‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 122 sur 132 · IV · texte numérisé non relu

IV

Ii'aumônier de Chamalières assigne le Prieur devant

le Grand Conseil.

Le 22 novembre 1717, Dom François Bergounhoux, aumônier du couvent, assigne Messire Pierre de Soulages de Lamée, prieur, devant

(r) Archives de la famille de Lohyroc, du Tuy,

lo CîriUid Conseil, cléclanuu par l'organe du :icrgeiitde Rocljcque ledit prieur ayant conçu certaine haine et inimitid* contre lui, lui avait fait Caire un acte le 1$ du prisent mois, portant que l'auraônicr serait tenu : I" de lui abandonner deux jardins, bien qu'il ne pût justifier d'aucun droit sur eux ; 2" de lui payer une somme de trente livres et de lui fournir vingt quintaux de paille pour prix d'affermé d'une vigne ; V de lui donner un escalier, des fenûtres, contrevents et clef de ladite vigne. L'aum/inier reproche au prieur de l'avoir mis hors de sa maison, pour se dispenser de fournir les vivres et meubles nécessaires aux relioieux qui, par acte de visite faite par Monsieur de Planhol, visiteur de l'Ordre, en date du- ii avril de la présente année, ordonne aux officiers ile ladite communauté de vivre en commun, conformément aux délibérations de deux chapitres généraux de l'Ordre de Cluny des années 1676 et 1678, confirmées dans son conseil du 31 janvier 1682, qui porte que la quinzaine après la signification d'iceluy, les religieux vivront en communauté, se retireront dans les lieux réguliers conformément à la règle de saint Benoît, et à cet effet seront les maisons et êtres réguliers reparés, savoir la sacristie, infirmerie, dortoir, réfectoire, cuisine, meublés d'ornements, la bibliothèque garnie de livres, «t d'autant que le tout n'est point en état et que tout manque, jusqu'aux logements pour les religieux, ledit prieur, pour s'en dispenser, veut prévenir ledit aumônier par des chagrins manifestes qu'il lui fait tous les jours. C'est pourquoi, au nom de Dom Théofrède Odde de Triors, sacristain, et en son propre nom, assigne Pierre de Lamée devant le Grand Conseil à fournir la sacristie, infirmerie, dortoir, réfectoire, meublés d'ornements et la bibliothèque garnie de livres pour l'usage de la communauté (^).

Ijettre de Dom de Lagrevol, sous-prieur, à M. Pichot, procureur au présîdial et sénéchal du Puy (26 juin 1722).,

Il y a quelque temps j'ay receu une lettre de Monsieur nostre prieur, le chevalier de Lamée, pour responce à une autre que je luy avois escrit pour luy demander des ornements pour nostre esglize qui en a

(i) Archives dép. de 1;\ Haute-Loire, f. de Chamalières. — Exploit de Vassel, serjfcnt de Roche.

bien besoin^ car depuis qu'il est prieur de Cbamaliéres îD n& raoes & donné que dees aobes ci d'une îoîie forî grossière, H ne dok jj?as s-e plaindre si après toutes les hoiraestetés qut foo Ibv a hk p-ar plesteoiiirs lettres, on luy fakt des cesyes sor tous s<es ire'!''©niiiiis, C« e''eîi paa^ pour moy que je Je derasodcy mais pour f mtéreit et la gloire de Dâeiî. Tout le monde se moque de lliuiy de ce que il ne (owrmt riea pook- Tesglize, et de moy de ce que je ne îe luy fais pas laiirej. a^'asiit des Ibimis verbeauz de visite de uos supérieurSj comme |e les ay. îi me mamut par sa lettre escrite â Paris le premier du mois passé de parier a mes fermiers de CharaaîîéTes de dooner ce qu'il faudra pour ume paitye dèsornements qu'il nous faut, en aîteedaut i^u'il soit mieux ea estât d^ea donner d'autres, après qu'ii aura réglé quelque difiéreod qu''i!i a avec madame sa méri;, mais les fermiers mt'oat dit qu'ils ne pouvoteet rien donner qu'ils' n'eussent un ordre exprès as. iMioiiisieur aostre prieur. Î2 m'avoit marqué qu'il m'escriroit de Carcassorme, sitôt qu'iî y seroit arrivé, car il partit le 8=^* du miois passé pour aller â Carcassoime. Cependant je n'ay pas eu aucune nouvelle de luy après six semêines que je luy ayescrit. Cependant je suis poussé ici de toute part et. de nos> Supérieurs du Monestier de îuy ikire des cesyes partout. Monseigneur l'évesque est surpris de ce qu'on ne fâict pas des diligences sur ceia. Je vous escris. Monsieur, pour vous prier de me llâire scavoir si vous avez receu quelque nouvelle de JÎKÎonsieur îe ciievaiier de Lamée comme procureur et de m'en donner advis avant que je passe outre. Je me voudrais pas m'éloigner de la considération que fay pour luv, mais |e vois qu'il me sera force. Ayez îa bonté, iMonsieur, de foindre vos prières aus miennes pour cette affaire là. Mous n^avons pas un messel pour dire la messe ny des cbasubles et des. napes pour Fauteli. C'est une confusion et tout s'en prend â moy comme supérieur. Je me fette qucA-ous travaillerez de vostre costé et que vous serez persuadé que j'auray. toujours une estime toute paitiaiîiêre pour vces, Moasieur, puisque je suis véritablement,

Vostre très humble et très obéissent serviteur,

^ De Ls,grevQ'L, îam^-prîmr, A ChamaHères, k 26* jutu î~z2 (i').

(') .\rchtYes âç k raoïilie J« Labiytic, de Fay.

Projet d'incorporation du prieuré de Chamalières au prieuré de Saint-Pierre-le-Monastier, au Puy (30 juin 1739).

L'an mil sept cens trente neuf et le trentiesme jour du mois de juin, avant midy, dans la salle capitulaire de l'abbaye du Monestier-Saint- ChafFre, diocèse du Puy, ordre de Cluny, par devant nous notaire royal, secrétaire de ladite abbaye, et présents les témoins bas nommés, ont esté présents Dom Gabriel de Barbon, chamarier, Gabriel de la Valette, aumônier, Robert d'Olicieux de Parand de la Saunière, précempteur, Benoît Veyrier de Phanhols, prieur claustral, Jean- André Roche, sous-prieur, Jean André, prieur de Ponteils, Jean Lavastre, maître des novices, Joseph Tuffet, organiste, Mathieu Ranquet de Ceyssaguet, Pierre Chomel, Jean- Antoine Petitclerc, Louis Blanc de Molines de la Bâtie, Alexis Layes, Joseph Brunel, Antoine Félix de l'Herm, Louis de Barbon de Pomeyrol, Antoine Oddes du Bouchet, Ennemond de Veyrac du Cheyla, vicaire général de Monseigneur le Cardinal d'Auvergne de la province dudit Monestier, tous officiers, prêtres et religieux profès de ladite abbaye, faisant tant pour eux que pour les absants, capitulairement assamblés au son de la cloche en la manière accoutumée,, lesquelz de gré et libre volcnté, ont fait et constitué pour leur procureur général, spécial et irrévocable M... {sic) auquel ils donnent pouvoir de, pour et à leur nom donner leur consentement à ce que Messieurs les religieux du prieuré Conventuel de Saint-Gilles de Chamalières dépendant de la susdite abbaye du Monestier soient transférés, réunis et incorporés avec les fruitz et revenus des manses et offices claustraux et tous autres dépendans de ladite communauté à celle du prieur de Saint-Pierre-le-Monastier de la ville du Puy, de même dépendant de ladite abbaye du Monastier, pour les deux communautés ne faire dans la suitte qu'une même et seule communauté, en conséquence de l'arrest du conseil du roy du dix-neufviesme février mil sept cens trente-deux, sous néanmoins la réserve que tous les êtres réguliers et lieux claustraux dudit prieuré de Chamalières seront entretenus et conservés par M. le prieur qui est tenu à ce faire jusqu'à ce que les bâiimens du prieuré de Saint-Pierre du Puy seront dans leur perfection pour y loger Messieurs les religieux dudit Chamalières sans que lesdits Messieurs constituants soient tenus à aucune garantie ny fraix pour la

construction dudit bâtiment ny pour autres faits de quelle clause et façon que ce soit, ne prétendant lesdits Messieurs constituants en rien déroger ni innover par ces présentes auxdites prérogatives et usages généralement quelconques qu'ils ont sur lesdits prieurés de Chamalières et de Saint-Pierre du Puy, qui leur demeureront toujours réservés, nonobstant ladite réunion, pour en jouir et user à l'avenir comme ils ont fait par le passé, comme étant de leur dépendance et n'ayant donné •leur consentement que pour mieux faciliter le service divin et un corps de communauté plus nombreux et pour se conformer au susdit arrêt... Fait et récité dans la susdite salle capitulaire en présence de sieurs Jean Exbrayat, chirurgien, et Jean Boissy, praticien du Monastier, soussignés avec les religieux et nous notaire royal. Signés .'de Barbon, chamarier, La i^Valette, aumônier, de la Saunière, précenteur, de Planhols, prieur, Roche, sous-prieur, André, prieur de Ponteils, TufFet, prêtre organiste, La Bâtie de Molines, prêtre; Lavastre, maître des novices, Petitclerc, de Ceyssaguet^ Chomel, Layes, de l'Herm, Brunel, du Bouchet d'Oddes. Pomeyrol, de Veyrac du Cheyla, vicaire général, Boissy, Exbrayat, Debrus, notaire (').

Supplique adressée par Sébastien de Véros, syndic des habitants de Ghamaliéres, à Mgr Le Nain, intendant dû Languedoc, pour lui demander de lever la délense faite par le chevalier de Lamée, prieur de ce lieu, d'élever des chèvres dans toute l'étendue de sa sei^ gneurie (sans date).

A Monseigneur Le Nain, intendant du Languedoc,

Supplie humblement Sébastien Deveros, sindic du bourg de Chama* lières, tant en son nom qu'en celuy des pauvres habitans dudit Chamalières, et expose à Votre Grandeur que le sieur Soulages de Lamée, seigneur prieur commendataire de Chamalières, ayant fait deffense d'avoir des chèvres, ce qu'il fit afficher à la porte de l'église, les habitans les écartèrent, les mettant chez leurs amis, et ensuite voyant que le sieur prieur n'en disait plus rien, peu à peu ils les retirèrent pour avoir du lait pour la nourriture de leurs enfants, attendu que le

(*) Communication de M. l'abbé Mercier, aumônier du Sacré-Cœur, au Puy,

rpays est si "escarpé, plain- de buissons et de rousses que les soixante maisons qui composent le bourg ne cueillent pas en tout trante charretées de foin, en sorte qu'ils ne peuvent tenir des bœufs et qu'ils n'ont pas même à beaucoup près suffisamment de quoy nourrir des vaches pour èxploitter les terres. Cependant toutes ces considérations, Monseigneur, n'ont pas empêché le sieur Jerphanion, votre commissaire, de décerner une commission à deux cavaliers pour enlever les chèvres, lesquels en ayant vu deux ou trois dans les rues, firent beau- .coup de bruit et exigèrent deshabitans dix-huit livres pour leur course, lesquelles la datne de Chabanolles par charité paya pour eux, conime M consté par la quittance cy jointe, et la commission du sieur Jerphanion porte cinq cent^ livres d'amende contre les habitans et en rendirent responsables les, plus apparens du. bourg, comme s'ils avaient trouvé lesdites chèvres en . dommage, ce qui n'est pas. Lesdits habitans ont été forcés malgré eux, et au préjudice de la nourriture de leurs enfants, de vendre leurs chèvres, lesquelles ne scauraient porter aucun dommage, n'entrant pas dans les bois qui ne sont que des bois rabougris, ne se nourrissant que dans les haies et buissons dont le pays est rempli, ce qui est facile à vérifier, et les ordonnances du roy, selon la publication qui en a été faite, permettent d'avoir des chèvres dans les endroits où l'on n'a pas de quoy nourrir les vaches, comme est le bourg de Chamalières. Le sieur prieur, qui est un chicaneur en titre, intente tous les jours des mauvais procès contre les habitans, lesquels il perd étant enragé d'avoir perdu un procès au Grand Conseil contre de Vérps, sindic. Pour se venger il surprit la religion du sieur Jerphanion, votre commissaire, par un faux exposé, ce qui fut cause qu'il délivra sa commission, ce qui oblige les suppliants à avoir recours à votre authorité. A ce que ce considéré, Monseigneur, il. plaise à Votre Grandeur permettre aux suppliants de tenir des chèvres, vu la situation et stérilité du pays, les décharger de l'amende de cinq cents livres portée par la commission, et d'ordonner que le prieur leur rendra les dix-huit livres qu'ils ont payées, parce que ce n'est que par haine contre eux et sans aucune raison légitime qu'il a fait venir la garnison, et les suppliants continueront leurs vœux et prières pour la santé et prospérité de Votre Grandeur (^).

(^) Papiers de la famille Jouve, de Chadouard, paroisse de Saint-'Vincent. Jniiaks de la Société agricole et scientifique de la Haute-Loire, VI, p. 256.

— li^l —

Estât des dixmes dues au couvent de Chamalières en 1769, sur le territoire de la paroisse.

1. Chamalières, par transaction du 29 novembre 1746, seigle 50 cartons, vin 7 charges.

2. Ventressac, 120 livres à partager entre l'évêque et le prieur ; la part du prieur est de 60 livres.

3. Domaine d'AUemances, suivant transaction du 13 décembre 1739^ seigle 9 cartons.

4. Les tenanciers d'Owige, par abonnement du 8 décembre 1741, seigle 4 cartons.

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