II
Accord entre Jean de Fay de Latour-Maubourg, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, et Nicolas II de Fay de Latour-Maubourg, prieur de Chamalières (26 novembre 1607).
Au nom de Dieu soit à tous notoire que l'an mil six cens sept et le vingt-sixiesme jour du moys de novembre devant midy, souverain prince Henry par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre régnant, par devant moy nothaire royal soubsigné et en présence des tesmoingtz dans escriptz dans le priouré et couvent de Ghamallières estans assemblés Messires Nycollas de Fay, prieur et seigneur dudit Ghamallières et religieuses personnes frères Claude Dagier, secrestain^ Bertrand de Leyssac, jadis aulmosnier, frère Anthoine Savel, vicaire de la chappelle de Challancon, frère Claude Villeneufve et Vidal Blanchon, religieux claustriers, et messire Anthoine Fayolle, curé de ladite esglize conventuelle dudit Chamallières, lesquelz ayans receu cy devant payement du léguât faict par feue damoiselle Marguerite du Pelloux, dame de Latour- Maubourg, de la somme de troys cens livres tournoys par son testament et disposition de dernière voilante léguée en ladite esglize, de messirô Jehan de Fay^ chevallier de l'Ordre Sainct-Jehan de Jéruzalem, héritief Soubz bénefRce d'inventaire de ladite feue damoiselle, iceulx seigneurs religieux ont dict et déclairé bien scavoir ledit léguât âvûir esté faiçt pat
(i) Archives dép, de la Haute-Loire, fonds de Rosières.
ladite feue damoîselle à l'intention de dire et cellébrer une messe k'. haulte voix toutes les sepmaines et prier Dieu pour son âme et de celles de la maison de Latour, s'est pourquoy establys en leurs personnes les susdits seigneurs prieur, religieux et curé dudit Chamallières, lesquelz de leur bon gré, tant en leurs noms que pour leurs successeurs àTadvenir^ ont. promitz et par ces présentes promettent audit seigneur prieur Jehan de Fay présent et acceptant pour luy, ses hoirs et successeurs, assavoir de dire et cellébrer à l'advenir à perpétuyté chacun moys de l'année quatre . messes à haulte voix dans ladite esglize de Chamallières et chacun jour de mardy, la première desquelles messes sera cellebrée au nom du Saint Esprit, la seconde de Nostre Dame, la troysiesme de sainte Marguerite et la quatriesme pour les trespassés, et sur la fin de chacune messe seront tenuz de dire ung Libéra me avec une oraison pour les trespassés, et dresseront dans la secrestie ung escripteau pour servir de mémorial, aux seigneurs religieux et leurs successeurs de la cellébration desdites messes, prières et suffraiges, pour et affin que le prebtre cellébrant se sovyenne et aye intention de dresser ses veuz pour l'âme de ladite feue damoiselle et aultres de la maison de Latour sans aulcugne contradiction, et pour ce dessus tenir, atteindre, garder et observer lesdits seigneurs prieur, religieux et curé ont faict les submissions en tel cas requises et nécessaires par serementz qu'ils en ont prestes, mettans leurs mains sur leurs poytrines, renontiations et aultres clausulles que de droict, et pour forme de quoy ledit seigneur chevallier a requis moy nothaire fère acte et instrument public que a esté octroyé au lieu susdit, présens ad ce m essires Pierre Girard, de Chamallières, messire Gaspard Nycollas, appoticaire d'Yssingeaulx, Anthoine de Bonneville soubsignés avec lesdits establys et de Fay et moy nothaire royal soub-signé. — Acte reçu Girard, notaire royal (*) .
II bis
Quittance délivrée par Nicolas de Fay, prieur de Ghamalières, à Claude Badon, meunier dudit lieu (11 avril 1612).
Au nom de Dieu, soit notoire que l'an mil six cens douze et le unziesme jour du moys d'apvril après midy, régnant excellant Roy
(i) Communication de M. Antoine Jacotin, archiviste de la Haute-* Loire.
L'oyô, en présance de moy notaire royal soubz signé et des tesmoihs' dans nommés, s'est estably[noble Nicôllas du Faïn, prieur du couvant de Ghamallyères et seigneur dudict lieu, lequel, sans contraincte, mais de son bon gré et libre voilante, a confessé et confesse avoir receu de Claude Badon, mosnier du molin bandier dudict Ghamallyères, présant et acceptant pour luy et les siens, la somme de quarante-cinq livres, laquelle ledict Badon avoyt prorais et s'est obligé payer par le contract de bailh et novelle assance faicte par ledict sieur, receue par maître Girard, notaire, le treiziesrae jour de riovembre mil six cens huict; et aussi ledict sieur de Ghamallyères a quictté et quictte ledict Badon de' 1-a quantité de treize cartons bled soigle, mesure de Ghamallyères, que ledict Badon estoit tenu payer oultre et pardessus ung carton bled qu'il est chargé et a 'payé du passé tous les dimanches par l'aumosne : de quoy, du passé, icelluy Badon demeure quictté par cestes. Et oultre ce, ledict noble Nicollas du Faïn demeure comptant et satisfaict des réparations, meilhiorations faictes audict molin des ruynes faictes par leis innondations des eaux et qu'il s'estoit chargé, se montant, suyvant l'affirmation qu'en a esté faicte par Nohé Bardon et Glaude Boudon, maislrès charpantiers qui ont vacqué et travalhé ausdictés réparations,, la somme de cent vingt livres tôurnoys, à la charge et condiction que ledict Badon sera tenu, comme a promys et promet par cestes, entretenir ledict molin en .bonne et deue réparation et faire mouldre suyvant la novelle assance à luy faicte par ledict sieur de Ghamallyères, laquelle, en tant que besoing, ledict sieur d'abondant apreuve, ratiffie et veut soit de perpétuelle valleur au proffit et utilité d'icelluy Badon, mosnier, que payera arinuellemant tous les dimanches de l'année ung carton soigle en farine sans moldure et à chesque feste sainct Michel douze cartons bled soigle,. mesure de Ghamallyères et dans le grenier d'icelluy sieur prieur et tenir le tout en deue réparation à ses despans, périlz et fortunnes, sans que ledict sieur prieur de Ghamallyères soit de rien tenu, et randre le molin en pareilh estât et deue réparation comme est de présant; et sera permys audict sieur fère ung molin pour son service sans préjudicier à la mollée dudict Badon ne que ledict Badon puisse prandre mollée aux grains dudict sieur prieur. Et ainsin que dessus est contenu, ledict sieur prieur l'a voUu et promys par serment, mettant la main sur sa poytrine et lesdicts Boudon et Bardon ont affirmé par serement preste sur sainctz Dieu Evangilles lezdictes réparations estre de ladite valleur", et compté l'achept des meubles, boys et aultres choses, comprins la despance et journées par eulx exposées ou des aultres manneuvres.' — Faict à Ghamallyères, maison de Messir.e
•Claude Deschamps, présans Messire Claude Gay, praticien soubzsighé avec ledict seigneur de Chamallyères, Pierre Neyrond de Suc-Eyraud ■qui ne saict, ne lesdicts Badon, Bardon et Boudon. — Ainssy passé, receu et estipullé par raoy Vidal Vacherel, notaire et tabelhion iroyalO).
Procès-verbal de la visite de Dom Veyrier de Planiol. précenteur de Saint- Ghaffre, au prieuré de Chama-lières (7-10 avril 1717).
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, amen . — Nous Benoît Veyrier de Planiol, prebtre et religieux profès, précenteur et .grand prieur de l'abbaye du Monastier-Saint-Chaflfre, Ordre de Cluny, diocèze du Puy, visiteur de toutes les dépendances de ladite abbaye, ■comme il conste par la teneur des présantes, Nos Petrus de La .Combe •de Malot, doctor teologie, vicariiis generalis abbatîs Sancti Teofredimonas- ■tcrii Ordinis Cluniacends, etc., pour mettre à exécution la susdite •commission et arrest y mentionné, nous nous serions transportés de l'abbaye de Monastier-Saint-ChafFrè, Ordre de Cluny, au prioré con- "ventuel de Saint-Gilles de Chamalières, diocèze du Puy, dépendant immédiatement de ladite abbaye, où nous serions arrivés le 7= avril 171 7 sur les huit heures du matin pour y faire la visite, assisté de dom Jacques Besqueut, profès de ladite abbaye, mantionère dudit prioré de .Langogne, que nous aurions prié de faire les fonctions de procureur .général et dom Jean- Antoine de Lolrae, religieux profès et sous-diacre -de ladite abbaye que nous aurions pris pour notre secrétaire, après avoir receu d'eux le serment en tel cas requis et accoustumé, et nous avons •esté honorablement receus par dom Pierre de Lagrevol, prebtre et sousprieur, dom Théofrède Odde, prebtre et sacristin, dom François Ber- :gougnoux, prebtre et aumônier, dom Antoine Prachazal, prebtre, dom Jean Sandrin, prebtre, tous religieux profès de ladite abbaye et compo- -zant ladite communauté de Chamalières, le 7» dudit mois sur les 9 heu-r res.du matin, nous aurions assemblé lesditsdoms religieux composant ladite communauté, ausquels après avoir expozé le sujet de notre
(i) Minutes de Vacherel, folio XXXIX. — Communication de M. l'abbé Mercier, aumônier du Sacré-Cœur, au F*uy.
arrivée et fait lecture de notre commission dans le cloître, nous aurait introduis soubs revêtus de l'habit régulier dans l'églize de Chamalières, où, après avoir chanté le Veni, Creator, fait les prières et cérémonies accoustumées et prescrites dans notre Rituel, où nous aurions commancé notre visite régulière à la célébration d'une messe solennelle à l'honneur du Saint-Esprit, à la fin de laquelle nous aurions donné la bénédiction du Saint-Sacrement, lequel nous aurions trouvé duement gardé dans un ciboire non doré et dedans un soleil vizoire d'argent, fermé dans un tabernacle de bois doré, l'autel duement paré et orné, après quoy nous avons demandé à dom Sacrestin de nous exiber les reliques etc., après quoy nous serions allé au choeur, que nous avons trouvé fait de bois pin, les stalles de bois chêne, en partie en fort mauvais estatj le plancher du choeur de mesme, un graduel fort uzé, deux antiphonères hors d'usage, ayant fait le tour de l'esglize nous aurions veu la chapelle de Notre-Dame du Saint-Rosaire, en très bon estât, les chapelles de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Pierre et de Saint-Théofrède sans ornements. Ensuitte aurions fait le tour en dehors ladite esglize où nous aurions remarqué au-dessus de la porte du cloître qu'il y a trois arceaux abbatus quy font menasser ruine de la voûté au-dessus de la porte et la chapelle de Saint-Théofrède menassant ruine. Ensuitte serions montés au clocher où nous aurions trouvé quatre cloches, le couvert en danger de tomber, le couvert de l'esglize ayant besoin de repasser, y pleuvant partout, etc. Après quoy nous estant informés en quoi consistent leurs revenus, etc.,
i» Ordonnons que les offices se fairont' avec toute la dessance quy convient, ascavoir matines se diront en hiver à sept heures, etc ; ordonnons que la chapelle de St-Théofrède sera incessamment réparée, qu'on fournira des ornements à celles de Saint- Jean-Baptiste et de Saint- Pierre ; ordonnons que les arceaux de la porte de l'esglize du costé du cloître soient refaits et relevés pour mettre hors de danger la voûte du dessus ladite porte ; ordonnons aussy que le couvert du clocher de mesme que celluy de l'esglize sera incessamment réparé, et que la porte de l'esglize du costé du cloître sera faite à neuf et qu'on y mettra une serrure : ordonnons aussy qu'il sera fait un pied d'argent au soleil> qu'on faira dorer le cyboire en dedans, de mesme que les patènes des calices, qu'on faira foire deux aubes, une chape noire et un ornement complet de broquart à fleurs pour le jour de solennité, scavoir chazubles, dalmatiques, chapes et devant d'autel, de mesme qu'un voille pour donner la bénédiction du Saint-Sacrement, un assensoir avec sa navette, une croix, une. fontaine avec des essuie-mains pour la sacristie, des
nappes d'autel, un missel^ six purificatoires, deux corporaliers ; enjoignons audit sieur prieur de réparer la maison prieurale quy fait craindre à dom sacristin tous les jours de périr soubs la ruine et logera incessamment ledit dom sacristin, faira faire ledit dom sacristin les réparations nécessaires aux chambres des religieux; comme nous avons appris qu'on ne fermait pas la grande porte de l'enclos, ordonnons au soubs prieur qu'elle sera réguilhèrement fermée, etc. ; deffandons aussy ausdits doms religieux de sortir sans permission du supérieur local, qui ne leur l'accordera que pour des bonnes raisons et jamais pour des longues absances, de mesme que de sortir de la province sans notre permission expresse et par escrit.
Et comme c'est de l'office dudit dom sacrestin d'avoir en garde les vazes sacrés, reliques et ornements de l'esglize, nous lui enjoignons d'en avoir soiii, que la lampe du Saint-Sacrement soit jour et nuit illuminée, que les portes de l'esglize soient à bonne heure fermées, que le clerc ou pistolère serve exactement et diligemment à l'esglize, qu'il fasse ses autres fonctions accoutumées, et pour cest effet ledit sieur prieur payera ainsy qu'il a esté toujours de coutume ce qui doit revenir audit clerc ou pistolère, et que ledit dom sacrestin ne confiera jamais là clef des reliques à aucun de ses valiez, que ledit dom sacrestin tiendra la main qu'il ne manque point de cordes aux cloches; enjoignons auxdits religieux non prebtres de confesser et communier toutes les ^ grandes festes, etc., et les avons laissés dans la paix deNostre-Seigneur le lo" avril 1717 pour coritinuer nos visites, et avons signé deux originaux et scellé de nostre sceau, desquels en avons laissé un au soubs prieur et l'autre a resté entre nos mains,,. A Chamalières, ledits jour et an : de Plagnol, grand prieur et visiteur^ Besqueut, substitut du procureur général, de Lolme, secrétaire, Odde de Triol, sacrestin, Bergougnoux, aumônier, de Lagrevol^ sous-prieur, Sandrin R. B., Prachazal, signés (*).