‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 102 sur 132 · VI. — S septembre 1699. — L'an mil six centz nonante · texte numérisé non relu

VI. — S septembre 1699. — L'an mil six centz nonante

neuf et le huitiesme jour de septembre, Benoist Lucquet, laboureur de Saint-Illaire en Forest, nous a déclaré qu'estant atteint d'un rumaslique et paralizie qu'il avoit depuis une vintaine d'années, n'ayant trouvé aucun soulagement en toute la médecine et abandonné d'icelle, faict aux Saintes Reliques deChalancon, particulièrement au Sang miraculeux de N.-S. J.-G. et ayant randu son vœu, dit et déclare qu'il a receu l'entière guérison et n'a sceu signer, présent. En foy de quoy' avons dressé le présent verbal en présence de M" Jacques Rosier, procureur d'office, et M* Estienne Dumas. — Signés : Rosier, Dumas, Géraud, prêtre de Chalencon.

VIII. — 26 septembre 1699. — L'an mil six centz nouante neuf et le ving sixiesme jour du moix de septembre, Marie Grégoire de la paroisse et bourg de Liorec, atteinte d'une fluxion sur un genoux depuis cinq ou six moix, les médecins et cirurgiens ne voyant goutte à son mal, fist veu à l'esglize de Ghalancon, et non seulement à toutes les reliques qui reposent dans le reliquaire dudit Ghalancon, mais particulièrement au sang miraculeux qu'on l'y avoit reporté qui s'estoit trouvé audit Ghalancon, et dès le mesme jour de son veu, elle quitta ses béquilles et vint audit Ghalancon à pied, ainsi qu'elle nous atteste et certifie, en présence du sieur Jacques Rozier, procureur d'ofïice de Ghalancon et de Glaude Faveyrial. — Signés : Rosier, Faveirial.

VIII. — 2à octobre 1699. — Ge 24° jour du mois d'octobre l'an mil six cens neufnante neuf, M" Anthoine. Hubert, marchand de la ville de Saint-Bonnet-le-Ghâteau, estant venu en dévotion en l'esglize de Ghalencon, et ayant faict sa prière devant la chapelle des reliques du Sang miraculeux, après avoir imploré l'adsistance de nous et raporté en présance des tesmointz bas nommés, nous a dict qu'il avoit un pettit fîlz, lequel estoit relaxé et a faict veu et randu icelluy dans ladite chapelle. Ledit enfant seroit entièrement guéri. . .En foy de quoy avons faict ce présant verbal en présence de M" Jacques Rosier, procureur d'office, Jean Dufieu, de Gervais, soubsignés avec ledit et Julhien [Bourg du bourg. — Signés : Hubert, Rosierj Dufieu, Bourg,

IX. ■— k novembre 1699. — Du 4 novembre 1699, Jean Chambefort de la Frétisse, paroisse de Bauzac, nous a déclaré qu'ayant mal à une cuisse et s'estant voué au Sang miraculeux de Notre Seigneur Jésus-Christ respozant dans l'esglize de Chalancon, guéri et rendu son veu, et fist sa déclaration, présents à ce Mathieu Montaigne et sieur Jean Privât soubsignés. Ledit Chambefort n'a sceu signer. — Les signatures manquent.

X. — 25 mars 1700. — Ce jourd'huy ving cinq du moix de mars mil sept centz par devant nous Anthoine Géraud, prebtre, docteur en théologie, vicaire perpétuel de l'esglize de Chalancon, a comparu Pierre Monteil du lieu de Veyrié, parroisse de Liorec en Forez, lequel nous a dit et expozé qu' Anthoine Monteil, son filz âgé d'environ cinq ans, estant attaqué du haut mal, escumant et se tourmentant, et comme mort par intervalles, fist veu aux Saintes Reliques dudit Chalancon et depuis ce temps il cognut que sesdites connestions (sic) ont cessé, comme aussi audit Pierre une colique qui le tourmentoit souvent, et les deux, père et filz guéris, ainsi qu'il nous a attesté et signé sa déclaration présent à ce.,. Signés : P. Montet, Rosier.

XI. — 2 mai 1700. — L'an mil sept centz et le second jour du moix de may, c'est présenté Noé Barjon, de Rochebaron, parroisse de Bas, quy nous a déclaré qu'ayant son filz Pierre Barjon atteint de la petite véroUe qui l'auroit perclus de l'usage de parler et auroit demeuré muet pendant quelque temps, et ayant faict veu pour sondit filz au Sang miraculeux de N.-S. J.-C. dès qu'il eust faict ledit veu, il reprist laparoUe, et a randu sondit veu, ainsi qu'il nous certifie en présence de M' Jacques Rozier, procureur d'office, et de Claude Faveyrial dudit Chalancon, soubsignés, Rosier, procureur d'office, Favairial.

XII. — Mardi de Pâques 1706. — a) Jacques Bernard, de Saint-Just, atteint d'un rumaslique, voué au Sang miraculeux de N.-S. J.-C, guéri, ayant fait sa déclaration et randu son veu, présents à ce Claude Faveyrial et le sieur Rozier, chirurgien à Chalancon, tesmoingtz soubsignés à sa (Jécîaration, — : Signé : Géraud, prêtre,

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. b).Vn. petit enfant dôs Granges, paroisse de SalntrAiïdré, vint de son lieu avec deux béquilles, randit son veuet laissa ses béquilles dans la chapelle Saint-Sébastien de Ghalancon, présents à ce M' Rozier, chirurgien, et le sieur Privât soubsignés, du mardy de Pasques mil sept cens six. — Signé : Géraud, prebtre.

c) Du mardy de Pasques 1706, une fille de la paroisse de Crapone et du lieu d'Antroil, perte de sang guérie, déclaration par. une de ses voisines qu'elle dit ne scavoir son nom, l'a attesté, présents Mathieu Montaigne et Barthélémy Favet, ledit Montaigne signé. -^ Signé : Géraud, prebtre.

XIII. — 3 mai 1706. — a) Du 3° may 1706, Anne Perrain, de Saint- Vincent, a comparu devant nous, nous a dit, expozé et déclaré qu'estant dans son lit malade d'une perte de sang, abandonnée des médecins et chirurgiens, fist veu au Sang miraculeux de Notre-Seigneur Jésus Christ quy repoze dans i'esglize de Ghalancon et fist partir un exprès pour y faire ses dévotions. A mesme tenips ladite perte de sang cessa et quelques jours après elle. mesme! rendit sondit vœu, ainsi qu'elle nous a certifié, présentz Mathieu Montaigne et Barthélémy Favet, ledit Favet illitéré, Montaigne signé. — Signé : Géraud prebtre.

b) Jeanne Montaigne, des Granges, paroisse de Saint-André, la mesme déclaration que dessus, perte de sang, , présens George Ghave, de Tiranges, et ledit Montaigne, et MvJean Dufieu soubsignés. — Signé : Géraud, prebtre.

c) Jean Bernard, du lieu et paroisse de Merquers, d'une enflure, ayant randu son vœu au Sang miraculeux de J.-C., présents à ce Montaigne et Dufieu. — Signé .: Géraud, prebtre.

XIV. — 15 aoïii (l'année n'est pas donnée). — Cejourd'huy, quinziesme jour du mois d'aoust, par devant nous Anthoine Géraud, prebtre et chapelain de I'esglize de Ghalancon, est comparu Anthoine Gounon, du lieu de Brianson; éii..Dauphiné, lequel nous a dict qu'estant attaqué d'un mal des yeux quyluy avoit faict perdre entièrement la veue, et ayant esté adverti qu'à Ghalancon l'on auroit trouvé.une relique que l'on

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disoît estre du Sang miraculeux de nostre Sauveur Jésus- Christ, il auroit faict vœu d'y venir et auroit prins un chain, (chien) pour luy aider à le conduire, lequel tenoît par une petite chaine de fer, et après y avoir demeuré neuf jours, il a reprins la veue, et dict se bien voir conduire, et ainsin l'atteste et me suis signé, en présance de M° Jacques Rosier,, procureur d'office dudit Chalancon, et Jean Rosier aussi dudit lieu soubsigné avec ledit Gounon. — Signés ; Gounon, Rosier, Géraud, prebtre dé Chalancon.

. Au commencement du xvni° siècle, les habitants de Chalancon n'ont pas perdu tout espoir de s'ériger en paroisse, Nous en. avons la preuve dans la supplique qu'ils adressent à Mgr de La Roche- Aymon (1704- 1720) sans doute au début de son épiscopat, croyant le trouver moins inflexible que son prédécesseur.

«Monseigneur, Monseigneur l'Illustrissime et Révérandissime Messire Claude de Laroche-Eymond, conseiller du Roy en ses conseils, suff'ragant spécial du Saint-Siège, seigneur et evesque du Puy, compte du Vellay,

{( Supplient humblemant les habitantz de Challancon, le Bourg, Moulatz, Le Plo, Gervays et autres lieux circonvoisains, et Vous représantent que de toute entienneté le prebtre de

l'esglise de Challancon avoit droit et festes et dimanches

donner la bénédiction du Saint-Sacrement de l'hostel les dimanches acoustumés mêmes pendant l'octave du Saint- Sacrement, ensemble les jours des jubilés accordés en ladite esglize par feux nos seigneurs les cardinaux du vingtième may i483, publier les mariages, ' donner le baptême aux enfants, adsisler aux enterrements, mêmes l'on reposoit le corps dans ladite esglise, les femmes desdits lieux faisoieiit dire la messe en se relepvant de leurs couches, néanmoingtz depuis quelque temps en çà le sieur curé de Saint- André et le sieur Dumas, son prédécesseur se sont opposés à tous les privîllèges de ladite esglise de Challancon quy paroissent y avoir esté exerssés par le verbail fait lors de la visitte de Monseigneur de Maupas, vostre prédécesseur le neufvième....

« Que le prebtre d'icelle ne fasse aucunes fonctions de celles cy dessus expéciffîées, ce.quy fait que les pauvres habitants ne peuvent faire leur salut, attandu l'éloignemant de l'esglise de Saint-André et le méchant pays où lesdits lieux sont scitués ; que sy lesdits offices se faisoient en ladite esglise dudit Ghallancon, les habitantz s'y randroient assidus au lieu que pendant iceux ils ne vacquent qu'aux jeux et déboches. Joint encore qu'il peut arriver que dans le temps d'hiver il peut décéder des en fans sans estre baptisés pour ne pouvoir les porter à Saint-André, et des gens sans confesser, de manière que par ce moien il se perd beaucoup des âmes.

« De plus que dans ladite esglise de Ghallancon et

nécessaires en ladite esglise, et donnait compte annuellement de son administration, et velhoit à la conservation des effaits ornemants de ladite esglise, et encore se prenoit garde qu'il ne s'égarât rien d'icelle, ce que le sieur Giraud, prebtre dudit Ghallancon, n'a vouleu souffrir, depuis le temps qu'il a été en pocession de ladite esglise, et fait tenir le bassain luymême par des gens à lu y a fi dés et converty le revenu de la marguilherie à son proffît, et quand il y a des réparations à faire en ladite esglise il faut que les habitants les fassent faire à leurs dépans, ce quy n'est juste

« Recours à vous. Monseigneur, afain qu'il vous plaise de permettre au sieur prebtre de Ghallancon quy y est de présent et quy y seront à l'advenir de faire les fonctions et offices en ladite esglise qu'ils avoient accostumé de faire de toute entienneté, et vostre ordonnance sera exécuttée nonobstant opposition et appellation quelconque du moinglz par provision, et au surplus qu'il sera à l'advenir nommé un marguilhier en ladite esglise, lequel donnera compte de son administration annuellement devant le sieur prebtre et habitantz dudit Ghallancon, et auquel ledit sieur Géraud randra aussy compte des deniers qu'il a receus pendant le temps qu'il a

« Le terrier de la marguilherie et fondations de ladite esghse incessamment et en. outre ferez deffances, Monsej-

- /nâ -

gneur, audit sieur Géraud et tous autres qu'il appartiendra de le troubler en la fonction de sa charge, et aussy que ledit sieur Géraud luy donnera compte de tout le contenu en l'inventaire quy fust fait lors de sa prinse de pocession parce qu'il est soustenu qu'il y aura des articles d'une grande conséquence deffectueux, et en ce faisant, et toujours les pauvres habitantz, prieront, Monseigneur, pour Vostre prospérité et santé, et leur rendres justice. ))

Mgr de La Roche- Aymon ne se rendit pas aux raisons énumérées par les habitants de Chalencon dans leur supplique. Ils continuèrent à avoir des chapelains, mais pas de curé.

Les deux derniers chapelains dont nous avons pu relever les noms furent Antoine Dance (20 juin 1719-1" novembre 1727) et Jean-Joseph Barbaston, ancien curé de Saint- André (17/io-iS' mai 175 1). Il ne nous teste plus qu'à dire deux mots de la chapelle elle-même.

« La chapelle du très ancien château de Chalencon, dit M. Noël Thiollier (^), semble dater de la fin du xv° siècle ; elle comprend une nef de deux travées. La voûte, primitivement en berceau, a été détruite et remplacée par un lambris L'unique doubleau de la nef reposait sur des pilastres rectangulaires sans ornements, surmontés d'une imposte formée d'un bandeau et d'un cavet peu prononcé. Les arcs latéraux n'ont pas d'imposte saillante. L'arc triomphal de profil rectangulaire en cintre brisé et très surhaussé repose sur des colon- , nettes cylindriques. L'abside voûtée en cul-de-four est circulaire sur ses deux faces, entourée intérieurement de cinq arcatures dont les extrêmes sont en tiers point, les autres en plein cintre (fig. 19) ; les deux plus méridionales ont été détruites au xv° siècle pour faire place à une grande fenêtre à remplage flamboyant. La nef reçoit du jour par deux fenêtres (une par travée), percées au Sud et agrandies après coup.

« La-façade a été refaite, ainsi qu'une partie de la travée

(1) UArchitecture religieuse à l'époque romane dans l'ancien âiooèse du Puy, pages 93 et 9i.

qui la précède; les chapiteaux, ornés de feuillages, sont en mauvais grès ; quelques-uns ont beaucoup souffert. L'astragale l'ait partie de la colonne; les tailloirs sont formés d'un bandeau et d'un biseau; les bases de deux tores inégaux séparés par une scotie.

« La chapelle de Ghalencon renferme un trésor dont quelques pièces présentent un réel intérêt. L'un des reliquaires en forme de chasse paraît provenir d'ateliers limousins. »

Des deux clocles qui ornaient le campanile de la chapelle de Ghalencon avant la Révolution, il n'en reste plus qu'une, bien vénérable assurément, puisqu'elle date de la fin du XV' siècle. Elle porte en lettres gothiques l'inscription suivante :

J. //. S. autem transiens per médium illoriim ibat. MCCCCLXXXXIX. Te Deum laudamiis (t).

Le 28 avril 1806, Antoine Bregno'n, curé de Saint-André, subrogé au lieu et place du sieur Jean-Antoine Lambert par acte du 25 thermidor an XIII vend à divers habitants de Ghalencon ((l'édifice érigé en chapelle, contigu à la masure du château à l'aspect du midi, joignant de bise ladite masure, du levant certaines propriétés à l'aspect de la rivière d'Ance, du midi autres propriétés au-dessus du rocher et de soir l'escalier dudit château, qui servira en commun pour ladite chapelle, sans qu'il puisse en conséquence être détruit par le propriétaire de ladite masure du château ». La vente est consentie au prix de cent francs payés comptant, dont quittance. Les acquéreurs déclarent vouloir faire de la chapelle par eux acquise un oratoire pour le village. Que si, dans la Suite, elle venait à être désaffectée de cet usage, ils se réservent d'en disposer comme bon leur semblera. — Acte reçu Maran, notaire de Saint André.

(1) Jésus, Sauveur des hommes, allait et venait au milieu d'eux, 1499. Dieu, nous vous louons !

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