DE REIMS
Cher Monsieur le Directeur,
J'ai parcouru avec beaucoup d'intérêt et grande édification votre nouvel ouvrage intitulé « Le Prêtre intime ». Spécialement destiné, comme son titre l'indique, à ceux que Notre Seigneur a honorés de son sacerdoce, il m'a paru propre à faire le plus grand bien aux prêtres qui auront le bonheur de le lire et prendront le temps de le .méditer. Ils y trouveront présentés sous un aspect peu connu, selon une méthode nouvelle, les avantages et les devoirs de leur sublime vocation, avec une grande richesse d'aperçus nouveaux pour l'esprit et une grande abondance d'affections très pieuses pour le cœur.
Au jour de notre ordination sacerdotale, après que nous eûmes pour la première fois consacré son Corps et son Sang, en concélébrant avec le Pontife, Notre Seigneur nous adressa, comme à ses Apôtres, après qu'il les eut au Cénacle investis du Sacerdoce du Testament nouveau, ces touchantes paroles, par la bouche de son Église : Jam non dicam vos servos, vos aatem dixi amicos. Jam, désormais, à partir de ce moment, maintenant que vous êtes devenus m» s prêtres, je ne vous appellerai plus mes serviteurs,
j»> vous appellerai mes amis. C'est donc la consécration sacerdotale qui, en consommant et en couronnant notre vocation, est pour nous le titre qui nous donne droit à cette appellation si honorable et si consolante.
En devenant prêtres, nous devenons les amis de Jésus, en un sens propre et exclusif. De même que notre sacerdoce n'est plus seulement un sacerdoce au sens large, selon lequel tout chrétien est prêtre pour offrir à Dieu des hosties spirituelles de louange, mais un sacerdoce au sens strict, le sacrement de l'Ordre nous ayant consacrés pour offrir officiellement à Dieu au nom du peuple le sacrifice proprement dit d'une victime véritable, de l'Hostie par excellence ; ainsi nous sommes les amis de Jésus, non plus seulement au sens large commun à toutes les âmes en état de grâce, mais en un sens propre et réservé qui appartient à ceux-là seuls qui ont reçu le titre authentique.
Or c'est le propre de l'amitié d'établir entre les âmes qu'elle unit une sorte de communauté universelle de sentiments, de biens et d'intérêts. Honorés de l'amitié très particulière de Jésus, devenus par le caractère et les pouvoirs du sacerdoce d'autres Jésus-Christ, sacerdos alter Christus, nous devons donc avoir en nous-mêmes les pensées, les affections, les sentiments de Jésus-Christ, penser comme lui, aimer ce qu'il aime, vouloir ce qu'il veut : Hoc se /dite... qiiod et in Christo Jesu.
Votre livre, cher Monsieur le Directeur, m'a paru être le commentaire détaillé et approfondi, à la fois