COMMUNIQUE SA DOULEUR
« Communiant aux souffrances de Jésus-Christ, réjouissez-vous, pour exulter de joie lors de sa manifestation glorieuse. »
(I J'eir., iv, 13.)
Au prêtre, son ami très particulier, Jésus communique sa douleur.
La douleur de Jésus ! C'est un océan immense, nom me
vonsdela plé-
Oui, mais qui peut se verser par parties et Jjjjj^*1^ qui, d'ordinaire, se verse, en effet, dans l'âme esl cn J -us sacerdotale, plus largement, plus profondément que dans d'autres âmes. L'amitié à part de Jésus et du prêtre le veut ainsi. Si tous les chrétiens reçoivent de la « plénitude » de ses joies et de ses douleurs, l'âme sacerdotale, par sa préparation et sa situation providentielles, y est particulièrement ouverte.
Nous ne prenons pas ici la douleur seulement Paraueii»
,. j . . T , . Couleurs
c< >i urne une limite des loies que Jésus destine communions-
J A nous
à ses prêtres : car lorsqu'on aime, la joie peut «»*«■*' envahir même la douleur, et la douleur peut se convertir souvent en joie dès ici-bas.
Mais quelles que soient ses limites et ses origines, la douleur qui nous convient, et qui parfois eût été une imperfection en Jésus, a une grande place dans la vie, surtout des âmes qui veulent entrer à plein cœur — et, prêtres, ne le voulons-nous pas tous ? — dans le mystère des douleurs de leur divin Ami, et accomplir ce qui manque à sa Passion*.
La douleur, c'est toute souffrance de l'âme
et du corps, ce sont les tristesses, les chagrins, les incertitudes, les craintes, les angoisses..., les déceptions, les désappointements, les trahisons... ce sont les maladies, les infirmités gênantes ou douloureuses..., c'est le travail tel que, en fait, la Providence l'impose bien souvent, le travail tout autre que l'occupation facile et douce qu'il devait être dans l'état d'innocence, le travail pénible, ou même accompagné de souffrances positives, comme le sont souvent le travail manuel, le travail de l'évangélisation, le travail de l'éducation... le travail intellectuel...
S'il est une question où il faille toujours avoir les yeux sur vous, ô Sauveur, c'est celle de la douleur. Surtout à cause de la mesure, souvent horrible, parfois épouvantable, où elle s'impose, la douleur est un des problèmes les plus déconcertants pour qui n'a pas la foi. Plus encore quand nous souffrons actuellement, notre regard ne doit-il pas vous quitter.
Aussi, ô Ami divin, si, dans ces Élévations, nous ne vous oublions guère, si pour nous tout du Sacerdoce vous suppose, vous rappelle, vous évoque, comment vous croirions-nous absent, de nos souffrances sacerdotales ?
Xous ne voulons pas vous y perdre de vue un instant ; nous ne voulons pas oublier que, si nous accueillons la souffrance avec foi, elle nous fait communier au mystère de vos douleurs, à
JÉSUS COMMUNIQUE AU PRÊTRE SA DOULEUR. l8
vous-même, et nous est une source très féconde de biens divins.
de p'ichés.