‹ Le prêtre intimeChapitre 66 sur 191 · VIE DE FORCE · texte numérisé non relu

VIE DE FORCE

arec Voulons-nous être vraiment forts, divinement nous "aider à forts, crue Jésus « Dieu ». « Fort*'», soit de mieux

vaincre les ' l '

difficultés en mieux avec nous, en nous. Cela dépend de

de la vie. x

* is. x. e. notre volonté. Invitons par la prière et la générosité notre divin Raphaël à nous accompagner toujours, non seulement pour nous conseiller, mais pour être notre secours tout-puissant : Veni ad redimendum nos in brachio extento*. Son bras saura nous faire surmonter les difficultés quotidiennes et les difficultés extraordinaires de la vie.

Sans doute, il se peut que les actions ordinaires dont notre vie est faite, les croix dont elle est à chaque instant marquée : Circumsignata çrucibus*, à les prendre en détail, ne soient pas bien embarrassantes ou bien lourdes ; mais l'ensemble — ne serait-ce qu'au cours d'une seule journée — ne laisse pas de former un obstacle assez dur à vaincre parfaitement. Et souvent il surgit des difficultés graves. Jésus est là si nous le voulons, pour se faire notre Auxiliaire dans les petites difficultés comme dans les -grandes.

De imitât,

Jésus est là d'abord pour nous donner la main dans les difficultés communes : Celui qui pendant trente ans porta le poids, si lourd à la pauvre humanité : de l'obscurité, de la vulgarité dans les occupations, et pendant vingt ans travailla d'un travail en soi sans charmes, mais auquel à ses yeux le bon Plaisir de son Père donnait un sens si aimable et si grave. Avec lui, l'ayant à nos côtés, dans notre cœur, nous savons accepter l'obscurité de la vie. Tout s'éclaire de sa Personne, même l'obscurité. Nous pouvons supporter, accueillir en souriant, par amitié pour lui, cette quantité énorme d'occupations communes, de dérangements, de traverses, de soucis et de soins vulgaires, qui nous sont, chaque jour, imposés par la Providence. A<lorable Ami, la grandeur des choses vous est indifférente. Ce qui vous touche, c'est la grandeur du cœur. Et votre grâce peut sans cesse agrandir le mien, même à l'occasion des plus petites choses.

Jésus est là pour nous aider dans les difficultés plus rebutantes, dans les périls plus graves.

Vous <'i»-s là, Ami divin, pour mettre dans mon âme l'intrépidité contre la mort. Cette vaillance qui nous fait envisager résolument le dernier sacrifice est une des caractéristiques de la vraie force. Toute la Tradition, <in parlant de cette vertu cardinale, a parlé du martyre — «it

Oifilultés communes.

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l66 LE PRÊTRE INTIME.

donc aussi de ]a mort ordinaire — comme d'un de ses actes, comme de son acte suprême.

Je trouve dans toute votre vie, Ami divin, le modèle et la grâce de ce courage. Vous avez toujours vécu dans la perspective de la mort, en sa présence de plus en plus immédiate. Vous voyiez sans cesse l'avenir, et, dans l'avenir, le Sacrifice se rapprochant avec ses horribles douleurs.

Et si cette vue n'eût pas suffi, vos ennemis tous les jours en auraient ramené le spectre terrible devant vous.

Pendant votre ministère public, n'était-ce pas tous les jours qu'ils vous tendaient les embûches les plus dangereuses ?

Rien qu'à observer leur conduite, vous auriez pu voir la mort se dresser devant vous, menaçante, imminente, pour après quelques mois, quelques jours, quelques heures...

Et vous êtes avec nous pour nous communiquer cette disposition à souffrir la mort. A vrai dire, je ne serai généreux à votre gré que si, comme vous, à votre exemple, ô Jésus, je n'excepte pas la mort, de mes efforts, de ma résignation . de mes élans : « Celui qui craint la mort ne fera jamais rien*. » Du moins, ne sera-t-il jamais vraiment fort, vraiment magnanime, patient à fond, parfaitement persévérant.

Quand, au contraire, cette disposition est

sérieuse, absolue, dans une âme, cette âme est capable de tout, et elle garde au milieu des vicissitudes son égalité, sa générosité toujours la même, sa paix.

Si les œuvres extérieures, la prédication, le ministère intime dans les âmes, réussissent, elle bénit Dieu. S'il lui survient des échecs et des humiliations, elle le bénit encore : sa générosité est prête à tout, à la mort même.

Si l'oraison lui est facile, elle profite de ces facilités pour la mieux faire. Est -elle, au contraire, laborieuse, traversée, aride comme le désert, l'âme la continue quand même : sa générosité s'attend à tout, même à l'ennui, serait-ce l'ennui suprême, et ne se lasse jamais.

Si le travail, l'étude, lui pèsent, elle porte son fardeau vaillamment. Mais elle se réjouit en Dieu de ce que sa Providence, parle beau temps de l'esprit, du cœur, des sens eux-n lui

facilite le labeur. Elle est généreuse, courageuse, libérale, dans les tristesses de la vie. Fidèle aux os quotidiennes de l'Église : si Dieu lui donne des joies, elle le loue : Benedicitc... dies... lux, Domino ; s'il permet des nuages, des incertitudes, des angoisses, elle le loue encoi ■licite... nortns... tenebrœ, Domino*. Elle esl rante sous la durée des travaux, des | - souffrances, bien que la durée des chose Bouvent bj lourdement.

C'est qu'elle voit Jésus assistant, s'intéressant extrêmement, s'assoeiant intimement, par sa grâce et son amour, à ses luttes, à ses tristesses. N'est-ce pas assez pour être contente, joyeuse même, du moins toujours courageuse, intrépide ?

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