvu qu'il soit connu, aimé, loué, quand même je n'en retirerais pas le moindre profit, je serais ravi. Nous pouvons provoquer en bien des âmes des actes de ce genre. Et rien ne fait tant plaisir à Dieu.
Provoquer des actes de charité désintéressée envers un malade, envers un ennemi ou un antipathique... surtout provoquer des actes d'amour désintéressé pour notre Père céleste : il n'est point sur la terre de fleurs plus agréables aux yeux de Dieu que nous puissions faire naître, point de fruits plus savoureux au goût de Jésus. C'est là surtout l'eau vive qu'il voulait de la Samaritaine.
Le prêtre ne Oui, le rôle du prêtre est, de ce chef, magni-
teminTpro"' fique. La confiance la plus amicale du Sacré
clamer les , , ,
principes ob- Cœur le lui a confie : c est de garder, non pas
JÉSUS CONFIE AU PRETRE SA VIE THÉOLOGALE. \ t\ ~
seulement la vérité divine objective, mais Y état jecur*,».*
répandre la
de vie, de lumière, de foi... dans les âmes, de ™ de > foi>
' d espérance
garder non pas seulement Vidée des vrais inté- e^dechiiil^ rets de Fhomme, et celle de l'amour désintéressé, mais la vie même d'espérance, la vie d'amour désintéressé pour Dieu et pour les hommes . Le rôle du prêtre, c'est de vous montrer, ô Jésus, non pas seulement comme la lumière du monde, le modèle de la vie, mais comme la vie des âmes, qui les nourrit et les fait vivre de lumière, de divine espérance et de filiale confiance en Dieu, et, envers Dieu et les hommes, d'un amour souvent oublieux des intérêts personnels. Heureux sommes-nous, mille fois heureux d'un pareil apostolat! Il n'est rien de si beau, de si saint, de si aimable, puisqu'il s'agit de conserver et développer votre vie, de vous conserver et de vous faire grandir vous-même dans les cœurs.