JÉSUS VEUT PAR LE PRÊTRE COMMUNIQUER SA JOIE
combien Qu'il faut que Jésus tienne à nous donner sa
Jésus tient à . . i 'il J x 'l
communiquer joie, pour que, Ja veille encore de sa mort, 11
auVèîre. exhale devant ses Apôtres ce désir : « Que ma
joie soit en vous et que votre joie soit
-jmi.it. h. pleine*! »
Mais sa joie, c'est beaucoup par le prêtre qu'il la répand. L'âme sacerdotale est comme un calice consacré pour être rempli de joies, de grâces et de vertus divines. Et si Jésus y répand sa joie,
c'est pour que le prêtre la déverse tous les jours sur les âmes.
Et ne pourrait-on pas dire que ce calice doit Klp-^iaux toujours être incliné : pour communiquer la vie, la grâce, la joie ?
Les âmes ont tant besoin de joie comme de Ei'esenom
0 tant besoin !
vertus !
La joie manque beaucoup en ce monde. Et là où vous rencontrez de vraies joies, elles sont souvent bien pauvres, et les plus vives sont toujours précaires. Même dans les âmes chrétiennes, combien de tristesses et de chagrins que Ton ne sait pas changer en joies î Ces âmes ne connaissent pas assez la Source vraie et définitive de la joie : Jésus. Il faut la leur évangéliser.
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tre Jésus comme la Source de la 101e ! On vovait si compris r«*
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bien qu'ils portaient en eux-mêmes cette di- 5g
1 *■ 'te ia joie
vine Source ! Quand on venait visiter les Pères de JéiUS : du désert, il était toujours facile de distinguer saint Antoine : « C'est, disait-on, le plus joyeux ! »
L'histoire de saint Romuald nous effraye par le récit de ses austérités. Mais, en même temps, comme elle nous entr 'ouvre en ce saint le mystère des joies de Jésus ! Il fut un des saints les plus aimables. C'était à ce point qu'il rendait joyeux tous ceux qui le regardaient, tant la joie
Cf. sa Vie, >=)r Le Mor-
mf.p, t. II.
l8o LE PRÊTRE INTIME.
qui remplissait son âme transparaissait sur son visage.
Mais ce n'est pas être injuste envers saint Romuald que de donner saint François d'Assise comme le modèle le plus saisissant et le plus charmant de la joie*: «Il s'était adonné d'abord au gai savoir, plus tard Dieu l'initia aux grandes et véritables joies de l'âme. »
Il pensait que « sans la joie tout s'efface, tout s'éteint, tout meurt... »
C'est pourquoi le démon l'attaque en nous avec acharnement. « C'est, disait-il, un porteur de poussière que le diable, et il tâche de la jeter par les ouvertures de l'âme... Si la joie sait se défendre et subsister, il en est pour son venin ; mais si le serviteur du Christ devient chagrin, amer, désolé, le démon est sûr du triomphe. Tôt ou tard, cette âme dépouilliée de sa joie sera absorbée, anéantie dans sa tristesse, ou bien elle cherchera les fausses joies et les fausses consolations. » Et il appelait la tristesse le Mal Babylonien.
Le premier remède à ce grand mal est, à son avis, la prière. Il désire même qu'on la prolonge sur-le-champ, et que le serviteur de Dieu attristé « demeure en présence de son Père céleste jusqu'à ce que la joie du salut lui ait été rendue ».
Pour retrouver la joie, il avait recours encore
JÉSUS COMMUNIQUE AU PRETRE SA JOIE. iSl
à des moyens d'une simplicité naïve : il faisait jouer de la guitare, — à quoi parfois les anges répondaient, — ou bien il jouait lui-même sur un violon de sa fabrique. « Lorsqu'enfin la joie jaillissait, l'instrument enfantin lui tombait des mains, les sentiments et les pensées affluaient dans son âme, de douces larmes tombaient de ses yeux ; très souvent il entrait dans une sorte de ravissement...»
Une profonde charité envers Notre Seigneur et envers le prochain, un grand zèle, inspiraient ce «ulte de la sainte joie, c Sans la joie on ne peut pas être aknabîe longtemps. Et il voulait qu'on allât jusqu'à l'amabilité envers tous les hommes. »
Lui-même << avait pour tous les hommes un mélange do respect et de bonté qui le rendait m 1 i« 'rement aimable. Il nommait cet état la courtoisie. »
Et u pour sa part, il était très courtois gracieux en toutes choses, d'une paix et d'une sérénité qu'on ne pouvait altérer ».
a Du Pape au Soudan il a mis e1 ténu tout l<i monde sous le charme, le peuple surtout. L/alléise étail générale aussitôt qu'on l'annonçait.. . les cloches sonnaiein) en signe de réjouis* On s'étoufînit pour rapprocher..., il a été vraiment au treizième siècle [a consolation et délices de l'Italii
l82 LE PRÊTRE INTIME.
Nous ne pouvons prétendre à une joie si parfaite et si constante, parce que notre charité est loin d'être si vraie, si complète.
Néanmoins nous voulons cultiver très soigneusement, avec la charité, cette fleur de l'amour pour Dieu et de l'amour pour les hommes qui s'appelle la joie sainte.
La pensée de l'amitié de Jésus nous y engage suavement. Et le bien des âmes le veut aussi.
Si le prêtre avait davantage cette amabilité tant recommandée par saint François d'Assise, et qui est la bonté parfaite, il serait plus puissant pour persuader aux âmes qu'en allant vers Dieu nous courons vers un abîme de joie ; que le seul vrai mal et le seul sujet de tristesse à pleurer et à réparer, c'est ce qui nous arrête ou nous retarde sur le chemin : c'est-à-dire le péché; que les épreuves, les douleurs peuvent être redoutables, mais qu'après Jésus, et unis à lui, nous devons les porter avec courage, puisqu'elles nous préparent un poids immense de gloire et de bonheur ; qu'il faut en tout servir joyeusement un Maître si glorieux, si aimable, qui veut pour nous la joie immense, éternelle.
si k joie di- Quand nous exhortons à la joie sainte on peut
commande, nous objecter que (( la joie ne se commande
pas » : car elle n'est pas libre. Pardon ! la joie
humaine ne se commande pas, mais il en est
autrement de la joie divine : on peut la provoquer. « Réjouissez-vous, nous dit Notre Seigneur, et exultez de joie*. » Et Ton sait les étonnantes 'm*tth.t, paroles de saint Paul : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur, je vous le répète, réjouissezvous*. » ' Philj?' IV'
On sait aussi combien l'Eglise exhorte les fidèles à la joie, et la pratique, la première, dans sa Liturgie, comment elle emprunte les psaumes qui sont si souvent une explosion de joie et une saisissante invitation à la joie.
Que signifieraient ces invitations de l'Église et ces paroles de l'Apôtre et de Notre Seigneur, si la joie sainte ne se commandait pas et ne pouvait pas se cultiver à l'égal d'une vertu ?
Aussi bien la joie sainte peut-elle être un acte ehc ie$t un
•J J acte de vertu,
de vertu. C'est, nous a dit saint Thomas, un etdequeiie
7 > vprt ii '
acte de la charité. Mais la charité, c'est l'amitié divine ; c'est, en nous, une amitié très particulière, très intime avec Jésus. Toutes les fois que nous ne sommes pas joyeux, nous omettons un des actes de la charité ou de l'amitié qui font le plus d'honneur et de plaisir à notre divin Ami. Quand la joie n'est pas un acte de la charité ou de l'amitié divine, elle en est au moins un effet, un fruit. Négligeons-nous la joie, nous ne pratiquons pas bien la charité. La charité veu\ ht joie, comme un bon arbre vexxi des fleura et des fruits. Un arbre est défectueux qui n'a pas de
vertu !
saintement
fleurs ou de fruits. Ainsi en est-il de cette plante divine : la charité, l'amitié de Jésus. p s Xon seulement, quand notre joie languit, nous yeux. ce-t manquons à la plus belle des vertus, mais nous
manquer à la A 1 /
charité c-est sommes en défaut envers Jésus lui-même. Car
ne pas taire
Bto^noire j| se communique en personne en nous commu-
bien-aime. niquan^ sa joie. Ne pas être saintement joyeux
c'est mal l'accueillir, mal le garder dans notre
âme, comme un Hôte qui ne mérite pas qu'elle
lui fasse fête '.
!.. La paix doit accompagner la joie de l'amitié de Jésus Sur la paix Cf. Sum. The'.!., loc. cit. q. 28.