‹ Le prêtre intimeChapitre 93 sur 191 · Cf · texte numérisé non relu

Cf

L'É vangiU

Il est sur la terre un homme que Jésus aime /»«**»• ".

t- pp. 333 et s.

par-dessus tous les autres. ^-.per-

Quand Notre Seigneur demandait à saint Pierre s'il l'aimait plus que ne le faisaient les autres disciples : Diligis me plus his* ? c'était lui dire aussi que lui, Jésus, avait pour Pierre un plus grand amour que pour les autres apôi res.

Tout Souverain Pontife qui, parmi les difficultés formidables du gouvernement de l'Église, répond parfaitement aux grâces immenses que lui prodigue Notre Seigneur est le plus grand ami qu'il ait sur la terre.

C'esl que personne n'a reçu de Jésus un rôle aussi grave que saint Pierre et. son Successeur ; * que personne n'a autant d'influence que lui sur le salut des âmes, sur l'avènement du lume de I )ieu en ce monde : c'esl que les grâces sonl à l'avenant des charges, c'est que l'amour de Jésus esl à l'avenant des charges et dès „

Les fidèles souvent ne sont i •/ insl ruit -

sur le Souverain Pontife; mais ceua là mêmes qui le sont le moins saisissent que le Pape a un

rôle d'une importance sans rivale et caractéristique de la vraie Église.

Nous avons entendu raconter au vénéré M£r Guillemin comment il avait retrouvé, après tant d'années, des chrétientés catholiques au Japon.

Il annonçait une cérémonie pour une heure précise. Et voici que, aux approches de l'heure indiquée, de nombreux indigènes venaient avec des airs mystérieux et inquiets. Et discrètement ils s'informaient de deux choses, dont, à travers plusieurs siècles, ils avaient gardé la mémoire vive comme au premier jour : « Y a-t-il ici la Sainte Vierge et le Pape ? S'il y a la Sainte Vierge et le Pape, c'est l'Église catholique . »

u plénitude Ce n'est pas assez dire que le prêtre aime, e

de l'autorité 1 .

spirituelle de uni0n avec Jésus, le Pape ; il aime Jésus en lui

Jésus appar- JT 7

poutd/d'en- Sainte Catherine de Sienne, dans son Dialogue seigr"e4ir! de nomme le Pape le « Christ en terre* ». * ci oP et Dans personne, autre que le Pape, la présence de Jésus n'est aussi complète, aussi transparente.

On Tappelle le Vicaire de Jésus-Christ purement et simplement.

Le pouvoir extraordinaire des miracles pourrait lui être accordé accidentellement ; ce n'est pas toutefois ce pouvoir que Jésus a voulu lui laisser régulièrement et pour toujours, mais le pouvoir d'enseigner la doctrine divine, le pouvoir de régir surnaturellement les âmes par des lois, par des ordres qui sont ratifiés dans le ciel.

Il n'y a donc pas à s'étonner de voir le P. Faber écrire un opuscule intitulé : La dévotion au Pape, et d'entendre des voix graves lui faire écho dans leur prédication : saint Thomas, — et deux fois dans un même article*, — parle de culte envers les parents, de culte envers la patrie. A l'égard du Souverain Pontife nous prenons ce mot de culte à la plus haute puissance qu'il puisse avoir envers un homme qui n'est pas encore couronné dans le ciel du diadème bienheureux. Dévotion dit ici culte de l'amour le plus profond, le plus religieux, le plus dévoué.

Voilà donc que, sur notre terre où, d'un côté, l'orgueil, l'instinct d'indépendance, chers au cœur humain déchu, rendent si difficile la discipline ; où, de l'autre, l'ambition, l'injustice, l'inquiétude, la violence... rendent souvent très laborieux, très instable, l'exercice de l'autorité qui a la force à son service : voilà que vous avez, ô Jésus, fondé une Autorité spirituelle

Il e>t purement et simplement le Vicaire de Jésus -Christ.

D'où culte le plus religieux

et le plus

filial envers

le Pape.

' Sum.

T/ieol.,U, II, q. 101, a. i.

Quelle merveille que la Primauté. — obéie depuis dix-neu clés !

désarmée, mais pleine et suprême, à laquelle Ton obéit par le monde entier depuis plus de dix-neuf siècles, avec une soumission profonde, avec le plus religieux respect !

L'accoutumance et la familiarité nous empêchent d'y réfléchir, mais comme ce fait permanent de la Primauté obéie depuis si longtemps par des fidèles de toute la terre, malgré les passions toujours en éveil et qui sans cesse instinctivement aspirent à la révolte, est étonnant, imposant, marqué du cachet divin, inexplicable sans l'assistance continuelle promise par vous, ô divin Maître, à F Autorité suprême jusqu'à la fin des siècles !

LE PRETRE TEMOIGNE SON AMOUR AU SOUVERAIN PONTIFE PAR SON OREISSANCE ET CELLE QU'lL DEMANDE AUX FIDÈLES

ooireetobéir Si, comme les Apôtres, nous vivions en Judée

au Souverain ■

Pontife, c'est avec Aotre Seigneur, au milieu des miracles, en

croire et obéir ° 7 '

à'N-neurSei" présence des vertus incomparables qui garantissent la vérité de sa parole, nous nous ferions un devoir sacré, un bonheur de croire en lui. Avec Pierre nous dirions : « A qui irons-nous, Seigneur, vous avez les paroles de la vie éter-

• joan. vi, 69. nelle * ? »

Eh bien, Jésus est toujours sur la terre par sa divine parole, par son pouvoir. Quand le Souverain Pontife enseigne ou ordonne au nom de sa charge, c'est Jésus qui enseigne ou ordonne. Si nous entendions Jésus en personne, quand le Pape définit, nous ne serions pas plus certains de la vérité divine. Et même quand l'infaillibilité pontificale n'est pas en jeu, jamais le principe d'obéissance qui fait qu'en obéissant au supérieur légitime et qui commande justement, c'est à Jésus qu'on obéit, ne peut trouver mieux son application.

Nous témoignons donc notre amour à Jésus Nous croyons

à ses enst-i-

dans le Souverain Pontife, surtout en crovant gnements.

' , ^ nous obéis-

à la doctrine que le Chef de son Eglise enseigne son,s0fsse9 en son nom, en obéissant aux lois et aux ordres qu'il édicté aussi en son nom.

Nous obéissons d'abord aux définitions du Définitions

itncdra.

Souverain Pontife. Vous avez définition doctri- Jn<? »'<*«:

dent au-del.'i

nale ex cathedra, lorsque — au nom de sa pri- desv mauté, — visant l'Église entière comme terme de lin il if, — le Pape affirme sans retour, des vérités ayant trait à la foi »-t aux mœurs. Alors ses définitions sont infaillibles.

Mlles peuvenl certifier qu'une vérité es1 de loi. et n'y pas croire serait un»' hérésie.

Mais souvenl aussi elles certifienl seulement qu'une vérité es1 certaine s;ms être «le loi. Et n'y pas croire, sans être une bérésie, serait un

Direction du erain Pontife : personnelles, —

ou par les

Organes

qui la

représentent.

péché mortel en matière de foi. Nous devons signaler à cet égard une erreur assez courante : volontiers Ton répète que le Pape ne peut définir que les vérités révélées. Rien de plus faux Autour des vérités révélées, il est une foule de vérités certaines, contreforts de la construction divine, à l'endroit desquelles l'Autorité infaillible est compétente, et dont nous ne pouvons douter quand elle les a déclarées comme devant être absolument admises.

Du moment que le Souverain Pontife définit, jamais nous n'hésiterons un instant à soumettre notre esprit sans réserve. Nous n'hésiterions pas davantage à soumettre humblement notre volonté quand il porte une loi ou un ordre formel.

Et nous nous soumettrons aussi de grand cœur à ses directions : directions doctrinales, directions de gouvernement, parce que le Souverain Pontife a autorité, lumière et grâce incomparables, pour discerner la vérité. Même quand il ne commande pas, nous voulons suivre sans hésiter la voie qu'il indique à nos esprits et à notre vie.

Il donne très souvent des directions par ses Organes authentiques : l'obéissance ne discerne pas entre la personne du Souverain Pontife et les Congrégations ou les Tribunaux... qui la représentent ou la continuent.

Et qu'on n'objecte pas que les directions «lu Quand ....•■me

t^ . po i i r» • ces directions

Souverain Pontife, à la différence des* défini- ne»°î',PM

infaillibles,

tions, ne sont pas infaillibles, puisqu'il n'entend pas, — à moins qu'il ne le dit de la mani la plus formelle — engager son infaillibilité, lorsqu'il approuve une décision des Congrégations, des Commissions... pontificales. Il n'est pas nécessaire que l'autorité ne puisse se tromper pour qu'on soit obligé de lui obéir.

Où donc trouvez-vous l'autorité réellement infaillible dans Tordre civil? Si elle était nécessaire dans les chefs et les officiers d'une an jamais un soldat ne pourrait ni- ne devrait soumettre. Et si nous l'exigions des tribunaux, que de jugements nous pourrions récuser !

Bref, il ne faudrait plus parler d '• - uce dans L'état, dans la famille, si l'autorité devait infaillible pour avoir le droit d'être .,1

Nous ne ferons, non plus, jamais de difficulté

\ ei .îin

sur les limites de l'autorité pontificale. N<

nilue de

Bavons bien que l'Autorité spirituelle est compétente pour déterminer son domaine, infaillible ir le définir. L'Église enseignée, ni à plus forte raison L'État, ne peuvent contredire à définitions ou tions but ses lin

Le Souverain Pontife, par exemple, peul intervenir dans les quest ions de philosophie, tén tpul récemment la condamnation d'ouvrages de Bergson; dans les questions sociales, dans Les

Respect

el|>articiiliêre

étude de la

théologie

pontificale.

*<.f. ch. Jules Duuot: Lor/iij h p 51 turelle

subjective, . surtout le théorème 13*.

pp. 47 et s.

questions politiques en tant qu'elles intéressent le bien spirituel.

Le même esprit de soumission et d'amour envers Rome nous fera estimer et cultiver tout particulièrement la théologie pontificale *.

La théologie pontificale mérite notre travail et notre respect plus encore que la théologe commune : elle émane, en effet, directement du Souverain Pontife ou de ses Organes. Il est évident que non seulement les Souverains Pontifes définissent des principes de foi ou des vérités certaines, mais qu'ils s'en vont déduisant des conclusions de ces principes certains ou de ces principes révélés... en un mot ils théologisent. Et il est évident aussi qu'ils ont plus d'autorité pour théologiser que n'en ont les théologiens particuliers.

Où trouve-t-on cette théologie des Souverains Pontifes ? Dans presque tous leurs actes d'enseignement ou de gouvernement1.

Dans ces actes, ils ne se bornent presque

1. Us se lisent tout particulièrement dans les Acta Apostolicœ Sedis. C'est là, j'ose dire, le journal officiel du Souverain Pontife, auquel les prêtres devraient s'abonner plus volontiei et plutôt qu'à tout autre journal. Outre les faits, — j'entends les actes du gouvernement pontifical, — il faut y étudier h philosophie des choses, les raisons des décisions doctrinales, des mesures disciplinaires. Voilà où nous trouvons surtoul la théologie pontificale. Il est très désirable qu'on rédige un cours de cette théologie. Nous croyons savoir que Mgr Commer y travaille.

et .tude de saintThomas.

jamais à exposer des vérités révélées, à définir des vérités certaines, à décréter des points de discipline ; mais ils raisonnent, ils font appel soit à l'Écriture Sainte ou à la Tradition, soit à des arguments de convenance, aux conséquences de telle ou telle doctrine.

Parmi les théologiens particuliers, il est, dans IifsPe.,?t

*-> l particulier

ce qu'on nomme l'École, un théologien qui a Finsigne honneur d'être donné par les Souverains Pontifes comme un organe très particulièrement autorisé de leur enseignement, de leur théologie et de leur philosophie : c'est saint Thomas. Ce n'est pas seulement pour sa magnifique intelligence, et sa science non moins magnifique, que nous le vénérons, mais c'est parce que les Papes ont, pour ainsi dire, pris à leur compte la substance de son enseignement théologique et philosophique, ses immenses et si puissants travaux dont Luther disait : Toile Thomam et delebo Ecclesiam. En suivant substantiellement sa doctrine théologique et philosophique, c'est la doctrine romaine que nous suivons, et nous faisons encore acte de soumission aux directions du Souverain Pontife1.

1. Cf. Ch. Jules Didiot : Logique surnaturelle subj\ surtout théorèmes \\ .-t 15, pp. 180 el 3. \\>i<< d'à graves documents, nos lecteurs ont <lù remarquer le I proprio de s. s. Pie X sur l'étude de saini Thomas pour l'Italie <'t les il-'- adjacentes, du 29 juin 191 '•.

du pouvoir temporel

graves de S. S. Pie X.

soumission II est une question qui touche de près à ces

au souveraiu x x x

iPaontuesiion Pouv°irs d'enseigner et de gouverner dont sont investis les Papes. Pour excercer d'une manière pleinement libre et efficace ces pouvoirs, il leur faut l'indépendance même temporelle : sur cette question du pouvoir temporel nous n'aurons jamais d'autre pensée que la pensée très ferme des Souverains Pontifes, en réclamant comme eux leur liberté.

Nous relirons ici, comme conclusion, avec bonheur et tristesse en même temps, les paroles très graves et douloureuses que Pie X adressait le dix-huit novembre 19Li aux membres de Y Union apostolique venus à Rome pour fêter son cinquantenaire de Sacerdoce.

« Pour montrer votre amour au Pape, il est nécessaire d'obéir. Et c'est pourquoi, quand on aime le Pape, on ne s'arrête pas à discuter sur ce qu'il commande ou exige, à chercher où va le devoir rigoureux de l'obéissance, et à marquer la limite de cette obligation. Quand on aime le Pape, on n'objecte pas qu'il n'a point parlé assez clairement, comme s'il était obligé de redire directement à l'oreille de chacun sa volonté et de l'exprimer non seulement de vive voix, mais chaque fois par des lettres et d'autres documents publics ; on ne met pas en doute ses ordres, sous le facile prétexte, chez qui ne veut pas obéir, qu'ils n'émanent pas effectivement

de lui, mais de son entourage ! On ne limite pas le champ où il peut et doit exercer sa volonté, on n'oppose pas à l'autorité du Pape celle d'autres personnes, si doctes fussent -elles, qui diffèrent d'avis avec le Pape. Et cela je le dis d'un cœur attristé, et c'est avec une profonde amertume que je le constate, non pour vous, mes chers Fils, mais avec vous, pour déplorer la conduite de tant de prêtres qui, non seulement se permettent de discuter et de juger la volonté du Pape, mais ne rougissent pas d'aller jusqu'aux désobéissances impudentes et effrontées avec un si grand scandale pour les bons chrétiens et une telle ruine pour les âmes. »

Voilà les enseignements dont nous vivrons et dont nous ferons vivre les âmes envers le Pape.

La plénitude de la vie doctrinale et morale dépend de la soumission à l'autorité suprême du Souverain Pontife.

Que de forces égarées, usées, perdues, parfois jusqu'à la défection, faute de cette soumission à la doctrine intégrale de la Papautét !

Où trouvez-vous, au contraire, la pleine floraison de la doctrine et de la vie sinon dans les hommes, dans les pays, qui disenl -éserve :

Je crois à l'Église catholique, apostolique, romaine ?

2"b LE PRÊTRE INTIME,

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