V. Bulteau, p
11® Saint Ptal et Saint raurm donnent, le premier du beau temps, et le second de la pluie (voir p. 89). Leurs châsses sont dans la chapelle de Vendôme, qui est construite en bors-d'œuvre, dans Taile méridionale.
12^ Saint Castrin. Sa châsse, qui est d'un travail très; remarquable, est exposée dans la même chapelle, sur une console, près de la fenêtre. Voir Bulteau.
Ce saint paraît fort délaissé, malgré la beauté de son vêtement.
li^ Chapelle de tous les Saints, dans le bas-côté, autour du chœur. On y pose journellement des cierges. C'est là qu'on invoque les Saints sans asile^ c'est-à-dire ceux qui, bien qu'attachés à la cathédrale, n'ont ni chapelle propre, ni image exposée, ni lieu où leur culte soit fixé. Cette catégorie comprend tous ceux qui vont suivre ;
H^ Saint André^ guérit de la coqueluche.
15® Sainte Yenice et Sainte Véronique, Nous avons vu ci-dessus (p. 122) que ces deux saintes n'en font qu'une qui préside aux menstrues des femmes. Mais ici on les
distingue et l'on sépare leurs attributs : Sainte Yenice fait venir les règles, et Sainte Véronique les arrête quand elles sont excessives*
16^ Sàini Sébastien.
n^ Saint Maclou ou Maldou.
18<> Saint Eugrtuse, apocryphe. Peut-être est ce une altération du nom de Sainte Engratie^ qui' est honorée le 16 avril.
19^ Saint Charbon. Ce saint, également apocryphcî guérit du charbon. Il flgure dans le procès Neveu (voir ci-dessus, p. 171).
11. Église Saint-Piefre Maintenant paroissiale, ci-devant abbatiale.
1« Saint Pierre:
2<> Saint âfarcou, dont on voit la statue dans une cha-i pelle du bas-cêté autour du chœur, guérit des écrouelles. Il y vient beaucoup de pèlerins, surtout le 1*' mai*
3<> Sainte Soline,
Cette Sainte, peu connue au-delà de Tenceinie de
Charlfès, a eu d'étranges \icissitudes donl on peut voir Thistorique dans l'ouvrage intitulé ; Chroniqua de l^abbaye de Sainl-Père en Vallée, par l'abbé Poisson, ancien vicaire de Saint-Pierre (1 vol. in-8<>; Chartres, 1857). La vie de la Sainte y est racontée en style lyrique : l'auteur décrit notamment; le songe prophétique qu'elle eut la veille du jour où elle souffrit le martyre. Il ajoute, en note, qu'aucun écrit ne parle de ce songe, mais que, comme il était possible et même probable, il a cru deyoir l'ajouter à son récit ; il a suivi en cela l'exemple des poëtes tragiques qui, d'après les anciens us classiques, ne manquent pas d'attribuer à leur héros un songe à grand effet.. •. Péché avoué est à moitié pardonné. À moitié f soit ; mais je ne puis m'einpècher de conserver quelque défiance à l'égard de cet historien, et je crains toujours que son imagination ne le porte à inventer quelques traits poétiques pour suppléer à la vérité ou même pour la remplacer.
L'auteur raconte que l'église de Saint-Pierre possédait la châsse de Sainte Solenne (ou Solihe), qui était en grande vénération. On célébrait trois fêtes en son honneur. A celle du 17 octobre, après l'offertoire de la messe solennelle, avant Tencensement des obtataf on présentait à l'offrande une oie blanche avec une gousse d'ail attachée au cou par un fil de soie rouge ; on frappait le bec de l'oie afin de lui faire jeter un cri, en témoignage que l'animal était bien vivant. La blancheur de l'oie symbolisait la virginité de la Sainte ; le fil de hoie rouge, son martyre ; la gousse d'ail, son courage (p. 322).
La relique et la châsse ont disparu en 93. Pendant plus de 50 ans, il n'y avait plus, dans cette église, aucun vestige de celte Sainte dont le souvenir était perdu. Mais
on a rétabli récemment son culte. On lui a élevé une statue l'Osée sur un pilieri contre le mur de clôture du bas-côté du chœur, entre la chapelle absidalé de la Vierge et la chapelle qui est à droite de celle-ci. La statue est coloriée. On y vient en pèlerinage pour les douleurs rhumatismales ; mai» sa vogue est des plus minces.
En 1870, la sécheresse excessive ayant causé beaucoup de mal aux produits agricoles', le clergé se décida à faire sortir la châsse de Saint Taurin (voir ci-dessus, p. 99), afln d'obtenir de la pluie. La procession partit de la cathédrale et fit des stations à l'église Sftint-Brice et à l'église Saint-PierrCé II fut bien entendu qu'en allant à cette dernière église, ce n'était pas au- prince, des apôtres qu'on rendait visite, ni à son compagnon Saint Paul qui a sa statue dans le sanctuaire, mais bien à Sainte Soline. Celle-ci, en personne bien élevée (elle était de haut lignage), s'empressa, quelques jours après, de rendre sa visite à Saint Taurin. Le clergé de Saint- Pierre alla processionnellement, avec la statue de Sainte Soline, rendre hommage au Saint préposé à la pluie. Cet échange de bons procédés entre les deux Saints n'amena aucun résultat: la sécheresse se prolongea longtemps encore... Un pieux journaliste expliqua cet in^uccès en disant qu'on ne prie plus comme autrefois. Qui sait? Les Saints n'auraient-ils pas perdu leur antique vertu?...
Voici, au sujet de cette Sainte, un exemple de la manière dont on arrange la vie des Saints dans les traditions populaires. Saint Taurin, premier évèque d'Evreux, vivait, d'après l'opinion la plus accréditée, au iv' siècle (1).
(I) GoDucAiiD, au il août, t. VII, p. f08.
Sainte Solioe, fille d'un comte, naquit au commencement du m« siècle (Poisson, p. 316).
Eh bien, d'après les bonnes gens qui vont invoquer ces Saints , Taurin était un moissonneur, et Soline le servait en ramassant les gerbes.