‹ Le prêtre intimeChapitre 67 sur 191 · VIE DE TEMPERANCE · texte numérisé non relu

VIE DE TEMPERANCE

Attraits à vaincre ou à régler définitivement pour arriver au salut.

traits sont bons en eux-mêmes, Jésus vient,

non les condamner,

mais

les régler

divinement.

Pour arriver au ciel, nous avons à dominer et à tenir dans les limites tracées par la raison et par la foi des attraits souvent violents : attraits du boire et du manger, attraits delà chair, attraits de Forgueil, attraits de la curiosité, attraits du luxe, du plaisir, du jeu... Nous ne cherchons pas à les nommer tous...

Ces attraits en eux-mêmes sont bons, ils sont l'œuvre d'une admirable sagesse. Et vous n'êtes pas venu, ô Jésus, pour leur dire anathème. Votre Providence surnaturelle ne saurait contredire votre Providence naturelle. Mais vous voulez les ramener divinement à l'ordre : et d'abord les plus sensibles par les lois de l'abstinence et de la sobriété, par les règles de la continence, de la chasteté, par le conseil de la virginité.

VI î: DE FORCE ET DE TEMPERANCE.

I! est des plaisirs moins sensibles, mais au fond difficiles à maîtriser : ce sont, par exemple, les mouvements, de la colère, — c'est l'exaltation du désir de l'estime et des honneurs, — ■ c'est Fardente poursuite des connaissances intellectuelles...

Vous n'êtes pas venu, ô Jésus, condamner cette activité de nos esprits, pas plus que les attraits des sens ; mais nous apprendre à les tenir divinement dans Tordre.

Et vous êtes là, Ami divin, vous descendez J^ua roulant

reproduire

et vous vivez en nous, pour être en nous sobre, p1us parf«»°-

' » ' ment sa tem-

pur , clément et doux , humble , modeste... ^^JS" comme vous l'avez été en vous-même sur la dl^ terre.

El c'est cet autre vous-même qu'est le prêtre que vous voulez voir reproduire de la manière la plus complète, la plus délicate, votre tempeet votre mortification si admirables.

Saisi et encouragé sans cesse par votre divine amitié, il aura l'œil fixé sur vous, parmi les tentations de sensualité, de colère, d . de

luxe, de dissipation...

11 s'efforcera de ressembler de moins en moins loin à l'adorable Exemplaire de sobri< de virginité, de mortification-, d'humilité, de Lsuétude... dont il ravive chaque jour les traits par la contemplation, qu'il se rappelle el adore à toute heure, que par la pensé i il fait

asseoir à sa table, assister à ses relations, à ses tentations, à ses jeux mêmes.

Nous sommes II nous faut faire toujours du surnaturel, du

sur la terre— m ° 7

surtout leprè- divin. Nous n'en saurions jamais faire avec du

tre — pour °

fairedudivin. péché. Le péché véniel, même le plus léger, ne sera jamais surnaturalisé,. On ne dira pas non plus que les mouvements désordonnés, auquels nous restons exposés, puissent être divinisés ; mais ils peuvent être l'occasion d'actes divins. Personne ne doit être aussi soucieux de faire du surnaturel que le prêtre, car faire du surnaturel est le moyen de ressembler et de plaire à son Ami adoré en qui nous avons salué la plénitude du divin en tout.

Jésus lui prodigue les grâces actuelles pour qu'il se dispose à recevoir de la manière la plus fructueuse la grâce sanctifiante de l'Eucharistie et de l'Absolution. S'il veut être fervent, quelle mesure de cette grâce sanctifiante il reçoit de la Communion quotidienne ! Quelle mesure aussi de l'Absolution fréquente !

Beaucoup par Mais tous les actes du jour peuvent être par

les vertus. ,

lui si facilement divinisés : depuis tel Sacrement administré avec foi, ou le Bréviaire qu'une grande piété inspire, — jusqu'à telle petite croix bien acceptée par la Patience, jusqu'à cette petite déconvenue bien accueillie par l'Humilité, ou telle légère privation bien reçue ou cher-

chée par la Mortification, ou tel délassement sanctifié par TEutrapélie M...

Il n'est que de mettre en toutes ces petites occasions une grande foi, de prendre mieux possession de la présence et de la vie de notre Ami divin par la charité, l'amitié divine.

1. La modération dans le jeu, même dans des occupations très aimablement distrayantes, est bien nécessaire au prêtre. Mgr Gay le sentait si bien qu'il avait renoncé complètement à la musique tant aimée. « 11 est meilleur musicien que moi, disait Gounod au cardinal Pie, pourquoi cet adieu sans retour à la musique ? Le P. Hermann n'a^t-il pas continué de la cultiver après son entrée en religion ? — Ah, repartit le Cardinal, c'est que le P. Hermann était Carme, tandis que l'abbé Gay est carmélite. »

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