III. — PfilEURS-CuRÉS ET ViCAIRES
I . Pierre d'Agrain, issu d'une famille noble établie dès les origines de la féodalité sur le territoire actuel du canton de Cayres, est le premier prieur connu de Médeyrolles. Il figure en cette qualité et comme chanoine de l'abbaye de Pébrac, Ordre de Saint-Augustin, diocèse de Saint-Flour, dans un accord intervenu, le i3 novembre i365, entre l'abbé et les religieux de Pébrac, et par lequel, moyennant l'union à la mense abbatiale des prieurés de Saint-Georges-d'Aurat, Saint-Ilpize, Saint-Just-près-Brioude, Vielle^Brioude, etc. , l'abbé reste chargé de pourvoir à la vêture et à l'ordinaire des religieux.
Les plus anciens registres de Médeyrolles, conservés dans
(1) A Chassaing, SpicUegiiim Brivatense, p. 471.
les archives de la cure, nous montrent cette paroisse dépourvue de prieurs-curés depuis 1573 jusqu'en 1 589. Entre ces deux dates ce sont de simples vicaires qui administrent les sacrements, à savoir Claude Grangier, du 9 février 1573 à 1677, Claude du Molin, prêtre de l'église Saint-Pierre, d'Ariane, de janvier 1578 au 18 juin i58o; N. Grangier, dn 5 septembre i58o à 1589. Une noie insérée dans un registre par le premier prieur-curé, dont nous allons donner le nom, nous apprend même que de 1689 au i" mars iSgi, il n'y eut ni curé ni vicaire.
Le i5 janvier i58o, on célèbre la fête « de Monseigneur Saint-Bonet », patron de la paroisse.
Outre les vicaires que nous venons de nommer, trois prêtres, originaires sans doute de la paroisse, figurent comme témoins aux baptêmes. Ce sont : Antoine Grangier (32 septembre 1673), André Chanal (36 juillet i573-i58o) et Claude Grangier (i 580-1590).
3. Jean Brosson prend possession de son bénéfice le i" mars iSgi. Il a inséré dans les registres tenus par lui quelques notes qui méritent d'être transcrites, La première parle' d'un coup de main tenté contre l'église et le prieuré par un hobereau du voisinage.
(( Ledit jour, quatriesme janvier 1596, fust ranparée l'esglize et priouré qui endura l'effort du baron de Givel avec ses petartz où les marques sont encore dernier le cuer (chœur) où ilz furent vivement repoussés par ledit prieur soubzsigné et ses compagnons, ce fast (1) fait le xxmi' apvril audit an.
« 1600, grant pardon (jubilé) à Rome. »
« Le jeudy disehuytiesmé jour du moys de febvrier, jour de Sainct-Symon de l'an mil six centz et size, segont jour de caresme furent bruUiées lès maisons de George Dufourt, Claude Gay, Catherine Glamme, et le feu y fust prins droict ainsin que sonoit midi, faisant un grant vant de midi, estant grant cantilé de naiges, où fust brulié dedans anviron huict ou neuf sestiers de bled et quelques sestiers d'avoync, et bien
(1) Les remparts sans doute furent élevés.
dix charettes foin ou palhe et bien peu de meubles à cause du secourtz, et fust tout consommé en moingtz d'une heure à cause du vant. Aucuns sont d'opignion que le feu vient de la cheminée du feu de Pierre Gay, mais ainsin que le feu aparust je fus le premier sur le couvert qu'il n'y avoit qu'un petit (peu) de fumée saris flamme et à [l'instant ariva François Ris qui me cria de desandre sans (quoy) j'estois brulié parce que tout le dedans estoict en feu, qui fust presmier qu'il vient dedans ce bastiment. Signé: Brosson. »
« Le troyzieâme jour du mois d'octobre 1 609 fust fondue la grant cloche de kdite esglize et pezée devant tout le peuple y assanblé, avant que la maistre dans lé fourt et pèze ladite cloche quatorze iquintaulx et demy, et fust aumantée de trois quintaulx quatorze livres et cousta le quintal quarante-troi^ livres dix sols et fust baptizée le huytiesme novembre en suy vant, et né se trouva pesant celle quy estoit devant que Onze quintaulx et demy et fust rompue, comme l'on dit par Claude Grahgier, fils à Claude, le premier dimanche de caresme audit an en sonnant les vespres. Le tout j'ay veu pour y estre toujours présent et j'y ay prins beaucoupt de payne pour la fère reffère. Signé : Brosson, prieur, n
(( Le dizéneuviesme may miil six ceniz et onze fust en porté un enfant du loupt, estant au couder de Rossis et de Roure, apertenant à ClaUdè Savinel, sans que plus de trante que nous estions poursuyvaritz les louptz, en puyssions retirer une seUlle piesse, choze que n'avions jamais veu faire, et fust faict avant sôuleil couchant.
« Nota. — Choze digne de mémoire pour raconter aux rasses à venir que en i6i3 (et treze) comansa la neige à tomber en cy grant abondance qu'elle dura despuis le jour de Toussantz sans voir la terre jusques au vingtiesme d'apvril 161 4 où furent tous les bledz suffoqués et mortz sans que en ladite peroisse et plus d'autres trante voyzines se cuUit un seul planjon, chose lamantable qui fust eau ze que le carton de bled monta en may de doze sols à vingt et quatre tout soudain. Item, despuis le quatriesme may, jour de Rogations, jusques au diziçsme il gella tous les jours à roche . fandre et le-
diziesme, onzîcsmô et douziesme fist grant abondance de neiges. »
Jean Grosson écrivit plus tard à la sui(e : . « Plus, le XVI" may (i6i5 ou 1618) gella sy fort qu'il portait les charettes et cy ne fist aucun mal et fust bonne année ».
Jean Brosson signe pour la dernière fois les registres le 8 avril 1628 ; il dut mourir en 1629, comme nous allons le voir. 11 avait eu pour vicaire N. Aiibert (11 novembre i6t2- 3o mars i6i4).
3, Michel (?) Desmales « entra en charge le i5' aoust de l'année 1629 par le décès et trespas de messire Jehan Brosson, prebtre séculier et prieur dudit lieu ».
Sous M. Desmales, « le 3 décembre 1648, disent les Registres, en présence de vénérables prestres messires Jehan Desmales, neveu du prieur de MédeyroUes, chanoine régulier de l'Ordre de Saint-Augustin à l'abbaye de Pébrac, Matalin, sacristain d'Ariane, Ordre de Saint-Benoît, Mite et Setier, curé et vicaire de Burières; de quatre gentilshommes de la maison du Crouzet, paroisse de Sauvessanges, et de honorable Michel Desmales, neveu et filleul dudit prieur; (enfin), de Maistre Jehan Savinel, armurier d'Ariane, ifust fondue la petite cloche dans la basse-cour de Jehan Besson... et fust baptisée le neufviesme dudit mois par le prieur dans l'église et en présence de messire Vital Sappin, prêtre de Souvage, François Liminier, clerc, avec son père, valet dudit prieur, Pierre Roiron de Roussis, clerc, Jehan Romanet, petit neveu du prieur, m.iistre Jehan Gay, charpantier de Bourdelles, et Messieurs du Crouzet sus nommés. Les parin et marène sont tels qui sont escris à l'antour de la cloche. Jehan Chapelle, de Varanac, en calité de couletteur (collecteur) et de la part de la parroisse tresta les susdis parin et marène fort honorablement dans le prioré. A foy de ce avons signé ce xvi décembre 1648. Signés : Desmales, prieur, F. Lyminier, clerc, P. Roiron, J. Romanet. Note : Le fondeur, maistre Pardon Mounier, de Viveros, âgé d'antour soixante-dix ans. »
Nous avons relevé encore dans les registres tenus par M, Desmales l'importante note qui suit ;
(c Geste mesme année 1669, mesme mois d'aoust, le il\% le feu brusla le couvert de la grand'esglize de la Ghazadieu, ensemble 11 ou 12 chambres, sans savoir d'ouc est venu le feu, ou se seroict de la fournaize que tenoient lesdites religieuses réformées (?) dans l'abeye pour se servir, et croyt on que la Réforme ne subsistera plus dans ladite esglize et abeye, que Monsieur le cardinal Mazarin a suplimé et cassé, et qu'il désire qu'il soict dans la mesme liberté que de coustume. Plus, marguiliez come nostre Roy, XIllP du nom, qu'il est allé à Rayonne pour son mariage avec l'infante d'Espagne, et l'on tient que tout est d'accord. Pour ce qui est du dégât du feu, l'on tient qu'il y a fait à (pour) quarante ou cinquante mille livres. »
M.-Desmalflis signe pour la dernière fois, le 3 1 juillet 166 1, les registres où nous avons relevé les inoms de N. Rrosson, sous-diacre, 8 octobre i632, et de Ronnebaud, prêtre, 26 octobre 1659-5 août 1661, qui va suivre.
4, Claude Bonnebaud signe pour la première fois comme curé, le 4 septembre 1661, les registres en tête desquels il a écrit de sa main : « A quelle heure ce doit dire la messe de paroisse? L'ordinaire en hyver est de commencer pas plus tost que neuf heures ny plus tard que dix, et en esté ne commencer pas plus tost que huict ny plus tard que neuf. »
M. Ronnebaud signe pour la dernière fois les registres le 9 juillet 1705. Il mourut à l'âge de 72 ans, le: 17 septembre de cette année et fut enterré le lendemain. Assistèrent à ses funérailles MM. Gourbeyre, curé de Reurrières, Donjit, curé de St-Jean-d'Aubrigoux, et Compte, chapelain de Montravel.
Nous avons relevé dans les registres les noms de deux prêtres qui s'intitulent vicaires : A^. Terreyre^y et 17 juin 1678; Jean Granghon, 26 octobre 1692-5 février 1707.
6. Jean Jouvé, chanoine régulier de l'Ordre de Saint- Augustin, signe pour la première fois les registres en qualité de prieur-curé le 9 novembre 1705 et pour la dernière fois le 7 décembre 1740. Dom Jacques Royer, écrivain bénédictin (l),
(1) Journal de Dom Jacques Boije7\ p. 27.
f)assa lé 2ô octobre 1710, « par la paroisse de Médeyrolles, dépendante de Pébrac, où le Prieur, dit-il, me pressa fort de m' arrêter ». Jean Jouvé mourut le 2 mai 1744, à l'âge de 88 ans. Il fut enterré le lendemain dans l'église paroissiale. Assistèrent à ses obsèques messires Ghabrier, curé de Saint- Just-de-Baffîe, et Lionnet, curé de Saint- Victor.
Il avait eu pour vicaires : A^. Barjon, i5 mai 1711-juillet 171 2; A^. Pourrcyron, 5 octobre 1723-18 octobre 1724; A^. Doriane, 16 mai 1727-16 septembre 1729; G.Verdier, i4 juillet 1787-18 juillet 1738; A^. Grangier, 19 février 1739-16 avril
7. Georges Lhéritier signe pour la première fois les registres le 12 août 1742 et pour la dernière fois le 22 octobre 1765. Il est remplacé, pendant une maladie ou un voyage, du 1 4 janvier au 18 août 1755, par A^ Garnier qui signe curécommis et ne tarde pas de lui succéder.
8. Jacques Garnier signe pour la première fois les registres en qualité de prieur-curé le 12 janvier 1766 et pour la dernière fois le 28 décembre 1781. Les registres le qualifient de prieur commendataire de Médeyrolles. Il mourut, à l'âge de 74 ans, le 16 janvier 1782 et fut enterré le surlendemain dans l'église paroissiale par N. Bravard, prêtre. N. Brossard signe d'abord vicaire le 5 février 1782, puis curé-commis le 2 avril suivant.
9. A^. de Quinsac, chanoine régulier de Saint-Augustin, signe pour la première fois les registres le 8 avril 1782 et pour la dernière le 6 juin 179 1.
. 10. A''. Baud, II avril 1791-1°'' octobre 1792.