VIE DE PRUDENCE ET DE JUSTICE. I J
que vous faites appel à l'adoration en vérité envers lui.
Comment ne serais-je pas aussi très préoccupé de pénitence, quand je vous vois mourir en croix pour satisfaire à l'offense de votre Père ? La pénitence c'est encore plus que de la charité, c'est de la justice. Et vous avez, pour nous, accompli cette justice dans la perfection. N'étant point pécheur, vous ne pouviez être, à proprement parler, pénitent ; mais vous avez voulu solder nos dettes, réparer nos offenses. Nous devons, nous pécheurs, en union avec vous, l'Innocent, la Victime, réparer Je péché, et, parmi bien des âmes préoccupées de réparation vous désirez que le prêtre soit d'une manière éminente réparateur pour lui, réparateur pour ses frères.
Comment n'aurions-nous pas, ainsi que vous, cette pensée
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le cœur rempli de piété pour notre pays, pour nos s;;'l,^,fiedlf parents ? Au nom de vos larmes versées sur , J'^^. Jérusalem, au nom de votre amour envers Marie et Joseph, mettez en nous, — avec le détachement et la liberté des apôtres, — la reconnaissance et le dévouement filials envers ceux qui nous ont donné la vie, et envers la grande famille de la patrie.
Jésus est encore là pour nous presser d'être Quelque iustes envers nos supérieurs. L'obéissance n • pas seulement de la charité. Nous blessons I
l58 LE PRÊTRE INTIME.
justice quand nous manquons de respect ou desoumission à qui de droit. Nos murmures et nos critiques, d'ordinaire, ne remontent pas jusqu'au Souverain Pontife. Encore ? Mais elles visent très volontiers et très souvent des supérieurs plus immédiats. Ils ont pourtant un droit sacré, un droit divin, à notre respect, à notre déférence, à notre obéissance. Le respect de Jésus et son obéissance envers son Père est le type adorable de notre respect envers ceux qui sont constitués en dignité, de notre obéissance envers ceux qui sont établis nos supérieurs.
Justes, il faut l'être envers nos égaux. Envers un prédécesseur : bien facilement de ce côté la justice est blessée. Au lieu de continuer, d'honorer son œuvre méritoire en y soudant la nôtre, nous en critiquons l'ensemble ou les détails, nous nous piquons de faire du nouveau, nous laissons ostensiblement tomber telle ou telle oeuvre surtout pour cette raison inavouée : qu'elle n'est pas de nous.
Justes, il faut l'être encore pour le successeur, même inconnu. Facilement, à l'endroit delà discipline, des règlements diocésains sur les mariages, sur les catéchismes, sur les honoraires, on faiblira par soif de popularité, par mollesse de caractère. Ainsi le successeur trouvera-t-il une situation faussée, au lieu des bonnes conditions morales ou matérielles qu'il avait le droit d'attendre.
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Justes, il faut l'être envers les absents. C'est une lâcheté assez naturelle à la misère humaine de s'attaquer aux absents : trop souvent la médisance ou la calomnie s'en prennent a qui n'est pas là pour se défendre. Jésus, juste envers tous, rendez-nous justes envers nos frères éloignés, ou présents, qui doivent être toujours pour nous « le cher prochain * ». Vous toujours près, vous, et blesser les droits du prochain, c'est vous blesser vous-même.
Si je vous vois ainsi, 6 Jésus, comme l'Ami souverainement aimé, et qui n'est jamais loin, et qui prend pour faite à lui-même la plus petite injustice commise envers le prochain, je veillerai à être juste, en tout, et envers tous, avec la jalousie de l'amour divin.
« Honnête avant tout* » : Il a paru sous ce titre un livre solide, clair et vigoureux. Il ne faudrait pas croire pourtant que l'on est d'abord honnête homme, et qu'ensuite on devient saint. Appliqué au sujet qui nous occupe, ce titre vreul dire qu'un saint est avant tout — le droit divin supposant le droit naturel — un parfait hoir homme. Et que si l'on n'est pas un parlai! honnête homme, on ne mérite pas le nom de vrai prêtre.
Mais la sainteté et l'honnêteté pour nous doivent se cultiver ensemble. El aotre honnêteté doit
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être puisée en Notre Seigneur, pénétrée de sa vie.
L'honnêteté d'un Homme-Dieu! qui la dira? Il faut r adorer avec le plus profond respect, et le plus grand désir qu'il en remplisse notre cœur et notre vie : pour que soient respectés dans la perfection tous les droits de Dieu, tous les droits de nos supérieurs, de nos égaux, de nos inférieurs ; pour que nous soyons aussi des modèles de prudence, de courage, de patience, de sobriété, de chasteté, d'humilité... de toutes les vertus que déjà réclame l'idée d'un parfait honnête homme, et que le contact continuel de Jésus divinise.