‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 21 sur 132 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Les prieurs commend\taires, décadexce du prieuré (1717-1770). — Pierre Vil de Soulages de Lamée ; il enjoint parmonitoire de l'officialité du Puy aux détenteurs de titres ou de meubles du prieuré d'avoir à les rendre. — Nombreuses plaintes contre le prieur; le visiteur de Saint-Chaffre se rend à Chamalines ; à la suite de cette visite le chevalier de Lamée est sommé d'avoir à faire faire à l'église et aux bâtiments du monastère les réparations nécessaires et à tes pourvoir du mobilier indispensable. — 7/ siège aux Etats du Velay; il rachète le Cartulaire, qui s^était égaré; il nomme à la cure de Saint-Georgcs-V Agricol. — Il défend l'élevage des chèvres dans toute l'étendue de sa seigneurie ; il reçoit divers hommages ; son nom figure dans une foule de transactions et de procès avec ses religieux, avec ses voiisins, avec les évéques du Puy, avec les habitants de Beauzac et de Confolent, avec les curés de ses paroisses, avec la famille de Chabanoles. — Personnel du prieuré.

ous allons constater la complète décadence du prieuré de Chamalières dès l'arrivée de Pierre VII de Soulages de Lamée, quaranteneuvième prieur (17 17-1770). Clerc tonsuré du diocèse de Garcassonne, chevalier des ordres royaux et hospitaliers de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, tant deçà que delà les mers, comte palatin, plus connu sous le nom de chevalier de Lamée, il apparaît pour la première fois, comme prieur de Chamalières et baron de Confolent, le i4 octobre 1717. A cette date, il afferme à André Avinenc, de Sarralier, et à Claude Valladier, de Suqueyraud, les dîmes de Suqueyraud, Sarralier, La Bastide et leurs dépendances, pour dix années consécutives, moyennant chaque année sept cartons froment et treize cartons seigle.

En 1718, plus d'un an après avoir pris possession de sa charge, il fait publier par l'officialité diocésaine du Puy un monitoire enjoignant aux personnes qui auraient reçu de son prédécesseur ou enlevé sans autorisation des titres concernant le monastère, des meubles ou effets quelconques, d'avoir à les rendre sous peine d'interdit et d'excommunication.

Le nouveau prieur se montre jusque-là, comme il se montrera toujours du reste, plus préoccupé de ses droits que de ses devoirs ; il ne se soucie guère de satisfaire aux nombreuses charges qui pèsent sur lui, en particulier à l'entretien de l'église et du personnel, comme le prouvent les trois pièces intéressantes que nous renvoyons en appendice, mais dont nous allons donner ici une courte analyse:

A. — Dôm Benoît Veyrier de Planiol, « visiteur de toutes les dépendances n de l'abbaye du Monastier, arrive à^Ghamalières le 7 avril 1717, à 8 heures du matin, accompagné de Jacques Besqueut et de Jean-Antoine de Lolme, religieux bénédictins, ses procureur et secrétaire. Il est honorablement reçu par Doms de Lagrevol, sous-prieur, Théofrède Odde de Triors, sacristain, François Bergounhoux, aumônier, Antoine Prachazal et Jean Sandrin, tous prêtres et religieux profès du couvent de Ghamalières. A 9 heures, le visiteur se rend à l'église où il trouve (( un ciboire non doré et un soleil vizoire d'argent dans un tabernacle de bois doré, les stalles de bois de chêne en fort mauvais état, le plancher du chœur de même, un graduel fort uzé, deux antiphonères hors d'usage, les chapelles de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Pierre et de Saint-ïhéofrède sans ornements « ; il constate qu'il y a « au-dessus de la porte du cloître trois arceaux abbattus qui font menasser ruine de la voûte et que la chapelle de Saint-ïhéofrède menasse ruine w ; il trouve « au clocher quatre cloches, le couvert en danger de tomber, le couvert de l'csglize ayant besoin de repasser, y pleuvant partout « .

A la suite de celte visite, Dom Veyrier de Planiol rend une ordonnance enjoignant au prieur de réparer la chapelle de Saint-Théofrède, de fournir des ornements à celles de Saint- Jean-Baptiste et de Saint-Pierre, de faire à l'église et au

clocher les réparations/nécessaires, de mettre un pied d'argent au soleil, de dorer le ciboire, les patènes et les calices, d'acherter des ornements, des nappés, un missel, de réparer la maison prieurale, de tenir la lampe du Saint^Sacrement allumée, etc. Le visiteur quitte Chainalières le lo avril 1717.(1),

B. — Le 22 novembre de la même année, Dom François Bergounhoux, aumônier du couvent, assigne le prieur de Lamée devant le Grand Conseil pour lui avoir réclamé injustement l'usage d'un jardin et diverses sommes, pour l'avoir mis hors de chez lui afin de se dispenser de fournir aux religieux les vivres et les meubles nécessaires; il le somme en son nom et au nom de Théofrède Odde de Triors, d'avoir à meubler la sacristie, l'infirmerie, le dortoir, le réfectoire, et à garnir la bibliothèque de livres pour la communauté (2).

C. — Enfin, le 26 juin 1722, le sous-prieur de Lagrevol écrit à son tour à M. Pichot, procureur au présïdial et sénéchal du Puy, pour se plaindre du prieur, résidant alors à Carcassonne, son pays natal. Il lui reproche de n'avoir pas exécuté les ordonnances du visiteur de Saint-GhafTre et d'avoir laissé l'église, la sacristie et le prieuré dans l'état où il les avait trouvés. Il prie le procureur de joindre ses instances aux siennes pour l'amener à exécuter -les ordonnances du visiteur (3),

Jusqu'en 1722, le chevalier de Lamée ne semble guère avoir résidé à Chamalières, mais plutôt à Carcassonne, à Paris, ou ailleurs. Le i" mai 1720, il est à Paris, d'où il écrit à M. Valicon, fermier du prieuré, pour le prier de payer une somine de cent livres au Frère Sandrin.

Après avoir exposé les faits d'un intérêt plus général concernant ce prieur, nous étudierons en détail les actes de .son administration : reconnaissances, acquisitions, ventes ; accords ou transactions, assances ou abonnements, démôlés et procès. Nous terminerons cette étude par une courte notice

(1) Voir aux Pièces justificatives, n° 3.

(2) Pièces justificatives, n° 4.

(3) Pièces justificatives; n" 5.

sur chacun des religieux qui ont vécu à Chamalières sous son long gouvernement.

Pierre de Soulages de Lamée exerça au moins deux fois le droit qu'il avait, comme prieur de Chamalières et baron de Confolent, de siéger aux Etats du Velay : il assiste en personne aux assemblées de 1724 et 1729. Le procès-verbal le désigne ainsi : « Messire de Soulages de Lamée, chevalier de l'Ordre de Saint-Lazare, prieur de Chamalières. ))

Eu 1733, il rachète de ses deniers le Cartalaire de son couvent égaré par un de ses prédécesseurs et retrouvé en 1729 lors de la vente mobilière de François Arcis, abbé de Saint- Vosy.

Le II octobre 1735, il assiste au baptême de Louis- Balthazar, fils de noble Antoine Milhet, seigneur de la, Borie et de La Bastide, et de Jeanne de Teste.

Le 3o juin 1739, les religieux du Monastier réunis en assemblée plénière dans la salle du Chapitre nomment un procureur « général, spécial et irrévocable » qu'ils chargent de poursuivre en leur nom l'union du prieuré conventuel de Chamalières avec tous ses revenus et offices claustraux à celui de Saint-Pierre-le-Monastier de la ville du Puy « pour les deux communautés ne faire dans la suite qu'une seule et même communauté, en conséquence de l'arrêt du conseil du roi du 19 février 1732, sous la réserve que tous les êtres et lieux claustraux de Chamalières seront entretenus par M. le Prieur jusqu'à ce que les bâtiments de Saint-Pierre soient aménagés pour recevoir les religieux (l) ».

Les prieurs de Chamalières avaient droit de nomination à la cure de Saint-Georges-l'Agricol. Après la mort ou le départ de M. Robert Lafarge, dernier titulaire, Pierre d*^ Lamée désigna pour le remplacer Louis-Hector Begon, vicaire de Saint-Paulien. De son côté, Mgr de Béringhen avait nommé M. Pierre Pauche de Jallès, chanoine de l'église collégiale de Saint-Paulien. D'où entre l'évêque et le prieur

(1) Voir aux Pièces justificatives, n" 6. — Communication de M. l'abbé Mercier, aumônier du vSacré-Cœur, au Puy.

un conflit qui se termina par le désistement de M. Begon et le maintien de M. de Jallès, à la suite d'une entente intervenue entre les parties le 17 septembre 1789(1).

Le 5 juillet 1751, Messire Pierre de Soulages de Lamée, Jean Pledde, curé de Chamalières, quelques habitants du chef-lieu et les représentants des villages, reconnaissant plus que jamais l'utilité qu'ils retirent de l'horloge qu'ils ont achetée depuis deux ans, et la difficulté de pourvoir par des quêtes au gage de la personne chargée de la monter et de l'entretenir, décident de prendre à cet effet chaque année sur les tailles une somme de dix-huit livres (2).

Nous avons quelques renseignements sur les charges et les revenus du prieuré sous Pierre de Lamée.

En 1788, le mandement de Chamalières est imposé pour la somme de 2.041 livres 10 sols 4 deniers qui doit être versée entre les mains de noble Ignace- Pascal Lam^c, écu.yer et receveur général des tailles du diocèse du Puy.

En 1766, la recette du vin est de 685 pots environ ; en 1769, les dîmes dues au couvent sont évaluées en argent par le prieur à la somme de 699 livres.

Le chevalier de Lamée avait pris, contre ses justiciables, à une date que nous ne pouvons préciser, une mesure très favorable au reboisement des montagnes, mais préjudiciable, sous certains rapports, aux pauvres habitants de la contrée. « L'aridité de leur sol, dit M. A. Lascombe (3), ne permettait aux habitants de Chamalières de posséder aucun bétail, à défaut de fourrages pour le nourrir, et l'élevage des chèvres, animaux peu délicats qui trouvent leur pâture dans les haies et les buissons, constituait leur unique ressource. Sans reculer devant la perspective de restreindre leurs moyens d'existence, déjà si précaires. Soulages de Lamée prohiba l'élevage des chèvres sur toute l'étendue de sa seigneurie, mesure inique qui condamnait ses vassaux à la misère, et, chose plus

({) Archives dép. de la Haute-Loire, f. de Chamalières.

(2) Acte reçu Cottier, notaire.

(3) Annales de la Société agricole et scienhfique, VI, p. 256.

horrible encore, vouait aux souffrances et même à la mort leurs jeunes enfants, dont le lait de ces animaux formait la principale alimentation.

« Exaspérés de la conduite du prieur, les habitants de Ghamalières firent appel à la justice de M. Le Nain, intendant de la province du Languedoc, et lui adressèrent "^ {( une lettre qui témoigne de leur douleur et de leur indi^gnation (1) ».

Le chevalier de Lamée paraît pour la dernière fois dans les actes le i3 mai 1770. A cette date, étant toujours simple clerc tonsuré, il donne une procuration spéciale à l'effet de résigner, son bénéfice « entre les mains de notre Saint-Père le Pape )), en faveur- de messire François-Etienne- Henri de Soulages de Lamée, sous-diacre, chanoine du Chapitre abbatial de Saint-Sernin, habitant en la ville de Toulouse. Il se réserve comme membre des Ordres du Mont-Carmel et de Saint-Lazare tous les revenus de son prieuré C^). Celte résignation ne produisit pas son effet. Un autre que le neveu du prieur de Châmalières devait lui succéder.

Revenons-en à l'administration du chevalier de Lamée, et d'abord aux hommages qui lui sont rendus comme seigneur temporel.

Hommages. — Le 29 juillet 1786, Claude Dancette-Barry, du lieu des Bernauds, paroisse de Beauzac, reconnaît tenir de . sa directe une maison et jardin, des prés et des terres sous la censive annuelle de sept sous six deniers argent, seize métans six ponières seigle, une demi-géline, un demi-chapon, une demi-livre cire.

Le 9 décembre 1749? André Gras, ménager, de Saint-Germain-Laprade, lui passe reconnaissance d'une maison, d'un champ et d'une vigne sis à Rosières.

Enfin en septembre 1767, Joseph Brunel, maître-maréchal de Rosières, reconnaît tenir de sa directe une forge et urte

(1) Voir aux Pièces justificatives, n° 7.

(2) Minutes de Plagnieu, notaire* de Ghamalières, déposées dans l'étude de M. Pontvianne, notaire à Vorey,

écurie, un chenevier et un jardin situés sur le couclert de la Chabanne (D.

Acquisition et don.. — Nous ne connaissons qu'une acquisition faite par le chevalier de Lamée. Le 19 septembre 1739, il obtient, par suite du décès d'Elienne Veyre, deChamalières, mort sans postérité, une ordonnance de mise en possession de ses biens en conséquence du droit de mainmorte que les prieurs-seigneurs de Cliamalières ont eu de tout temps dans toute rétendue de leur seigneurie, mais ayant égard tant à la modicité des biens délaissés, d'une valeur seulement de qua- ,rante-cinq] ivres, qu'aux frais supportés par Clauda GoUanges, sa veuve, pendant la maladie et pour les honneurs funèbres de son mari, il lui abandonne ses droits, à condition qu'elle en supportera les charges accoutumées et fera à l'église paroissiale un don de vingt livres (2),

Echange et cessions. —Nous connaissons un échange et plusieurs cessions faits par le prieur de Lamée. Le 8 janvier 1748, il cède aux frères Louis et Mathieu Souchpn un jardin situé dans l'enceinte du Fort, contenant deux boisseaux et demi, et reçoit en retour un autre jardin, d'égale étendue, situé près du moulin banal.

Lé 4 janvier 1746, il fait un échange avec Jacques Soulier, de Ventressac. Il lui cède partie d'un pré appelé le Breuil, au terroir de Ventressac, et reçoit en compensation un jardin confrontant du levant le cimetière et un chazal des filles de .Saint-Joseph, de Ghamalières t3). -

• Le 3o juin Ï749, le chevalier de Lamée, habitant alors en sa maison prieurale « considérant avoir un certain terrain, d'une contenance de quatre boisseaux et demi, qui servait autrefois de fossé au château de Ghamalières, et que d'ailleurs ledit terrain n'es t. d'aucune utilité ni ne porte aucun revenu, le cède en emphytéose perpétuelle à Mathieu Souchon, Jacques Cheyrol et Antoine Fa are, de Ghamalières, sous la censive

(1) Archives dép. de la Haute-Loire. {. de Ghamalières.

(2) Acte reçu Bouchet, notaire.

(3) Minutes de Bernard, notaire de Rosières.

annuelle pour chacun d'un denier d'argent, un demi-pot de vin, un quart de géline, et pour les entrées, la somme de trente livres. Le prieur déclare vouloir employer la somme totale à faire dorer et agrandir le saint ciboire qui est trop petit, et à exécuter d'autres réparations à l'église. Il se réservp pour lui et ses gens le droit de passer sur le terrain cédé u pour entretenir le corps de la conduite d'eau qui arrose son jardin vl) ».

Le 5 mai 1781, Pierre de Lamée permet aux habitants de Granou de prendre du bois et de faire paître leurs bêtes à cornes et à laine sur un tiers de la montagne de Gerbison, moyennant une rente annuelle de dix sous.

Accords et transactions. — Après les cessions plus ou inoins gracieuses, les accords ou transactions. Le 5 mai 1787, le prieur transige pour les arrérages de l'assance du pacage de Gerbison avec les hommes de La FayoUe ; ils devaient donner annuellement un demi-carton comble d'avoine chacun : le prieur se contente d'une somme totale de trente-six livres.

Le 8 décembre 1741» il passe avec André Morand, ménager de Ventressac, qui vient d'acquérir le domaine d'Owige du seigneur de Ribes, un accord suivant lequel l'acquéreur s'oblige à payer chaque année à la Saint-Michel pour tout droit de dîmes, quatre cartons blé seigle, ou de laisser la vingtième gerbe (2).

Le 2 décembre 1769, Antoine Laniel, Grégoire Gaudon, Claude Mosnier, Magdeleine Duranton, veuve de Jean Clémenson, Joseph Pontvianne et Mathieu Mathon, habitants de la Freytisse, paroisse de Beauzac, se séparent des consuls et syndics qui refusent de payer la dîme au prieur ; ils s'obligent à lui donner annuellement dix-neuf métans six coupes de seigle, mesure de Beauzac, plus sept livres argent pour la dîme charnelle, le tout réparti entre eux.

Le 22 mai 1764:, le prieur passe une transaction avec messire

(1) Acte reça Collier, notaire de Chamalières.

(2) Acte reçu Mathieu Malleys, notaire de Chamalières.

•— tl[t —

Pierre Proriol, bachelier en théologie, curé de Beauzac, et Claude Dancette, avocat en Parlement audit lieu, procureurs des habitants et consuls de Gonfolent. Aux termes de cette transaction les deux parties renoncent à un procès pendant devant le Grand Conseil et tombent d'accord sur les mesures des censives. Proriol et Dancette reçoivent du prieur la somme de vingt-quatre livres comme indemnité des frais déjà faits.

Le 28 août 1768, le prieur de Lamée et Dom Alexis Pons, aumônier de Ghamalières et prieur de Saint-Maurice, transigent au sujet de la nomination à la cure de Saint-Maurice de la manière suivante : Le prieur renonce à son assignation devant le Grand Conseil ; après les nominations qu'ils ont faites, tous leurs droits sont réservés (0. '

Abonnements de dîmes. — Le chevalier de Lamée, curé primitif de Chamalières, en sa qualité de seigneur dudit lieu, abonne la dîme à la dixième gerbe de tous les fruits, vin et carnelage, qui lui appartient, tant en la susdite qualité que comme cessionnaire des évoques du Puy, prieurs de Retournac, à André Morand de Ventressac, moyennant le prix annuel de quarante-huit livres tournois, payables à la Saint- Michel et percevables sur les fonds que ledit Morand jouit sur le territoire de Ventressac et constituant le domaine des sieurs de Pieyres.

Le 3o décembre 1764, le même prieur abonne la dîme rurale et charnelle des fonds situés aux terroirs de la Grange et Bouteyrolles, paroisse de Beauzac, aux habitants de ces lieux, pour neuf ans, moyennant le prix annuel de trois livres dix sols argent, dix-sept métans six ponières trois quarts seigle (2).

Le i4 mars 1767, le prieur de Lamée abonne la dîme à la gerbe sur le territoire de Lioriac, à Jean-Baptiste Dancette, Louis Peyreron, Etiejine Ghalencon, Jean-Pierre OUier, Joseph Givier et Guillaume Poncet, à la quantité annuelle de cin-

(1) Minutes de Piagnieu, notaire royal de Gtiamalières. (2} Actes reçus Cottier, notaire royal.

quante métans seigle, mesuré de Monistrol, payables, et portables aux greniers de Beauzac ou de Confolent (1).

Assahces. — Nous connaissons un grand nombre d'assances Ou de baux à ferme passés par le chevalier de Lamée ou ses procureurs. v

Le 20 juin 1718, Louis Rolland afferme, au nom du prieur,, à François Serres, Jean Servel et Balthazar Peyrachon, de, Blanlhac, paroisse de Rosières, la dîme à la gerbe de ce lieu, et des villages de la Bourgeade, Lascours, les Vachers et Mounets, pour trois ans, moyennant la quantité annuelle de cinquante-trois cartons seigle.

Le 2 juin 1719, Jean Valicon, maître chirurgien apothicaire de Rosières, fermier général de la seigneurie de Chamalières, sous-afferme à MM"' Jean Malleys, notaire, et à Michel Daudel, marchand, de Rosières, la dîme à la gerbe des villages de Ghastel, Sabatier, le Garay t et Ghavalmar, paroisse de Rosières, pour cinq ans moyennant la quantité annuelle de cinquante4rois cartons de grain, moitié froment et moitié seigle, mesure de Lavalemblavès (^v. . ,

: Le i"' février 1749, le chevalier de Lamée afferme lui-même à Jean- And ré Marthory, procureur à la Cour du Puy, tous ses, revenus sur la paroisse de Rosières, pour six années, moyennant chaque année la somme de douze cents livres, dont trois, cents payables au curé de Rosières et cent cinquante ' au vicaire pour leur congrue (3), Le 20 juin de la même année, il afferme aussi ses revenus de la terre de Grand-Champ,, baronnie de Confolent, à Jean Triouleyre dudit lieu, pour six ans, moyennant chaque année un demi-métan froment et un demi-métan seigle, mesure de Monistrol (•^).

Le 9 juin 1756, il afferme à Michel Maurin, de Ventressac, les dîmes de Chamalièrés au prix annuel de 55 livres argent, 34 cartons froment, 453 cartons seigle, 3oo cartons et 4o ras avoine, ô cartons orge où fèves et 20 gélines.

(1) Minutes de Plagnieu, notaire de ChamaUères.

(2) Archives dép. de la Haute-Loire, f. de ChamaUères.

(3) Minutes de Gôttier, notaire de ChamaUères.

(4) Minutes de Cottier, notaire de ChamaUères.

— iÀâ —

Le 17 mars 1762 /de Soulages de Lamée, habitant la maison' prieurale de Ghamalières afferme à Michel Maiirin, de Ventressac, les cens, rentes et dîmes abonnés de Ghamalières et dépendances consistant en argent 201 livres, 2 sols, 2 deniers, 36 cartons froment, 5oo seigle, 387 cartibles quarante ras avoine, 26 cartons fèves ou orge, de même que les gélines, poivre, cire, huile ou agneaux contenus dans la liève qui est de plus grande contenance que lout ce dessus de 53 cartons froment, 72 cartons seigle, 5o cartons combles avoine que le prieur se réserve et que Maurin sera tenu de lever à ses frais et dépens et de porter à Ghamalières. Le prieur cède à son fermier la moitié des lods et milods qui surviendront dans le cours de l'afferme consentie pour six ans au prix annuel de 1.207 livres dix sols, sur laquelle il donnera 3oo livres au curé, 45o livres aux religieux, 60 livres à l'évêqùe du Puy, ao^livres 2 sols 6 deniers à la pitancerle du Monastier, le tout montant à 83o livres 2 sols 6 deniers et les 377 livres 7 sols 6 deniers restant au prieur (0.

Le 29 mars- 1762, le prieur de Lamée afferme à Jean Saby, marchand de Retournàc, les dîmes, censives, rentes, lods et milods du lieu de Gonfolent et dépendances, à l'exception des droits honorifiques, de chasse, pêche, nomination d'officiers, au prix annuel de i./joo livres dont 45o livres aux Curé et vicaire de Beauzac, l'aumône due aux pauvres de la paroisse s'élevant à 60 livres, 20 livres 'd l'évêqùe du Puy, en tout 53o livres, et les 870 livres restant au prieur de Ghamalières. Acte reçu Plagnieu, notaire de Ghamalières.

Le 6 avril '1762, il affirme à Mathieu Ponchon, procureur fiscal de Gonfolent et à Barthélémy Plagnieu, notaire de Ghamalières,. ses revenus de Retournàc, pour six ans, moyennant le prix annuel de six cent cinquante livres (2).

Le 29 mars 1762, il afferme à Jean Saby, fermier de Retournàc, tous ses revenus de Gonfolent, sauf les droits honorifiques de chasse, pêche, nomination d'officiers ^e

(1) Actes reçus Plagnieu, jiotaire de Ghamalières.

(2) Minutes ,de Çlagniôu, notaire de Ghamalières,

justice, pour six années consécutives, à raison de r.^oo livres par an, dont 3oo livres payables au curé de Beauzac, i5o au vicaire pour leur portion congrue, et 60 aux pauvres delà paroisse (l).

Le tG mars 1767, le prieur de Lamée passe abonnemejit à Vital Peyragrosse, François Grangeon et Jean Civet, habitants des Bernauds, paroisse de Beauzac, de la dîme à la gerbe et de la dîme charnelle de ce lieu au prix de six livres argent et sixmétans seigle, mesure de Monistrol.

Le 6 janvier 1768, il afferme à Barthélémy Pagnieu, notaire de Ghamalières, tous ses revenus des paroisses de Saint- Pierre-Duchamp, Retournac, Solignac, Saint-André, Saint- Georges, Saint-Maurice, Beauzac, Gonfolent, Ghamalières, pour six ans, moyennant la somme annuelle de 3.85o livres,

53 cartons froment, 72 seigle, 5o avoine (>).

En 1769, le prieur de Lamée évalue les dîmes dues au prieuré sur toute l'étendue de la paroisse de Ghamalières, y compris celles de Ghangeac, paroisse de Vorey, à la somme totale de six cent quatre-vingt-dix-neuf livres (3;.

Procès. — « Une fois en possession du Cartulaire de Ghamalières, égaré par l'un de ses prédécesseurs, et qui avait été retrouvé en 1729, lors de la vente mobilière de François Arcis, abbé de Saint-Vosy, le prieur de Lamée, dit M. Jacotin (4), donna carrière à son humeur procédurière. Pendant plus de quarante années, il épuisa tous les degrés de juridiction, et alla même jusqu'à insérer sur des feuillets en blanc du Cartulaire quatre actes faux, forgés en vue de ses multiples procès. ))

Le processif prieur plaida entre autres avec ses voisins, avec ses religieux, avec les évêques du Puy, avec les habitants de Beauzac et de Gonfolent, avec les curés de ses prieurés, avec la famille de Ghabanoles. Nous allons faire

(1) Minutes de Rochette, notaire royal.

(2) Minutes de Plagnieu, notaire de Ghamalières.

(3) Voir aux Pièces justificatives, n° 8,

CO Cartulaire de Ghamalières, introduction, p. xiii.

-lis —

connaître ses nombreux démêlés en les rangeant dans leur

ordre chronologique. ■

; Le 21 novembre T 786, le prieur fait signifier aux religieux

de Chamalières par Louis Guiraud, huissier, parlant à Dom

Jean Sandrin, prieur claustral, la défense de couper aucun

bois ni branchage dans les bois dépendant du prieuré,

sous peine d'encourir les amendes portées par les édils royaux

et par le grand maître des Eaux et Forêts.

. Le aS septembre 1739, il revendique les dîmes de Venlressac.

Il inaugure ainsi un procès qui ne se terminera que huit ans

plus tard.

Le G septembre 1742, le chevalier de Lamée fait signifier à Dom Ennemond Odde. sacristain et obrier de Ghamahères, d'avoir à renoncer au droit de banvin qu'il s'arroge en ce lieu, lequel n'appartient qu'au prieur ; il le somme de fournir les arrêts prétendus rendus en sa faveur. 11 lui enjoint de se contenter de quatre charges et demie de vin auxqiielles il a droit pour sa pension monacale, et qui lui sont délivrées annuellement. .

Le 21 juillet 1746, Pierre-Louis Lescureau de Berchères, profès et procureur général de l'ancienne observance de l'Ordre de Cluny, fait signifier par huissier au chevalier de Lamée un arrêt du Grand Conseil du Roi, du 21 janvier 1746, le condarhnant :

1° A faire exécuter les réparations nécessaires aux églises, bâtiments, lieux réguliers et maisons dépendant du prieuré de Chamalières ; .

2° A remettre tous les titres et papiers concernant les biens et droits du prieuré dans le coffre des archives qui sera fermé à deUx clefs, dont Tune restera aux mains du prieur et dont l'autre sera remise aux religieux, après qu'un inventaire aura été préalablement dressé (1).

■ ^ Le i5 avril 1747, Mgr Jean-George Lefranc de Pompignan, éy-êque du Puy, prieur de Retournac, et messire Pierre de Soulages de Lamée, prieur et seigneur de Chamalières, voulant

(i) Archives lUp, de la Haute -Loire, f. de Chamalières.

terminer le procès qu'ils ont entre eux au sujet des dîmes de Venlressac, en viennent à la transaction suivante : i° Ils payent chacun leur quote-part des fraits faits h ce jour ; 2° Deux experts nommés, savoir M* Champanhac, notaire d'Yssingeaux par l'Evêque, et M® Boucliet, de Rosières, par le prieur, établiront les limites exactes des dimeries de Retournac et de Ghamalières. En attendant le prieur percevra toutes les dîmes de Ventressac, à condition qu'il payera chaque année à révêque une somme de soixante livres ; 3° Le sieur Faure, fermier de TEvêque, pourra exiger les arrérages de la dîme dus à partir de son entrée en ferme ; 4" Le prieur conservera tous les droits que peut lui conférer un acte de 1299, s'il en apporte une copie en bonne et due forme à l'évêque. — Fait et passé au séminaire du Puy, en présence de M""" t^ierre Hébrard, chanoine de la cathédrale, M' Jean-Pierre Surrel, avocat en parlement, du Monastier, et de Jacques-Scipion Touchet, féodiste, du Puy (1).

Le 29 mai 1762, Doms Alexis Pons, prieur claustral, Pierre Pages de Lherm, sacristain, Alexis Layes, Mathieu du Ghambon et Jacques Mazoyer, tous prêtres et religieux profès du prieuré conventuel de Ghamalières, capitulairement assemblés dans la sacristie de leur église au son de la cloche nomment pour leur procureur général Dom Mathieu du Ghambon ; ils lui donnent plein pouvoir pour amener par tous les moyens Pierre de Soulages de Lamée, leur prieur titulaire et commendataire, à leur payer la somme de trois cents livres qui revient à chacun d'eux pour sa portion congrue C^).

En 1760, le prieur de Ghamalières reprend un procès com* mencé par Vital de Roux et le soutient contre Michel-Jacques de Sàhuc, acquéreur de la seigneurie de Plagnol. Il abandonne cependant l'instance et laisse le soin à son successeur de reprendre les poursuites : dans une note écrite de sa main ,sur une consultation d'aVocat, il allègue comme motifs de sa

(1) Minutes de Barthélémy, notaire royal du Puy*

(2) Minutes de Saby, notaire de Hoche*

détermination, son âge et le souci de ses autres affaires : il avait, en effet, beaucoup de litiges à soutenir (1). ;

Le 17 juillet 1 761, il fait rédiger par Gaigne, avocat, contre -les habitants du mandement de Confolent un long mémoire sur la valeur des mesures, cartons, métans, ponières.,. pré-r tendant qu'ils ne lui servaient pas les cens selon les mesures voulues.

. Le 3i octobre 1765 intervient entre Mgr Le Franc de Pompignan, évêque du Puy, et le prieur de Ghamalières un accord au sujet des dîmes de Ventressac et des cens de Confolent. Lé prieur s'engage à faire droit aux prétentions de l'évêque et à lui payer une rente annuelle de soixante livres et vingt cartons de seigle (2).

; Enfin le i3 mai 1769, le chevalier de Lamée, habitant dans la maison prieurale à Ghamalières, assigne Eymar.Gibert de Pieyres à lui passer reconnaissance féodale de ses biens relevant de la directe des prieurs et à lui payer les arrérages de cens des vingt-neuf dernières années (3;.

Personnel du prieuré sous le chevalier de Lamée : .1. Pierre de Lagrevol, sous-prieur, 7 avril 17 17 et 22 juin

5 2. Ennemond Odde de Triors, admis au noviciat au monastère de Saint-Ghaffre le 3o août 1729, fait profession le j*- septembre 1780. Pourvu alors par lettres apostoliques de l'office de sacristain à Ghamalières, il l'occupe encore en 1785 (4). Le 28 décembre de cette année, Jean Lhéritier de Rosières, reconnaît lui devoir une somme de quarante-cinq livres pour arrérages des cens d'un champ qui relevait de la pitancerie du couvent.

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